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mercredi 26 mai 2021

Rock' n' Roll Animal


Rock' n' Roll Animal
 
Lou Reed
 
1 - Intro / Sweet Jane (Lou Reed, Steve Hunter) 7:48
2 - Heroin (Lou Reed) 13:12
3 - How Do You Think It Feels (Lou Reed) 3:41
4 - Caroline Says (I) (Lou Reed) 4:06
5 - White Light / White Heat (Lou Reed) 4:55
6 - Lady Day (Lou Reed) 4:05
7 - Rock 'n' Roll (Lou Reed) 10:21
 

Rock' n' Roll Animal
Musicien : Lou Reed
Parution : 12 février 1974
Enregistré : 21 décembre 1973
Durée : 48:12
Genre : Rock, Hard-Rock
Producteur : Steve Katz, Lou Reed
Label : RCA
 
Musiciens :
Lou Reed : chant
Dick Wagner : guitares
Steve Hunter : guitares
Ray Colcord : claviers
Pentti Glan : batterie, percussions
Prakash John : basse
 
Mon avis :
 On ne va pas se mentir, la drogue fut longtemps le sujet de prédilection de Lou Reed, l’exemple le plus évidant étant, bien entendu, Heroin sur The Velvet Underground & Nico, mais également sur son dernier album concept, Berlin, qui mettait en scène un couple de junkies de leur rencontre à leur rupture, en passant par le retrait de leurs enfants par les services sociaux, et qui s’achevait sur le suicide de la belle. L'échec commercial et critique de ce même opus – considéré depuis-lors comme la plus grande réussite du musicien – l'enfonce dans une violente dépression qui le transforme en épave humaine au teint blanc, à l'haleine d'alcool frelaté et aux traces de seringues présentes sur chaque centimètre carré de ses bras. Le jeune poète de New-York est mort. Le Rock’n’Roll Animal est né, sillonnant les routes pour défendre tant bien que mal ce chef d’œuvre non reconnu qu'est Berlin. Une telle entrée en matière me semblait nécessaire afin que l’on puisse mieux comprendre ce qu’est Rock' n' Roll Animal, un album live considéré par pas mal de fans de Lou Reed comme étant un de ses tout meilleurs opus et, par certains, comme étant un des plus grands lives de tous les temps. Mon avis, lui, est tout de même un peu plus mitigé car si je reconnais que, dans l’ensemble, Rock' n' Roll Animal est un bon live et qu’il retranscrit plutôt bien à la fois l’état d’esprit du sieur Reed à l’époque – c’est-à-dire, fin 1973 – mais aussi l’intensité des concerts de sa tournée, je trouve que les musiciens qui l’accompagnent, sans démérité car ces derniers sont talentueux, apportent une touche trop dure a des morceaux cultes et parfaits à la base comme Heroin, White Light / White Heat, Caroline Says (I) ou How Do You Think It Feels. Du coup, ce coté hard-rock voir métal avec ces duels de guitares omniprésents ne m’aura pas vraiment convaincu même si j’admets, au moins, qu’ici, Lou Reed aura pris des risques, sera sortit de sa zone de confort, ce qui est toujours mieux que de se contenter de reprendre bêtement ses meilleures chansons à l’identique, note par note, ce qui, malheureusement, est le lot de pas mal d’albums lives…
 

Points Positifs
 :
- Indéniablement le meilleur album live de toute la carrière de Lou Reed et, au demeurant, un excellent opus pour les fans de celui-ci. Certes, tout n’est pas parfait et le traitement plus hard des titres du musicien à de quoi surprendre de prime abord, cependant, on reconnaitra la prise de risque de Lou Reed qui est, ici, malgré les apparences, en grande forme !
- Peu de titres dans ce live mais que des titres majeurs des débuts de la discographie de Lou Reed, que cela soit avec le Velvet ou en solo.
- Les musiciens qui accompagnent le sieur Reed dans cet album ne sont peut-être pas les plus connus – quoi que, il y a Steve Hunter qui était loin d’être un manche – mais il faut reconnaitre que ces derniers sont plutôt talentueux et font plus que le job.
- Une superbe pochette, il faut le reconnaitre !
 
Points Négatifs :
- J’ai tout de même du mal avec le traitement nettement plus hard voir metaleux qui se dégage de cet opus et je trouve même que, par moments, ce changement de style, dénature presque certaines chansons – l’exemple le plus évidant étant Heroin qui est, ici, trop grandiloquente pour être honnête.
- Des guitares trop présentes tout au long de l’album et qui finissent même par lasser au bout d’un moment : oui, les deux guitaristes sont bons mais non, il n’y avait pas besoin qu’ils se lancent dans des solos lourds et pompeux…
- Pour un album censé défendre l’opus précédent, Berlin, on ne peut pas vraiment dire que celui-ci soit très présent, bien au contraire.
 
Ma note : 7,5/10

dimanche 23 mai 2021

Berlin


Berlin
 
Lou Reed
 
1 - Berlin (Lou Reed) 3:23
2 - Lady Day (Lou Reed) 3:40
3 - Men of Good Fortune (Lou Reed) 4:37
4 - Caroline Says (I) (Lou Reed) 3:57
5 - How Do You Think It Feels (Lou Reed) 3:42
6 - Oh, Jim (Lou Reed) 5:13
7 - Caroline Says (II) (Lou Reed) 4:10
8 - The Kids (Lou Reed) 7:55
9 - The Bed (Lou Reed) 5:51
10 - Sad Song (Lou Reed) 6:55
 

Berlin
Musicien : Lou Reed
Parution : 20 octobre 1973
Enregistré : Juillet 1973
Durée : 49:26
Genre : Rock
Producteur : Bob Ezrin
Label : RCA
 
Musiciens :
Lou Reed : chant et guitare acoustique
Steve Hunter : guitare électrique
Dick Wagner : vocaux et guitare électrique
Jack Bruce : basse (sauf sur Lady Day et The Kids)
Aynsley Dunbar : batterie (sauf sur Lady Day et The Kids)
Bob Ezrin : piano, mellotron, chœurs
Steve Winwood : orgue et harmonium
Tony Levin : basse sur The Kids
B. J. Wilson : batterie sur Lady Day et The Kids
Allan Macmillan : piano sur Berlin
Gene Martynec : guitare acoustique, synthétiseur et arrangements vocaux sur The Bed, basse sur Lady Day
Michael Brecker : saxophone ténor
Randy Brecker : trompette
Jon Pierson : trombone basse
Blue Weaver : piano sur Man of Good Fortune
Dennis Ferrante : chœurs
Steve Hyden : chœurs
Elizabeth March : chœurs
 
Mon avis :
 Après vous avoir parler, il y a tout juste quelques jours, de Transformer, sans nul doute l’album le plus célèbre de Lou Reed et, quelque part, quasiment le seul qui connu un certain succès dans les charts, aujourd’hui, il est grand temps de nous atteler à un autre opus du new-yorkais, le fameux Berlin, opus encore plus obscur aux yeux du grand public, surtout de nos jours, mais qui n’en reste pas moins comme étant un des meilleurs albums de Lou Reed… Il faut dire que, après le succès – merci Bowie et Ronson – de Transformer, Berlin a de quoi en surprendre plus d’un, en particulier celles et ceux qui avaient connu l’ancienne figure de proue du Velvet par le biais de son album précédant. En effet, ici, nous avons droit a un disque qui est aux antipodes de son prédécesseur, un disque terriblement mélancolique et d’une noirceur peu commune. Lou Reed chante, tout au long des dix chansons qui composent cet opus, comme s’il allait s’effondrer a chaque instant, nous narrant les déboires sentimentaux d’individus aussi paumés que lui, d’un couple à la dérive, de suicide et, plus particulièrement, d’une femme dévastée par la vie, l’alcool et les drogues a qui on enlève ses enfants. Ca ne rigole pas chez Lou Reed, comme souvent par ailleurs, mais ici, encore plus que d’habitude, ce qui, vous pouvez l’imaginer, aura terrifié sa maison de disque de l’époque, RCA, qui aura tout tenté pour empêcher la sortie de ce Berlin… L’album paru néanmoins, fut un formidable flop – notre sympathique Lou s’en moquant comme de sa première chemise – mais devint tout naturellement culte au fil des ans, inspirant des générations de musiciens, chose que même Lou Reed ne s’imaginait surement pas lors de sa sortie…
 

Points Positifs
 :
- Un des tout meilleurs albums de Lou Reed mais aussi, un de ses opus les plus sombres et oh combien difficile d’accès. Il faut dire que si l’ex-Velvet ne fut jamais un joyeux drille, bien au contraire, ici, il atteint tout de même des sommets de noirceur et de mélancolie peut communes…
- L’ambiance particulière qui se dégage de ce Berlin : oppressante, terriblement mélancolique, dérangeante par moments – les pleurs des enfants dans The Kids – et d’une tristesse infinie. Vous qui écoutez cet album, perdez tout espoir : le monde décrit par Lou Reed en est totalement dépourvue mais, au demeurant, tellement plus proche de la réalité…
- Un album quasiment parfait de bout en bout, du moins, bien entendu, si l’on accroche à toute cette noirceur : ainsi, les chansons défilent, toutes aussi bonnes les unes que les autres, même si j’ai une préférence pour BerlinLady DayMan of Good FortuneCaroline Says I et Sad Song.
 
Points Négatifs :
- Il faut tout de même accrocher a l’ambiance qui se dégage de cet album, a toute cette noirceur, a son coté dramatique et sans la moindre concession. Forcément, un petit nombre va louer les louanges de ce Berlin tandis que d’autres, bien plus nombreux, prendront leurs jambes à leur coup – et on peut les comprendre…
 
Ma note : 8,5/10

dimanche 16 mai 2021

Transformer


Transformer
 
Lou Reed
 
1 – Vicious (Lou Reed) 2:58
2 – Andy's Chest (Lou Reed) 3:20
3 – Perfect Day (Lou Reed) 3:46
4 – Hangin' Round (Lou Reed) 3:35
5 – Walk on the Wild Side (Lou Reed) 4:15
6 – Make Up (Lou Reed) 3:00
7 – Satellite of Love (Lou Reed) 3:42
8 – Wagon Wheel (Lou Reed) 3:19
9 – New York Telephone Conversation (Lou Reed) 1:33
10 – I'm So Free (Lou Reed) 3:09
11 – Goodnight Ladies (Lou Reed) 4:21
 

Transformer
Musicien : Lou Reed
Parution : 8 décembre 1972
Enregistré : Août 1972
Durée : 36:40
Genre : Glam Rock
Producteur : David Bowie, Mick Ronson
Label : RCA Records
 
Musiciens :
Lou Reed : guitare, claviers, chant
Herbie Flowers : basse, tuba, contrebasse
Mick Ronson : Lead guitare, piano, flûte, chœurs
John Halsey : batterie
Ronnie Ross : saxophone baryton
David Bowie : chœurs
The Thunder Thighs : chœurs
Barry DeSouza : batterie
Ritchie Dharma : batterie
Klaus Voormann : basse
 
Mon avis : 
Disparu en octobre 2013, Lou Reed, fut incontestablement l’une des figures les plus importantes de la musique populaire occidentale de la seconde moitié du vingtième siècle. L’une des plus importantes, certes, mais pas la plus connue, bien au contraire, car le sieur Lou, entre ses débuts chaotiques au côté de son vieux compère John Cale avec le Velvet Underground qui, en plein Flower Power et d’amour niais en veux-tu en voilà, nous narraient les tréfonds de l’âme humaine, vendant au passage, au mieux, un millier de disques – mais comme le dit plus tard Brian Eno, chaque personne qui en acheta un forma un groupe – et une carrière en dents de scies qui ne le vit connaitre le succès qu’a une seule reprise, on ne peut pas vraiment dire que notre regretté Lou Reed disposait de toutes les cartouches pour se faire connaitre du grand public. Mais comme dirait l’autre, « fuck le grand public » car les vrais amateurs, eux, connaissaient l’animal… après, pour ce qui était de l’apprécier, c’était une autre affaire mais peu importe. Et donc, aujourd’hui, j’ai tenu à vous proposer la critique, justement, du seul album qui le vit connaitre le succès, je veux bien évidement parler de Transformer, son second opus en solo après avoir quitté le Velvet au début des années 70. Alors bien sur, ce fut un véritable plaisir que de me replonger dans ce superbe album, de réécouter certains titres comme ViciousAndy's ChestSatellite of Love, le sublime Perfect Day et, forcément, le parfois trop célèbre Walk on the Wild Side (probablement la seule chanson de Lou Reed que tout le monde connait même si la plus part des gens ne savent pas qu’elle est de lui), de me souvenir à quel point j’appréciais cet album et de me demander, du coup, par quelle aberration cela faisait aussi longtemps que je ne l’écoutais pas ?! Mais bon, quoi qu’il en soit, plus de quatre décennies (comme le temps passe vite) après la sortie de ce Transformer, alors que tout et son contraire fut raconté, souvent de fort belle manière, au sujet de cet album, que pourrais-je ajouter de plus que de simples banalités ? Que le père Lou, sorti du caniveau ou presque par un Bowie fan du personnage et alors au sommet de sa gloire, doit énormément a celui-ci ainsi qu’a Mick Ronson, le premier produisant la chose et le second nous livrant une performance aussi bonne si ce n’est meilleure que dans un certain The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, mais que, malgré cela et quoi qu’on pourrait en penser, les titres sont tous de Lou Reed et que malgré l’habillage et les postures glam, malgré l’importance indéniable des deux anglais, nous avons là un Lou Reed au sommet de sa forme et qui nous livre une prestation et un album de tout premier ordre. Que ce soit les chansons, les mélodies, les paroles et les sujets traités, le père Lou sans donne à cœur joie, nous entrainant, comme à son habitude, dans les bas-fonds de New-York aux cotés de prostituées, de travestis, de gays en veut-tu en voilà, de camés notoires, de fêtards indécrottables et d’individus qui, franchement, n’ont pas une vie facile… Et au-dessus de tout ça, toujours la voie de Lou Reed, parfois chantant, souvent parlant, portant sur l’ensemble un regard désabusé, le siens. Comme il se doit, Transformer ne fut pas très apprécié par une certaine frange des fans du personnage : forcément, un artiste maudit qui ne vend jamais plus d’une centaine d’albums, cela ne peut paraitre suspect que lorsqu’il réussit. Du coup, pour cette raison, l’album fut blacklisté par certains et Bowie condamné à l’échafaud, ce qui me semble pour le moins ridicule. A mes yeux, Transformer est bel et bien un bon disque, que dis-je, un grand disque et fort probablement, du moins c’est mon avis, le meilleur de la carrière de Lou Reed en dehors de sa période Velvet Underground ; après, bien entendu, les gouts et les couleurs… Quoi qu’il en soit, entre les compositions de Lou Reed dont certaines sont tout bonnement géniales, l’implication de Mick Ronson vraiment excellente et un Bowie qui chapote le tout – en nous livrant quelques magnifiques chœurs de ci de là – nous avons au final un album mythique, l’un de ceux que tout amateur digne de ce nom se doit de posséder dans sa discothèque, bien entendu. 
 

Points Positifs
 :
- Le meilleur album de Lou Reed, tout simplement. Il faut dire qu’ici, tout est parfait ou presque et que notre échappé du Velvet Underground, auquel plus personne ne croyait vraiment a l’époque, nous pond, sous la houlette de Bowie et de Ronson, un monument du Glam Rock, un opus excellentissime et qui, même plus de quatre décennies plus tard, n’a pas pris une ride !
ViciousAndy's Chest, le sublime Perfect Day, le très célèbre Walk on the Wild Side et, selon moi, le meilleur titre de l’album, Satellite of Love. Des titres superbes pour ne pas dire des classiques.
- La production de David Bowie et de Mick Ronson, tout bonnement parfaite.
- Un Mick Ronson plus inspiré que jamais a la guitare !
- Une pochette devenue culte.
 
Points Négatifs :
- Je n’ai jamais été fan de New York Telephone Conversation et, ma foi, après moult écoutes, ce titre ne passe toujours pas.
- Certains fans parmi les plus extrêmes du sieur Reed que l’ensemble sonne un peu trop propret en comparaison de ce que leur idole a put faire auparavant ou par la suite.
- Des titres un poil moins marquant dans ce que l’on appelait a l’époque la face B.
 
Ma note : 8,5/10