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vendredi 25 juin 2021

The Idiot


The Idiot
 
Iggy Pop
 
1 - Sister Midnight (Iggy Pop, Bowie, Alomar) 4:19
2 - Nightclubbing (Iggy Pop, Bowie) 4:14
3 - Funtime (Iggy Pop, Bowie) 2:54
4 - Baby (Iggy Pop, Bowie) 3:24
5 - China Girl (Iggy Pop, Bowie) 5:08
6 - Dum Dum Boys (Iggy Pop, Bowie) 7:12
7 - Tiny Girls (Iggy Pop, Bowie) 2:59
8 - Mass Production (Iggy Pop, Bowie) 8:24
 

Lust for Life
Musicien : Iggy Pop
Parution : 18 mars 1977
Enregistré : juillet 1976 – février 1977
Durée : 38:49
Genre : Post-Punk, Art-Rock
Producteur : David Bowie
Label : RCA
 
Musiciens :
Iggy Pop : chant
David Bowie : synthétiseur, piano, guitare, saxophone, xylophone, chœurs
Carlos Alomar : guitare
Dennis Davis : batterie
George Murray : basse
Phil Palmer : guitare
Michel Santangeli : batterie
Laurent Thibault : basse
 
Mon avis :
 Ah, Iggy Pop, l’Iguane, toujours vaillant après toutes ces années écoulées. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que cela était le cas dans les années 70, bien au contraire : les Stooges aux oubliettes, il vit un temps dans la rue, enregistre un album qui sera refusé par toutes les maisons de disques de l’époque et passe un an en hôpital psychiatrique. Au même moment, un certain David Bowie qui a, depuis longtemps, tuer Ziggy, alors que le monde s’extasie pour des fadaises sans grand intérêt s’apprête à sortir, tout un tas d’albums qui vont marquer musicalement les dix années à venir et décide, une fois de plus, après la production du dernier album des Stooges, Raw Power, quelques années plus tôt, d’aller chercher celui qu’il admire, Iggy Pop, d’abord sur la tournée Station to Station puis l’amène en Europe, où seront enregistrer, au Château d'Hérouville, Low et The Idiot, puis a Berlin pour Heroes et Lust for Life. L’homme qui, avec Brian Eno, inventa la New Wave en cette fin de décennie, sera donc déterminant pour la renaissance artistique de l’Iguane, pour ne pas dire sa renaissance tout court. Alors bien sur, les puristes stoogiens crieront au scandale en découvrant ce chef d’œuvre absolu, ce modèle d’aboutissement esthétique qu’est The Idiot, d’autres prétendront que le vampire Bowie utilisa Iggy Pop, ce qui peut paraître exagérer alors que le premier était au sommet de son art et le second, et ben, ne faisait plus grand-chose. Personnellement, pour moi, les choses sont claires depuis fort longtemps : d’Iggy Pop, je ne retiendrais que cinq albums : les trois avec les Stooges, The Idiot et Lust for Life, a quoi j’ajouterais, bien entendu, quelques chansons par ci, par la. Et dans cette sélection, certes réduite, mon préféré est incontestablement The Idiot, album qui nous préoccupe donc aujourd’hui. Car malgré tout ce que l’on peut en penser, il est indéniable que le duo Iggy Pop / David Bowie a réussie là un coup de maitre magistral, un disque que l’on peut qualifier sans peine de majeur et qui sera reconnu a sa juste valeur par des générations de musiciens et d’amateurs de musique. Prenant place par la force des choses dans la Trilogie Berlinoise de David Bowie, complément indispensable à celle-ci, The Idiot, superbe travail des deux hommes (qui, pour la petite histoire, travaillaient autant a la conception de la musique que des paroles), avec ce son et cette ambiance froide, lourde, oppressante, post apocalyptique par moments, fait partie de ces rares albums qui ne possèdent pas de points de faibles comme on pouvait encore en trouver a l’époque : démarrant en fanfare par l’inquiétant Sister Midnight et ses jeunes garçons qui n’en ont pas finis avec le complexe d’Oedipe, l’on passe ensuite par ce classique de l’ennuie chic des années növo-diskö, cet extraordinaire titre qu’est Nightclubbing, déroulant sa mélancolie sur un riff sans fin de piano cabaret, tronçonnées par les guitares d’Alomar tandis que notre Iguane préféré chante le plaisir d’apprendre de nouvelles danses, comme « the nuclear bomb ». Personnages inquiétants et orgies dans le laboratoire miteux de Dracula dans Funtime, petites filles poursuivies dans les rues de l’Allemagne de Weimar dans Baby, histoire d’amour avec une China Girl (et oui, il n’y a pas que la version ultra connue de Bowie dans la vie, écoutez celle-ci si vous ne la connaissez pas, elle vaut son pesant d’or) tout en se rêvant en Marlon Brando et même, histoire semi autobiographique d’Iggy lui-même se racontant comme une vieille trave dans Dum Dum Boys, l’ensemble, jusqu'à Mass Production qui clôt l’album fait de The Idiot un classique du genre, un disque, si ce n’est le disque le plus abouti d’Iggy Pop (même si j’ai conscience que je vais en faire hurler plus d’un en affirmant cela) et tellement révélateur de son temps, et surtout, de la futilité et du désenchantement des années a venir. Bowie et l’Iguane partiront ensuite pour Berlin, où sera enregistrer Heroes et Lust for Life, celui-ci plus divers et coloré (et accessoirement, plus facile d’accès pour les fans) mais la révolution est en marche, Ian Curtis met The Idiot sur sa platine et s’apprête a se pendre, ridiculiser voir tuer par le punk et la new Wave naissante, les derniers survivants des sixties vont disparaître pour la plupart ou débuter une très longue traversée du désert, et l’homme commence a comprendre que la décennie qui arrive, les 80, ne seront pas faciles pour lui et que le rêve est bel et bien finis. Mais la musique à venir, devra beaucoup à quelques uns qui auront réalisé des albums majeurs, ici de là, sur le long terme, mais qui ne seront pas forcement bien vendus, et parmi ceux-ci, indéniablement, The Idiot y trouve toute sa place.
 

Points Positifs
 :
- Le meilleur album d’Iggy Pop, tout simplement, ce, même si je dois faire hurler plus d’un fan de l’Iguane en affirmant cela. Il faut dire que, avec The Idiot, jamais Iggy Pop ne nous aura proposé un opus aussi étonnant, original et parfaitement maitrisé de bout en bout : c’est en quittant sa zone de confort que notre Iggy aura flirté avec le chef d’œuvre absolu !
- Bien entendu, la production de David Bowie est pour beaucoup pour la réussite de cet album qui porte énormément sa touche du moment – voir le parallèle avec Low. Pour la petite histoire, les deux hommes travaillaient de concert, que cela soit pour la musique ou les paroles.
- Sister Midnight, Nightclubbing, Funtime, China Girl, Dum Dum Boys et Mass Production sont, indéniablement, de superbes chansons mais le reste de l’opus mérite le détour.
- Une ambiance inquiétante, industrielle, sombre mais dans laquelle Iggy Pop excelle à merveille.
- Même la pochette est culte, c’est pour dire !
 
Points Négatifs :
- Les vieux fans des Stooges et ceux qui ne jurent que par le coté rock et destroy de l’Iguane risquent de tiquer fortement devant cet album a l’ambiance sombre et industrielle…
 
Ma note : 9/10

jeudi 24 juin 2021

House of X / Powers of X


House of X / Powers of X
 
La société Orchis mène des recherches de grande ampleur. Après le massacre de Génosha, on pensait que les Mutants seraient en extrême minorité. Pourtant, l'évolution tend à prouver le contraire. Ils se multiplient à une vitesse phénoménale et mettent à nouveau en péril l'humanité. Selon les statistiques, il faudrait à peine vingt ans pour que l'homme soit véritablement menacé. Il va donc falloir trouver des parades de grande envergure. Pendant ce temps, Professeur Xavier a convoqué les grands représentants du monde entier pour une réunion de la plus haute importance. Les ambassadeurs se retrouvent à New York pour accéder au nouveau foyer des Mutants, Krakoa. Le bâtiment est envahi par une végétation qui traverse les murs. Grâce à des portails, les X-Men peuvent traverser les lieux facilement et se rendre d'un endroit à un autre en quelques secondes. Les ambassadeurs rentrent dans l'immeuble et sont reçus par les sœurs Esme et Sophie. À leur grande surprise, les grands dirigeants n'ont pas une entrevue avec Xavier mais bien avec Magneto...
 

House of X / Powers of X
Scénario : Jonathan Hickman
Dessins : Pepe Larraz, R.B. Silva
Encrage : Pepe Larraz, R.B. Silva, Adriano Di Benedetto
Couleurs : Marte Gracia
Couverture : Pepe Larraz
Genre : Super-Héros
Editeur : Marvel Comics
Titre en vo : House of X / Powers of X
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 11 décembre 2019
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 03 juin 2020
Nombre de pages : 448

Liste des épisodes
House of X 1-6
Powers of X 1-6
 
Mon avis :
 Je ne vais pas vous mentir, cela fait désormais bien longtemps que je n’attends strictement plus rien de chez Marvel et, d’ailleurs, il suffit de jeter un œil sur mes critiques de comics de la Maison des Idées pour se rendre compte que cela fait depuis les premiers mois d’existence de ce blog, en 2020, que je ne vous ai plus proposer de critiques de comics de chez Marvel. Pourtant, il fut un temps, désormais fort lointain, où je ne jurais que cette maison d’éditions : bien évidement, comme beaucoup de personnes de ma génération, en France, j’ai découvert les comics par le biais de  revues comme Strange, Spécial Strange, Nova et celles-ci nous proposaient uniquement du Marvel, ceci expliquant cela. Et, parmi toutes ces séries qui ont bercée ma jeunesse, il y en avait une qui se dégageait du lot, une qui m’aura accompagner tout au long des années 80 et 90 avant de, petit à petit, tombée en désuétude, je veux, bien entendu, parler des X-Men. Série phare de la Maison des Idées pendant deux décennies, les X-Men auront donc connu leur heure de gloire sous la houlette de noms aussi célèbres que ceux de Chris Claremont, John Byrne, principalement, puis, dans les années 90, grâce à Scott Lobdell principalement avant de connaitre un somptueux chant du cygne avec les New X-Men de Grant Morrison, la saga du scénariste écossais étant, en toute franchise, la dernière a valoir vraiment le coup. Le souci c’est que, depuis sa conclusion, en 2004, ce ne fut qu’une lente et inexorable descente aux Enfers pour nos Enfants de l’Atome, ce, au point même que l’on puisse dire qu’il n’y avait plus aucun espoir pour ces derniers, pas vraiment aidés, il faut le reconnaitre, par Marvel qui, cinéma oblige, ne souhaitait qu’une chose, mettre en avant ses fatalement moins somptueux Avengers au détriment de nos mutants préférés. Pourtant, en 2019, alors que tout espoir était perdu depuis longtemps et que les vieux fans dans mon genre avaient décidé de se contenter des vieux récits des X-Men, un homme, un scénariste, vola à la rescousse de la franchise et, fort heureusement, ce n’était pas n’importe qui puisqu’il s’agissait de Jonathan Hickman. Connu pour son bon travail sur les Avengers et pour son event Secret Wars mais aussi pour ses excellentes séries indépendantes chez Images Comics – Nightly News, Pax Romana et Manhattan Projects – le sieur Hickman représentait, en quelque sorte, la dernière chance de sauver nos mutants préférés, cependant, ces derniers avaient tellement été maltraités depuis des années que l’on se demandait s’il était encore possible qu’ils sortent du gouffre créatif où ils végétaient pathétiquement !? Un sacré défit, donc, pour Jonathan Hickman et un défis, ma foi, relevé d’une main de maitre ! En effet, si certains pouvaient douter que la chose puisse être possible – et j’en faisais partit – oui, mille fois oui, le sieur Hickman à réussit là où bien d’autres scénaristes ont échoués, réussissant le tour de force de, non seulement, relancer littéralement la franchise mutante dans son ensemble, poser de nouvelles bases solides pour les années à venir mais aussi, surprendre ses lecteurs et les vieux fans qui n’avaient pas connu pareille révolution depuis… eh bien, le début des années 2000 et les New X-Men de Grant Morrison, tout bonnement ! Car bon, comment dire, avec House of X et Powers of X, les deux mini-séries qui relancent nos X-Men, Jonathan Hickman est, non seulement, audacieux, original, stupéfiant dans ses idées, mais, surtout, ose aller très loin dans son bouleversement de l’univers mutant, nous surprenant à de multiples reprises et donnant, enfin, la sensation, que oui, les X-Men peuvent encore être sauvés ! Ainsi, vous doutiez du Moira MacTaggert et de son rôle dans le scénario d’Hickman ? Vous aviez tord ! Vous étiez dubitatif quand à cette alliance contre nature entre Xavier, Magneto, Apocalypse et Sinistre ? Celle-ci est parfaitement logique et compréhensible ! Vous n’étiez pas convaincu par Krakoa, les résurrections à l’infini et cette idée de nation mutante ? Là aussi, tout cela apparait comme étant plus qu’acceptable ! Bref, Jonathan Hickman réussi à la perfection son pari et, à moins d’être totalement allergique à son style narratif complexe ou de ne pas maitriser l’univers des X-Men sur le bout des doigts, alors, il se pourrait que House of X / Power of X vous déplaise, mais bon, en dehors de cela, force est de constater que nous avons affaire, ici, a une véritable résurrection de la franchise mutante que, en toute sincérité, plus personne n’attendait, alors, si vous êtes un vieux fan des X-Men, l’arrivée de Jonathan Hickman est, incontestablement, une excellente nouvelle qui ne pourra que vous ravir et même si on ne sait pas comment cela évoluera sur le long terme, contentons nous de ce que nous avons pour le moment car, personnellement, je n’étais plus autant enthousiasmer par les X-Men depuis presque vingt ans !
 

Points Positifs
 :
- La meilleure mini-série X-Men depuis… le tout début des années 2000 et le New X-Men de Grant Morrison, tout simplement ! Jonathan Hickman, fort de son travail dans d’autres séries apparaissait comme l’homme de la dernière chance et force est de constater que celui-ci réussit brillamment son pari, relançant à merveille une franchise moribonde depuis des années !
- Le rôle innatendu et spectaculaire de Moira MacTaggert, la naissance d’une véritable nation mutante, le changement de Xavier, l’alliance de tous les mutants, y compris des individus comme Apocalypse ou Sinistre, Krakoa, l’idée, audacieuse, des résurrections. Bref, Hickman donne un énorme coup de pied dans la fourmilière et cela fonctionne à merveille !
- Un scénario complexe qui alterne entre plusieurs époques mais qui s’avère être une belle réussite, surtout lorsque, vers la fin, on comprend un peu mieux comment tout cela est lié. Du grand art…
- Force est de constater que Jonathan Hickman connait les mutants sur le bout de ses doigts.
- Pour ce qui est des dessins, c’est du tout bon, particulièrement Pepe Larraz qui livre une prestation magnifique sur House of X.
- Le plaisir de voir que les X-Men pouvaient être sauvés ! Franchement, on n’y croyait plus !

Points Négatifs :
- Si vous êtes totalement allergique au style narratif de Jonathan Hickman et que vous ne supportiez pas ses longs passages de textes et ses tableaux, alors, vous aurez beaucoup de mal avec cette révolution mutante.
- Hickman va s’y loin, comme Morrison en son temps, que cela risque de ne pas plaire à tout le monde.
- Il faut connaitre le petit monde des X-Men sur le bout des doigts pour mieux apprécier cette mini-série.
- Pour ce qui est des dessins, je dois reconnaitre que j’ai été moins emballé par le style de R.B. Silva, artiste sympathique mais qui dépend trop de son encreur.
- Mr Sinistre tient davantage du bouffon qu’autre chose et, sincèrement, il n’est pas crédible pour un sou !

Ma note : 8/10

mercredi 23 juin 2021

Waylander 3 – Le Héros dans l’Ombre


Waylander 3 – Le Héros dans l’Ombre
 
Dans les monts de Skeln, Dakeyras l'homme des bois et sa courageuse fille Miriel vivent dans la solitude en pleine nature. Ils ne savent pas qu'un groupe de guerriers chasseurs de primes, sans pitié, rôde dans les montagnes. Des êtres impitoyables dont la torture et la mort sont comme nourriture et eau. Toujours prêts à tuer femmes, enfants, vieillards et surtout l'homme des bois pour dix mille pièces d'or. Ces combattants endurcis n'ont peur de personne... Ils devraient. Car Miriel est peut être jeune, mais elle maîtrise l'archerie, l'escrime et l'arbalestrie, grâce à l'enseignement du plus mortel assassin qui ait jamais vécu : son père, mieux connu sous le nom de... Waylander.
 

Waylander 3 – Le Héros dans l’Ombre
Auteur : David Gemmell
Type d'ouvrage : Heroic Fantasy
Première Parution : octobre 2000
Edition Française : 27 septembre 2012
Titre en vo : Waylander 3 – Hero in Shadows
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Alain Névant
Editeur : Milady
Nombre de pages : 504
 
Mon avis :
 Avec ce troisième et dernier volet de Waylander, nous avons l’agréable surprise de découvrir que ce dernier est tout simplement le plus réussi de la trilogie : en effet, après un premier roman sympathique mais peu original (en dehors de son personnage principal, et encore, pour l’époque) et un second, quelques années plus tard, nettement plus intéressant, Le Héros dans l’ombre, sortit au début des années 2000, est incontestablement d’une autre catégorie, un peu, finalement, comme les ouvrages écrits par Gemmell vers cette période là et dont le style narratif s’était grandement amélioré – ah, quel dommage que cet auteur nous ai quitter trop tôt, je n’ose imaginer les magnifiques romans qu’il n’a pas put écrire… Et justement, pour ce qui est de cette qualité d’ensemble de ce troisième volet de Waylander, je dois avouer que ce fut une fort agréable surprise, surtout que j’étais pour le moins dubitatif quand a l’intérêt d’une énième aventure de notre charismatique assassin. Mais ici, si bien évidement le héros principal est égal a lui-même – oh, tout juste plus âgé mais toujours aussi dangereux – et que, Gemmell oblige, on retrouve bon nombre d’éléments propres a ses romans – nombreux personnages charismatiques, Unis, univers parallèles, héros vieillissants – ce Héros dans l’Ombre se démarque grandement par un style narratif plus poussé et, bien entendu, par bon nombre d’éléments de l’intrigue fort réussis : l’inspiration des films de chambara d'Akira Kurosawa (les deux samouraïs), le coté extrême-oriental poussé, les épées des Rajnees qui renvoient aux épées elfiques de Tolkien, les Guerriers d'Argile qui font explicitement référence à l'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huangdi et même quelques éléments horrifiques (la scène dans la cuisine). Du coup, avec une intrigue réussi et le don habituel de Gemmell pour captiver le lecteur, on se retrouve avec un excellent roman, prenant de la première a la dernière page et qui, mine de rien, offre une magnifique conclusion a la saga Waylander et a un personnage qui se sera bonifier au fil du temps et que l’on ne peut que quitter a regret…
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute l’aventure de Waylander la plus réussie, tant pour ce qui est de l’intrigue, passionnante au possible, que des personnages secondaires ainsi que pour le style d’écriture – c’est du Gemmell des dernières années, donc, excellent.
- Univers parallèles, lutte contre des démons, Unis, présence de samouraïs qui renvoient aux films d’Akira Kurosawa et, bien entendu, par-dessus tout, un Waylander vieillissant toujours aussi charismatique.
- Les deux samouraïs sont peut-être les personnages les plus intéressants de ce roman : que ce soit Kysumu, le fier guerrier qui suit la voie du sabre, ou Yu Yu Liang, l’ancien terrassier devenu guerrier par hasard, on se croirait dans un film du genre.
- Les nombreuses références qui parsèment cet ouvrage : références à d’autres œuvres de Fantasy, au cinéma, mais également à des éléments culturels comme l’armée de terre cuite.
- Incroyable, pour une fois chez Gemmell, on échappe au traditionnel siège où les héros doivent lutter a un contre dix !
- Une fin très émouvante pour un héros charismatique.
 
Points Négatifs :
- A part les traditionnels détracteurs de Gemmell qui trouveront à redire sur la présence de certains éléments récurrents de l’auteur dans ses œuvres, pour le reste, les fans, eux, seront aux anges.
 
Ma note : 8,5/10

Empire – Opération Suzerain


Empire – Opération Suzerain
 
Réfugiés dans une lamaserie, Nodier et Saint Elme sont capturés et emmenés dans un gigantesque dirigeable. Prisonniers sans connaître l’identité de leur ravisseur, ils découvrent qu’il s’agit du général comte Von Staff, au service de la Russie du Tsar Alexandre. Nodier commence à discuter puis s’interrompt à l‘instant où il voit entrer celui qu’il appelle l’Oupire, un certain Joseph de Maistre. Celui-ci serait un extrémiste, aux dires de Von Staff, qui enchaîne ensuite en montrant à ces deux prisonniers comment la Russie garde ses frontières aériennes : grâce à des ballons pourvus d’unités d’infanterie. Raccompagnés dans leur cellule avant le repas programmé, Nodier raconte alors à Saint Elme qui est réellement cet Oupire : un être à mi-chemin entre l’homme et la créature, qui s’abreuve de sang humain. Sur cette histoire, le repas s’annonce enfin, sans la présence de l’Oupire en question. A peine un toast est-il porté qu’il est interrompu par une attaque aérienne d’un autre dirigeable, celui de Surcouf, venu sauver les deux agents français...
 

Empire – Opération Suzerain
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 novembre 2007
Nombre de pages : 50
 
Mon avis :
 Autant ne pas tourner autour du pot et aller droit au but : oui, alors que nous parvenons a la conclusion du premier cycle, Empire n’aura pas tenu toutes ses promesses, mais que l’on ne se méprenne pas sur mon avis au sujet du troisième volume de la saga du duo composé de Jean-Pierre Pécau et d’Igor Kordey, je ne remets pas en cause la qualité intrinsèque de la série, cependant, il est indéniable que, au vu des promesses esquissées dans le premier tome, Le Général Fantôme, la suite ne fut pas à la hauteur de nos espérances… Ainsi, mes quelques doutes déjà esquissés dans le second tome, Lady Shelley, se sont confirmés : à force de multiplier les possibles intrigues secondaires, Jean Pierre Pécau s’est un peu dispersé dans tous les sens, surtout que, en plus, il en rajouta dans ce dernier tome du premier cycle. Du coup, le lecteur ne pourra que se poser des questions fondées sur la pertinence et l’intérêt de la présence de l’Oupire, qui apparaît bel et bien dans cet Opération Suzerain, mais dans quelques cases uniquement. A quoi bon nous allécher depuis le départ avec lui, si ce n’est que pour cela ? Indéniablement, l’Oupire était dispensable. Par contre, pour ce qui est de l’intrigue principale, alors que l’on aurait put être en droit d’espérer que celle-ci soit plus développée, vu que Pécau préfère s’attarder sur une pseudo-course complètement inutile, et bien, ce fameux final est légèrement bancal et bien trop court. Je craignais que trois tomes ne suffisent pas, je ne m’étais malheureusement pas trompé et la maxime « trop d’intrigues tuent l’intrigue » apparaît là dans toute sa splendeur, au détriment d’une série qui aurait put être vraiment excellente. De plus, comme si cela ne suffisait pas, Igor Kordey a le malheur de retomber dans ses travers habituels et l’on oscille entre des planches tout simplement somptueuses et d’autres bâclées à un tel degré que le lecteur ne peut que rester plongé dans un abîme de perplexité. Fort heureusement, depuis quelques années, le père Kordey a fait bien des progrès et apparait moins brouillon, mais en 2007, force est de constater que ce n’était pas encore le cas, bien au contraire. Alors, j’ai peut être été trop dur envers Opération Suzerain ? Après tout, malgré ses défauts, cet album se lit plutôt bien et est tout aussi captivant que les autres. Cependant, lorsque l’on pense à ce que cette saga aurait put donner, on ne peut s’empêcher d’être déçu car l’on était à deux doigts d’avoir un cycle vraiment exceptionnel. Au final, il faudra se contenter d’une bonne petite saga, sans plus. Dommage, vraiment dommage…
 

Points Positifs
 :
- Si vous souhaitez lire une bande dessinée sans prise de tête et qui met en avant l’aventure avant tout, alors, Empire est fait pour vous, cette conclusion, pleine de rebondissements, vous fera passer sans nul doute un agréable moment.
- La conclusion en elle-même est bonne.
- Le duo composé de Saint-Elme et de Nodier est toujours aussi plaisant.
- Si vous êtes fans d’Igor Kordey, il est clair que celui-ci livre quelques planches plutôt réussies.
- Histoire de ne pas changer, à nouveau une fort belle couverture !
 
Points Négatifs :
- A force de multiplier les sous-intrigues et les protagonistes, Jean-Pierre Pécau loupe ce dernier tome de Empire, surtout que celui-ci est franchement mal structuré.
- Nos héros passent les trois quarts de l’album à essayer de rejoindre les Indes françaises, du coup, forcément, la conclusion se joue en quelques pages. Mais pourquoi donc Pécau a-t-il multiplié les rebondissements lors de cette fuite, surtout que certains étaient peu utiles – l’exemple le plus frappant est la fameuse course qui ne possède pas le moindre intérêt.
- Autre exemple incompréhensible : a quoi bon aura servi le fameux Oupire ?
- Un Igor Kordey qui oscille entre le très bon et le franchement moyen, certaines planches étant franchement peu avenantes. Fort heureusement, pour les fans du croate, celui-ci a fait d’énormes progrès au cours des dernières années.
 
Ma note : 6,5/10

mardi 22 juin 2021

The Handmaid's Tale – Saison 1


The Handmaid's Tale – Saison 1
 
Dans un avenir proche, la combinaison de pollutions environnementales et de maladies sexuellement transmissibles a entraîné une baisse dramatique de la fécondité qui a pour conséquence un taux de natalité extrêmement bas. Les Fils de Jacob, une secte politico-religieuse protestante de type restaurationniste et aux accents fondamentalistes, en a profité pour prendre le pouvoir, détruisant la Maison-Blanche, la Cour Suprême et le Congrès lors d'un coup d’État. Dans cette version dystopique et totalitaire des États-Unis, la République de Gilead, les dissidents, les homosexuels et les prêtres catholiques sont condamnés à mort par pendaison. Les relations hommes/femmes obéissent dorénavant à des règles très strictes. Alors que les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière. Elles ne peuvent ni travailler, ni posséder d'argent, ni être propriétaires, ni lire. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Épouses (habillées en bleu/vert) sont les femmes des dirigeants, les Martha (en gris) s'occupent de la maisonnée et les Servantes (en rouge pourpre) sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance rigide des Tantes (en marron). Les Servantes sont affectées au sein des familles dirigeantes, jusqu'à ce qu'elles mettent au monde les enfants tant désirés. L’histoire suit le parcours de June, une femme devenue servante sous le nom de Defred (car au service du commandant Fred Waterford).
 

The Handmaid's Tale – Saison 1
Réalisation : Bruce Miller
Scénario : Bruce Miller, d’après l’œuvre de Margaret Atwood
Musique : Adam Taylor
Production : Daniel Wilson Productions, Inc., The Littlefield Company, White Oak Pictures, MGM Television,
Genre : Dystopie
Titre en vo : The Handmaid's Tale – Season 1
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Hulu
Diffusion d’origine : 26 avril 2017 – 14 juin 2017
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 10 x 55 minutes
 
Casting :
Elisabeth Moss : Defred / June Osborne
Yvonne Strahovski : Serena Joy Waterford
Joseph Fiennes : le commandant Fred Waterford
Alexis Bledel : Deglen / Desteven / Emily
Madeline Brewer : Dewarren / Dedaniel / Janine
Samira Wiley : Moira / Ruby
Ann Dowd : Tante Lydia
O. T. Fagbenle : Luke Bankole
Max Minghella : Nick Blaine
Amanda Brugel : Rita
Ever Carradine : Naomi Putnam
Kristen Gutoskie : Beth
Tattiawna Jones : la deuxième Deglen / Lillie
Nina Kiri : Alma
Jenessa Grant : Desamuel
Jordana Blake : Hannah Osborne
 
Mon avis :
 Un an après avoir entendu parler pour la toute première fois de The Handmaid's Tale, plus connue de par chez nous sous le titre La Servante Écarlate, je me suis enfin décidé a me plonger dans cette série qui, depuis ses débuts, à beaucoup fait parler d’elle, le plus souvent, en bien. Le hasard faisant bien les choses, le fait que, l’année passée, j’ai eu l’occasion de relire les deux chefs d’œuvres de la littérature dystopique que sont Le Meilleur des Mondes et 1984 m’aura mis dans les meilleures dispositions pour le visionnage de cette série qui, a sa manière, nous entrainait dans un futur proche que l’on peut qualifier, pour le moins, d’angoissant. Imaginez donc que, suite a la pollution, a l’apparition de nouvelles maladies, l’espèce humaine soit devenue quasiment stérile et que, par la force des choses, sa survie, même, est menacée… Imaginez ensuite qu’aux Etats-Unis, pays occidental où la religion occupe encore une place importante, un coup d’état de fondamentalistes réussisse et prenne le pouvoir… Imaginez, pour finir, que désormais, ces fous de Dieu propres sur eux aient établis une théocratie qui n’a pas grand-chose à envier à Daesh – les barbes et le sable du désert en moins – où règne le patriarcat, où les femmes sont relégués aux basses besognes suivant certaines catégories et où ceux qui sont considérés comme étant des parasites – gays, opposants, prêtres catholiques et autres – sont abattus sans la moindre piétée. Bref, vous avez la toile de fond de The Handmaid's Tale a quoi il faut ajouter le fait que les femmes qui sont encore stériles sont toutes habillées en rouges – les fameuses Servantes Écarlates – et sont mises au service des familles des dirigeants qui, ne pouvant enfanter, se servent d’elles afin d’avoir des enfants. Un postulat de départ plutôt intéressant et peut-être pas aussi incroyable qu’on pourrait le penser de prime abord – les USA étant peut-être le pays occidental où de telles choses pourraient arriver le plus facilement, après tout, quand ce pays peut passer sans transition d’un président noir a un Trump, tout est possible – et qui nous entraine donc dans une dystopie qui nous fera suivre la destinée de Defred, jeune femme devenue servante et qui a perdu son mari et sa fille, à son arrivée dans la famille où elle servira de mère porteuse. Alternant avec de très nombreux flashbacks qui nous expliquent comment Defred/June en est arrivée là, les dix épisodes de cette première saison sont assez intéressants et, tout en nous présentant cette théocratie inquiétante et, bien entendu, hypocrite, nous livre une galerie de personnages plutôt réussis et assez attachants. L’ensemble est assez plaisant a regarder et si l’on peut regretter, par moments, une mise en scène qui en fait un peu trop – surtout lorsque l’héroïne est perdue dans ses pensées et refait le monde – force est de constater que cette première saison de The Handmaid's Tale est suffisamment bonne pour nous donner envie de découvrir la suite de l’histoire. Certes, nous sommes loin, ici, de ce que l’on peut qualifier d’incontournables, mais bon, de par son univers, ses protagonistes, ses nombreuses bonnes idées et son esthétisme – les tenues des servantes sont vraiment classes – il serait dommage de passer à coté de The Handmaid's Tale, surtout si vous êtes fan de dystopies, bien entendu…
 

Points Positifs
 :
- L’univers dystopique proposé par la série est non seulement intéressant mais aussi, crédible. Ainsi, nous avons des Etats-Unis qui sont devenus une véritable théocratie qui n’a pas grand-chose à envier à Daesh et où les femmes sont devenues des citoyennes de seconde zone, les gays et les étrangers sont pendus et où l’Homme, lui, est tout puissant ; du moins, les dirigeants, bien entendu, les autres n’étant là que pour servir…
- La première saison alterne entre le présent – et la vie de Defred / June parmi la famille du Commandant Waterford – et le passé, les nombreux flashbacks nous permettant de découvrir le passé de la jeune femme mais aussi, comment ces fous de Dieu ont accéder au pouvoir. L’ensemble est assez plaisant et se regarde avec plaisir.
- Pour ce qui est des acteurs, rien à redire, ceux-ci sont plutôt bons dans l’ensemble : Elisabeth Moss et Yvonne Strahovski sont celles qui crèvent le plus l’écran, bien entendu, mais Joseph Fiennes est plutôt pas mal en représentant du dirigeant de ce nouveau régime religieux et oh combien hypocrite.
- L’esthétisme de la série est un pur régal : il faut dire que j’adore les tenues rouges des servantes.
 
Points Négatifs :
- Ils en font peut-être un peu trop dans la mise en scène par moments – peut-être le coté américain ? Et puis, quand l’héroïne se met à penser et à refaire le monde, au début, ça passe, au bout d’un moment, cela finit par agacer, surtout lorsqu’elle dit qu’elle n’a peur de rien, qu’elle s’en sortira, etc.
- Si je pense qu’un tel régime pourrait parfaitement prendre le pouvoir aux Etats-Unis, vu la taille du pays – à l’échelle d’un continent – je ne suis pas sur que tous les Etats seraient tombé entre leurs mains aussi facilement et rapidement. On serait probablement plus dans une grosse guerre civile des familles, et je ne parle pas de la réaction des pays voisins – Canada, Mexique – qui ne verraient surement pas d’un bon œil de tels bouleversements ?!
 
Ma note : 7,5/10

lundi 21 juin 2021

BlacKkKlansman


BlacKkKlansman
 
1978, dans la ville de Colorado Springs, Ron Stallworth est le premier policier afro-américain de la police locale. Souhaitant changer de poste, il obtient de son supérieur une mission temporaire d'infiltration dans un meeting organisé par l'union des étudiants afro-américains de la ville, pour la venue du leader Black Panther, Stokely Carmichael. Lors de celle-ci, Stallworth fait la connaissance de Patrice Dumas, la présidente de l'organisation étudiante. Stokely Carmichael, qui s'appelle désormais Kwame Ture, fait un discours très inspiré, appelant les étudiants noirs à réfléchir à leur condition. En aparté, il confie à Stallworth que la guerre raciale est proche et qu'il doit s'armer en vue du conflit imminent avec les Blancs. Bien que ce genre de propos semble inquiétant au chef Bridges, Stallworth et ses coéquipiers sur la mission, Philippe « Flip » Zimmerman et Jimmy Creek, jugent que ces paroles ne sont pas encore un prélude à des actes particuliers. Quelques temps plus tard, Stallworth tombe sur une petite annonce de recrutement pour le Ku Klux Klan. Il décide de laisser un message sur la boîte vocale indiquée, et est rappelé peu après par Walter Breachway, le président de la section locale. Sans se rendre compte qu'il se présente sous son vrai nom, Stallworth explique par téléphone à Breachway qu'il déteste les noirs, tout comme les juifs, les hispaniques, les gays... Breachway souhaite le rencontrer pour faire plus ample connaissance. Stallworth, épaulé par son supérieur le sergent Trapp, présente son projet de mission auprès de Bridges. Celui-ci reste dans le doute : il faut que Stallworth trouve un blanc qui peut imiter sa voix. Mais il finit par céder et Stallworth devient responsable de la mission tandis que Flip Zimmerman, juif non pratiquant, est désigné pour interpréter « Ron Stallworth » auprès du Klan…
 

BlacKkKlansman
Réalisation : Spike Lee
Scénario : Spike Lee, David Rabinowitz, Charlie Wachtel, Kevin Willmott
Musique : Terence Blanchard
Production : Blumhouse Productions, Monkeypaw Productions, 40 Acres & A Mule Filmworks, QC Entertainment, Legendary Entertainment
Genre : Biopic, Policier
Titre en vo : BlacKkKlansman
Pays d’origine : États-Unis
Parution : 10 août 2018
Langue d'origine : anglais
Durée : 135 min

Casting :
John David Washington : l’inspecteur Ron Stallworth
Adam Driver : Flip Zimmerman
Laura Harrier : Patrice Dumas
Topher Grace : David Duke
Corey Hawkins : Stokely Carmichael / Kwame Ture
Jasper Pääkkönen : Felix Kendrickson
Paul Walter Hauser : Ivanhoe
Ryan Eggold : Walter Breachway
Ashlie Atkinson : Connie Kendrickson
Robert John Burke : le chef Bridges
MuMs da Schemer : Jabbo
Damaris Lewis : Odetta
Michael Buscemi : Jimmy Creek
Frederick Weller : Andy Landers
Harry Belafonte : Jerome Turner
Alec Baldwin : Dr. Kennebrew Beauregard
Isiah Whitlock Jr. : Mr. Turrentine
Brian Tarantina : l'agent Clay Mulaney
Arthur J. Nascarella : l'agent Wheaton
Ken Garito : le sergent Trapp
Nicholas Turturro : Walker
 
Mon avis :
 Pour la petite histoire, je n’avais jamais eu l’occasion, sur ce blog, de vous parler d’un film de Spike Lee. Réalisateur engagé que l’on ne présente plus, auteur connu depuis les années 80 et qui a sut nous pondre quelques films oh combien marquants – selon moi, le plus intéressant fut un certain Malcolm-X – celui-ci, donc, brillait par son absence depuis que Le Journal de Feanor existe… Du coup, aujourd’hui, c’est un petit événement en soit puisque ce BlacKkKlansman est une des toutes dernières créations du maitre et, accessoirement, le premier film de Spike Lee dont je vous propose une critique. N’y allons pas par quatre chemins, si je dois être tout à fait objectif, je dois reconnaitre que je ne suis pas un grand connaisseur du réalisateur dont je n’ai vu qu’une poignée de films. Ceci a peut-être son importance puisque, ainsi, j’ai put regarder BlacKkKlansman sans tomber dans la comparaison avec les œuvres plus anciennes du sieur Lee, ce qui, finalement, n’est pas plus mal. Moins militant, en apparence, que ses premiers films, BlacKkKlansman n’en reste pas moins un film typique du réalisateur qui, sous un couvert comique et une ode à la blaxploitation, genre qui connu ses heures de gloire dans les années 70, est une œuvre nettement plus intelligente qu’on aurait put le penser de prime abord. Ainsi, nul besoin d’avoir fait de grandes études pour se rendre compte que Spike Lee, dans ce biopic – oui, Ron Stallworth a bel et bien exister et oui, il a bel et bien infiltré le Ku Klux Klan – règle un peu ses comptes avec un certain Donal Trump, alors président des Etats-Unis lorsque ce film est sortit sur les écrans : ainsi, entre les « Make America great again » et « America first », pour ne citer que les plus connus, qui parsèment les dialogues et les images d’archives qui apparaissent à la fin et où l’on voit Trump excuser le KKK, il est évidant que le fameux président qui arriverait au pouvoir en ayant les idées du Klan, pour Spike Lee, c’est bel et bien Donald Trump. Cependant, n’allez pas croire que BlacKkKlansman ne soit qu’une œuvre d’un gauchiste sur le retour en guerre contre Trump, la chose est nettement plus complexe et, comme je l’ai dit, sous un couvert humoristique – les membres du Klan sont présentés comme étant de parfaits crétins – l’extrémisme des deux parties en présente sont fort habilement mises en parallèle à de multiples reprises et la violence des Blacks Panthers de même que leur jusqu’au boutisme n’est nullement occulté. D’ailleurs, quand on y pense, Spike Lee, en quelque sorte, c’est un peu Ron Stallworth, c’est-à-dire, un homme qui à décider de luter pour une cause juste mais en le faisant à l’intérieur du système et non en s’opposant à celui-ci, bref, quelque part, si l’on ne devait retenir qu’un seul message de ce BlacKkKlansman, c’est que, si un jour, on veut s’en sortir, ce sera en le faisant main dans la main, ensemble, et non par le biais du communautarisme où chacun déteste les différences des autres, quelles soient raciales, religieuses ou sexuelles… Bref, vous l’avez compris, j’ai été on ne peut plus conquis par BlacKkKlansman, une œuvre nettement plus profonde qu’on pourrait le penser et qui nous prouve, une fois de plus, que le sieur Spike Lee en a encore sous la dent et même si certains n’ont pas apprécier ce film, qui va, finalement, à l’encontre du communautarisme actuel, ne les écouter pas et foncer le regarder si ce n’est pas déjà fait, je peux vous assurez que le jeu en vaut la chandelle !
 

Points Positifs
 :
- Excellent de bout en bout, BlacKkKlansman est une œuvre plutôt hybride qui, tout en mélangeant les genres – biopic, humour, policier, social – n’en reste pas moins une belle réussite qui s’avère, au demeurant, porteuse d’un message fort et qui n’a rien perdu de sa pertinence, surtout de nos jours.
- Un casting magnifique où brillent, particulièrement, John David Washington – le fils de Denzel Washington, acteur fétiche de Spike Lee – et, bien entendu, Adam Driver qui, une fois de plus, fait preuve de son formidable talent.
- BlacKkKlansman est loin d’être une œuvre manichéenne simpliste puisque, si, effectivement, les délires raciaux du KKK sont au cœur de l’intrigue, le jusqu’au boutisme des Blacks Panthers ne sont pas occultés et il est évidant que Spike Lee met en garde le spectateur à la fois contre le racisme mais aussi contre le communautarisme.
- Le parallèle évidant entre les propos entendus dans le film par les membres du Klan et certaines formules célèbres de Donald Trump du temps de sa présidence. Il est évidant que, ici, Spike Lee règle ses comptes avec l’ancien locataire de la Maison Blanche, celui qui excusait tout le temps l’extrême droite américaine…
- Une ode a la blaxploitation qui, par moments, a des petits cotés de Quentin Tarantino, ce qui n’est pas pour le déplaire.
- L’inclusion des images d’archives des violences de Charlottesville font froid dans le dos mais apparaissent comme étant la conclusion parfaite pour ce film.

Points Négatifs :
- Bien entendu, les vieux fans du Spike Lee des débuts regretteront que le réalisateur se soit un peu assagi avec le temps pour ce qui est du militantisme – même si, finalement, celui-ci n’est jamais bien loin.
- Un film qui ne plaira, naturellement pas, au KKK – présenté ici comme un ramassis de crétins – et aux racistes habituels mais aussi a certains mouvements comme les indigénistes, l’extrême gauche et, en général, celles et ceux qui ne jurent que par le communautarisme qui nous pourri tellement la vie actuellement…

Ma note : 8,5/10