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vendredi 21 mars 2014

Before and After Science


Before and After Science
 
Brian Eno
 
1 - No One Receiving (Brian Eno) 3:51
2 - Backwater (Brian Eno) 3:43
3 - Kurt's Rejoinder (Brian Eno) 2:53
4 - Energy Fools the Magician (Brian Eno) 2:05
5 - King's Lead Hat (Brian Eno) 3:53
6 - Here He Comes (Brian Eno) 5:40
7 - Julie With... (Brian Eno) 6:20
8 - By This River (Brian Eno, Roedelius, Moebius) 3:03
9 - Through Hollow Lands (Brian Eno) 3:03
10 - Spider and I (Brian Eno) 4:08
 

Before and After Science
Musicien : Brian Eno
Parution : 01 décembre 1977
Enregistré : 1977
Durée : 39:30
Genre : Art-Rock, Ambiant
Producteur : Brian Eno, Rhett Davies
Label : Polydor
 
Musiciens :
Brian Eno : chant, synthétiseurs (Minimoog, EMS Synthi AKS, Yamaha CS-80), piano, guitare, percussions, cuivres, autres
Paul Rudolph : basse, guitare rythmique
Phil Collins : batterie
Percy Jones : basse fretless, basse Delay
Rhett Davies : agong-gong, stick
Jaki Liebezeit : batterie
Dave Mattacks : batterie
Shirley Williams (Robert Wyatt) : cymbales
Kurt Schwitters : chant
Fred Frith : guitares
Andy Fraser : batterie
Phil Manzanera : guitare rythmique
Robert Fripp : guitare
Achim Roedelius : piano, piano électrique
Möbi Moebius : piano
Bill MacCormick : basse
Brian Turrington : basse
 
Mon avis :
 Poursuivons, pour ce qui est de mes critiques musicales, avec Brian Eno, avec ce qui est peut-être son tout meilleur album, Before and After Science. Personnellement, j’entretiens depuis deux décennies, avec ce très cher Eno, une formidable histoire d’amour, enfin, pas vraiment dans le sens physique du terme puisque, n’étant pas gay, celui-ci ne m’a jamais franchement attiré et même si je l’étais, et bien, comment dire, vu que je ne l’ai jamais rencontré… enfin bon, je divague et commence a perdre le fil. Bref, cette histoire d’amour était, comme cela peut être le cas avec Bowie, les Beatles, Neil Young et tant d’autres, avant tout une histoire musicale, une passion inconditionnelle pour un artiste qui ne m’a jamais laisser indifférent, et ce, dans le bon sens du terme. En effet, que cela soit de ses tous débuts avec Roxy Music, où Brian, qui se faisait alors seulement appeler Eno, jouait les apprentis sorciers sonores et préférait chanter du fond de la salle, a sa carrière solo ainsi que ces multiples collaborations avec, excusez du peu, quelques pointures comme David Bowie, bien entendu, Robert Fripp, John Cale, Nico, les Talking Heads, U2 etc. (désolé pour ceux que j’oublie, la liste est trop longue), j’ai toujours apprécier, que dis-je, adoré ces multiples productions au fil du temps. Car du talent, le sieur Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (ouf !) en possède a revendre, pour lui, pour les autres, ainsi que cette volonté d’aller toujours plus loin, d’expérimenter de nouvelles choses, de franchir les frontières sonores là où tant d’autres se contentent de répéter en boucle la même rengaine pendant toute une carrière, bref, d’apporter au monde de la musique de nouvelles choses, de nouveaux sons ; pas tout seul, bien évidement, mais que Brian Eno fut une figure cruciale du paysage musical depuis les années 70 est un fait que personne ne peut nier en toute objectivité. Pourtant, qui le connaît aujourd’hui ? Franchement, à moins d’être fan ou spécialiste, pas grand monde ; d’ailleurs, était-il véritablement célèbre dans les années 70 ? Allons, pas plus que ca. Toujours cette histoire de préférer chanter du fond de la salle ? Un peu de ca, toujours… Ainsi donc, ne nous leurrons pas, ce Before and After Science, paru en 1977, ne connu pas un grand succès commercial, mais cela importe peu au final : après tout, dans un monde où des trucs comme La Fête au Village, Jordy ou, plus récemment, René la Taupe trustent les premières places des charts pendant des semaines, il est normal de chercher les perles ailleurs. Et accessoirement, ce cinquième album en solo de Brian Eno en est une, incontestablement. Si ses précédentes œuvres m’avaient déjà enchanté et étaient déjà d’excellente factures, et si la suite sera bien différente (l’ambiant avant tout), avec Before and After Science, Eno nous offre là son disque le plus abouti, où rien n’est à jeter, parfait de bout en bout (chose si rare dans les albums quels qu’ils soient, il faut bien le reconnaitre) mais qui le verra également quitter définitivement les chansons pop pour se consacrer, soit à la production, soit, comme dit précédemment, a l’ambiant. Tournant majeur donc dans sa carrière, ce Before and After Science fut enregistrer au même moment que la fameuse Trilogie Berlinoise qu’il produisit avec David Bowie, et même dans la structure de l’album, on ne peut s’empêcher d’y voir des point communs avec Low et Heroes : une première face franchement pop, la seconde plus calme. Mais n’y voyons pas là une vulgaire inspiration de son travail avec le mince Duc blanc mais plus comme un condensé de ce qui fut sa carrière jusque là et, bien entendu, ce que sera son évolution future. D’ailleurs, sur ce point, je trouve assez dommageable que Brian Eno ne soit plus revenu depuis a la pop (enfin, a sa façon) et ne chante quasiment plus : personnellement, j’ai toujours trouvé que celui-ci, que cela soit avec Roxy Music, puis bien sur en solo et dans ses diverses collaborations surtout dans les chœurs, avait une voix qui passait bien, que je trouvais intéressante et qui, de mon point de vu, en valait bien beaucoup d’autres prétendus chanteurs. Mais bon, cela restera comme un regret personnel. Mais ce Before and After Science alors ? Car je parle, je parle et je ne rentre pas dans le vif du sujet ! Tout d’abord, une chose est à signaler : l’indéniable fait que Brian Eno a la chic pour savoir s’entourer de la crème des musiciens du moment, que cela soit les habituels Robert Fripp, Manzanera ou Phil Collins (heureusement cantonné a la batterie) mais aussi divers membres de groupes expérimentaux allemands, Before and After Science est un savant concentré de talents comme on en trouve rarement, et qui n’est pas pour rien dans la qualité finale de l’ensemble. Mais les chansons, que valent-elles ? No One Receiving explique Eno en guise d’introduction mondialiste para-africaine qui lorgne déjà vers ce que sera sa collaboration avec les Talking Heads, ce qui sera encore plus évidant avec ce superbe morceau qu’est King's Lead Hat, véritable concorde de dissonances crépitantes avec son vieux compère de Roxy Music, Phil Manzanera, et dont le nom n’est rien d’autre que l’anagramme de Talking Heads qui sortirent leur premier album quelques mois auparavant ; car si No One Receiving fait un peu figure de morceau pop teinté de funk, le plus endiablé King’s Lead Hat, lorgne carrément vers les terres du funk blanc, et verra Eno copier les gimmicks vocaux de David Byrne, et notamment son fameux phrasé hoquetant et haché. L’imitation étant d’ailleurs impressionnante de ressemblance ! Mais comment ne pas parler également de l’hymne pop de l’album, l’entrainant Backwater avec ses nappes synthétiques qui préfigure la new-wave à venir ou de l’instrumental, bien trop court hélas, Energy Fools the Magician ? Mais si la face A est de prime qualité et ne me lasse jamais après tant et tant d’écoutes, c’est la B qui marquera le plus les esprits et qui fera rentrer définitivement cet album dans la légende : entre un Here He Comes a la mélodie parfaite faisant rappeler les Beatles, le contemplatif Spider And I , sans doute l’une des plus belle chanson de cet album (et de la carrière d’Eno !) dans laquelle les paroles fusionnent à merveille avec la musique, By This River où la délicatesse et la sensibilité sont érigées en art majeur, mais aussi le superbe Julie With... qui touche du doigt la solitude de l’homme postmoderne avec une délicatesse infinie, c’est comme si Brian Eno savait par avance que le mirage communicationnel annoncé se retirerait pour laisser la place a un monde ravagé par l’angoisse, la dépression et le sida. Oui, le rêve est fini depuis longtemps et les années 80 seront là pour le rappeler, quant à Eno, il sera toujours temps pour lui de s’occuper des BO des salles d’attente des dentistes, des aéroports, des lofts de Tokyo et des couloirs d’hôpitaux la nuit. Mais ceci est une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
Sans aucun doute un des meilleurs si ce n’est le meilleur album de toute la carrière de Brian Eno. Il faut dire que, avec Before and After Science, le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno atteint la perfection absolue et nous livre un opus que l’on peut qualifier de parfait de bout en bout. Un pur chef d’œuvre !
- Dans la lignée de Low et de Heroes de David Bowie avec qui Eno travaillait à l’époque, Before and After Science est composé de deux faces distinctes : une première, fort enjouée, qui comporte de véritables pépites pop, une seconde, qui flirte avec l’ambiant, avec des morceaux plus calmes et plus longs. Les deux étant, bien entendu, parfaits.
- Une multitude de superbes chansons : No One Receiving, King's Lead Hat, Backwater, Here He Comes, Spider And I, By This River et, bien entendu, Julie With... sont de pures merveilles mais le reste de l’album mérite lui aussi le détour.
- Comme à son habitude, Brian Eno sait s’entourer d’une belle flopée de musiciens qui ne sont pas pour rien pour la réussite de cet album.
- Une pochette très simple, presque minimaliste mais plutôt réussie dans son genre.
 
Points Négatifs :
- Une première face qui aurait gagnée à être un peu plus longue – il faut dire que les petits morceaux pop qui la composent sont tellement bons qu’on aurait souhaité qu’il y en ait un peu plus.
 
Ma note : 8,5/10

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