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vendredi 29 mai 2020

The Revenant


The Revenant
 
Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.
 

The Revenant
Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Scénario : Alejandro González Iñárritu et Mark L. Smith, d'après Le Revenant de Michael Punke
Musique : Ryūichi Sakamoto, Alva Noto et Bryce Dessner
Production : Anonymous Content, New Regency Pictures et RatPac Entertainment
Genre : Western
Titre en vo : The Revenant
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 8 janvier 2016
Durée : 156 mn
 
Casting :
Leonardo DiCaprio : Hugh Glass
Tom Hardy : John Fitzgerald
Domhnall Gleeson : Andrew Henry
Will Poulter : Jim Bridger
Paul Anderson : Anderson
Kristoffer Joner : Murphy
Brendan Fletcher : Fryman
Lukas Haas : Jones
Forrest Goodluck : Hawk
Joshua Burge : Stubby Bill
Duane Howard : Elk Dog
Melaw Nakehk'o : Powaka
Fabrice Adde : Toussaint, le chef des trappeurs de l'Ouest canadien
Arthur Redcloud : Hikuc
Christopher Rosamond : Boone
Robert Moloney : Dave Chapman
Tyson Wood : Weston
McCaleb Burnett : Beckett
Vincent Leclerc : Un trappeur de l'Ouest canadien
Stephane Legault : Un trappeur de l'Ouest canadien
Emmanuel Bilodeau : Un interprète francophone de l'Ouest canadien
 
Mon avis :
 Alejandro González Iñárritu est un réalisateur qui, en toute franchise, ne m’a jamais totalement déçu : ainsi, que ce soit avec Amours Chiennes, 21 Grammes et Babel, ce fut a chaque fois, pour ma part, de belles découvertes cinématographiques, en tous cas, bien davantage qu’avec Birdman, œuvre multirécompensée, sympathique, mais inférieure, selon moi, aux films cités précédemment. Du coup, lorsque j’ai entendu parler de The Revenant et que j’ai appris que le mexicain se trouvait derrière la caméra, il était évident que je ne pouvais pas passer à coté de ce long métrage. Ajoutons a cela un synopsis plutôt accrocheur avec cette histoire de vengeance d’un père, Léonardo DiCaprio, qui va braver mille tourments en pleine nature pour punir l’assassin de son fils et la certitude qu’on allait en prendre plein les yeux avec des paysages magnifiques et il était clair que je ne pouvais pas passer a coté de The Revenant. Et, ma foi, je n’ai pas été déçu, loin de là car oui, mille fois oui, The Revenant est un bon, que dis-je, un sacré bon film, le genre de longs métrages qui se doivent d’être vus sur grand écran – rien que pour les paysages grandioses, le jeu en vaut la chandelle – le genre d’œuvre qui réconcilient totalement avec le septième art et qui me font dire que oui, de temps en temps, il y a encore des réalisateurs suffisamment talentueux pour nous offrir de grands moments de cinéma. Alors bien sur, certains pourront pinailler sur un postulat de départ peu original puisque, après tout, ce n’est qu’une histoire de vengeance, de même, un certain public beaucoup trop habitué a des films écervelés où ça tire de tous les cotés s’ennuieront ferme devant The Revenant. De plus, il faut reconnaitre qu’au vu de tout ce que subit le brave Leo – récompensé d’un Oscar pour ce film, ce qui est justifié – tout au long des deux heures et quelques que dure le film, au bout d’un moment, on n’y croit plus, cependant… cependant, tout cela est complètement occulté par une histoire captivante de bout en bout, par une maitrise de la caméra tout bonnement époustouflante, ce qui nous offre certains plans, certaines séquences, tout simplement incroyables. Et puis, The Revenant n’est pas qu’une simple histoire de vengeance matinée de Man Vs Wild, non, ici, il ne faut pas oublier le rapport à la nature, omniprésent de bout en bout, le coté légèrement christique de DiCaprio, qui en bave vraiment, tel un Christ vengeur, mais aussi, ne l’oublions pas, les relations entre les peuples – l’homme blanc, les indiens – les hommes, forcément tendues et où règnent les incompréhensions mutuelles… Oui, The Revenant, c’est un peu tout cela à la fois, un film de vengeance, un film de souffrance, un film de survie, un film philosophique, un film où la nature, implacable, écrase l’homme, celui-ci n’étant qu’une misérable petite chose devant elle, bref, un grand film, incontestablement !
 

Points Positifs
 :
- Un grand moment de cinéma, tout simplement. Oui, The Revenant est un grand film et on ne s’ennui pas une seule seconde alors que cela dure tout de même prêt de deux heures et demi.
- La confirmation, une fois de plus, qu’Alejandro González Iñárritu est un superbe réalisateur.
- En partant d’un postulat de départ plutôt simple – une histoire de vengeance avec un héros perdu au bout milieu d’une nature plus qu’hostile – Iñárritu nous offre une œuvre magistrale et qui aborde moult thématiques comme le rapport de l’homme avec la nature, celui entre les blancs et les indiens mais aussi, la complexité des sentiments humains comme l’amour, la vengeance, l’honneur, la traitrise, la volonté de survivre a tout pris…
- Quand j’affirme que ce film se doit d’être vu au cinéma, c’est que rien que pour les nombreux plans de la nature sauvage, il serait dommage de les voir dans son salon. Forêts, montagnes, paysages enneigés, rivières, on en prend plein les yeux. Et puis, il y a ces plans de caméras, simplement divins.
- Je me fiche des récompenses comme de ma première chemise, mais mine de rien, oui, je comprends que le sieur DiCaprio ait reçu un Oscar pour sa prestation.
- Accessoirement, pour ce qui est des acteurs, on est fort bien servis : DiCaprio, bien sur, mais aussi Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter…
- La scène de l’attaque de l’ours, impressionnante au possible.
- Les nombreux flashbacks oniriques où DiCaprio se souvient de sa femme, de son fils, et qui apportent une touche philosophique à l’histoire.   
 
Points Négatifs :
- Malheureusement, The Revenant possède un énorme défaut vers la fin : lorsque le commandant du fort, interprété par Domhnall Gleeson, décide de partir à la recherche de John Fitzgerald – Tom Hardy – en compagnie de DiCaprio, mais pourquoi le font-ils à deux, ce qui est complètement illogique !? Après tout, quelques minutes auparavant, ils étaient partis en groupe a la recherche de ce qu’ils croyaient être le fils du héros, et là, face a un individu traqué, dangereux et armé, ils ne sont que deux. Mouais, absurde !
- Mouais, je reconnais qu’il arrive tellement de choses a DiCaprio qu’au bout d’un moment, on finit par ne plus y croire ; voir la chute dans le ravin, certes atténuée par les branches d’un arbre, mais bon…
 
Ma note : 8,5/10

mercredi 20 mai 2020

Babel


Babel
 
En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...
 

Babel
Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Scénario : Alejandro González Iñárritu, Guillermo Arriaga
Musique : Gustavo Santaolalla
Production : Anonymous Content, Zeta Film, Central Films, Media Rights Capital
Genre : Drame
Titre en vo : Babel
Pays d'origine : Etats-Unis, Mexique, France
Langue d'origine : anglais, espagnol, arabe, japonais, français, berbère
Date de sortie : 27 octobre 2006
Durée : 143 mn
 
Casting :
Brad Pitt : Richard Jones
Cate Blanchett : Susan Jones
Adriana Barraza : Amelia Hernández
Gael García Bernal : Santiago
Rinko Kikuchi : Chieko Wataya
Kōji Yakusho : Yasujiro Wataya
Satoshi Nikaido : Detective Kenji Mamiya
Boubker Ait El Caid : Yussef
Said Tarchani : Ahmed
Elle Fanning : Debbie Jones
Nathan Gamble : Mike Jones
Mohamed Akhzam : Anwar
Driss Roukhe : Alarid
Mustapha Rachidi : Abdullah
Abdelkader Bara : Hassan
Wahiba Sahmi : Zohra
Peter Wight : Tom
Harriet Walter : Lilly
Michael Maloney : James
Clifton Collins, Jr. : Officier de la douane
Michael Peña : Officier John
Yuko Murata : Mitsu
Shigemitsu Ogi : le dentiste
Ayaka Komatsu : le top model en bikini
 
Mon avis :
 Il existe plusieurs catégories de films, mais en gros, on pourrait, après moult regroupements et simplifications, en choisir deux : celles au scénario simple et destiné au grand public, puis, les autres, nettement plus complexes et, soit disant, réservées à une quelconque élite. Bien évidement, on pourrait remettre en question cette classification on ne peut plus simpliste : après tout, dans la première, il existe d’excellentes œuvres, voir de véritables monuments du cinéma alors que dans la seconde catégorie, sous couvert de ce que les bobos appelleront l’art, l’on trouve parfois d’indicibles horreurs irregardables, voir carrément de belles bouses. Quant à ceux qui prétendent que l’on ne peut passer de l’un à l’autre genre, sincèrement, c’est ridicule : après tout, l’ont peut parfaitement aimer la filmographie de Bergman et rigoler devant Fantomas. Bref, tout ceci pour vous dire que Babel, malgré la présence accrocheuse d’un Brad Pitt et d’une Cate Blanchett – ces deux-là étant plutôt synonymes de grosses productions américaines – rentre plutôt dans la deuxième catégorie citée précédemment, ce, en raison de la complexité de son scénario, de ses multiples intrigues qui défilent en parallèle sous nos yeux, mais aussi, de par son coté mélancolique qui nous amène à réfléchir… Bref, voilà une œuvre qui, je n’en doute pas, en fera fuir plus d’un, ce qui, selon moi est fort dommage tant je considère Babel comme étant une pure merveille ! Mais bon, je plaide dans le désert et j’en suis conscient : les amateurs de bourrinages tout azimut n’apprécieront pas Babel et l’on n’y changera rien… Mais alors, quid, donc, de ces fameuses qualités qui ont fait que j’ai été tellement enthousiasmé par ce film ? Disons que après les pures merveilles qu’avaient été Amours Chiennes et 21 Grammes, on retrouve un Alejandro González Iñárritu fidèle à lui-même et qui, une fois de plus, utilise a nouveau les mêmes procédés qui ont fait de lui un des meilleurs réalisateurs actuels : plusieurs sous-intrigues sans lien apparents entre elles, individus marqués par la vie et réunis par le destin a la suite d’un événement, véritable nœud gordien de l’intrigue qui, le plus souvent, ne se révèle que vers la fin. Ainsi, dans Babel, l’élément déclencheur, c’est une simple balle tirée par un petit berger marocain par vantardise et qui va lier, aussi incroyable que cela puisse paraître, son sort et celui de sa famille, mais aussi celui d’un couple de touristes américains, d’une nounou mexicaine se rendant au mariage de son fils en compagnie des deux enfants dont elle à la garde et, pour finir, d’une jeune japonaise sourde muette, visiblement perturbée après la mort de sa mère et dont les relations avec les autres ne sont pas simples. Et c’est là qu’est tout le génie de Babel : ces différentes destins croisés, qui, a priori, n’ont pas grand-chose a voir – franchement, bien malin celui qui devinera ce que la jeune japonaise à a voir avec le reste – entre elles vont se mêler, au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue jusqu’au dénouement final, ou plutôt devrais je dire, les dénouements, car, malgré le fait qu’un lien existe entre les divers récits, ceux-ci gardent toujours leurs particularités et leur fil conducteur… A la fois dramatiques, sombres et pessimistes, ces multiples intrigues avec, chacune, ses protagonistes franchement marquants, sauront transporter le spectateur dans une œuvre franchement réussie et captivante, qui restera longtemps dans les annales, et qui fait de Babel, un superbe film à voir absolument… quelque part, comme chaque œuvre d’Alejandro González Iñárritu, mais, sur ce point, ce n’est plus vraiment une surprise…
 

Points Positifs
 :
- On pourrait croire que Alejandro González Iñárritu peine à se renouveler puisqu’il use, pour la troisième fois, des mêmes procédés narratifs, cependant, malgré cela, le réalisateur mexicain réussi la gageure de nous livrer, une fois de plus, une œuvre que l’on peut qualifier sans exagération aucune d’exceptionnelle, Babel étant, peut-être, le film le plus aboutit de sa trilogie…
- Comme il est de coutume dans les premiers films de Iñárritu, nous avons droit a plusieurs intrigues qui semblent, a priori, ne rien avoir les unes avec les autres, ce, jusqu’au moment où l’on se rend compte que celles-ci sont bien évidement liées entre elles. Au demeurant, ici, bien malin est celui qui devinera comment tout cela est lié !
- Un casting qui mélange fort habillement têtes d’affiches hollywoodiennes, acteurs mexicains, japonais, marocains et pas mal d’inconnus du grand public qui, ma foi, ne dénotent absolument pas dans l’ensemble. Il faut dire que tout ce petit monde est fort inspiré et apporte une touche de crédibilité aux diverses intrigues.
- Babel est, bien entendu, une œuvre qui nous amène à réfléchir : ici, le propos est plus universitaliste que d’habitude mais cela fonctionne toujours aussi bien. A coté de cela, on retrouve des thématiques plus terres à terre comme l’amour, la perte d’un enfant, la difficulté de communication, etc.
- La bande originale, magnifique, de Gustavo Santaolalla.
 
Points Négatifs :
- Comme cela avait déjà été le cas avec Amour Chiennes et 21 Grammes, Babel est une œuvre qui n’est absolument pas faite pour le grand public, ce, pour de multiples raisons qui, accessoirement, en font sa force et tout son intérêt. Un film pour un certain public cultivé ? Quelque part, et c’est malheureux à dire, oui…
 
Ma note : 8,5/10

21 Grammes


21 Grammes
 
Vivant un mariage sans amour avec Mary, Paul, professeur de mathématiques, est en attente d’une greffe de cœur. Mariée et mère de deux petites filles, Cristina, ex-junkie, mène une existence heureuse et paisible auprès de son mari Michael. À peine sorti de prison où il a trouvé la foi, Jack, gangster repenti, veut reconstruire son foyer et venir en aide aux jeunes délinquants. Un terrible accident va réunir ces trois personnes et les changer à jamais. Elles vont s'affronter, se haïr et s'aimer.
 

21 Grammes
Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Scénario : Guillermo Arriaga
Musique : Gustavo Santaolalla
Production : This Is That Productions
Genre : Drame
Titre en vo : 21 Grams
Pays d'origine : Etats-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 26 décembre 2003
Durée : 124 mn
 
Casting :
Sean Penn : Paul Rivers
Benicio del Toro : Jack Jordan
Naomi Watts : Cristina Peck
Charlotte Gainsbourg : Mary Rivers, la femme de Paul
Melissa Leo : Marianne Jordan, la femme de Jack
Catherine Dent : Ana
Danny Huston : Michael Peck, le mari de Cristina
Eddie Marsan : le révérend John
Clea DuVall : Claudia, la sœur de Cristina
Jerry Chipman : le père de Cristina
Tony Vaughn : Al, l'employeur de Jack au golf
John Rubinstein : le gynécologue
Annie Corley : Trish
Denis O'Hare : le docteur Rothberg
 
Mon avis :
 Ce fut par le biais de l’excellent Babel que je fis, il y a bien des années, la connaissance avec Alejandro González Iñárritu, réalisateur mexicain oh combien talentueux et qui, par la suite et le visionnage de ses autres œuvres, ne fit que confirmer tout le bien que je pensais de lui – un des meilleurs exemples étant, bien entendu, Amour Chiennes. Mais pour en revenir à Babel, œuvre atypique – c'est-à-dire, complètement en dehors des sentiers battus des canons hollywoodiens – avec ses multiples destins croisés de protagonistes, aux quatre coins du monde, sans rapport apparent entre eux et que l’on suivait tout le long de l’intrigue, avant que, finalement, un point de convergence ne vienne expliquer le pourquoi du comment de tous ces destins croisés, disons que ce film n’était que le dernier d’une trilogie débutée par Amour Chiennes, donc, et poursuivi par le long métrage qui nous préoccupe aujourd’hui, 21 Grammes… Pourtant, la toute première fois que j’avais visionné ce film, j’avais faillis regretter mon choix ! Bien entendu, ce n’était pas comme si je n’étais pas en terrain inconnu – Babel oblige – mais pour être tout a fait franc, la première partie de cette œuvre me laissa dans un état de stupeur flagrant au point que, a un moment donné, après une succession de diverses scènes sans liens apparents entre elles et dans le désordre le plus total, je levais la main, d’un air interrogateur et en plein désarroi… D’ailleurs, j’en étais à me demander si le réalisateur mexicain, dans un instant de folie furieuse, n’avait pas pris son scénario, découpé le tout et, au montage, remonter tout cela dans le plus parfait désordre – pour la petite histoire, David Bowie, a une époque, faisait parfois cela pour écrire certaines chansons – tellement j’avais du mal à comprendre l’intrigue et où il voulait en venir. Car, et vous l’avez compris, 21 Grammes est un véritable puzzle où les très nombreuses scènes, le plus souvent courtes, s’enchainent les unes après les autres, sans aucune logique apparente – insistons bien sur le terme apparent – et dans un superbe désordre chronologique. Du coup, forcement, difficile de s’accrocher sans faire des efforts, surtout que, il faut bien l’avouer, on n’y comprend pas grand-chose au début lors d’un premier visionnage. Forcement, pour cela, un état de concentration extrême est requis, de même, il faut aimer se prendre la tête devant un film ce qui, tout de suite, doit éliminer pas mal de spectateurs mais bon, ceci est un tout autre problème. Et donc, tandis que certains auront vite abandonné la partie pour retourner a Secret Story, je me suis accrocher, je me suis battu et puis, tout simplement – car le film est ainsi – petit a petit, les pièces de cet indicible puzzle se mettent en place, on commence à comprendre qui a fait quoi et avec qui et surtout, quand, et la, tel Newton regardant une pomme tomber, l’illumination nous vient, notre esprit littéralement perdu jusque la s’éclaire subitement et ces simples mots s’échappent de nos lèvres : « ah ouais ! ». Et bah oui, on commence à voir où ce diable d’Alejandro González Iñárritu veut en venir, l’intrigue, subitement, devint claire comme une eau de roche et les tenants et les aboutissements ne sont plus un secret mystérieux enfouis dans le cerveau du réalisateur. Et sincèrement, arrivé à ce moment précis du film, je ne peux que dire : « génial », tout bonnement. Car oui, Iñárritu m’aura fait baver mais que ce fut bon car tout le plaisir, en dehors d’une histoire, touchante, dramatique et finalement sans grand espoir pour ses protagonistes, toute pleine de rédemption avortée, d’espoirs déçus, de drames horribles et d’acteurs que l’on ne peut que qualifier, tout bonnement, d’inspirés, que ce soit Sean Penn, Benicio Del Toro, Naomi Watts et même Charlotte Gainsbourg, bref, tout le plaisir repose surtout sur la compréhension, que dis-je, la résolution de ce fameux puzzle, lorsqu’enfin, toutes les pièces sont mises bout et a bout et que l’on se dit, finalement : « ah oui, c’est pour ça qu’a un moment, il y avait ça… et qu’après etc. ». Et franchement, a ce moment là, on ne peut que reconnaître que Alejandro González Iñárritu est tout de même un sacré bon réalisateur et que ce 21 Grammes – est ce le poids de notre âme – est un excellent film, que dis-je, une pure merveille !
 

Points Positifs
 :
- Une fois de plus, Alejandro González Iñárritu fait preuve de tout son talent et nous livre une œuvre que l’on peut qualifié d’excellente. Certes, elle est difficile d’accès, particulièrement au début, cependant, pour peu que l’on s’accroche, pour peu que l’on soit réceptif à ce genre de films où il faut réfléchir, alors, on passera un superbe moment de cinéma.
- Indéniablement, 21 Grammes est porté par un trio d’acteurs exceptionnel : Sean Penn, Benicio Del Toro et Naomi Watts sont tout bonnement excellents. Quand à Charlotte Gainsbourg, si elle marque moins les esprits, c’est tout simplement en raison de son rôle, moins important.
- Comme il est de coutume dans les premiers films de Iñárritu, nous avons droit a plusieurs intrigues qui semblent, a priori, ne rien avoir les unes avec les autres, ce, jusqu’au moment où l’on se rend compte que celles-ci sont bien évidement liées entre elles.
- Une œuvre assez triste, qui nous amène à réfléchir sur le sens de la vie, de la mort, etc.
 
Points Négatifs :
- Comme cela avait déjà été le cas avec Amour Chiennes, 21 Grammes est une œuvre qui n’est absolument pas faite pour le grand public, ce, pour de multiples raisons qui, accessoirement, en font sa force et tout son intérêt. Un film pour un certain public cultivé ? Quelque part, et c’est malheureux à dire, oui…
 
Ma note : 8,5/10

Amours Chiennes


Amours Chiennes
 
Mexico, un terrible accident de voiture. Trois vies entrent en collision et nous révèlent le côté le plus chien de la nature humaine. Octavio, un adolescent, décide de s'enfuir avec Susana, la femme de son frère. Il fait alors de Cofi, son chien, l'instrument qui lui permettra de réunir l'argent nécessaire au périple. C'est sans se douter que ce bouleversant triangle passionnel peut se terminer en un voyage sans retour. Au même moment, Daniel, un homme de 42 ans, quitte sa femme et ses filles pour aller vivre avec Valeria, un superbe top model. Le jour où ils fêtent ensemble le début de leur nouvelle vie, le destin va brutalement frapper Valeria en la plaçant sur les lieux mêmes de l'accident. Enfin, au carrefour de cette terrible collision, se trouve El Chivo un ex-guérillero communiste. Cet homme âgé, qui n'attend plus rien de la vie et qui officie comme tueur à gages, trouve Cofi, le chien d'Octavio, mourant dans l'une des voitures et le prend pour tenter de le sauver. Paradoxalement, cette rencontre va lui permettre de se réconcilier avec lui-même et son passé douloureux.
 

Amours Chiennes
Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Scénario : Guillermo Arriaga
Musique : Gustavo Santaolalla et Antonio Vega
Production : Altavista Films, Zeta Film
Genre : Drame, Thriller
Titre en vo : Amores Perros
Pays d'origine : Mexique
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 16 juin 2000
Durée : 153 mn
 
Casting :
Emilio Echevarría : El Chivo
Gael García Bernal : Octavio
Goya Toledo : Valeria
Álvaro Guerrero : Daniel
Vanessa Bauche : Susana
Jorge Salinas : Luis
Marco Pérez : Ramiro
Rodrigo Murray : Gustavo
Humberto Busto : Jorge
Gerardo Campbell : Mauricio
Gustavo Sanchez Parra : Jarocho
Rosa María Bianchi : Tante Luisa
Dunia Saldívar : la mère de Susana
Adriana Barraza : la mère d'Octavio
José Sefami : Leonardo
Lourdes Echevarría : Maru
 
Mon avis :
 Indéniablement, avec Amours Chiennes, premier long métrage du sieur Alejandro González Iñárritu, nous abordons sans aucun doute possible ce qui peut être considéré comme étant un bon, que dis-je, un très bon film qui, au passage, laisse entrevoir toutes ses créations futures… Cependant, comme il fallait s’y attendre pour les habitués qui ont déjà vu d’autres œuvres du réalisateur, ce film n’est absolument fait pour le grand public. Je m’explique : tant par la construction peu commune – trois intrigues principales entremêlées – les nombreux flashbacks mais aussi les thèmes abordés, les sentiments qui en découlent et le rythme, les longs métrages d’Alejandro González Iñárritu ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Certes, dans un monde idéal, où cinéma ne rimerait pas uniquement, pour la plupart, avec grand spectacle, niaiserie, courses poursuites et effets spéciaux a gogo, une œuvre comme Amours Chiennes ne poserait pas de problème, mais comme nous ne vivons pas dans un monde idéal, j’imagine très bien la déception qu’un tel film a put poser a certains qui – croyant probablement regarder un long métrage sur les gangs mexicains – ont vite déchanté. Car oui, pour apprécier a sa juste valeur Amours Chiennes, comme les autres œuvres d’Alejandro González Iñárritu, il faut, je pense, posséder une certaine sensibilité, un certain gout pour la réflexion mais il faut aussi aimer réfléchir a ce que l’on voit, et pas ne se contenter de rester bêtement – comme les vaches regardant passer les trains – devant son écran, il faut apprécier s’accrocher, aimer ce genre de mises en scènes, ses va et viens incessants entre les protagonistes, les allers retours dans le temps etc. Bien évidement, au vu de ce que je viens de dire, l’on me rétorquera que tout cela n’est qu’un truc pour intellos, que cela doit être chiant a mourir, pourtant – et même si cela doit être le cas pour certains – il n’en est rien : a aucun moment, pendant les deux heures et demi que dure ce film, je ne me suis ennuyé, ni longueurs, ni temps morts, j’ai été captiver de la première a la toute dernière minute, chose qui, je l’avoue, est rare par les temps qui courent, au point que je n’ai pas put m’empêcher de me dire que ce genre de films ne plaisent pas plus au grand public, mais bon, comme on ne refera pas le monde et comme, bien évidement, tous les gouts sont dans la nature, inutile d’aller a contre courant. Pourtant, que j’aimerais crier sur tous les toits que cet Amours Chiennes est un grand, que dis-je, un très grand film, que j’aimerais convaincre tout le monde que ce film est tout bonnement l’un des tous meilleurs du début des années 2000, que j’aimerais vous parler de ses thèmes abordés, son coté biblique avec cette opposition, parmi les intrigues, pour ne pas dire cette haine, entre frères – Caïn et Abel – qui peut pousser jusqu’au meurtre, mais aussi, cet amour entre les différents protagonistes – que ce soit celui du jeune Octavio pour la femme de son frère, maltraitée par celui-ci mais qui se moque de lui, ou celui de cet homme, qui quitte sa famille pour vivre avec sa maitresse, une mannequin célèbre qui va bien dérouiller, sans oublier celui de ce vieil homme, cet ancien guérillero, pour sa fille, qu’il a abandonner pour un idéal et qui, désabusé de tout, n’ose même pas reprendre contact avec elle – un amour bien évidement voué a l’échec, et puis, cette mélancolie, cette souffrance, tout au long des deux heures et demi du film, sentiment primordial de celui-ci, où, bien évidement, rien ne finira bien pour les protagonistes. Et forcement, comme le titre l’indique, n’oublions pas les chiens, personnages tout aussi importants que leurs maitres, chacun en symbiose total avec eux et qui eux aussi dérouilleront grave : du brave Cofi, devenu par les forces des choses, un tueur dans les arènes de combat, aux nombreux chiens qui accompagnent le vieux El Chivo et qui finiront mal, sans oublier bien sur le « coquet » Richie, bien a l’image de sa maitresse et qui lui aussi connaitra bien des ennuis, dans ce film, les chiens occupent une place aussi importante que celle des protagonistes humains, et leur destin ne sera pas meilleur. De même, ce final, dans un décor dévasté, presque post-apocalyptique, vient renforcer la noirceur d’un film où si l’espoir n’en est pas complètement absent, force est de constater qu’il en est bien loin. Oui, tout cela, j’aurais aimé le partager avec tout le monde, car se sont ces éléments qui font que cet Amour Chiennes est un très grand film, qui mérite indéniablement d’être vu. Marquant, fort, parfois insoutenable, d’une indicible mélancolie, cette œuvre d’Alejandro González Iñárritu ne laisse pas le spectateur indifférent. Après, comme je l’ai dit précédemment, tous les gouts sont dans la nature, mais pour moi, franchement, je n’irais pas par quatre chemins et pour conclure, je ne dirais qu’une chose : Amour Chiennes est un chef d’œuvre !
 

Points Positifs
 :
- Un film magnifique que cet Amour Chiennes et, au demeurant, peut-être le meilleur du sieur Alejandro González Iñárritu qui, au demeurant, en aura pondu de très bons. Il faut dire que, ici, pour peu que l’on apprécie le genre, tout est parfait, ou presque, ainsi, entre les destins croisés de tous ces protagonistes, les événements dramatiques qu’ils subissent et le coté désespéré de l’ensemble, il y a vraiment de quoi nous amener dans cette vision oh combien pessimiste du réalisateur.
- Trois intrigues principales, apparemment sans liens entre elles en dehors de l’accident, bien entendu. Cependant, celles-ci sont tout aussi captivantes les unes que les autres et participent, à merveille, a la cohérence de l’ensemble.
- Pour ce qui est des acteurs, par la force des choses, ceux-ci sont peu connus sous nos latitudes, cependant, il faut reconnaitre que ceux-ci sont bons, très bons mêmes avec, au passage, une petite mention pour Emilio Echevarría en vieil guérillero désabusé.
- Les chiens, bien entendu, occupent une place majeure au sein des diverses intrigues de ce film et, accessoirement, leur sort n’est guère enviable, comme celui des humains…
 
Points Négatifs :
- Un film qui n’est absolument pas fait pour le grand public, ce, pour de multiples raisons qui, accessoirement, en font sa force et tout son intérêt. Un petit peu intellectuel Amours Chiennes ? Oui et non, disons juste que c’est une œuvre qui amène le spectateur à réfléchir sur le sens de la vie, chose qui, il faut le reconnaitre, est de plus en plus absent dans le septième art…
 
Ma note : 8,5/10