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dimanche 19 décembre 2021

The Power of the Dog


The Power of the Dog
 
Originaires du Montana, les frères Phil et George Burbank sont diamétralement opposés. Autant Phil est raffiné, brillant et cruel – autant George est flegmatique, méticuleux et bienveillant. À eux deux, ils sont à la tête du plus gros ranch de la vallée du Montana. Une région, loin de la modernité galopante du XXème siècle, où les hommes assument toujours leur virilité et où l'on vénère la figure de Bronco Henry, le plus grand cow-boy que Phil ait jamais rencontré. Lorsque George épouse en secret Rose, une jeune veuve, Phil, ivre de colère, se met en tête d'anéantir celle-ci. Il cherche alors à atteindre Rose en se servant de son fils Peter, garçon sensible et efféminé, comme d'un pion dans sa stratégie sadique et sans merci…
 

The Power of the Dog
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Jane Campion, d'après le roman de Thomas Savage
Musique : Jonny Greenwood
Production : See-Saw Films, Brightstar, Max Films International, BBC Film
Genre : Drame, Western
Titre en vo : The Power of the Dog
Pays d’origine : Nouvelle-Zélande, Australie, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 01 décembre 2021
Langue d'origine : Anglais
Durée : 126 min

Casting :
Benedict Cumberbatch : Phil Burbank
Kirsten Dunst : Rose Gordon
Jesse Plemons : George Burbank
Kodi Smit-McPhee : Peter Gordon
Thomasin McKenzie : Lola
Genevieve Lemon : Mlle Lewis
Keith Carradine : le gouverneur Edward
Frances Conroy : la vieille femme
Peter Carroll : le vieux gentleman
Alison Bruce : la femme du gouverneur Edward
Sean Keenan : Sven
Adam Beach : Edward Nappo
Maeson Stone Skuccedal : le fils d'Edward Nappo
Alice Englert : Buster
Karl Willetts : Bill
 
Mon avis :
 Dernière œuvre en date de Jane Campion qui, en son temps, aura sut nous pondre quelques petits bijoux comme La Leçon de Piano ou Portrait de FemmeThe Power of the Dog, paru début décembre sur Netflix est, incontestablement, une fort belle surprise qui, selon moi, mérite franchement le détour. Bien évidement, ici, une petite précision s’impose pour le grand public ou, du moins, pour les plus étourdis : n’allez donc pas croire qu’il s’agit d’un simple western, les choses, ma foi, sont nettement plus compliquées qu’on pourrait le penser de prime abord… D’ailleurs, quelque part, la thématique western ne serait, dans le cas présent, qu’une simple toile de fond, un peu comme cela avait été le cas avec Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee qui nous narrait l’histoire d’amour pour le moins compliquée entre deux cow-boys dans l’ouest sauvage de l’Amérique des années 60. Car bon, on ne va pas se mentir, l’homosexualité dans un milieu aussi viril que celui de ses gardiens de vaches, on ne peut pas vraiment dire que cela était une chose plutôt bien vue voire vécue et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, vu que l’on remonte davantage dans le temps – grosso modo, nous sommes dans les années 30 du siècle dernier – disons que c’était encore plus compliqué… Pourtant, en débutant cette critique ainsi, j’en ai, probablement, déjà trop dit puisque, au départ, nul ne peut imaginer que ce The Power of the Dog va tourner autour de la problématique des préférences sexuelles d’un cowboy frustré et qui, de par une virilité exacerbée et un mépris pour les plus faibles que lui – son frère, plus sympa, la femme de ce dernier qui finira par tomber dans l’alcoolisme et le fils de cette dernière, tellement efféminé qu’il en est presque une caricature – va se comporter, tout au long du film, comme un véritable salaud complètement imbuvable auprès de son entourage. Formidablement bien tourné, possédant un rythme lent, contemplatif mais nullement désagréable, bien au contraire, The Power of the Dog est une œuvre qui, certes, ne restera probablement pas dans les annales – il ne faut pas exagérer non plus – mais qui s’avère être suffisamment aboutit et maitrisé pour marquer les esprits, particulièrement auprès d’un public qui préfère la réflexion a l’esbroufe et au grand spectacle. Et puis, ne serais-ce que pour sa conclusion, diabolique à souhait et qui nous prouve que la faiblesse n’était pas là où on le croyait, le jeu en vaut la chandelle, soyez en sur. Bref, vous l’avez compris, avec The Power of the Dog, Jane Campion nous prouve, une nouvelle fois, qu’elle est une réalisatrice hors-pair et que la quasi-intégralité de sa filmographie mérite le détour, mais bon, pour les fans de la Néo-Zélandaise, je pense que ce n’est pas une nouveauté…
 

Points Positifs
 :
- Un film franchement intéressant et bien plus surprenant qu’on pourrait le penser de prime abord puisque, davantage qu’un simple western qui nous montrerait l’homosexualité dans le milieu oh combien viril des cowboys, The Power of the Dog nous montre une lutte de pouvoirs entre divers protagonistes, lutte teinté de mépris, de faiblesses mais aussi, de faux semblants.
- Une conclusion plutôt innatendu mais qui s’avère être, lorsque l’on repense comment celle-ci a été amené, être terriblement diabolique. De plus, dans celle-ci, on se rend compte que la force et la faiblesse n’était pas forcément là où l’on s’y attendait.
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire et si Benedict Cumberbatch marque naturellement les esprits dans un rôle de mec viril qui cache quelques préférences sexuelles inavouables, Kirsten Dunst est égale à elle-même quand à Kodi Smit-McPhee, disons que celui-ci fut une belle découverte.
- Une réalisation sobre, efficace, qui met l’accent sur la réflexion et qui, de par son coté contemplatif, sait prendre son temps de fort belle manière.

Points Négatifs :
- Même si The Power of the Dog est un bon film, nous sommes fort loin d’avoir affaire à un incontournable absolu et, selon moi, par certains cotés, celui-ci reste trop conventionnel dans son traitement.
- Bien évidement, le grand public, davantage habitué à des longs métrages qui mettent davantage l’accent sur le coté spectaculaire et l’esbroufe risque d’avoir du mal avec ce film nettement plus contemplatif et qui met la réflexion au cœur de l’intrigue.
- Jesse Plemons a un rôle presque fantomatique – celui du frère et de l’époux – et il est regrettable que celui-ci n’occupe pas une place plus importante dans le récit.

Ma note : 7,5/10

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