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dimanche 29 janvier 2023

The Authority – Tome 2


The Authority – Tome 2
 
The Authority n'est pas un groupe lambda de surhumains. Ils constituent le plus puissant contre-pouvoir sur Terre. Bon nombre de gouvernements les considèrent comme des anarchistes, car ils ne servent pas la cause des nations, ni d'aucune autre organisation. Au contraire, ils considèrent qu'ils interviennent précisément quand les dirigeants ne le font pas, pour des raisons politiques qui n'ont plus rien à voir avec l'intérêt commun, celui de l'Humanité toute entière. Apollo, Midnighter, l'Ingénieur, le Docteur, Jack Hawksmoor et Swift sont en quelque sorte la plus grande force de frappe que l'on ait connue. Ils agissent sous l'égide de Jenny Sparks, qui abrite l'esprit du XXIème siècle. Mais cette dernière est morte... Leur dernière intervention s'est soldée par l’assassinat d'un dirigeant en Asie du sud-est. Le Président américain ne goûte pas cette initiative car il redoute des représailles sous forme d'actions terroristes. Pas de quoi inquiéter les membres de The Authority, qui ont d'autres chats à fouetter. En effet, ce qui retient leur attention, c'est qu'un signal a été détecté. Jenny Sparks a ressuscité sous la forme d'un bébé, mais elle est l'objet de toutes les convoitises car d'autres organisations, aux intentions bien moins nobles, comptent s'en emparer et modeler son esprit...
 

The Authority – Tome 2
Scénario : Mark Millar, Warren Ellis, Doselle Young, Tom Peyer
Dessins : Frank Quitely, Chris Weston, John McRea, Dustin Nguyen, Arthur Adams, Gary Erskine, Bryan Hitch
Encrage : Trevor Scott, Richard Friend, Garry Leach, Jason Martin, Derek Fridolfs, Tim Townsend, Paul Neary
Couleurs : Wendy Fouts, Ian Hannin, David Baron, Laura Martin
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The Authority – Volume 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 23 décembre 2014
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 avril 2018
Nombre de pages : 480
 
Liste des épisodes
The Authority 13-29
 
Mon avis :
 Indéniablement, The Authority fait parti de ces fameux comics que tout amateur digne de ce nom se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie, pour le coté historique de la chose, bien entendu, mais également pour la simple et bonne raison que, qualitativement parlant, on flirte par moments avec l’excellence – même si ce n’est pas le cas de l’ensemble de la série, mais j’y reviendrais. Quoi qu’il en soit, après un premier volume par le duo Warren Ellis et Bryan Hitch, prolongement logique de feu la défunte série Stormwatch et qui, de mon point de vu, est le point d’orgue du genre superhéroique de la fin des années 90, The Authority vit arrivé, a l’orée des années 2000, un nouveau duo d’auteurs, deux écossais qui firent depuis énormément parler d’eux, Mark Millar et Frank Quitely. Bon, pour le second, ce fut à mes yeux une très bonne nouvelle vu que je suis fan de ce dernier depuis la parution en France des New X-Men de Grant Morrison, par contre, pour le premier… Disons qu’au vu de ses dernières productions qui, pour la plupart, m’ont déçue, j’étais pour le moins perplexe de voir ce que le sieur Millar ferait de l’héritage de Warren Ellis. D’un autre coté, les critiques de cette seconde ère de The Authority étaient franchement excellentes, de plus, c’était un Millar encore jeune, a l’esprit plus rebelle, plus punk et qui n’était pas encore obnubilé par l’argent comme ces dernières années avec son MillarWorld, et, a la lecture de la chose, ou plutôt devrais-je dire de ce véritable pavé – presque 500 pages – il apparait grandement que le Millar de 2000 était oh combien plus jouissif que celui de 2023 ! Car oui, si The Authority, en changeant de scénariste, aura perdu en finisses narrative et en complexité – Millar n’est pas Ellis, amoureux des mots et rat de bibliothèque – il apparait grandement que, malgré une forme bien changeante, la qualité est toujours au rendez vous. Certes, l’ensemble est indéniablement plus bourrin, de même, tout ce qui était suggérer auparavant ne l’est plus, Millar y allant gaiement avec ses gros sabots ; ajoutons a cela une exagération scénaristique de tous les instants, des morts en pagaie, une sexualisation des personnages et un coté subversif du plus bel effet et l’on obtient un résultat parfois étonnant mais oh combien jouissif, particulièrement quand nos héros mettent de coté les menaces cosmiques pour s’en prendre aux véritables menaces qui planent sur le monde, je veux bien évidement parler des politiques, des banques, des médias, bref, de tous ceux qui dirigent le monde en maintenant le statu-quo. Quitely, aux dessins, assure avec brio et même s’il n’était pas encore au niveau de ces dernières années, son style, particulier, ravira ses amateurs. Et, justement, puisque j’aborde les dessins, nous touchons là l’un des principaux problèmes de The Authority : Quitely étant connu pour prendre son temps, celui-ci fut souvent remplacer en court de route, au point d’être carrément remplacé lors de certains arcs narratifs. Cela est fort dommageable car cela nuit énormément à l’ensemble, particulièrement lors de l’arc de Tom Peyer et Dustin N'Guyen, gros point faible de ce second album. Malgré cette grosse problématique des dessins, loin d’être a la hauteur par moments, The Authority par Millar est un digne successeur de celui de Warren Ellis, certes différent par la forme mais tout aussi bon. Certains préféreront la première mouture, d’autres la seconde, mais l’ensemble, lui, s’avère, encore aujourd’hui, indispensable comme je le disais en préambule de cette critique : un grand comics, l’un des meilleurs du genre a l’époque, et qui inspira tant d’œuvres par la suite que toutes les énumérées serait oh combien fastidieux…
 

Points Positifs
 :
- On pouvait craindre le départ de Warren Ellis et son remplacement par Mark Millar mais au vu du résultat final, il apparait grandement que malgré quelques changements de tons dans la série, malgré un coté moins intellectuel et plus bourrin, The Authority reste toujours aussi bon, ce qu’il perd en réflexion, il le gagne en subversivité.
- Avant, les membres de The Authority faisaient face, principalement, a des menaces cosmiques – même si on se doutait qu’ils influaient sur le monde – mais avec l’arrivée de Millar aux commandes, au vu de leurs immenses pouvoirs, ils décident de faire ce que les super-héros ne font jamais, c’est-à-dire, s’en prendre aux véritables problèmes de l’humanité, c’est-à-dire, aux dictateurs, aux puissants, a ceux qui dirigent la planète dans l’ombre. Un changement de ton radical mais oh combien jouissif !
- Frank Quitely aux dessins, c’est un pur régal pour les fans !
- Dialogues qui font mouche, sexualisation des personnages, violence omniprésente, ensemble plus radical, humour absurde, personnages pas toujours très nets dans leur tête… on se trouve a des années lumières des scénarios simplistes a la Marvel.
- Encore une fois, remercions bien bas les éditions Urban pour cette magnifique édition qui permet à ceux qui avaient ratés The Authority à l’époque de la découvrir.
- Vous en avez assez des Avengers, alors, vous serez aux anges en découvrant la parodie de leur équipe s’en prendre plein la tronche !
 
Points Négatifs :
- Frank Quitely n’assurant pas l’intégralité du travail artistique, la plupart de ses remplaçants s’avèrent être a des années lumières de ce que l’écossais nous propose. Ainsi, si le style de certains a terriblement vieillit de nos jours, pour d’autres, c’était carrément mauvais a l’époque, c’est pour dire !
- Tous les arcs narratifs ne se valent pas et, sincèrement, la partie où les membres de The Authority sont remplacés n’est pas la plus passionnante, bien au contraire.
- La censure de DC qui a particulièrement touché cette œuvre.
 
Ma note : 8/10

jeudi 24 novembre 2022

Nou3


Nou3
 
Un homme assez costaud s'entraîne en courant sur un tapis roulant. Dans la trappe d'aération située juste à côté de lui, de petites lumières rouges sont à peine perceptibles. Dans la même maison, un peu plus loin, plusieurs types boivent une bière en regardant la télévision, tous portent une arme à feu. Les lumières rouges se font plus vives et attirent l'attention des hommes près de la cheminée... L'homme qui s'entrainait a un frisson qui lui parcourt l'échine. Il est persuadé que quelle chose cloche. Il saisit alors une arme et se dirige vers la porte de la pièce où se trouvent les autres. Soudain, une salve de balles abat sportif. Juste après de longs échanges de coups de feu, un type ouvre la porte arrière d'un camion et y fait rentrer les responsables de ce carnage, qui émettaient les fameuses lumières rouges tapies dans l'ombre. Il s'agit de trois soldats d’un nouveau type. Des chercheurs ont utilisé des animaux pour piloter des armures de combat et éviter ainsi les pertes humaines. Un chien, un chat et un lapin forment l’unité WE3. Celle-ci risque d’être prochainement fermée. C’est le souhait d'un politicien mais le docteur Berry, le cerveau des chercheurs, ne peut se contraindre à les voir mourir. Elle leur offre donc une porte de sortie. Mais à l’extérieur et sans contrôle humain, ils risquent d’être terriblement dangereux…
 

Nou3
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Jamie Grant
Couverture : Frank Quitely
Genre : Science-Fiction
Editeur : Vertigo Comics
Titre en vo : We3
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 01 juin 2005
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juin 2012
Nombre de pages : 144
 
Liste des épisodes
We3 1-3
 
Mon avis :
 Plus de quinze ans, c’est le temps qui m’aura fallut pour, enfin, pourvoir lire cette œuvre culte pour beaucoup qu’est Nou3 (We3 en version originale, dommage que les éditions Urban Comics aient traduit le titre qui se suffisait a lui-même). Les aléas de la vie auront donc fait que je serais passé bien trop longtemps a coté de ce comic qui, lors de sa sortie en 2005, m’avait immédiatement tapé dans l’œil. Il faut dire que lorsque le duo magique, je veux bien évidement parler du scénariste Grant Morrison et du dessinateur Frank Quitely œuvrent de concert, le lecteur est toujours en droit d’attendre le meilleur : ainsi, entre New X-Men ou All-Star Superman, les deux compères nous ont livré a maintes reprises des œuvres marquantes au cours des deux dernières décennies. Ajoutons a cela le postulat de départ de Nou3, c’est-à-dire, ces trois animaux – un chien, un chat et un lapin – transformés en armes de guerre par les militaires suite a des expériences scientifiques et qui s’évadent afin de retrouver la liberté, bref, un beau petit plaidoyer contre l’expérimentation animale et un dessoudage en règle des traditionnels marchands de guerre, et l’on comprend, avant même la lecture de cette œuvre, que celle-ci sort décidément des sentiers battus et ne nous laissera pas indifférent. Et ici, sans la moindre surprise, c’est bel et bien le cas car oui, mille fois oui, Nou3 est une superbe mini-série (tout juste trois petits épisodes mais rallongés d’une dizaine de pages dans cette version) qui aura marqué son temps et qui fonctionne encore de fort belle manière aujourd’hui. Bien évidement, pour cela, il faut que le duo Morrison et Quitely fonctionne a plein régime et c’est bel et bien le cas, le premier faisant plutôt dans la sobriété narrative et ne cherchant pas la complication inutile, le second livrant une prestation… euh, comment dire… époustouflante ! Certes, Frank Quitely, son talent est connu depuis longtemps et il possède son petit lot d’inconditionnels dont je fais parti, mais dans Nou3, quelle claque visuelle a chaque page, et ce, grâce a un découpage des planches pour le moins audacieux et qui fourmille d’idées… quasiment lors de chaque cases ! Bref, vous l’avez compris, la lecture de Nou3 n’aura fait que confirmer tout le bien dit au sujet de ce comic depuis une décennie, c’est-à-dire, qu’il s’agit bel et bien d’un chef d’œuvre ; fable animalière, plaidoyer sans concessions contre l’expérimentation animale et porteur d’un antimilitarisme intelligent, Nou3, malgré une violence sans concession, n’en reste pas moins emprunt d’une certaine poésie et touchera indéniablement les plus sensibles d’entre nous. Culte ?! Indéniablement !
 

Points Positifs
 :
- Une œuvre qui ne laissera personne indifférent et qui pointe du doigt le lobby militaire, l’expérimentation animale et, dans un sens plus large, la manière dont nous usons et abusons de ces derniers.
- Comment ne pas s’attacher aux trois héros de l’histoire, ce chien, ce chat et ce lapin devenus malgré eux des machines à tuer mais qui n’ont qu’un seul souhait, être libres…
- Probablement l’œuvre la plus aboutit du duo Morrison/Quitely : le premier faisant dans la sobriété narrative afin d’aller a l’essentiel, le second atteignant des sommets artistiques tout bonnement somptueux !
- Justement, pour ce qui est de Frank Quitely, comment ne pas s’extasier devant le découpage hors-norme et audacieux des planches de Nou3 !? Le summum étant atteint, bien entendu, lors de la longue séquence de vignettes qui se succèdent sur plusieurs pages.
- Nou3 est d’une violence incroyable par moments, or, celle-ci ne dénote en aucune façon et n’est là que pour montrer ce que sont devenus nos trois sympathiques animaux, c’est-à-dire, des armes de destructions massives qui se retournent contre leurs créateurs… et c’est bien fait !
- Accessoirement, Nou3, malgré son coté anticipation indéniable, livre une bien triste vérité car depuis toujours, et encore de nos jours, l’homme use des animaux sur les champs de bataille…
 
Points Négatifs :
- S’il fallait vraiment trouver un défaut a Nou3, histoire de chipoter, c’est qu’il est… trop court ! Bah oui, je le croyais plus long ce comic…
- Pourquoi Urban Comics a traduit le titre ? We3 qui devient Nou3, mouais…
 
Ma note : 9/10

mercredi 11 mai 2022

Jupiter's Legacy – Soulèvement


Jupiter's Legacy – Soulèvement
 
En 1991, à Sante Fe, Hutch, alors enfant, rencontre son père : Skyfox, le plus grand vilain de son époque. Juste avant de combattre une armée de super héros, il fabrique à son fils une lampe magique. De retour en 2020, Hutch tente de faire évader d’un fourgon blindé, Tornado. Manque de chance, sa lampe tombe en panne. Après une course poursuite dans un centre commercial, il réussit à trouver des piles, et à terrasser les gardes. Au sud-est de la chine, Chloé recrute neutrino. Car voilà, le plan que Chloé, Hutch et Jason mettent en place : recruter d’anciens supers vilains pour attaquer la prison où sont détenus tout les autres supers héros, et attaquer Brandon, Walter, et ainsi reprendre le pouvoir. Mais pour contrer les pouvoirs télépathiques de Walter, il faut d’abord délivrer Repro ; ce qui n’est pas une mince affaire, puisque celui est détenu à Dubaï sous la protection de Raikou, super héroïne de premier plan. Grace à une attaque bien planifiée, ils arrivent à délivrer Repro, qui en profite pour voler les pouvoirs de Raikou. Pendant ce temps, à Detroit, Brandon et Walter présentent une nouvelle technologie de leur crue qui va relancer l’économie. Malheureusement cette présentation est interrompue par un attentat. Fou de rage, Brandon décide d’attaquer la chine contre l’avis de son oncle. Jason, lui, découvre que son grand père, le père de Hutch est en vie.
 

Jupiter's Legacy – Soulèvement
Scénario : Mark Millar
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Sunny Gho
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Jupiter's Legacy – Volume 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 05 septembre 2017
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 04 avril 2018
Nombre de pages : 128
 
Liste des épisodes
Jupiter's Legacy 2 1-5
 
Mon avis :
 Il y a de cela quelques jours, je vous avais parler du premier volet de Jupiter’s Legacy, œuvre de Mark Millar au scénario et du magnifique Frank Quitely aux dessins et qui, sans être d’une grande originalité, il faut le reconnaitre – après tout, des problèmes intergénérationnel entre super-héros et des prises de pouvoirs par ces derniers, ce n’est pas nouveau – avait suffisamment réussi a tirer son épingle du jeu pour que, a mes yeux, cet album se soit avérée être une bonne surprise. Forcément, j’avais hâte de découvrir la suite, de connaitre le fin mot de l’histoire et de savoir comment la petite famille composée de Chloé, Hutch et Jason allaient faire pour renverser la tendance et en finir avec la dictature mondiale établie par les super-héros. Hélas, à mon grand désarroi, on ne peut pas vraiment dire que cette suite soit du même niveau… au point même que l’on puisse parler de déception ? Non, pire, de grosse déception ! En effet, si le premier volet de Jupiter’s Legacy avait sut éveiller mon intention de par ses propos politiques, ses conflits entre les générations et, bien entendu, son vibrant hommage aux super-héros, toutes périodes confondues, il est clair que, scénaristiquement, cette suite est largement moins réussie. Certes, Mark Millar n’a jamais été connu pour sa finesse, c’est un fait, pourtant, de temps en temps, le bougre réussi a nous pondre des œuvres coup de poing qui marquent les esprits : c’était le cas dans le premier volet de Jupiter’s Legacy, ce n’est absolument pas le cas dans cette suite qui se contente, principalement, de nous montrer comment la famille de Chloé cherche a convaincre et a engager tout un tas d’anciens criminels afin de former une super-équipe. Certes, l’idée, a défaut d’être génial, n’est pas mauvaise, surtout que le début, où ils font face a la charismatique Raikou et franchement réussie. Le problème, c’est que, quelque part, ce second volume aurait gagné à se contenter de cela, c’est-à-dire, à nous montrer comment Chloé et compagnie auraient formé leur équipe, laissant l’affrontement final pour une éventuelle suite où Millar aurait put prendre son temps pour la rendre plus mémorable. Car cet affrontement, vous l’avez compris, a lieu dans ce même second volume et, du coup, si vous vous attendiez à en prendre plein la vue, ce ne sera absolument pas le cas : les combats sont légions et poussifs, des personnages majeurs perdent la vie bêtement et sans que cela marque les esprits, quant a l’affrontement que tout le monde attendait, c’est-à-dire, celui entre Brandon et Chloé, on n’y assiste même pas sous prétexte qu’il a lieu sur… Mars – si ce n’est pas se moquer du monde !? Ajoutons a cela la monumentale déception que fut l’introduction de Skyfox, personnage majeur et sous-utilisé, sans parler de sa mort ridicule, et vous comprendrez a quel point, une fois parvenu a la dernière page de ce second volet de Jupiter’s Legacy, le sentiment que je ressentais était même au-delà de la déception… la colère ? Oui, c’est un peu cela. Et dire qu’il y a une suite qui existe ! Pour raconter quoi, a quoi bon ? Sincèrement, je suis dubitatif…
 

Points Positifs
 :
- La première partie de ce second tome de Jupiter’s Legacy est plutôt bonne et on suit avec intérêt Chloé et sa famille qui font le tour du monde pour former une équipe qui sera composée d’anciens super-vilains et qui sera destiner à faire tomber la dictature imposée par les super-héros.
- L’affrontement contre Raikou et le gros moment de cet album. Il faut dire que le personnage est plutôt charismatique et tellement puissant que le combat, difficile, marque les esprits.
- L’introduction de Skyfox, le père de Hutch, soit disant super-vilain mais individu complexe et fort intéressant, surtout dans ses propos et son passé.
- Les dessins de Frank Quitely, à la hauteur, bien entendu, de ce que celui-ci nous a habitués depuis des années.
 
Points Négatifs :
- Si le premier volet de Jupiter's Legacy brillait par son scénario fort intéressant et par ses thématiques alléchantes – problèmes de générations, rôle des super-héros dans les affaires du monde – il est clair que celui de cette suite est plusieurs tons en dessous et se contente de, dans les grandes lignes, nous montrer des combats, des combats et encore des combats.
- Un ensemble bancal : ainsi, on passe pas mal de temps a suivre la mise en place de l’équipe d’anciens super-vilains et le final, c’est-à-dire, l’affrontement contre les troupes de Walter et compagnie, est expédié trop rapidement.
- On retrouve un Mark Millar des mauvais jours avec un scénario qui sent le déjà-vu et qui n’est pas d’une grande finesse…
- Skyfox avait l’air tellement puissant et il meurt bêtement, bruler vif par Walter.
- L’ultime combat, celui que l’on attendait tous, entre les enfants d’Utopian, on ne le voit même pas, ce qui, sincèrement, est ridicule en plus d’être frustrant !
- Pas vraiment fan de la couverture mais ce n’est pas le pire.
 
Ma note : 6,5/10

samedi 7 mai 2022

Jupiter's Legacy – Lutte de Pouvoirs


Jupiter's Legacy – Lutte de Pouvoirs
 
En 1932, au Maroc, Sheldon essaie de convaincre le capitaine d'un bateau de le conduire en un lieu précis sur sa carte. Il est persuadé que se trouve là-bas l'île qui hante ses pensées. Le marin finit par accéder à la requête du brillant jeune homme, même si pour lui, il n'y a jamais rien eu à cet endroit précis. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque son bateau arrivant aux coordonnées, une île se dessine... En mars 2013, le monde à bien changé et les super-héros sont désormais adulés de tous. Chloe et Brandon sont tous les deux les enfants du couple Grace-Utopian. Leurs parents espèrent qu'un jour ils prendront leur succession mais ce n'est pas vraiment leur souhait. Grace lance des associations caritatives et aime tester de nouvelles drogues. Brandon joue avec sa popularité et essaie de maîtriser le peu de pouvoirs qui se sont manifestés. Les excès de Chloe et de son frère vont mettre un peu plus en colère Utopian, mais dans l'ombre, leur oncle Walter qui peut manipuler les esprits, a fomenté un plan des plus machiavéliques...
 

Jupiter's Legacy – Lutte de pouvoirs
Scénario : Mark Millar
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Peter Doherty
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Jupiter's Legacy – Volume 1
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 21 avril 2015
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 10 février 2016
Nombre de pages : 144
 
Liste des épisodes
Jupiter's Legacy 1-5
 
Mon avis :
 Si pour les amateurs de comics, il est bien naturellement inutile de présenter Mark Millar, scénariste britannique capable du meilleur comme du pire et qui, bien souvent, a un peu tendance à préférer la forme que le fond, je dois reconnaitre que c’est surtout pour Frank Quitely, formidable dessinateur qui officia chez les New X-Men de Grant Morrison et que j’ai retrouver, il y a tout juste quelques jours avec le très bon Flex Mentallo que je me suis lancé dans ce premier volume de Jupiter's Legacy, œuvre qui, ne serais-ce que pour ses auteurs, promettait énormément. Bien entendu, son postulat de départ avait son importance également et, ma foi, cette histoire de deux générations de super-héros, qui, bien entendu, ne se comprenaient plus – les plus jeunes ne supportant pas les anciennes valeurs de leurs ainés tandis que, parmi ceux-ci, régnait une certaine discorde sur le rôle même de super-héros, c’est-à-dire, être au service de l’humanité ou la guider – bref, cette histoire ne pouvait que le plaire. Alors bien sur, la thématique n’est pas nouvelle et les rapports entre surhommes et pouvoir de même que les conflits générationnels ont déjà été abordés, parfois de fort belle manière, par ailleurs. Ensuite, il y a le cas Millar, un auteur, comme je l’avais souligné, qui ne m’inspire plus grande confiance depuis bien longtemps et j’avais un peu peur que, une fois de plus, son scénario soit loin d’être à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer. Fort heureusement, pour ce qui est de ce premier volet de Jupiter's Legacy, c’est à du bon Millar que l’on a affaire et cela, ma foi, c’est une bonne nouvelle ! Alors même si tout cela n’est pas d’une grande originalité, il faut savoir rendre à César ce qui lui appartient et reconnaitre que ce premier tome de Jupiter's Legacy, avec son scénario malin et diablement efficace s’avère être une belle réussite : multipliant les hommages a l’age d’or des comics, Millar fait naturellement le parallèle entre les origines de ses protagonistes, qui datent des années 30, avec celles des supers slips de Marvel et DC – le parallèle étant bien entendu fait entre Utopian et un certain Superman. De plus, avec Millar, il faut toujours s’attendre a ce petit coté subversif, ces multiples clins d’œil a l’actualité, la crise de 2008 étant abordé, celle-ci étant d’ailleurs au cœur de l’opposition entre Utopian et son frère, deux visions des choses, deux visions du rôle des super-héros, c’est-à-dire, être au service du peuple où lui montrer la voie en le dirigeant. Ajoutons a cela les fameux générationnels et ses enfants surpuissants mais complètement paumés moralement sans oublier des dialogues bien sentis et vous comprendrez sans nul doute, pourquoi j’ai affirmé que, avec ce premier volet de Jupiter's Legacy nous avons affaire à un bon Millar. Petite cerise sur le gâteau, il y a, naturellement, les dessins d’un Frank Quitely, fidèle à lui-même, c’est-à-dire, très bon, ce qui ravira, bien entendu, les fans de l’artiste et confirmera, au passage, définitivement, tout le bien que l’on peut penser de ce premier volet de Jupiter's Legacy. Espérons à présent que la suite soit aussi bonne, mais ceci est une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Le scénario efficace de Mark Millar, avec deux crédos importants : le rôle que doit jouer la communauté super-héroique et, bien sur, les problèmes générationnels entre les anciens, ceux de l’age d’or, et leur progéniture, plus borderline et aux valeurs complètement différentes.
- Les références sont nombreuses dans cet album, ne serais ce que pour les liens entre la Crise de 29 et la création des super-héros : réelle dans Jupiter's Legacy, dans la culture populaire dans le monde réel avec la création de Superman – Utopian étant, bien entendu, une référence a l’homme d’acier.
- Frank Quitely aux dessins, bien entendu, toujours aussi excellent et qui livre ici une prestation fidèle à lui-même, c’est-à-dire, parfaite.
- Les deux héros, Chloe et Brandon, enfants des plus grands super-héros au monde, et qui, bien entendu, ont énormément de mal avec cet héritage oh combien encombrant ce qui les fera réagir de manière différente et annonce une opposition à venir.
- Mine de rien, c’est fou tout ce qui se passe dans ces cinq épisodes : présentation des protagonistes et de leur univers, révélations sur leurs origines, coup d’état et mort des deux plus grands super-héros, prise de pouvoir mondiale de la communauté super-héroique, chasse  a l’homme des derniers récalcitrants… et je ne parle des nombreuses scènes marquantes.   
- La colorisation de Peter Doherty.
 
Points Négatifs :
- S’il faut trouver un véritable défaut à Jupiter's Legacy alors, il faut reconnaitre que tout cela à déjà été abordé pas mal de fois dans le passé et que la thématique n’est plus très originale ; mais bon, si cela peut déplaire, si la qualité est au rendez vous, pourquoi se plaindre ?
- Mark Millar oblige, on a tout de même affaire à un scénario plus spectaculaire que véritablement profond – après tout, l’action prend le pas sur la réflexion alors qu’il y avait matière à faire davantage selon moi.
 
Ma note : 8/10

mardi 3 mai 2022

Flex Mentallo


Flex Mentallo
 
Flex Mentallo est un super héros assez atypique avec son apparence de culturiste de plage. Longtemps membre des Doom Patrol, il a vécu de nombreuses aventures et a même un jour croisé son créateur, l'auteur de comics Wally Sage. Ces derniers temps, des attentats à la bombe ont lieues un peu partout. Flex parvient à en annuler grâce à ses capacités hors normes mais lorsqu'il interroge la police, ceux-ci n'ont aucune idée des éventuels responsables. De son côté, Wally Sage n'a plus vraiment goût à la vie. Il commet l'irréparable en faisant une tentative de suicide. Alors que la vie s'échappe de lui, il est victime de délires et de visions. Il s'interroge notamment sur le rôle des super héros et sur la vision nostalgique qu'il a d'eux. Parallèlement à sa chute dans le néant, Wally croisera-t-il Flex dans son enquête ? Rien n'est sûr...
 

Flex Mentallo
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Peter Doherty
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : Flex Mentallo
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Juin – Septembre 1996
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 11 janvier 2013
Nombre de pages : 144
 
Liste des épisodes
Flex Mentallo 1-4
 
Mon avis :
 Je ne sais pas si d’autres sont dans mon cas mais, que ce soit Grant Morrison ou Frank Quitely, la première fois que je les ai découvert œuvrant ensemble dans un comics, c’était sur New X-Men, au début des années 2000, un run qui aura marqué indéniablement la franchise tombée depuis, il faut le reconnaitre, en désuétude. Mais il faut dire qu’entre les scénarios diaboliques du sieur Morrison et le style si particulier de son comparse, depuis lors, toute œuvre où ces deux là travaillent main dans la main a le don de m’intéresser au plus haut point. Du coup, vous pouvez imaginez ma surprise lorsque, il y a quelques jours, je suis tombé sur ce Flex Mentallo, œuvre complètement inclassable et qui est bien au-delà du simple récit de super-héros. Pour la petite histoire, Flex Mentallo, individu bodybuildé inventé par Morrison au cours de son passage sur la Doom Patrol il y a de cela un quart de siècle environ est la première collaboration entre le scénariste et celui qui deviendra son dessinateur fétiche, celui qui saura retranscrire au mieux les délires du britannique, Frank Quitely. Bref, vous l’avez compris, ce comics commence a dater un peu, cependant, même s’il a un peu plus de vingt-cinq ans, la première chose qui saute aux yeux en parcourant ses pages, c’est qu’il a très bien vieilli, et ce, contrairement a 99% de la production de l’époque. La deuxième chose qui saute aux yeux au bout de quelques pages de lectures, c’est que Flex Mentallo n’est pas a mettre entre toutes les mains : véritable hommage de la part de Grant Morrison aux comics de son enfance et a ces fameux super-héros qui combattaient le mal avec le sourire, et ce, a une époque, les années 90, où la violence gratuite et la perte de valeurs était la norme dans le monde des comics, Flex Mentallo est donc une œuvre complexe, bourré de références et de multiples hommages – si vous en saisissez la moitié, c’est déjà pas mal – a des types costumés qui ont enchantés l’enfance du scénariste. Cependant, Flex Mentallo, c’est aussi une œuvre autobiographique où le scénariste se met en scène, dévoile ses doutes, ses peurs les plus profondes, ses difficultés à nouer des relations et où, dans une mise en abime impressionnante, réalité et fantasmes ne cessent de se mêler au point de rendre la lecture pour le moins ardue. Forcément, sans une connaissance de l’histoire des comics, sans un sacré bagage derrière soit, se perdre dans cette œuvre sera chose aisée et si jamais vous n’avez jamais lu le moindre récit superhéroique de votre vie, alors, sincèrement, n’essayez même pas de lire Flex Mentallo, vous n’y comprendrez strictement rien, ce qui, d’ailleurs, est normal. Véritable délire psychédélique, chef d’œuvre absolu, magnifique hommage a un âge d’or depuis longtemps oublié, Flex Mentallo est une œuvre rare, complexe mais qui vaut le coup qu’on s’y accroche ; Morrison, ici, est au firmament et Quitely fait une démonstration éclatante de son immense talent. Bref, un incontournable du genre, mais, bien entendu, réservé a un certain public uniquement qui saura l’apprécier a sa juste valeur…
 

Points Positifs
 :
- Sincèrement, j’ai rarement lu un truc aussi cintré, barré, complexe que ce Flex Mentallo mais le pire, c’est que ça marche.
- Un fort bel hommage à l’Age d’Or des comics et à une époque, depuis longtemps révolue, où les super-héros étaient souvent ridicules, affrontaient des adversaires encore plus ridicules qu’eux, où le manichéisme était roi mais où, il faut le reconnaitre, une certaine magie pouvait encore exister aux yeux des enfants.
- Un véritable récit autobiographique de la part de Grant Morrison qui nous dévoile là ses craintes d’une apocalypse nucléaire – chose que les plus jeunes n’ont pas connus mais que ceux de ma génération et les plus âgés se souviennent encore – ses difficultés relationnelles avec les gens, son amour immodéré pour les comics, son gout pour les paradis artificiels, etc.
- La mise en abime où réel et irréel ne cessent de se côtoyer au point que l’on ne sait plus qui est quoi.
- Références, hommages : celles-ci sont tellement nombreuses qu’il est impossible de toutes les saisir.
- Frank Quitely est égal à lui-même, c’est-à-dire, tout simplement parfait et démontre une fois de plus qu’il est le partenaire idéal de Grant Morrison.
- Un type bodybuildé portant un slip léopard ?! Et pourtant, malgré le coté ridicule de la chose, il est charismatique le bougre !
 
Points Négatifs :
- Flex Mentallo est une œuvre d’une complexité rare qui n’est pas destiné à tous les publics : pour en saisir toute la subtilité, pour l’apprécier a sa juste valeur, il faut posséder un certain bagage de connaissances du genre superhéroique – et encore, je suis persuader que je suis passé a coté de plein de choses.
- Justement, en plus de n’être pas destiné a tout le monde, Flex Mentallo est bigrement complexe a lire et nombreux seront ceux qui seront capables d’abandonner en court de route estimant que tout cela n’est qu’un délire egocentrique de l’auteur…
 
Ma note : 8,5/10

dimanche 2 mai 2021

New X-Men – Un Vent de Révolte


New X-Men – Un Vent de Révolte

Dans le quartier de Mutant Town à New-York, Jumbo Carnation trépasse, tabassé à mort par plusieurs humains. La nouvelle fait grand bruit au sein de l'institut d'études supérieures de Charles Xavier. Les élèves sont quelque peu troublés et l'un d'eux, Quentin Quire, forme autour de lui une petite communauté. Devant le relatif manque de réaction de ses professeurs, il choisit de venger son congénère et pour être suffisamment puissant, use de drogues. Des humains sont ainsi agressés et dès le lendemain, Xavier condamne de tels actes. Cela n'arrive pas au bon moment car une journée portes-ouvertes doit avoir lieu prochainement. La situation dérape progressivement puisque des U-Men se manifestent de plus en plus, Quentin prend possession de l'école et Jean fait un retour inopiné au moment où Cyclope se rapproche beaucoup d'Emma Frost. Pas sûr qu'elle parvienne à contrôler la puissance du Phénix qu'elle a en elle...


New X-Men – Un vent de révolte
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely, Phil Jimenez, Chris Bachalo, Keron Grant
Encrage : Tim Townsend, Avalon Studios, Aaron Sowd, Al Vey, Andy Lanning, Norm Rapmund
Couleurs : Dave McCaig, Chris Chuckry
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : New X-Men – Riot at Xaviers’s
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Janvier 2003 – Octobre 2003
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 03 avril 2013
Nombre de pages : 248

Liste des épisodes
Riot at Xaviers’s – New X-Men 134-138
Murder at the Mansion – New X-Men 139-141
Assault on Weapon Plus – New X-Men 142-145

Mon avis : Pas plus tard qu’hier, j’avais aborder les critiques des deux premiers volumes de l’intégrale du long run du génialissime Grant Morrison chez les X-Men, série alors baptisée – nous étions a l’époque au début des années 2000 – New X-Men ; ainsi, après un premier tome haut en couleur et fortement déstabilisant pour les fans, mais qui, rappelons le, avait pour lui de renouveler complètement une franchise en perdition et de lui faire atteindre des sommets jamais retrouver depuis, le second, moins spectaculaire, l’effet de surprise étant passé, n’en restait pas moins fort excellent. Nouveaux costumes, nouveaux personnages, une équipe plus ressoudée avec des figures majeures de l’univers mutant, et, bien sur, une trame scénaristique complexe, innovante, et uniquement compréhensible qu’après la lecture du tout dernier épisode signé Morrison, bref, quelque part, un truc énorme, digne des plus grandes heures de la saga X-Men et qui fut, en quelque sorte, comme le chant du cygne de celle-ci… Mais après ce long rappel de ce que fut New X-Men et de la place majeure occupée par cette série au sein de la franchise mutante, quid donc de ce troisième volume de l’intégral du run de Morrison, car bon, après tout, c’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui ? Eh ben ma foi, d’entrée de jeu, il y a une fort bonne nouvelle puisque si les deux premiers tomes pouvaient souffrir d’un trop grand éparpillement des dessinateurs, trop nombreux ou inégaux suivant les épisodes, dans Un vent de révolte, titre français de ce troisième volume de New X-Men, ce n’est pas le cas : au nombre de trois, principalement (Keron Grant ne dessine qu’un épisode et s’en sort fort bien d’ailleurs), chacun est aux manettes d’une des trois parties de ce tome : le génial Quitely pour Riot at Xaviers’s, Phil Jimenez, toujours aussi plaisant, pour Murder at the Mansion et ce vieux routard de Bachalo pour Assault on Weapon Plus. Trois artistes aux styles différents et qui, chacun a leurs façons, apportent une touche personnelle qui subliment les scénarios de Grant Morrison, scénarios qui, une fois de plus, nous démontrent le talent incroyable de l’auteur… Ainsi, d’entrée de jeu, l’écossais nous pond une révolte parmi les élèves au sein de l’Ecole Xavier, révolte menée par un nouveau protagoniste, un certain Quentin Quire, provocateur en diable, et qui va causer bien des dégâts. Morrison s’amuse avec ce conflit générationnel tout en pointant du doigt, à la fois les limites du rêve de Xavier mais aussi les incohérences d’une génération prête à se soulever mais sans savoir quoi faire ensuite. Après le conflit interne entre élèves et professeurs, c’est à un vaudeville auquel nous avons droit ensuite avec la découverte par Jean Grey que son mari, Scott Summers, la trompe… télépathiquement mais la trompe tout de même… avec la sulfureuse Emma Frost ! Bien entendu, la chose était annoncée depuis quasiment le début du run de Morrison, et si je comprend parfaitement la colère de l’épouse bafouée, je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour notre bon vieux Cyclope, tellement coincé, et Emma, sincèrement amoureuse du leader des X-Men. Colère, cris et… tentative de meurtre sur la personne de la Reine Blanche, décidément, Morrison en fait voir de toutes les couleurs a ses personnages qu’il malmène comme jamais avant d’en entrainer trois, Wolverine, Cyclope contraint et forcé, et le petit nouveau, apparu dans le second tome de l’intégral, le charismatique Fantomex, sur les traces du passé de Logan et du Projet Arme Plus. Ces épisodes sont intéressants pour les quelques révélations faites au sujet du passé du mutant griffu, pour Fantomex, mais aussi, en filigrane, pour une ou deux références pour le moins étonnantes – ainsi, Captain America aurait été le premier sujet de l’Arme Plus. Mais le plus important, et c’est bien évidement plus facile a le remarquer après moult relectures de cette saga, ce sont tous les sous-entendus apparemment sans conséquences, les petites phrases a priori sans conséquences ou incompréhensibles sur le moment mais qui annoncent quelque chose d’énorme… quelque chose que l’on découvrira, bien entendu, lors du final du run de Morrison, dans le prochain et dernier tome de New X-Men !


Points Positifs :
- Ce troisième tome de New X-Men est diviser en trois parties franchement excellentes - Riot at Xaviers’s, Murder at the Mansion et Assault on Weapon Plus – un régal a la lecture surtout que, maitrisant son sujet depuis longtemps et avec un dessinateur pour chaque histoire, Morrison nous fait une nouvelle démonstration de son immense talent d’auteur. Le bougre sait ce qu’il fait et où il va, et cela, c’est plutôt rare…
- Frank Quitely, Phil Jimenez et Chris Bachalo (sans oublier Keron Grant sur un épisode), franchement, pour ce qui est de la partie artistique, même si ces trois là sont très différents, c’est du tout bon voir de l’excellent pour Quitely.
- Riot at Xaviers’s est une pure pépite, sans nul doute le point fort de ce troisième tome de New X-Men : le conflit générationnel entre le rêve de Xavier, un peu dépassé, et des élèves habitués au tout et tout de suite mais qui ne réfléchissent pas plus que cela est fort bien traité de la part de Morrison.
- Accessoirement, on a droit a l’apparition d’un personnage charismatique en diable : Quentin Quire alias Kid Omega.
- Ah, la liaison entre Cyclope et la Reine Blanche et ses conséquences… Jean Grey découvre que son mari la trompe (bah c’est le cas), elle disjoncte et s’en prend a Emma Frost. Un véritable vaudeville chez les mutants mais jouissif au possible.
- L’importance prise, petit a petit et mine de rien, par la classe spéciale de Xorn avec Angel, Bec, Marta Johansson, Ernst, etc.
- Avec Assault on Weapon Plus on a droit à un Fantomex une fois de plus déchainé mais aussi, à quelques révélations sur le passé de Logan ainsi qu’une belle surprise : Captain America était le premier sujet du projet Arme Plus.
- A la relecture, le run de Morrison est encore plus intéressant, ne serais-ce que pour toutes les petites allusions, phrases, et autres indices quand a ce qui arrivera bientôt…
- Ah, l’épisode où Scott Summers essai de se bourrer la gueule pour oublier ses problèmes, un grand moment !
- Une petite apparition de Sage, un personnage que j’appréciais énormément a l’époque.

Points Négatifs :
- Vu que je n’ai jamais été fan de Bishop, les deux épisodes où il enquête, en compagnie de Sage, sur le meurtre apparent d’Emma Frost, sont par moments un peu pénible, non pas parce qu’ils sont mauvais, bien au contraire, mais pour sa présence et surtout pour le simple fait que ce gus se la pète comme il n’est pas permis…
- Je reconnais que ce n’est pas toujours simple à lire, surtout pour le néophyte qui découvrirait le run de Morrison. Il y a énormément de dialogues et d’allusions obscures, il faut se souvenir de tout et comme en plus, certains passages ne sont compréhensibles qu’a la relecture, ce n’est pas évidant par moments.
- Scénaristiquement parlant, Riot at Xaviers’s et Murder at the Mansion sont tellement bons et marquant tant les esprits que Assault on Weapon Plus semble un peu plus bourrin, mais bon, relativisons la chose.

Ma note : 8,5/10