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vendredi 11 mars 2022

Metropolis – Tome 3


Metropolis – Tome 3
 
L'enquête se poursuit autour des cadavres de femmes découverts dans la crypte sous la Tour de la Réconciliation. L'attentat qui a tué plus de 30 personnes en ce début 1934, au cœur de Metropolis, capitale de l'Interland, a eu plusieurs effets, probablement escomptés. Semer le doute sur la pérennité de l'union franco allemande présidée sous la direction de Briand et Stresemann, mais aussi révéler un secret probablement plus complexe encore sur les origines de la tour. Le suicide de l'architecte qui l'a conçue, l'origine bientôt découverte des dents humaines envoyées à son domicile, tout semble devoir rendre le mystère de plus en plus épais. Gabriel et le commissaire Lohmann, surveillés par Freud et la présence étonnante de la très belle Loulou, progressent par à-coups. Lorsque les vigiles du centre d'où proviennent les explosifs qui ont permis l'attentat sont mis en garde à vue, ils sont froidement exécutés par l'un d'entre eux. Il semblerait donc qu'un nouveau complice se révèle pour les enquêteurs mandatés par la Directoire. Mais son lien avec les extrémistes allemands des Loups Noirs est-il avéré ? Les indices qui se regroupent ne sont-ils pas un vaste piège ? Gabriel poursuit à l'instinct, profitant sans scrupules des penchants violents du commissaire Lohmann, alias M. Jusqu'à une découverte fortuite et marquante, qui va changer le cours de l'enquête.
 

Metropolis – Tome 3
Scénario : Serge Lehman
Dessins : Stéphane de Caneva
Couleurs : Dimitris Martinos
Couverture : Stéphane de Caneva
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique, Policier
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 19 août 2015
Nombre de pages : 96
 
Mon avis :
 Pas plus tard qu’hier, je vous avais parlé, avec un certain enthousiasme, de l’une des dernières œuvres en date du sieur Serge Lehman, le créateur de la cultissime Brigade Chimérique, véritable chef d’œuvre de la bande dessinée superhéroique a la française, je veux bien évidement parler de Metropolis. Bien évidement, pour qui est un habitué des œuvres de Lehman, Metropolis ne surprend pas : en effet, même s’il faut mettre, ici, de coté le genre superhéroique, on trouve tout de même dans cette bande dessinée tout ce qui fait le cheval de bataille de l’auteur, c’est-à-dire, son amour pour la vieille Europe, sa culture de la première moitié du vingtième siècle, les multiples références aux œuvres de l’époque ainsi que de nombreux clins d’œil a des figures historiques, qu’elles soient majeures ou pas – pour ne citer qu’un exemple, le personnage de Loulou n’est autre que l’actrice Louise Brooks et, accessoirement, il est fascinant de constater a quel point Stéphane de Caneva la dessine, c’en est troublant. Une œuvre typique de Lehman, donc, que ce Metropolis, mais une œuvre excellente, certes pas aussi majeure que La Brigade Chimérique qui, de mon point de vu, restera comme le point d’orgue de sa carrière, mais une œuvre qui nous prouve, tout simplement, que de nos jours, Serge Lehman est sans nul doute l’auteur le plus intéressant a suivre dans le petit monde souvent bien trop étriqué de la BD franco-belge. Mais je parle, je parle, et je n’ai toujours pas abordé ce troisième tome, car bon, mine de rien, c’est là ce qui nous intéresse aujourd’hui, n’est ce pas ? Et, ma foi, que dire si, une fois de plus, et sans surprises, Lehman, comme depuis les débuts de cette série, a placé une fois de plus la barre très haut, qualitativement parlant ?! Désormais familier de cet univers uchronique oh combien original, nous poursuivons l’enquête de l’inspecteur Gabriel Faune et de son comparse, ce dernier étant tout un programme a lui tout seul puisqu’il se fait surnommer M le Maudit. L’enquête avance a grand pas, on a droit a tout un tas de révélations, certaines étant tout simplement stupéfiantes et, justement, la tournure que prend les événements est, a mes yeux, audacieuse quand a la véritable identité de certains, si ce n’est de la plupart des habitants de Metropolis. Bien entendu, une fois de plus, on a droit a tout un tas de références, qu’elles soient historiques ou culturelles et il faut bien s’accrocher pour toutes les remarquées, quand aux personnages de Lehman, c’est un pur bonheur, ces derniers étant diablement bien travaillés, Gabriel Faune étant, de mon point de vu, un pur régal, notre héros étant bien plus ambigu qu’on aurait put le penser de prime abord. Quoi qu’il en soit, pour son scénario tout simplement excellent, sa toile de fond, ses multiples références et autres inspirations qui sont la marque de fabrique de Serge Lehman, mais aussi, ne l’oublions pas, les superbes dessins de Stéphane de Caneva, ce troisième volume de Metropolis est une pure réussite, un véritable petit bijou qui ne fait que confirmer tout le bien que je pense de cette série depuis ses débuts. A espérer, maintenant, que la conclusion soit a la hauteur, Lehman ayant placé la barre si haut jusque là qu’il serait tout de même dommage de se louper…
 

Points Positifs
 :
- L’effet de surprise est bien entendu passée depuis longtemps mais bon, pour ce qui est de la qualité, force est de constater que c’est toujours aussi bon, pour ne pas dire excellent : le lecteur est en terrain familier et prend toujours autant de plaisir a la lecture des aventures de l’inspecteur Gabriel Faune dans cette mégalopole qu’est Metropolis.
- Les multiples révélations qui parsèment ce troisième tome quand a l’identité réelle de certains, si ce n’est de la majorité des habitants de la cité, ainsi que l’implication de bon nombre de protagonistes et la réalité de ce qu’est vraiment cette ville.
- Références culturelles nombreuses, références historiques, nombreux clins d’œil, figures réelles parfaitement reconnaissables, ambiance souvent digne des films de l’époque : tous ses éléments qui font la force de cette série depuis ses débuts sont une fois de plus au rendez vous.
- On avait compris depuis le tome précédent que le héros, Gabriel Faune, était bien plus ambigu qu’on aurait put le penser de prime abord, mais, mine de rien, il va loin par moments pour parvenir a ses fins – qui a dit pour Loulou ?!
- Les dessins de Stéphane de Caneva, bien entendu ! L’ensemble est excellent, le dessinateur étant franchement impliquer dans cette œuvre et certaines planches, il faut le reconnaitre, sont tout simplement magnifiques – surtout lorsqu’il s’inspire du style de Gustav Klimt ou lorsqu’il dessine des scènes oniriques.
- La couverture est magnifique !
 
Points Négatifs :
- Pas de véritables défauts véritablement, si ce n’est que le néophyte sera probablement perdu devant toutes ses références et l’utilisation, par moments surprenantes, de certaines figures historiques. De plus, l’amateur de bande dessinée plus axé grand public risque rapidement d’être perdu face a un scénario complexe, où il faut souvent lire entre les lignes ; bref, une œuvre qui ne convient peut-être pas a tout le monde.
- Euh, la crainte que la conclusion ne soit pas à la hauteur de nos espérances ?
 
Ma note : 8,5/10

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