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mardi 31 janvier 2023

Hauteville House – USS Kearsarge


Hauteville House – USS Kearsarge
 
Le Fantôme est le maître de la pègre de Paris. C’est avec lui que l’espion Gavroche doit maintenant pactiser pour le compte de la république pour arriver à ses fins. Après un brusque test d’entrée en matière, lors duquel le jeune intrépide doit sortir d’un coffre fermé à clé et jeté aux fonds des égouts de la capitale, et tout cela les mains liées, il gagne enfin le droit d’adresser sa requête à celui qui dirige la cour des miracles. Gavroche a besoin de lui pour organiser l’évasion de l’agent Eglantine, arrêtée alors qu’elle était en mission d’infiltration. Celle-ci est maintenant emprisonnée à la Conciergerie. Jugée dans quelques semaines, elle sera probablement exécutée. En guise de récompense, Victor Hugo est prêt à céder au Fantôme les précieux chandeliers du forçat Jean Valjean. Mais la loi de la pègre en décide autrement : une vie exige une vie. Les deux chandeliers ne feront que payer la sécurité de la pauvre Eglantine. La nouvelle mission de Gavroche sera donc de délivrer un des fidèles lieutenants du Fantôme, alors détenu au Bagne de la nouvelle Calédonie…
 

Hauteville House – USS Kearsarge
Scénario : Fred Duval
Dessins : Thierry Gioux, Christophe Quet
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Thierry Gioux
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Steampunk
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 novembre 2008
Nombre de pages : 48
 
Mon avis : 
Continuant sur la lancée du premier cycle de Hauteville HouseUSS Kearsarge nous entraîne cette fois ci à l’autre bout du monde, plus précisément dans le sud est asiatique, en Nouvelle Calédonie – à ce propos, il m’avait sembler lire il y a fort longtemps une interview de l’auteur, Fred Duval, qui laissait entendre que la suite se déroulerait en Chine, apparemment, l’idée fut abandonnée en chemin – colonie française qui attire bien des convoitises en raison de ses mines de Nickel, le fameux or vert. Le dépaysement aurait put être parfait sans un petit détail qui m’a gêné : en effet, on retrouve tous les personnages principaux, ce qui peut se comprendre pour les héros, un peu moins pour les deux frères scientifiques qui agissent pour le compte du Second Empire. J’aurais préféré de nouvelles tètes, mais bon, il faudra se contenter de ce que l’on nous propose. Quoi qu’il en soit, le lecteur est forcement en terrain connu, et je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de revenir sur les défauts et les qualités de la série. Le principal est ailleurs : retrouvant des personnages que l’on connaît désormais bien, c’est avec un certain plaisir que l’on les suit dans ces nouvelles aventures légèrement plus exotiques que dans le premier cycle. Certes, retrouver les protagonistes de la Guerre de Sécession à un tel point du globe peut sembler incongrus, et sert, je pense, en particulier à justifier la présence de Zelda, mais, au fil du scénario, on accepte le fait et l’on n’y pense plus, après tout, l’aventure nous attends alors, a quoi bon s’attarder sur des petits détails ? Certes, pour le moment, il est impossible de savoir ce que les auteurs nous réservent : l’action se limitera t’elle à la Nouvelle Calédonie, des personnages importants passeront ils l’arme à gauche, le fantastique occupera t’il une place importante – la dernière case le laisse entendre, cependant, rien ne nous dit que ce ne soit pas des machines ? Et j’avoue que c’est avec une certaine impatience que j’attends la suite, ce qui est plutôt bon signe avec une série. Alors, si vous avez aimé les quatre premiers tomes de Hauteville House, et même si le Pokémon de mauvaise mémoire qui était apparu dans le quatrième volet vous avait rebuté, n’hésitez pas à vous plonger dans les nouvelles aventures de Gavroche et de Zelda qui semblent pour le moment prometteuses. Et puis, si vous avez le coup d’œil, vous pouvez toujours vous amuser à chercher les Beatles – et oui, ils font une très courte apparition – ou admirer le petit hommage à cette ancienne et excellente série que fut Les Mystères de l’Ouest
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir pour les fans de la série de retrouver des personnages et un univers qui leurs sont désormais familiers.
- Le dépaysement vu que l’action abandonne le continent nord-américain pour la Nouvelle Calédonie.
- Sans être exceptionnel, cet album n’en reste pas moins plutôt sympathique a lire et ouvre assez bien ce second cycle.
- L’amateur d’histoire sera en terrain familier avec le mystère de la disparition de Lapérouse.
- Les petites références sympathiques comme celle, évidente, aux Mystères de l’Ouest, et l’autre, cachée, aux Beatles.
 
Points Négatifs :
- Pour ce qui est des dessins, le souci est toujours le même depuis le premier album, c’est-à-dire que Thierry Gioux s’en sort fort bien pour ce qui des décors ou des diverses machines que l’on voit, mais pour ce qui est des personnages, c’est une autre histoire, et franchement, dans certaines cases, c’est une catastrophe.
- Les auteurs nous ressortent les deux frères en tant qu’opposants à nos héros, ce qui dénote un certain manque d’originalité tout de même…
 
Ma note : 7/10

lundi 30 janvier 2023

The Last Kingdom – Saison 5


The Last Kingdom – Saison 5
 
Plusieurs années ont passé. Le roi Edward poursuit son projet d'unifier les royaumes saxons afin de réaliser le rêve de son défunt père. En paix depuis longtemps, Danois et Saxons voient l'harmonie entre leurs peuples menacée à la fois par une nouvelle invasion danoise et par une rébellion saxonne. Uhtred est chargé de protéger Æthelstan, fils illégitime d'Edward et futur roi d'Angleterre. Mais le perfide Lord Aethelhelm compte bien porter au pouvoir l'autre fils d'Edward, son petit-fils Aelfweard. Pour accomplir sa destinée, Uhtred doit affronter ses pires ennemis tout en subissant de terribles pertes. Pendant ce temps, Edward oscille entre maintien de la paix et autoritarisme, et s'efforce d'unir les royaumes divisés. Par un étrange coup du destin, Uhtred découvre que cette volonté d'unir l'Angleterre pourrait bien avoir un lien avec sa propre histoire.
 

The Last Kingdom – Saison 5
Réalisation : Nick Murphy, Anthony Byrne, Ben Chanan, Peter Hoar, Jon East, Jamie Donoughue et Richard Senior
Scénario : Stephen Butchard, Ben Vanstone et Sophie Petzal, basé sur The Saxon Stories de Bernard Cornwell
Musique : John Lunn et Eivor
Production : Carnival FilmsNetflix
Genre : Historique, Aventure, Drame
Titre en vo : The Last Kingdom – Season 5
Pays d’origine : Royaume-Uni
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 09 mars 2022
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 10 x 52 minutes

Casting :
Alexander Dreymon : Uhtred de Bebbanburg
Emily Cox : Brida
Millie Brady : Princesse Æthelflæd
Timothy Innes : Edward, Roi du Wessex
Eliza Butterworth : Aelswith
James Northcote : Aldhelm
Mark Rowley : Finan
Cavan Clerkin : Père Pyrlig
Arnas Fedaravičius : Sihtric
Ewan Mitchell : Osferth
Jeppe Beck Laursen : Haesten
Stefanie Martini : Eadith
Jamie Blackley : Eardwulf
Adrian Schiller : Æthelhelm
Toby Regbo : Æthelred, Lord de Mercie
Eysteinn Sigurðarson : Sigtryggr
Ruby Hartley : Stiorra
Harry Gilby : Æthelstan
Finn Elliott : Uhtred le jeune
Eva Birthistle : Hild
Patrick Robinson : Père Benoît
Ewan Horrocks : Aelfweard
Sonya Cassidy : Eadgifu
Phia Saban : Aelfwynn
Harry Anton : Bresal
Ryan Quarmby : Cynlaef
Micki Stoltt : Rognvaldr
Emili Ackchina : Vibeke, la fille de Brida
Rob Hallett : le roi Constantin d’Ecosse
Ross Anderson : Domnal
Klara Tolnai : la femme de Sihtric
Ilona Chevakova : Ingrith
Jaakko Ohtonen : Wolland
 
Mon avis :
 Alors que j’abordais sereinement la cinquième et ultime saison de The Last Kingdom, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que, même si cette série est loin d’être un chef d’œuvre, même si celle-ci possède bien des défauts mineurs mais que l’on ne peut pas occulter et même si, oui, indéniablement, dans le même genre, il y avait sans doute bien mieux, cette saga tirée de l’œuvre littéraire du sieur Bernard Cornwell était toujours aussi efficace et que c’était avec un plaisir non dissimulé que je m’apprêtait à visionner sa dernière saison. Et puis, après toutes ces saisons, tous ces épisodes, j’étais fort curieux de voir comment tout cela allait s’achever, ce, même si on nous a déjà annoncé un film à venir qui serait, lui, la véritable conclusion de cette série. Mais bon, en attendant cet hypothétique long métrage dont le tournage n’a même pas débuter, c’était cette cinquième saison qui occupait mon esprit et, ma foi, au vu de celle-ci, disons que je n’ai pas été déçu, bien au contraire ! Bon, même si, au final, j’ai apprécié cette cinquième et dernière saison de The Last Kingdom, je ne peux pas faire l’impasse sur les défauts de celle-ci, surtout que ces derniers sont loin d’être anodins : ainsi, on retrouve ici une narration toujours aussi ubuesque avec des protagonistes qui traversent comme si de rien n’était et en quelques minutes une bonne partie des terres saxonnes tandis que les autres semblent cloué sur place, un grand méchant, Æthelhelm, tellement stéréotypé que l’on se demande comment les autres ne remarquent pas sa fourberie, une Brida complètement hallucinée et qui change d’avis toutes les cinq minutes et le fait, implacable, que cette saison, composée de dix épisodes, aurait dut être plus longue, nettement plus longue vu tous les éléments qui s’y déroulent… Ceci étant dit, il reste toujours le constat, implacable, que malgré ses défauts, malgré ses défauts, The Last Kingdom reste une série terriblement additive, pour peu, naturellement, que l’on accroche à celle-ci, à son coté semi-historique et a ses protagonistes hauts en couleurs. Ainsi, on finit par faire l’impasse sur ses faiblesses et l’on apprécie, oui, on apprécie, son scénario captivant, ses affrontements spectaculaires, ses scènes plus intimistes et souvent dramatiques – nombreuses, dans cette saison et il y a même un des compagnons d’Uhtred qui se fait tuer – et c’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on regarde ces dix épisodes, ce, jusqu’à cette conclusion haute en couleur où, à l’issu d’un énième combat dantesque, notre héros retrouve son château, ses terres et peut vivre enfin apaisée après s’être souvenu, dans une fort belle scène faire de flashbacks, de tous ses compagnons et de ses compagnes disparues… D’ailleurs, ces dernières minutes de l’ultime épisode de The Last Kingdom sont tellement belles que l’on ne peut pas s’empêcher de se dire que la conclusion de cette saga aurait dut être celle là. Vous l’avez compris, cela ne sera pas le cas puisque nous aurons droit à un film. Ce dernier est-il vraiment nécessaire ? Actuellement, je pense que non, mais bon, qui sait, dans quelques années, lorsque je le regarderais, peut-être que je changerais d’avis… mais bon, ceci, bien entendu, est une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Une cinquième saison qui est dans la lignée parfaite de ses devancières et qui, en toute franchise, conclut à merveille cette fort jouissive série qu’est The Last Kingdom. Terriblement captivante, bourrée de retournements de situations et de hauts faits d’armes, dramatique vu que l’on a droit à la disparition de quelques protagonistes majeurs, celle-ci a de quoi tenir en haleine le spectateur qui ne s’ennui pas une seule seconde tout au long de ces dix nouveaux épisodes !
- Un final époustouflant où, après un ultime affrontement pour le moins spectaculaire, Uhtred, enfin de retour chez lui, se remémore avec nostalgie son passé, ses compagnons disparues et peut enfin trouver le bonheur…
- Toujours cet habile mélange entre reconstitution historique et parties romancées. Il faut dire que non seulement celui-ci fonctionne à merveille mais, en plus, il nous permet d’en apprendre davantage au sujet d’une période de l’Histoire qui, de ce coté ci de la Manche, est très méconnue.
- Un des compagnons d’Uhtred perd la vie : il était temps car on les croyait tous invulnérables au bout d’un moment…
- Un casting toujours aussi impeccable et sur lequel il n’y a rien à redire.
- Si vous êtes fans de séries captivantes et sans prises de têtes, qui vous transportent et vous font oublier le quotidien pas toujours folichon il est clair que The Last Kingdom est fait pour vous !

Points Négatifs :
- Au vu de tout ce qui se passe dans cette cinquième saison de The Last Kingdom, on ne peut pas s’empêcher de se dire que celle-ci aurait dut être nettement plus longue et que quelques épisodes de plus n’auraient pas été de trop.
- Comme cela déjà été le cas dans la saison précédente, les protagonistes, une fois de plus, se déplacent à une rapidité folle, au point même que cela en devient ridicule. Ainsi, en quelques minutes, certains parcourent la Grande-Bretagne de nord en sud, d’est en ouest, sans que cela semble poser le moindre problème à quiconque. Le souci, c’est que la crédibilité en prend un coup !
- Le grand méchant, Æthelhelm, interprété par Adrian Schiller, est tellement stéréotypé que l’on n’y croit pas une seule seconde – surtout que l’acteur en fait des tonnes – et l’on se demande comment les autres protagonistes ne se rendent pas compte de sa fourberie plus tôt ?!
- Brida, pourtant un des personnages majeurs depuis les débuts de la série, est complètement loupée dans cette dernière saison et entre ses phases de folie génocidaire, celles de repentance et ces changements d’avis toute les cinq minutes, il est difficile de ne pas être déçu par le traitement que ce protagoniste majeur subit…

Ma note : 7,5/10

dimanche 29 janvier 2023

The Authority – Tome 2


The Authority – Tome 2
 
The Authority n'est pas un groupe lambda de surhumains. Ils constituent le plus puissant contre-pouvoir sur Terre. Bon nombre de gouvernements les considèrent comme des anarchistes, car ils ne servent pas la cause des nations, ni d'aucune autre organisation. Au contraire, ils considèrent qu'ils interviennent précisément quand les dirigeants ne le font pas, pour des raisons politiques qui n'ont plus rien à voir avec l'intérêt commun, celui de l'Humanité toute entière. Apollo, Midnighter, l'Ingénieur, le Docteur, Jack Hawksmoor et Swift sont en quelque sorte la plus grande force de frappe que l'on ait connue. Ils agissent sous l'égide de Jenny Sparks, qui abrite l'esprit du XXIème siècle. Mais cette dernière est morte... Leur dernière intervention s'est soldée par l’assassinat d'un dirigeant en Asie du sud-est. Le Président américain ne goûte pas cette initiative car il redoute des représailles sous forme d'actions terroristes. Pas de quoi inquiéter les membres de The Authority, qui ont d'autres chats à fouetter. En effet, ce qui retient leur attention, c'est qu'un signal a été détecté. Jenny Sparks a ressuscité sous la forme d'un bébé, mais elle est l'objet de toutes les convoitises car d'autres organisations, aux intentions bien moins nobles, comptent s'en emparer et modeler son esprit...
 

The Authority – Tome 2
Scénario : Mark Millar, Warren Ellis, Doselle Young, Tom Peyer
Dessins : Frank Quitely, Chris Weston, John McRea, Dustin Nguyen, Arthur Adams, Gary Erskine, Bryan Hitch
Encrage : Trevor Scott, Richard Friend, Garry Leach, Jason Martin, Derek Fridolfs, Tim Townsend, Paul Neary
Couleurs : Wendy Fouts, Ian Hannin, David Baron, Laura Martin
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The Authority – Volume 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 23 décembre 2014
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 avril 2018
Nombre de pages : 480
 
Liste des épisodes
The Authority 13-29
 
Mon avis :
 Indéniablement, The Authority fait parti de ces fameux comics que tout amateur digne de ce nom se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie, pour le coté historique de la chose, bien entendu, mais également pour la simple et bonne raison que, qualitativement parlant, on flirte par moments avec l’excellence – même si ce n’est pas le cas de l’ensemble de la série, mais j’y reviendrais. Quoi qu’il en soit, après un premier volume par le duo Warren Ellis et Bryan Hitch, prolongement logique de feu la défunte série Stormwatch et qui, de mon point de vu, est le point d’orgue du genre superhéroique de la fin des années 90, The Authority vit arrivé, a l’orée des années 2000, un nouveau duo d’auteurs, deux écossais qui firent depuis énormément parler d’eux, Mark Millar et Frank Quitely. Bon, pour le second, ce fut à mes yeux une très bonne nouvelle vu que je suis fan de ce dernier depuis la parution en France des New X-Men de Grant Morrison, par contre, pour le premier… Disons qu’au vu de ses dernières productions qui, pour la plupart, m’ont déçue, j’étais pour le moins perplexe de voir ce que le sieur Millar ferait de l’héritage de Warren Ellis. D’un autre coté, les critiques de cette seconde ère de The Authority étaient franchement excellentes, de plus, c’était un Millar encore jeune, a l’esprit plus rebelle, plus punk et qui n’était pas encore obnubilé par l’argent comme ces dernières années avec son MillarWorld, et, a la lecture de la chose, ou plutôt devrais-je dire de ce véritable pavé – presque 500 pages – il apparait grandement que le Millar de 2000 était oh combien plus jouissif que celui de 2023 ! Car oui, si The Authority, en changeant de scénariste, aura perdu en finisses narrative et en complexité – Millar n’est pas Ellis, amoureux des mots et rat de bibliothèque – il apparait grandement que, malgré une forme bien changeante, la qualité est toujours au rendez vous. Certes, l’ensemble est indéniablement plus bourrin, de même, tout ce qui était suggérer auparavant ne l’est plus, Millar y allant gaiement avec ses gros sabots ; ajoutons a cela une exagération scénaristique de tous les instants, des morts en pagaie, une sexualisation des personnages et un coté subversif du plus bel effet et l’on obtient un résultat parfois étonnant mais oh combien jouissif, particulièrement quand nos héros mettent de coté les menaces cosmiques pour s’en prendre aux véritables menaces qui planent sur le monde, je veux bien évidement parler des politiques, des banques, des médias, bref, de tous ceux qui dirigent le monde en maintenant le statu-quo. Quitely, aux dessins, assure avec brio et même s’il n’était pas encore au niveau de ces dernières années, son style, particulier, ravira ses amateurs. Et, justement, puisque j’aborde les dessins, nous touchons là l’un des principaux problèmes de The Authority : Quitely étant connu pour prendre son temps, celui-ci fut souvent remplacer en court de route, au point d’être carrément remplacé lors de certains arcs narratifs. Cela est fort dommageable car cela nuit énormément à l’ensemble, particulièrement lors de l’arc de Tom Peyer et Dustin N'Guyen, gros point faible de ce second album. Malgré cette grosse problématique des dessins, loin d’être a la hauteur par moments, The Authority par Millar est un digne successeur de celui de Warren Ellis, certes différent par la forme mais tout aussi bon. Certains préféreront la première mouture, d’autres la seconde, mais l’ensemble, lui, s’avère, encore aujourd’hui, indispensable comme je le disais en préambule de cette critique : un grand comics, l’un des meilleurs du genre a l’époque, et qui inspira tant d’œuvres par la suite que toutes les énumérées serait oh combien fastidieux…
 

Points Positifs
 :
- On pouvait craindre le départ de Warren Ellis et son remplacement par Mark Millar mais au vu du résultat final, il apparait grandement que malgré quelques changements de tons dans la série, malgré un coté moins intellectuel et plus bourrin, The Authority reste toujours aussi bon, ce qu’il perd en réflexion, il le gagne en subversivité.
- Avant, les membres de The Authority faisaient face, principalement, a des menaces cosmiques – même si on se doutait qu’ils influaient sur le monde – mais avec l’arrivée de Millar aux commandes, au vu de leurs immenses pouvoirs, ils décident de faire ce que les super-héros ne font jamais, c’est-à-dire, s’en prendre aux véritables problèmes de l’humanité, c’est-à-dire, aux dictateurs, aux puissants, a ceux qui dirigent la planète dans l’ombre. Un changement de ton radical mais oh combien jouissif !
- Frank Quitely aux dessins, c’est un pur régal pour les fans !
- Dialogues qui font mouche, sexualisation des personnages, violence omniprésente, ensemble plus radical, humour absurde, personnages pas toujours très nets dans leur tête… on se trouve a des années lumières des scénarios simplistes a la Marvel.
- Encore une fois, remercions bien bas les éditions Urban pour cette magnifique édition qui permet à ceux qui avaient ratés The Authority à l’époque de la découvrir.
- Vous en avez assez des Avengers, alors, vous serez aux anges en découvrant la parodie de leur équipe s’en prendre plein la tronche !
 
Points Négatifs :
- Frank Quitely n’assurant pas l’intégralité du travail artistique, la plupart de ses remplaçants s’avèrent être a des années lumières de ce que l’écossais nous propose. Ainsi, si le style de certains a terriblement vieillit de nos jours, pour d’autres, c’était carrément mauvais a l’époque, c’est pour dire !
- Tous les arcs narratifs ne se valent pas et, sincèrement, la partie où les membres de The Authority sont remplacés n’est pas la plus passionnante, bien au contraire.
- La censure de DC qui a particulièrement touché cette œuvre.
 
Ma note : 8/10

samedi 28 janvier 2023

Dragon Ball – Tome 5


Dragon Ball – Tome 5
 
Dans un monde fantastique semblable à la Terre et peuplé de créatures plus étranges les unes que les autres, un petit garçon à la force herculéenne et doté d’une queue de singe croise un jour la route d’une jeune fille. Celle-ci s’est lancée à la recherche de sept mystérieuses boules de cristal. Car il est dit que quiconque les réunira pourra appeler le dragon sacré et exaucer son vœu le plus cher. Son Goku parvient à déjouer les pièges de la Muscle Tower, mais il doit rejoindre Bulma afin qu'elle répare son détecteur, tombé en panne ! Ensemble, et avec l'aide de Krillin, ils décident de se lancer en quête d'une nouvelle Dragon Ball qui les conduit sous les océans. Mais ils ne se doutent pas que l'armée du Red Ribon a lancé à leurs trousses l'un de ses hommes les plus pervers et dangereux : le Général Blue !
 

Dragon Ball – Tome 5
Scénariste : Akira Toriyama
Dessinateur : Akira Toriyama
Genre : Shônen
Type d'ouvrage : Aventure, Action
Titre en vo : Doragon Bōru vol. 5
Parution en vo : 09 janvier 1987
Parution en vf : 25 novembre 2009
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 228
 
Mon avis :
 Incontestablement, ce cinquième volet de Dragon Ball, œuvre culte du sieur Akira Toriyama et qui aura marqué durablement toute la génération qui aura connu l’adaptation du manga dans sa version animée au cours des années 80 et 90, est le plus singulier depuis les débuts de la saga. Il faut dire que, si l’on a compris depuis les débuts du manga que Dragon Ball – du moins, dans ses premiers volets car la suite sera nettement plus violente et dramatique – flirtait allègrement avec l’humour et que même les affrontements les plus spectaculaires n’étaient jamais dénués de situations coquasses ou ubuesques, avec ce cinquième tome, force est de constater que nous avons droit à un florilège pour le moins impressionnant de scènes toutes plus absurdes les unes que les autres. Pourtant, il aurait put en être autrement vu que, comme on a put le voir dans le volet précédent, a l’issu du tournoi des arts martiaux, notre héros, Son Goku, fait face, désormais, a la terrifiante et célèbre armée du Ruban Rouge. Or, Akira Toriyama, fidèle à ses habitudes, préfère mettre l’accent sur l’humour et il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil aux divers adversaires de Son Goku pour se convaincre, définitivement, que ses derniers sont plus ridicules que véritablement dangereux – et pourtant, ils sont censés l’être… Ainsi, si les opposants de la Muscle Tower ne sont pas crédibles pour un sou – je pense particulièrement au ninja – même le fameux Général Blue, un adversaire que l’on devine plus coriace n’est pas en reste et l’on comprend rapidement que même si celui-ci va représenter une menace un poil plus importante, Son Goku et ses compagnons n’auront pas grand mal a s’en débarrasser. Ce choix scénaristique du mangaka peut, naturellement, en déstabiliser plus d’un, cependant, malgré cela, l’ensemble reste plutôt efficace et s’il faut reconnaitre que ce cinquième tome de Dragon Ball n’est pas le meilleur du lot, au moins, c’est probablement un de ceux où l’on rigole le plus et, ma foi, c’est tout de même une bonne chose…
 

Points Positifs
 :
- Ce cinquième volet de Dragon Ball est, probablement, le plus drôle depuis les débuts du manga et même si cela peut surprendre de prime abord, force est de constater que l’intrigue, malgré son coté loufoque, n’en reste pas moins terriblement efficace.
- L’armée du Ruban Rouge est l’un des arcs narratifs les plus cultes du manga et, ma foi, quel plaisir de voir Son Goku aux prises avec celle-ci, surtout que l’humour n’est jamais bien loin…
- Pour ce qui est des dessins, Akira Toriyama est un mangaka au style reconnaissable entre mille et même si celui-ci n’est peut-être pas l’artiste le plus talentueux au monde – il faut le reconnaitre – ses planches n’en restent pas moins fort plaisantes et nous démontrent fort bien qu’un style original – malgré son coté enfantin – peut parfaitement faire l’affaire.
- Une intrigue toujours aussi loufoque et où action rime sans le moindre complexe avec l’humour. Un mélange détonnant mais terriblement efficace qui est la marque de fabrique des débuts de Dragon Ball !
- Naturellement, ceux qui, comme moi, ont connu Dragon Ball par le biais de son adaptation animé dans les années 80 seront conquis par ces premiers volets des aventures de Goku et compagnie.

Points Négatifs :
- Trop d’humour tuerait-il un peu l’humour ?! On est tout de même en droit de le penser un peu tant les situations coquasses et ubuesques se succèdent les unes aux autres.
- La dangerosité de l’armée du Ruban Rouge n’est pas évidente du coup – il en va de même pour une de ses principales figures, le Général Blue.
- Comme je l’avais déjà souligné, je ne suis pas tout à fait sur que les jeunes générations adhèrent totalement à ces débuts de Dragon Ball et qu’ils se posent bien des questions quand aux gouts de leurs parents qui ne jurent que par ce manga…

Ma note : 7,5/10

vendredi 27 janvier 2023

Never for Ever


Never for Ever
 
Kate Bush
 
1 - Babooshka (Kate Bush) 3:21
2 - Delius (Song of Summer) (Kate Bush) 2:52
3 - Blow Away (for Bill) (Kate Bush) 3:35
4 - All We Ever Look For (Kate Bush) 3:49
5 - Egypt (Kate Bush) 4:12
6 - The Wedding List (Kate Bush) 4:16
7 - Violin (Kate Bush) 3:16
8 - The Infant Kiss (Kate Bush) 2:50
9 - Night Scented Stock (Kate Bush) 0:52
10 - Army Dreamers (Kate Bush) 2:59
11 - Breathing (Kate Bush) 5:30
 

Never for Ever
Musicien : Kate Bush
Parution : 08 septembre 1980
Enregistré : Automne 1979 – Juin 1980
Durée : 37:23
Genre : Art Rock, Pop Baroque
Producteur : Kate Bush, Jon Kelly
Label : EMI
 
Musiciens :
Kate Bush : chant, chœurs, piano, claviers, Fairlight CMI, Yamaha CS-80, arrangements
John L. Walters : Programmation de Fairlight CMI
Richard James Burgess : Programmation de Fairlight CMI
Max Middleton : Fender Rhodes (1, 3, 5, 6, 10), Minimoog (5), arrangements des codes
Duncan Mackay : Fairlight CMI (4,9)
Michael Moran : Prophet 5 (5)
Larry Fast : Prophet (10)
Alan Murphy : Guitare acoustique (4), guitare électrique (1, 2, 6, 7, 8, 9, 10), solo guitare (7), basse acoustique (9)
Brian Bath : Guitare acoustique (3,4,9), guitare électrique (1, 6, 7, 10), chœurs (6,8)
John Giblin : Basse fretless (11), basse (1)
Del Palmer : Basse fretless (3), basse (5-7)
Paddy Bush : Balalaïka (1), sitar, voix basse et voix de Delius (2), koto (4), psaltérion (5), harmonica et scie (6), banshee (7), mandoline (9)
Kevin Burke : Violon (7)
Adam Skeaping : Alto (8), arrangements des cordes (8)
Joseph Skeaping : Lire de Gambe (8), arrangements des cordes (8)
Stuart Elliott : Batterie (1,10), Bodhran (9)
Preston Heyman : Batterie (3, 5-7), percussions (2,3,5), chœurs (4,6)
Synthétiseur Roland : Percussions (2)
Morris Pert : Percussions (10), Timbales (4)
Ian Bairnson : Chœurs de basse (2)
Gary Hurst : Chœurs (1,4)
Andrew Bryant : Chœurs (4)
Roy Harper : Chœurs (11)
Martyn Ford Orchestra : Cordes (3,6)
 
Mon avis :
 Ce fut en 1978 que paru l’excellent et étonnant The Kick Inside, premier opus d’une toute jeune britannique, Kate Bush, qui, du haut de ses dix-neuf ans, avait pour le moins sut imposer sa marque et fait preuve d’un talent non seulement original mais surtout certain. Complètement inclassable, possédant un univers singulier et un organe vocal sans pareil, la jeune fille avait, d’entrée de jeu, en séduit plus d’un. Lionheart, paru quelques mois plus tard, sous la pression de sa maison de disque, était apparu néanmoins comme moins aboutit, la faute, peut-être, a sa trop grande ressemblance avec son prédécesseur et ce fut donc en 1980, a l’aube d’une toute nouvelle décennie que Kate Bush, à peine plus âgée, renoua avec le succès, à la fois qualitatif que public, ce, avec ce Never for Ever qui est, sans aucune contestation possible, un de ses tous meilleurs albums… Bien entendu, d’entrée de jeu, on se tape ce qui est probablement la chanson la plus connue de Kate Bush, le toujours aussi efficace Babooshka, véritable hit en son temps et qui n’a rien perdu de sa force, quatre décennies plus tard. Cependant, si Babooshka est, naturellement, le titre le plus marquant de l’album, il est, peut-être, l’arbre qui cache un peu la forêt ou plutôt, devrais-je dire, l’arbre qui cache une forêt bien différente… Ainsi, si le titre est un hit en puissance aux sonorités parfaitement pop, les autres chansons sont d’un tout autre calibre et nous montrent une artiste qui, malgré son jeune âge, était toujours aussi doué pour nous proposer un univers musical oh combien original et envoutant. Ainsi, que cela soit par le choix des thématiques abordées, des ambiances musicales qui sont à mille lieux des chansons pop calibrées pour la bande FM, de l’omniprésence d’instruments divers qui apportent, chacun, une petite touche particulière à toutes ces chansons, sans oublier, bien entendu, l’élément le plus reconnaissable de Kate Bush, je veux, naturellement, parler de sa voix, tour à tour séduisante, mélancolique, détachée, ironique, romantique, mordante, complètement décalée ou rêveuse, force est de constater que nous obtenons, au final, un album d’une intensité peu commune et d’une richesse incontestable. Quasiment parfait de bout en bout, Never for Ever marque l’accomplissement musical de celle qui restera, indéniablement, comme étant une des chanteuses les plus stupéfiantes de l’histoire de la musique populaire de la fin du vingtième siècle, une chanteuse hors-norme et qui, de nos jours, passerait littéralement sous les radars de ces maudites maisons de disques qui ne nous sortent que de la soupe insipide depuis bien trop longtemps. Fort heureusement, fut un temps, désormais très lointain, où la musique, c’était autre chose et ou un certain guitariste de Pink Floyd pouvait découvrir une gamine au talent fou, une gamine du nom de Kate Bush…
 

Points Positifs
 :
- Incontestablement, avec The Kick Inside, le meilleur album de Kate Bush. Il faut dire que ce troisième opus, un peu différent de ses prédécesseurs de par sa production et sa maitrise artistique, est tout simplement parfait de bout en bout et marque, incontestablement, l’aboutissement artistique d’une artiste hors-norme !
- Une créativité musicale au top pour cet opus qui sort nettement des carcans de la chanson populaire pour aborder une ambiance plus onirique et fantasmagorique. Bien entendu, les albums précédents de la chanteuse étaient déjà inclassables mais avec Never for Ever, force est de constater que l’on franchit un nouveau pallier qualitatif.
- Bien entendu, Babooshka, probablement la chanson la plus connue de Kate Bush, est le titre qui marque le plus cet album, cependant, il n’est que l’arbre qui cache une belle, très belle forêt…
- Delius (Song of Summer), All We Ever Look For, Egypt, The Wedding List, Army Dreamers et Breathing sont, indéniablement, de superbes chansons !
- Une pochette franchement réussie.
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Kate Bush étant une artiste a l’univers tellement hors-norme, celle-ci ne peut pas plaire a tout le monde et il faut tout de même posséder un certain bagage musical et posséder des gouts pour le moins éclectiques pour apprécier un tel album…
- Babooshka est tellement connu – et tellement différent des autres chansons – que ce titre fait peut-être du mal au reste de l’album ?
 
Ma note : 8/10