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dimanche 28 février 2021

Les Aventures de Tintin – Tintin et les Picaros


Les Aventures de Tintin – Tintin et les Picaros
 
Lors d’un voyage au San Theodoros, Bianca Castafiore, sa camériste Irma, son accompagnateur Igor Wagner et ses gardes du corps, les Dupondt, sont arrêtés par le régime du général Tapioca, sous prétexte d’un complot dont le capitaine Haddock serait le fomenteur. Plus tard, les Dupondt seront condamnés à mort et la Castafiore à la prison à vie, à l’issue d’un simulacre de procès. Après quelques télégrammes d’insultes, Haddock et le professeur Tournesol acceptent de se rendre à Tapiocapolis pour discuter avec le général, sans la compagnie de Tintin qui refuse de venir. Ils sont accueillis à bras ouverts par le colonel Alvarez, l’aide de camp de Tapioca, qui les envoie dans une villa luxueuse, où ils sont nourris et logés en attendant que Tapioca leur accorde un entretien. Peu à peu, ils comprennent que l’invitation était un piège : ils ne peuvent sortir qu’en étant étroitement surveillés.
 

Les Aventures de Tintin – Tintin et les Picaros
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1976
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
Paru en la désormais lointaine année 1976, huit longues années après Vol 714 pour Sydney, ce qui, au passage, nous montre bien qu’Hergé avait perdu le feu sacré, espaçant de plus en plus ses albums, Tintin et les Picaros est et restera sans nul doute a jamais comme étant le dernier volume des Aventures de Tintin – Tintin et l'Alph-Art, inachevé, ne pouvant être considéré comme un album a part entière. Du coup, historiquement, ce Tintin occupe une place particulière dans les aventures du reporter a la houppette en plus de nous proposer – crime de lèse majesté pour certains d’ailleurs – pour la première et, donc, la dernière fois, une innovation de taille dans le look de notre héros qui abandonne ici son éternel pantalon de golf pour un jean brun. Bref, d’entrée de jeu, Tintin et les Picaros marque les esprits – cette histoire de pantalon est tout sauf anodine – mais en dehors de cela, si l’on doit être tout a fait objectif, est-ce que nous avons affaire a un grand Tintin ? Ma foi, non. Un bon Tintin alors ? Eh ben en fait, sans vouloir être méchant, disons qu’il est trop moyen, beaucoup trop moyen. Ainsi, commençons par les défauts de cet album qui sont tout sauf anodins : sentiment de déjà-vu avec un énième retour du coté du San Theodoros, retour pour la énième fois de certains protagonistes que l’on a vu et revu, certaines blagues ne sont que des réédites quand a l’aventure en elle-même, prétendre qu’elle nous transcende serait exagérer… Pourtant, tout n’est pas a jeter dans cet album et une relecture me l’a confirmer : ainsi, historiquement, le fait que Hergé se soit inspiré d’événements réels étant monnaie courante en Amérique latine est plutôt une bonne chose, de même, le coté désabusé de l’ensemble où, comme on le voit dans le final, on peut changer les dirigeants mais rien ne change pour le peuple, toujours le grand perdant de l’histoire, n’est que la triste représentation de ce qu’est notre monde réel. Ajoutons a cela quelques bons passages, un Haddock qui essaie tant bien que mal de sauver les meubles et on se dit que ce Tintin et les Picaros n’est pas si inintéressant qu’on pourrait le penser. Mais bon, d’un autre coté, nous ne sommes pas dupes non plus et quand on fait la balance des bonnes et des mauvaises choses et puis, histoire d’enfoncer le clou, qu’on compare cet album aux heures de gloire de la saga, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il n’y a pas photo et que, pour une dernière, Tintin ne part pas par la grande porte, loin de là…
 

Points Positifs
 :
- En s’inspirant de faits réels et du contexte géopolitique de l’époque en Amérique latine, Hergé parvient a nous pondre une aventure bien plus intelligente qu’on pourrait le penser de prime abord – interventionnisme de puissances étrangères dans les affaires locales, mainmise de puissants groupes industriels, références aux nazis échappés en Amérique du Sud, guérilla et autres révolutions qui se succèdent les unes aux autres.
- Le coté désabusé de la fin, tellement en phase, lorsqu’on y pense, avec le monde réel.
- Une aventure qui n’est pas transcendante mais qui se lit plutôt bien, surtout que certaines scènes – merci Haddock – réussissent à nous faire rire.
 
Points Négatifs :
- On sent le manque d’inspiration de la part d’Hergé au fil de l’avancement de l’album et si le début fait encore illusion, assez rapidement, on finit par déchanter devant une aventure à mille lieux des heures de gloire de la saga.
- Un sentiment de déjà-vu omniprésent du début a la fin : lieux, personnages, situations, blagues, tout cela a déjà été vu et même revu un nombre conséquent de fois…
- Certes, je suis pour que les personnages évoluent, mais bon, d’un autre coté, Tintin en jean, cela choque – et je ne vous parle pas des chaussures…
- Séraphin Lampion, encore lui ! Mais qu’est ce que je le déteste celui-là !
 
Ma note : 6,5/10

Les Aventures de Tintin – Vol 714 pour Sydney


Les Aventures de Tintin – Vol 714 pour Sydney
 
En route pour un congrès d’astronautique à Sydney, Tintin, son chien Milou, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol retrouvent, lors d’une escale à Jakarta, Szut, un pilote qu’ils ont rencontrée dans une précédente aventure. Celui-ci leur présente son patron Laszlo Carreidas, un constructeur d’avions milliardaire (mais ayant également des intérêts dans d’autres secteurs : pétrole, électronique, coca, etc.), qui se rend comme eux à Sydney. Il leur propose de les y amener à bord de son tout nouveau jet. Cependant, l’avion est détourné par des hommes armés, infiltrés dans l’entourage du milliardaire : Spalding, le secrétaire de Carreidas ; Paolo Colombani, le copilote de Szut et Hans Boehm, le radio. Ces derniers obligent l’avion à atterrir sur une île indonésienne...
 

Les Aventures de Tintin – Vol 714 pour Sydney
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1968
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
De temps en temps, il est agréable de revenir a ses classiques, et qui dit classiques, dans le vaste monde de la bande dessinée, dit forcement Tintin, pour ce qui est de la BD franco belge. Indéniablement, et même si le reporter a la houppette et en pantalons de golf ne possède plus la même aura qu’il pouvait encore avoir il y a quelques années, même si les ventes ne sont plus ce qu’elles étaient a la grande époque, mais également lors de ma prime jeunesse, lorsque je l’ai découvert, il est certain que bon nombre d’auteurs modernes aimeraient vendre aussi bien qu’un héros de BD que certains jugent dépassés mais qui tient encore la dragée haute a la concurrence. De même, Tintin fait parti de ce cercle fermé de personnages imaginaires connu dans le monde entier, et quelque part, ce n’est pas un exploit aussi évidant que l’on pourrait le penser : Batman, Superman, Spiderman, Mickey, Donald et donc, notre reporter, où que l’on aille, on tombera toujours sur quelqu’un qui les connaît. Ainsi, et même si je regrette le choix d’Hergé (que personne ne récupère Tintin après sa mort) car j’aurais été curieux de voir ce que cela aurait put donner sous la plume d’auteurs comme ceux qui ont repris Spirou, l’on ne peut pas nier que celui-ci reste encore une valeur sur dans le monde de la bande dessinée. Mais quoi qu’il en soit, je vous disais précédemment que de temps en temps, donc, il est agréable de revenir a ses classiques, et si a mes yeux, quasiment tous les volumes de Tintin sont un peu mes classiques, je dois reconnaître que ce Vol 714 pour Sidney, avant dernier album de la saga achevé, occupe un peu une place a part en raison des thèmes abordés. Si d’autres titres, comme L’Étoile Mystérieuse, On a marché sur la Lune voir même L’affaire Tournesol lorgnaient plus ou moins du coté de la SF, il est indéniable que le plus fantastique est celui-ci : en effet, et si les amateurs éclairés (dont je fais partie) reconnaitront moult détails liés a la théorie des anciens astronautes (statues, dessins où l’on « reconnaît » des types en combinaisons spatiales, les fameux dieux venus du ciel dans des chars de feu), savent parfaitement que le personnage de Ezdanitoff de la revue Comète n’est autre que l’avatar du cultissime Jacques Bergier de la revue… Planète, l’auteur, avec Powells, du Matin des Magiciens, les néophytes, eux, ne serais ce que parce que l’on voit nettement une soucoupe volante et que Bergier, euh pardon, Ezdanitoff le dit très clairement, oui, en auront la confirmation parce que Tintin rencontre les extraterrestres, même s’il l’oublie au final. Alors bien sur, on ne prend pas le même plaisir à la lecture de ce Vol 714 pour Sidney selon que l’on connaisse un peu l’ufologie ou non, mais quelque part, et en prenant exemple sur mon cas personnel, la première fois que je l’ai lu, je n’y connaissais fichtrement rien, et cela ne m’a pas empêché de l’apprécier à sa juste valeur. Et puis, Tintin a fait partie (cet album mais d’autres également), un peu comme Les Mystérieuses Citées d’Or, par exemple, de ma « formation », de mes gouts futurs pour l’histoire, le passé et, surtout, ses mystères. Alors bien entendu, Vol 714 pour Sidney n’est pas le meilleur album de la série, d’autres lui sont infiniment supérieurs comme, par exemple, Tintin au Tibet ou le dytique sur La Lune, mais cela n’empêche pas que ce vingt deuxième album des aventures du plus célèbre des reporters regorge de qualités, celles déjà annoncées plus haut, pour ce qui est de l’intrigue en elle-même où Hergé renoue avec la grande aventure et le dépaysement après l’intermède que fut Les Bijoux de la Castafiore, mais aussi par la forme où tout ce qui a fait la renommée de Tintin est présent : situations ubuesques, humour ravageur et toujours bien placé, chaque planche, pour ne pas dire presque chaque case est un délice pour le lecteur et l’on se surprend toujours a exploser de rire devant les colères de ce bon vieux Capitaine Haddock ainsi que pour les problèmes d’audition de Tournesol. C’est peut être justement parce l’on ne se lasse jamais que chaque album de Tintin est indispensable et je ne peux que m’incliner devant le talent d’Hergé pour avoir réussi un tel tour de force. Bien évidement, Vol 714 pour Sidney occupera une place a part pour tous les amateurs des anciens astronautes et autres fanatiques de Fox Mulder, cela n’en reste pas moins un sympathique album qui mérite, comme les autres, de figurer dans la collection de tout amateur de bande dessinée.
 

Points Positifs
 :
- L’album de la saga où Tintin flirte le plus avec la science-fiction avec sa rencontre avec des… extraterrestres, rien que ça ! Un album plutôt dans l’air du temps à l’époque de sa sortie au vue de ses thématiques.
- Si vous êtes un familier de la théorie des Anciens Astronautes et que le nom de Jacques Bergier ne vous est pas inconnu, alors, Vol 714 pour Sydney ne vous laissera pas indifférent.
- Une aventure plutôt sympathique et riche en rebondissements, assez riche en scènes coquasses par ailleurs – Rastapopoulos et Allan occupant le devant de la scène sur ce point.
- Le personnage de Laszlo Carreidas.
- Le plaisir de retrouver Szut que l’on avait découvert dans Coke en Stock.
 
Points Négatifs :
- Même si Vol 714 pour Sydney est plutôt sympathique, il est clair que cet album est loin d’être le meilleur de la saga. Certes, l’aventure est plutôt prenante et l’humour assez bienvenu, cependant, on commence à sentir un Hergé un peu en manque d’inspiration et loin de ses heures de gloire.
- J’apprécie l’humour dans Tintin, c’est un fait, mais par moments, trop d’humour tue l’humour, le pire étant le fait que Rastapopoulos et Allan finissent par perdre toute crédibilité.
- Si vous ne connaissez pas la thématique ufologique de cet album, il est clair que vous passerez a coté de tout un tas de références.
 
Ma note : 7,5/10

jeudi 25 février 2021

Les Aventures de Tintin – Les Bijoux de la Castafiore


Les Aventures de Tintin – Les Bijoux de la Castafiore
 
Tintin et le capitaine Haddock font la connaissance de Tsiganes contraints d'établir leur camp dans une décharge d'immondices. Indigné, Haddock les invite dans son pâturage situé à proximité du château de Moulinsart. Au château, une marche de l'escalier est cassée, et un télégramme de leur amie la Castafiore, la célèbre cantatrice à forte voix, annonce son arrivée. Dans sa tentative précipitée de fuir l'arrivée imminente de l'encombrante artiste, le capitaine glisse sur la marche cassée et se fait une entorse, ce qui le force à rester et à affronter la tempête musicale. Accompagnée de sa camériste Irma et de son pianiste Igor Wagner, Bianca Castafiore offre un perroquet au capitaine et s’installe au château.
 

Les Aventures de Tintin – Les Bijoux de la Castafiore
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1963
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
Après Tintin au Tibet qui est, sans aucun doute possible et avec On a marché sur la Lune, le meilleur volet des Aventures de Tintin, nous abordons à présent un album de la saga qui, depuis sa parution, a toujours beaucoup fait couler d’encre… Les Bijoux de la Castafiore. Bon, si je dois être tout à fait franc avec vous, lorsque j’étais plus jeune, je n’appréciais guère cet album : une histoire qui se déroule uniquement dans le Château de Moulinsart, pas de méchants, la Castafiore, une intrigue avec un diamant qui disparait sauf qu’en fait, le coupable était une pie et des romanichelles, mouais, rien de bien excitant pour un enfant de dix ans environ qui était encore émerveiller par les voyages de Tintin et de ses compagnons un peu partout dans le monde et sur la Lune… Pourtant, en prenant de l’âge et de la bouteille, comme on dit, j’ai, petit à petit, changer d’avis au sujet de cet album – comme sur d’autres que j’adorais étant plus jeune et que je trouve plus simples pour le pas dire simplistes désormais – et je peux, à présent, le crier haut et bien fort : Les Bijoux de la Castafiore est peut-être un des albums les plus sous-estimés parmi les fans, rien que ça ! Il faut dire que, lors de sa sortie, Hergé, alors au sommet de son art à la fois narratif comme artistique, décide de prendre à contre pied ses lecteurs en nous proposant cet album qui casse littéralement les codes de sa création fétiche : pas de voyages, donc, pas de méchants et un quasi-huit-clos qui tient de l’enquête policière mais sans véritable coupable, enfin si, il y en a bien un mais il s’agit d’un volatile ! Forcément, bon nombre des fans, surtout les plus jeunes, n’auront rien compris et seront rapidement passé a autre chose, cependant, en reprenant les codes du théâtre et en nous proposant un formidable vaudeville, Hergé nous prouvait de fort belle manière qu’il avait plus d’un tour dans son sac et qu’il n’avait pas peur de prendre des risques en sortant de sa zone de confort. Bref, vous l’avez compris, un album qui mérite largement que l’on s’y attarde, surtout si vous souhaitez lire un Tintin différent…
 

Points Positifs
 :
- L’album le plus atypique de toute la saga et qui casse complètement les codes de celle-ci, pourtant, il s’avère que Les Bijoux de la Castafiore est un excellent volet des Aventures de Tintin, même si je trouve qu’il conviendra davantage a un public plus adulte que d’habitude.
- Ici, nous sommes davantage dans les codes du théâtre et, plus particulièrement, dans un vaudeville qui se déroule en huit-clos, le Château de Moulinsart. Bref, Hergé nous offre un album très différent des autres mais qui n’en reste pas moins indispensable.
- Une enquête policière qui n’en n’est pas vraiment une, un coupable qui s’avère être une pie, une successions de blagues et de quiproquos a n’en plus finir, une histoire de marbrier très difficile à convaincre de venir travailler, une pie, la Castafiore… et pourtant, on est captiver de bout en bout !
- Pour ce qui est des dessins, aucun problème, Hergé est fidèle à lui-même et se donne même le luxe de sortir, là-aussi, des codes de la Ligne Claire.
 
Points Négatifs :
- Bien évidement, Les Bijoux de la Castafiore est un volet très atypique des Aventures de Tintin et risque de déstabiliser une bonne partie des fans, surtout pour ce qui est des plus jeunes d’entre nous…
 
Ma note : 8/10

Les Aventures de Tintin – Tintin au Tibet


Les Aventures de Tintin – Tintin au Tibet
 
En vacances à Vargèse avec le capitaine Haddock et le professeur Tournesol, Tintin apprend par le journal une catastrophe aérienne au Tibet. Le soir même au cours d’une partie d’échecs avec le capitaine, Tintin s’endort et fait un rêve où il voit son vieil ami Tchang, seul dans la neige, l’appelant au secours. Le lendemain, Tintin reçoit justement une lettre de Tchang, qui lui annonce sa prochaine visite. Il se rend compte que ce dernier était justement dans l’avion qui s’est écrasé en Himalaya dans le massif du Gosainthan. Tintin repense alors à son rêve dans lequel il voit un message. Il met alors en doute la mort de son ami et, voulant en avoir le cœur net, décide de se rendre au Népal. Tintin, Milou et le capitaine Haddock embarquent donc pour New Delhi où, après avoir visité quelques monuments de la ville, le Qûtb Minâr et le Fort-Rouge, ils reprennent un avion pour Katmandou, la capitale du Népal. Par l’intermédiaire de l’oncle et du cousin de Tchang, ils font la connaissance de Tharkey, un sherpa népalais. Celui-ci, qui s’est déjà rendu sur le lieu du crash, refuse catégoriquement de les conduire, car il juge que ce serait risquer inutilement leur vie à tous trois. Le capitaine réussit cependant à le convaincre, ainsi qu’une équipe de porteurs, de se rendre sur place pour que Tintin puisse s’assurer de la mort de Tchang.
 

Les Aventures de Tintin – Tintin au Tibet
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1960
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
Aux yeux de très nombreux fans du reporter à la houppette, Tintin au Tibet est souvent considéré comme étant un des meilleurs si ce n’est le meilleur album de toute la saga. Bien évidement, suivant les gouts de chacun, qui, forcément, ne sont pas les mêmes, d’autres préféreront d’autres titres, cependant, s’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est que cet album est l’un des tous meilleurs ; et, sincèrement, c’est on ne peut plus mériter ! En effet, en plus de l’aventure en elle-même, qui voit ici Tintin et son ami, le capitaine Haddock, partir a l’autre bout du monde, dans les montagnes himalayennes, afin de sauver la vie de Tchang, le jeune garçon que notre héros avait rencontrer au début de sa carrière dans Le Lotus Bleu, ce qui saute le plus aux yeux, ce n’est pas non plus leur rencontre avec le célèbre Yéti mais le coté personnel de l’ensemble. Connaissant alors une période personnelle pour le moins compliquée, séparée de sa femme, Hergé s’était alors fortement investit dans l’écriture de ce Tintin au Tibet, mettant énormément de lui-même dans cet album, ce qui donne, au final, un Tintin plus humain que jamais. Ainsi, ici, notre reporter est moins sur de lui que d’habitude, il part sur un coup de tête dans une mission impossible suite a un rêve et, bien souvent, il doute, chose auquel le lecteur n’était guère habituer jusqu’à alors. Le résultat, bien entendu, est excellent, et si l’on se doute qu’au final, Tchang sera sauvé, nos héros devront connaitre bien des aventures et éviter bien des pièges pour y parvenir. Un must, incontestablement, d’une série riche en albums phares !
 

Points Positifs
 :
- Un des tous meilleurs albums de Tintin, rien que ça ! Il faut dire qu’entre l’aventure en elle-même, qui voit nos héros partir dans les montagnes himalayennes, les très nombreux rebondissements, le retour de Tchang, le Yéti et le coté mystique qui se dégage de l’ensemble, ce Tintin au Tibet possède un quelque chose de plus qui ne peut que ravir les fans.
- Un Tintin plus humain que jamais, qui doute, qui éprouve de la peine, qui souffre, bref, bien plus intéressant que le héros auquel on était habitué jusqu’à alors.
- Forcément, l’Himalaya, ça en jette, et comme Hergé est plus inspiré que jamais, tout cela accouche de planches tout bonnement sublimes par moments.
- Un Yéti plus vrai que nature ! On sent qu’Hergé était ami avec un certain Bernard Heuvelmans…
- Haddock une fois de plus au sommet de sa forme, à la fois capable des plus grandes colères et des actes les plus nobles. Et, bien entendu, toujours aussi drôle…
- Le retour de Tchang, le jeune chinois du Lotus Bleu.
- Les Dupondt brillent par leur absence, ce qui est une bonne chose.
- Une couverture simple mais efficace.
 
Points Négatifs :
- Ceux qui sont totalement allergiques au coté orientaliste de la chose et a certains phénomènes paranormaux risquent de tiquer devant certains passages de cet album, mais en dehors de cela…
 
Ma note : 9/10

lundi 22 février 2021

Les Aventures de Tintin – Coke en Stock


Les Aventures de Tintin – Coke en Stock
 
En sortant d'un cinéma en compagnie de Tintin, le capitaine Haddock heurte le général Alcazar, qui perd son portefeuille. Tintin tente de le lui rapporter. A l’hôtel, Tintin dresse un portrait du Général mais il est inconnu à l'hôtel où il est censé être descendu. De retour au château de Moulinsart, Tintin et le capitaine découvrent qu'Abdallah et sa suite s'y sont installés. Par ailleurs, ils apprennent le lendemain par les Dupondt que le Général est venu en Europe pour négocier des avions qui lui permettront de renverser le Général Tapioca, ainsi que le véritable hôtel dans lequel séjourne Alcazar. En allant lui rapporter son portefeuille, qui contient notamment des photographies de chasseur-bombardier Mosquitos, Tintin et Haddock le retrouvent en conversation avec Dawson, l'ex-chef de la police internationale de Shanghai. Le capitaine Haddock lui rend son portefeuille pendant que Tintin suit discrètement Dawson, et surprend une discussion sur un mystérieux trafic d'armes. De retour à Moulinsart, il apprend par le journal qu'un coup d'État s'est produit au Khemed, perpétré par l'ennemi juré de l'émir Ben Kalish Ezab, le cheikh Bab El Ehr, ce qui explique la présence d'Abdallah au château. Tintin (voulant aider l'émir) et Haddock (voulant fuir Abdallah) décident de se rendre au Khemed.
 

Les Aventures de Tintin – Coke en Stock
Scénario : Hergé, Jacques Martin
Dessins : Hergé, Jacques Martin
Couleurs : Hergé, Jacques Martin
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1958
Nombre de pages : 62
 
Mon avis :
 Après L’Affaire Tournesol, poursuivons avec les critiques des Aventures de Tintin avec un album que j’apprécie énormément, Coke en Stock. Pour la petite histoire, cet album était l’un de mes préférés étant enfant même si, aujourd’hui, je ne sais plus très bien pour quelle raison ? Hum, pour la présence de Szut, qui fait ici sa première apparition et que l’on retrouvera par la suite dans Vol 714 pour Sidney, personnage assez attachant ? Pour un Capitaine Haddock encore plus déchainé que d’habitude ? Pour le nombre conséquent de seconds rôles présents dans l’album ? Probablement pour tout cela a la fois a quoi s’est ajouter, maintenant que je suis adulte depuis longtemps, la thématique de cette aventure, je veux bien évidement parlé de l’esclavage moderne. Car bien entendu, si comme dans Tintin au Pays de l’Or Noir, on retrouve le Khemed, contrée moyen-orientale imaginaire et donc, par la force des choses, les personnages qui y sont liés – un certain Abdallah – force est de constater que ce qui marque avant toute chose ce Coke en Stock, c’est justement ce trafic d’esclaves, en plein milieu du vingtième siècle, chose que l’occident découvrait alors avec stupéfaction et dont les victimes, comme toujours, étaient ces pauvres africains sub-sahariens et leurs bourreaux, a une époque où le politiquement correct ne sévissait pas encore, étaient issus du nord de l’Afrique et du Moyen-Orient. Par le biais de Tintin et Haddock, Hergé, donc, engagé contre la chose, fait vivre a ses héros une aventure bien plus sombre que d’habitude, plus sérieuse et, une fois de plus, fait preuve d’une vista incroyable en annonçant, bien des années avant que la chose ne soit connu, les collusions entre les multinationales et certains pays, les premières faisant et défaisant les régimes, suivant leurs intérêts. Plus adulte, sans nul doute destiné à un public moins enfantin, Coke en Stock n’en est pas moins un Tintin type, c’est-à-dire, que l’humour est toujours fortement présent, et justement, rien que pour la fameuse question d’Alan – est ce que le Capitaine Haddock dort avec la barbe sous la couverture ou au-dessus – devenu culte, on a un parfait exemple que, même en abordant une thématique sérieuse, Hergé savait toujours distillé tout ce qui avait toujours fait la grande force de sa plus belle création, c’est-à-dire, un mélange d’aventure, d’exotisme, d’avant-garde mais aussi, bien entendu, d’humour, et même si, objectivement, Coke en Stock n’est pas le plus réussi des albums de Tintin, il n’en reste pas moins excellent, et ce, même après moult relectures…
 

Points Positifs
 :
- Une thématique plus sérieuse qu’a l’accoutumée pour ne pas dire sombre : l’esclavage moderne, qui n’avait pas disparu, et que l’occident avait découvert avec stupéfaction quelques années avant la publication de cet album. D’ailleurs, si l’on voudrait enfoncer le clou sur le sujet, le sort des travailleurs dans certains pays comme le Qatar nous montre bien que les choses n’ont guère changées, bien au contraire.
- Esclavage, bien sur, mais aussi trafic d’armement international, liens entre multinationales et certains pays dont les premières font et défont les gouvernements, suivant leurs intérêts ; les thématiques sont nombreuses et pas des plus joyeuses.
- Fort heureusement, l’humour, lui, est toujours présent et ce, particulièrement par le biais d’un Capitaine Haddock, sans nul doute le personnage le plus réussi de l’univers Tintin, complètement déchainé et a qui il arrive absolument tout.
- Première apparition de Szut, un personnage que j’aime bien.
- Un casting exceptionnel où les seconds rôles sont légions.
- J’aime particulièrement la couverture de cet album.
- Bien évidement, il n’y a pas de mauvais Tintin, chaque album étant, à sa façon, excellent.
 
Points Négatifs :
- Un album plus adulte, abordant des thématiques plus sérieuses, c’est une bonne chose, cependant, pour les plus jeunes, je ne pense pas qu’ils puissent saisir toutes les subtilités scénaristiques… d’un autre coté, Tintin, comme on disait autrefois, cela se lisait de 7 a 77 ans, alors, ce n’est pas si grave que ça…
- Je reconnais que, en 2015, voir les personnages dirent « des noirs », cela peut choquer un peu, mais bon, il faut aussi savoir se remettre dans le contexte de l’époque et ne pas juger des œuvres vieilles de 50, 100 ans, ou plus, avec notre regard d’aujourd’hui.
 
Ma note : 8/10

Les Aventures de Tintin – L’Affaire Tournesol


Les Aventures de Tintin – L’Affaire Tournesol
 
Le professeur Tournesol vient de mettre au point une nouvelle arme utilisant les ultrasons, qui détruit les objets en verre. Si elle venait à être perfectionnée pour détruire autre chose que du verre, cette invention pourrait devenir une arme particulièrement dangereuse. En voyage en Suisse pour y rencontrer un autre savant, Tournesol est poursuivi par des agents secrets qui veulent obtenir les plans de son invention. Tintin et le capitaine Haddock, craignant que Tournesol n’ait des ennuis, s’y rendent pour le retrouver. Mais Tournesol est finalement enlevé par les Bordures...
 

Les Aventures de Tintin – L’Affaire Tournesol
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1956
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
Après l’excellent dytique que fut Objectif Lune et On a marché sur la Lune, il était clair que tout album des Aventures de Tintin qui passerait après ces deux chef d’œuvres souffrirait indubitablement de la comparaison. Du coup, il n’était pas facile pour L’Affaire Tournesol de se faire une place au soleil, les aventures lunaires de Tintin étant encore dans toutes les mémoires. Cependant, s’il apparait nettement que même si cet album ne fait pas parti des meilleurs de la saga, il n’en reste pas moins suffisamment bon pour marquer les esprits et apparaitre, au final, comme une aventure riche en rebondissements qui tient en haleine les fans du reporter a la houppette. Tournesol, comme le titre de l’album le laisse entendre, est encore au cœur de l’intrigue – ce qui, de mon point de vu, est peut-être une erreur de la part d’Hergé et il aurait été mieux de passer a autre chose avant de revenir a notre bon vieux professeur – et celle-ci remet en avant non seulement son génie créatif – ici, il a crée une arme secrète a base d’ultrasons – mais aussi la rivalité entre la Syldavie et la Bordurie – ce dernier pays étant, comme chacun sait, un mélange entre l’Allemagne nazie et l’URSS de Staline. Bref, peu d’originalité de la part d’Hergé, il faut le reconnaitre, mais l’auteur est suffisamment doué pour nous offrir, malgré tout, un excellent récit qui lorgne allègrement avec l’espionnage et l’aventure. Le lecteur plus soucieux du détail que la moyenne remarquera, dubitatif, que tout cela n’est pas bien clair et qu’Hergé s’emmêle un peu les pédales – Tournesol ayant travailler en Syldavie lors de son voyage sur la Lune, pourquoi les services secrets de ce pays lui en veulent tant désormais – mais bon, dans l’ensemble, et malgré quelques défauts, L’Affaire Tournesol reste un bon Tintin qui saura vous tenir en haleine du début a la fin, en attendant, il faut le reconnaitre, des jours meilleurs…
 

Points Positifs
 :
- Une aventure où se mêle espionnage, courses poursuites et moult rebondissements et qui tiendra en haleine les fans du reporter a la houppette. Hergé sachant de toute façons raconter une histoire captivante nous entraine dans une intrigue où l’on ne s’ennui jamais, sachant alterner entre les scènes d’actions et celles plus comiques.
- Un capitaine Haddock une fois de plus au top de sa forme : ainsi, entre le gag du sparadrap, celui de la boucherie Sanzot qui deviendra récurant et ses multiples chutes, les occasions de rire sont une fois de plus nombreuses.
- Le postulat de départ, avec le professeur Tournesol qui travaille sur une arme terrible et qui se voit balloter par les visées des services secrets de puissances étrangères.
- Pour ce qui est des dessins, bien évidement, il n’y a rien a redire, comme a chaque fois, ou presque : Hergé fait du Hergé, bref, c’est parfait dans son genre.
 
Points Négatifs :
- Un certain manque de renouvellement avec, une fois de plus, Tournesol au premier plan – pour rappel, cet album est paru tout juste après Objectif Lune et On a marché sur la Lune.
- Plutôt curieux qu’après avoir longtemps travaillé pour le gouvernement syldave, Tournesol ait maille a partir avec les services secrets de ce pays !?
- Première apparition de Séraphin Lampion : probablement un des personnages que je déteste le plus dans Tintin.
- L’Affaire Tournesol est un album sympathique, certes, mais il souffre tout de même de la comparaison avec les meilleurs titres de la saga.
 
Ma note : 7,5/10

mardi 16 février 2021

Les Aventures de Tintin – On a marché sur la Lune


Les Aventures de Tintin – On a marché sur la Lune
 
Après quelques minutes de peur au lancement, les passagers de la fusée reprennent connaissance et tout semble bien se passer : la fusée se dirige vers la Lune. Cependant, il y a une surprise de taille : les Dupondt, qui ont pris place à bord pour des raisons de sécurité, se sont trompés d’heure. Cette situation force Tournesol à réduire la durée du voyage afin de ne pas manquer d’oxygène… Le voyage se déroule sans incident ou presque et la fusée se pose sans encombre sur la Lune. Les appareils sont installés et Tournesol s’adonne à ses recherches. Durant l’une des expéditions, Tintin reste à bord. À ce moment, Jorgen (alias le colonel Boris) embarqué clandestinement, sort de sa cachette et se prépare à décoller avec la fusée.
 

Les Aventures de Tintin – On a marché sur la Lune
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1954
Nombre de pages : 62
 
Mon avis : 
Suite directe du très bon Objectif Lune, On a marché sur la Lune est, sans nul doute, l’un des meilleurs albums de Tintin. Il faut dire que Hergé, continuant sur sa lancée, livre ici une conclusion magistrale à un dytique qui apparait nettement comme étant le point d’orgue des aventures du reporter a la houppette ; en effet, si notre héros, quinze ans avant Armstrong, ne fut pas le premier a fouler le sol lunaire (Cyrano de Bergerac et Jules Vernes y avaient penser bien avant), force est de constater qu’avec ces deux albums, on a en quelque sorte les prémices de ce que seront les missions Apollo, quelques années plus tard. Bien évidement, il faut relativiser les choses et aussi renseigné et consciencieux que fut Hergé, il n’était pas un savant, cependant, avec du recul, il est clair que celui-ci eut raison sur bien des points et que, désormais, cela fait bien longtemps que l’on sait que oui, il y a de la glace sur la Lune ! Quoi qu’il en soit, tout un conservant une part du sérieux scientifique de Objectif Lune, dans On a marché sur la Lune, Hergé met surtout en avant le coté aventure au sein de son intrigue : l’exploration est de mise mais aussi les rebondissements, du coup, Tintin revient au premier plan et retrouve naturellement sa place de héros. Terriblement efficace, le scénario se suit avec plaisir et tient en haleine le lecteur de la première a la dernière page, démontrant de fort belle manière comment Hergé maitrise son sujet, surtout que, malgré quelques scènes dramatiques, l’humour, lui, n’est jamais bien loin… Bref, un album quasi parfait, de bout en bout, et qui conclut en beauté la plus grande aventure de Tintin et de ses compagnons ; il ne restera plus ensuite, a la Nasa, de suivre le chemin tracé par nos héros et d’aller, eux aussi, sur la Lune…
 

Points Positifs
 :
- Suite et fin du meilleur dytique des Aventures de Tintin. Il faut dire qu’ici, tout est parfait ou presque et que si Objectif Lune péchait par moments de par ses trop nombreuses explications scientifiques, ici, l’équilibre est atteint et entre le coté aventureux, l’exploration de notre satellite, un certain sérieux et une dose d’humour, on ne s’ennui pas une seconde !
- Un des meilleurs albums de Tintin, tout simplement ! Il faut dire qu’aller sur la Lune, ce n’est pas rien.
- Certaines scènes marquent les esprits dans cet album : l’alunissage, bien sur, mais aussi le sauvetage d’Haddock, ivre mort et a la dérive dans l’espace, l’exploration de la Lune, la mort de Jorgen, le sacrifice de Wolff, le retour sur Terre, etc.
- Sacré Hergé, il fallait tout de même le faire d’envoyer ses héros sur la Lune quinze ans avant les américains ! Eh oui, Tintin a marché sur la Lune avant Armstrong !
- Eh oui, Hergé avait raison : il y a bien de la glace sur la Lune !
- Encore une couverture culte, bien entendu !
 
Points Négatifs :
- Si je devais trouver quelque chose à redire au sujet de cet album, c’est les Dupondt : mouais, parfois, ils sont marrants mais trop c’est trop et, sincèrement, ils sont loin de valoir Haddock !
 
Ma note : 9/10