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vendredi 10 mars 2023

Ultimates 2


Ultimates 2
 
Un an est passé depuis les derniers événements. Captain America est envoyé au nord de l’Irak pour libérer des otages américains. Son intervention est un succès mais s'est faite également sur un fond de polémique. Les Ultimates n'ont pas à intervenir en dehors des Etats-Unis. Or, Thor a déjà déclaré ne plus vouloir faire partie d’une pareille organisation. Le Dieu du tonnerre a donné rendez-vous à Volstagg, un de ses amis Asgardiens pour déjeuner. Celui-ci apprend à Thor que son frère Loki se trouve sur Terre et qu'il aurait la ferme intention de jouer de bien mauvais tours au monde entier. Du côté des Ultimates, rien ne va plus. Les médias se sont emparés d’une information ne pouvant provenir que de l’un des membres de l’équipe. Elle concerne le massacre de plusieurs centaines d’américains par Hulk. Bruce banner est alors désigné comme responsable, même s'il est enfermé dans une des cellules du S.H.I.E.L.D.. Tout semble l'emmener vers un procès public. Pendant qu'Iron Man rencontre des surhumains venant d’Europe lors d’une intervention, le climat devient de plus en plus délétère autour des êtres dotés de pouvoirs…
 

Ultimates 2
Scénario : Mark Millar
Dessins : Bryan Hitch, Steve Dillon
Encrage : Andrew Currie, Paul Neary
Couleurs : Paul Mounts, Laura Martin
Couverture : Bryan Hitch
Genre : Super-Héros
Editeur : Marvel Comics
Titre en vo : Ultimates 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : février 2005 – février 2007
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 15 novembre 2017
Nombre de pages : 432

Liste des épisodes
Ultimates 2 1-15
 
Mon avis :
 Comme je vous l’avais dit dans ma critique de la première saison – oui, ce fut, en quelque sorte, ainsi que fut présenter la chose – de Ultimates, œuvre du duo composé de Mark Millar pour ce qui est du scénario et de Bryan Hitch pour ce qui est des dessins, au tout début des années 2000, en 2002 pour être plus précis, dans une Amérique post-11 Septembre et fatalement traumatisée par ces événements et complètement paranoïaque – ce qui peut se comprendre – Marvel qui était alors en perte de vitesse suite a une seconde partie des années 90 pour le moins compliquée, commença, petit à petit, à remonter la pente et même si la Maison des Idées ne dut sa survie, quelques années plus tard, par le biais de ses adaptations cinématographiques – qui, accessoirement, firent énormément de mal à ses comics – la création de l’univers Ultimate apporta alors un vent de fraicheur non négligeable à des super-héros qui apparaissaient alors comme étant totalement dépassés face à la concurrence des indépendants… Et donc, parmi ces nouvelles séries crées pour l’occasion, c’est-à-dire, cette relecture moderne de personnages phares de la Maison des Idées, il est incontestable que le point d’orgue fut Ultimates, le sieur Millar nous proposant là, une vision pour le moins audacieuse des Avengers, plus cynique, plus dure et plus crédible que jamais. Une première saison, donc, quasiment parfaite, qui marqua durablement son époque et qui, malgré deux décennies écoulées, n’a rien perdu de sa force, cependant, en est-il autant de sa suite ? Eh bien, disons que, dans les grandes lignes, oui, même si le résultat est peut-être un poil moins marquant… Accompagné à nouveau par le talentueux Bryan Hitch, Mark Millar propose deux principales intrigues ici : durant la première, les Ultimates doivent laver leur linge sale en public (le procès de Hulk après le saccage de Manhattan, l’arrestation de Thor supposé schizophrène) pour éviter de disparaître sous a pression de la vindicte populaire ; dans la seconde, l’équipe doit faire face à une coalition mondiale qui souhaite, par différents moyens, retirer aux États-Unis leurs armes de dissuasion super-humaines que représentent les Ultimates ! À nouveau, Mark Millar brille particulièrement grâce à son écriture. Les intrigues sont surprenantes, souvent inattendues grâce aux retournements de situations bien sentis, mais surtout, très évocatrices grâce aux tensions géopolitiques et éthiques auxquelles elles ont recours. En effet, sous la plume de Mark Millar, la politique étrangère des États-Unis et ses interventions dans des pays étrangers au début des années 2000 sont souvent perçues comme impérialistes par nature par de nombreux autres pays du monde, ce qui pousse ces peuples à haïr des Ultimates davantage considérés désormais comme des nouvelles armes au service de la politique américaine que comme des héros. Vu de certains pays étrangers, utiliser les Ultimates pour sauver les États-Unis d’une invasion extra-terrestre, c’est d’accord, mais les envoyer désarmer le nouvel arsenal nucléaire d’un pays du Moyen-Orient qui n’est pas un allié des États-Unis, ça passe beaucoup moins bien... En faisant de son récit une métaphore de l’influence contemporaine des États-Unis dans le monde du début des années 2000 avec la guerre en Afghanistan et l’invasion de l’Irak, Mark Millar propose aux lecteurs quelque chose de férocement intrigant et au sous texte plus complexe qu’en temps normal, ce qui est une bonne chose pour un scénariste qui, en temps normal, est critiqué pour son habitude de privilégié la forme sur le fond. En ce qui concerne les protagonistes, le scénariste continue sur sa lancée et les torture de bien des manières. À ce jeu-là, difficile de ne pas s’attacher au sort de Hulk, de Thor, mais aussi du très discret Hawkeye qui sera au cœur de l’une des scènes les plus marquantes de cette seconde saison. Pour finir, il ne faut pas oublier de souligner le travail titanesque du dessinateur Bryan Hitch dont les planches, par leur conception et leur exécution pour représenter une telle ébullition d’action, a les atours d’un long-métrage conçu par un réalisateur soucieux de sa photographie. Un travail exceptionnel, illustré par un formidable diaporama de huit pages qui ne peut qu’interpeller le lecteur. Bref, une nouvelle réussite incontestable que cet Ultimates 2 ?! En toute franchise, oui, même si, quelque part, l’effet de surprise étant passé, cette suite marque peut-être un peu moins les esprits sans oublier que la trop grande place accordée aux affrontements et au coté spectaculaire de la chose font que la psychologie des personnages est un peu mise de coté ici. Mais bon, quoi qu’il en soit, si vous êtes un amateur de comics et un fan absolu de Marvel, la lecture de cet Ultimates 2 est tout aussi indispensable que celle de son prédécesseur. La suite, elle, sera loin d’être du même niveau et peut même être qualifiée de catastrophique, mais bon, il sera toujours temps de vous en parler bientôt…
 

Points Positifs
 :
- Une suite à la hauteur de sa devancière et qui confirme définitivement tout le bien que l’on pouvait penser de Ultimates. Certes, l’effet de surprise fonctionne un peu moins bien dans cette seconde saison, ce qui est normal, cependant, c’est un véritable régal que de retrouver l’équipe des Ultimates cette fois ci confronter à leurs propres démons ainsi qu’a une menace pour le moins en adéquation avec la politique nord-américaine du début des années 2000.
- Une intrigue plus politisée et qui, accessoirement, est une belle critique de l’administration Bush post-11 Septembre – guerre en Afghanistan, invasion de l’Irak, etc.
- Une fois de plus, Brian Hitch confirme tout son talent et il faut reconnaitre que celui-ci n’a été aussi bon que sur les Ultimates. Quand à ses planches, cinématographiques et très détaillées, ce sont une pure merveille !
- Une fois de plus, nous avons droit à quelques scènes pour le moins marquantes au cours de cette seconde saison et, sans contestation, celle du massacre de la famille d’Hawkeye en est le point d’orgue.

Points Négatifs :
- Le coté spectaculaire prend peut-être un peu le pas sur la réflexion au cours de cette seconde saison de Ultimates. Il faut dire que l’affrontement final, qui s’étale sur plusieurs épisodes, y est pour beaucoup.
- Qualitativement, c’est bon, c’est un fait, cependant, cela reste un poil inférieur à la première saison qui flirtait avec l’excellence.
- On ne va pas se mentir, c’est du Millar donc la forme est privilégié sur le fond, même si cela est moins flagrant qu’en temps normal…

Ma note : 8/10

vendredi 3 mars 2023

Ultimates


Ultimates
 
En 1945, les Nazis sont en avance sur plusieurs projets militaires. Alors qu’ils activent le lancement d'un missile en direction des Etats-Unis, les forces américaines débarquent. Captain America, un soldat doté d'une force surhumaine ravage les troupes ennemies mais ne parvient pas à empêcher le missile de partir. Jamais vaincu, il se jette dessus et le fait exploser en vol. Chutant du ciel, il disparaît dans l’Océan Atlantique... En 2002, le leader du S.H.IE.L.D. nouvellement nommé, Nick Fury, souhaite recruter plusieurs super-héros. Il approche Tony Stark, un inventeur milliardaire qui s’est construit une armure de combat, puis Jan Pym, une chercheuse ayant la capacité de diminuer sa taille jusqu’à celle d’un insecte, et Hank Pym, un scientifique venant de trouver la formule pour devenir un géant. Nick Fury compte encore embaucher d'autres personnes mais, l'impossible se produit lorsque quelques jours plus tard, le corps de Captain America est retrouvé, indemne…
 

Ultimates
Scénario : Mark Millar
Dessins : Bryan Hitch
Encrage : Andrew Currie, Paul Neary
Couleurs : Paul Mounts
Couverture : Bryan Hitch
Genre : Super-Héros
Editeur : Marvel Comics
Titre en vo : Ultimates
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 10 octobre 2004
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 12 avril 2017
Nombre de pages : 384

Liste des épisodes
Ultimates 1-13
 
Mon avis :
 Remontons un peu le temps, nous sommes début 2002, il y a donc un peu plus de deux décennies, dans une Amérique post-11 Septembre et alors que Marvel, les années précédentes, aura connu une période de vaches maigres qui ont faillit faire couler la maison d’éditions de comics la plus célèbre au monde, un petit événement avait lieu qui allait changer la donne de fort belle manière. Celui-ci, vous l’avez compris, ce fut la création de l’univers Ultimate, c’est-à-dire, une relecture moderne et dans l’air du temps des super-héros de la Maison des Idées, une version plus cynique, plus a même, selon les têtes pensantes de chez Marvel, d’attirer l’attention d’un nouveau public surtout que, on ne va pas se mentir, vu que tout repartait de zéro, les nouveaux lecteurs n’étaient pas obligés de se coltiner des décennies de parutions afin de tout comprendre… Sur le papier, fatalement, l’idée était intéressante et on ne va pas se mentir, les débuts de cet univers alternatif furent pour le moins réussies, particulièrement pour ce qui fut de la série Ultimates, c’est-à-dire, l’équivalent des Avengers dans ce nouveau univers et dont le maitre d’œuvre était un certain Mark Millar... On peut dire ce que l’on veut du scénariste écossais et je suis le premier à pointer du doigt ses défauts ainsi que bon nombre de ses créations pour le moins contestables, Millar n’ayant pas son pareil pour nous pondre des scénarii qui privilégient la forme plutôt que le fond, cependant, de temps en temps, lorsque le cœur lui dit – surtout lors de ses débuts – le scénariste était capable de nous sortir quelques belles réussites et, incontestablement, cette première saison – oui, c’est ainsi que la chose nous fut présentée – de Ultimates en est une ! Ainsi, de la simple création de cette version des Avengers de l’univers Ultimate, de cette formidable relecture de personnages iconiques et connus de tous qui devaient a la fois être plus modernes que leurs équivalent de l’univers normal tout en restant parfaitement identifiables, Mark Millar et son comparse, Bryan Hitch, aux dessins, nous offrent une série tout simplement sublime, où des héros comme Captain America, Iron Man, Thor, sont plus cyniques, plus durs parfois mais aussi terriblement plus crédibles de par leur personnalité. Scénaristiquement, Millar va loin, très loin même et nous offre une intrigue a grand spectacle en béton, pointant du doigt l’illogisme même de la création d’une telle équipe (après tout, il n’y a pas vraiment de menaces et les membres de l’équipe s’ennuient) mais aussi, développe les relations entre les protagonistes comme jamais elles ne l’avaient été… Ainsi, Banner/Hulk, jaloux, en veut terriblement aux époux Pym, Tony Stark n’a jamais été aussi cool, Captain America est enfin ce qu’il aurait dut toujours être, c’est-à-dire, un homme des années 40 transposé a notre époque, bref, c’est un homme qui possède les qualités et les défauts d’un individu de son époque, quant a Thor, eh ben, ma foi, jamais je n’ai vu le Dieu du Tonnerre aussi… allumé ! Magnifié de fort belle manière par les dessins d’un Bryan Hitch au sommet de sa carrière, cette première saison des Ultimates est tout simplement excellente – même si les derniers épisodes, plus terres à terres avec l’invasion extraterrestre, sont un poil moins réussis – et nous démontre de la plus belle manière que l’on peut toujours se réinventer, même dans le petit monde tellement conservateur des comics…
 

Points Positifs
 :
- La relecture moderne et le plus réussie de toute la gamme Ultimate, tout simplement, avec les Ultimates, le duo Millar/Hitch frappe fort d’entrée de jeu en prouvant aux amateurs de comics qu’il est possible de réinventer des personnages iconiques, de les modifier légèrement en les rendant plus modernes tout en conservant leur essence même. Une pure réussite comme on n’en voit que bien trop rarement chez Marvel et DC.
- Mark Millar va loin, très loin même et on a droit a des personnages plus sombres, plus cyniques, aux motivations moins nobles mais qui apparaissent, du coup, avec leurs qualités et leurs défauts, terriblement plus humains.
- Jamais Brian Hitch n’a été aussi bon que sur les Ultimates et ses planches, cinématographiques et très détaillées, sont une pure merveille.
- Nombreuses sont les scènes marquantes au cours de cette première saison mais, selon moi, celle qui est vraiment au-dessus de toutes les autres est celle où Hank Pym, ivre de rage et de jalousie, se met à frapper sa femme, la Guêpe, et finit même par la finir a l’insecticide ! Une scène horrible, choquante, et qui nous montre bel et bien qu’avec les Ultimates, Marvel est entré dans un age plus adulte.
- Les personnalités des personnages sont plus en adéquation avec ce qu’ils devraient être, ainsi, un exemple tout bête, Captain America : il s’agit tout de même d’un individu ayant la mentalité des années 40 et qui se réveille au début des années 2000, bref, de quelqu’un qui est complètement paumé dans le monde moderne et qui garde une vision de son temps, chose que les scénaristes de l’univers normal de Marvel oublient un peu trop souvent.
- Clins d’œil à des personnages réels comme Georges Bush ou Larry King, scène où les membres de l’équipe s’amusent de savoir quels acteurs pourraient les représenter sur grand écran.

Points Négatifs :
- La seconde partie de cette saison est davantage typée action, non pas que cela soit une tare, loin de là, mais bon, j’ai tout de même une préférence pour les premiers épisodes, plus centrés sur la psychologie des personnages – mais bon, scénaristiquement parlant, cela se comprend que nos Ultimates aient enfin un adversaire qui justifie leur existence et qu’il y ait un peu de baston.
- On ne va pas se mentir, c’est du Millar donc la forme est privilégié sur le fond, même si cela est moins flagrant qu’en temps normal…
- Les lecteurs français ne seront pas ravis des paroles prononcées par Captain America – après tout, en VO, il les traite de lâches !

Ma note : 8,5/10

dimanche 29 janvier 2023

The Authority – Tome 2


The Authority – Tome 2
 
The Authority n'est pas un groupe lambda de surhumains. Ils constituent le plus puissant contre-pouvoir sur Terre. Bon nombre de gouvernements les considèrent comme des anarchistes, car ils ne servent pas la cause des nations, ni d'aucune autre organisation. Au contraire, ils considèrent qu'ils interviennent précisément quand les dirigeants ne le font pas, pour des raisons politiques qui n'ont plus rien à voir avec l'intérêt commun, celui de l'Humanité toute entière. Apollo, Midnighter, l'Ingénieur, le Docteur, Jack Hawksmoor et Swift sont en quelque sorte la plus grande force de frappe que l'on ait connue. Ils agissent sous l'égide de Jenny Sparks, qui abrite l'esprit du XXIème siècle. Mais cette dernière est morte... Leur dernière intervention s'est soldée par l’assassinat d'un dirigeant en Asie du sud-est. Le Président américain ne goûte pas cette initiative car il redoute des représailles sous forme d'actions terroristes. Pas de quoi inquiéter les membres de The Authority, qui ont d'autres chats à fouetter. En effet, ce qui retient leur attention, c'est qu'un signal a été détecté. Jenny Sparks a ressuscité sous la forme d'un bébé, mais elle est l'objet de toutes les convoitises car d'autres organisations, aux intentions bien moins nobles, comptent s'en emparer et modeler son esprit...
 

The Authority – Tome 2
Scénario : Mark Millar, Warren Ellis, Doselle Young, Tom Peyer
Dessins : Frank Quitely, Chris Weston, John McRea, Dustin Nguyen, Arthur Adams, Gary Erskine, Bryan Hitch
Encrage : Trevor Scott, Richard Friend, Garry Leach, Jason Martin, Derek Fridolfs, Tim Townsend, Paul Neary
Couleurs : Wendy Fouts, Ian Hannin, David Baron, Laura Martin
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The Authority – Volume 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 23 décembre 2014
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 avril 2018
Nombre de pages : 480
 
Liste des épisodes
The Authority 13-29
 
Mon avis :
 Indéniablement, The Authority fait parti de ces fameux comics que tout amateur digne de ce nom se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie, pour le coté historique de la chose, bien entendu, mais également pour la simple et bonne raison que, qualitativement parlant, on flirte par moments avec l’excellence – même si ce n’est pas le cas de l’ensemble de la série, mais j’y reviendrais. Quoi qu’il en soit, après un premier volume par le duo Warren Ellis et Bryan Hitch, prolongement logique de feu la défunte série Stormwatch et qui, de mon point de vu, est le point d’orgue du genre superhéroique de la fin des années 90, The Authority vit arrivé, a l’orée des années 2000, un nouveau duo d’auteurs, deux écossais qui firent depuis énormément parler d’eux, Mark Millar et Frank Quitely. Bon, pour le second, ce fut à mes yeux une très bonne nouvelle vu que je suis fan de ce dernier depuis la parution en France des New X-Men de Grant Morrison, par contre, pour le premier… Disons qu’au vu de ses dernières productions qui, pour la plupart, m’ont déçue, j’étais pour le moins perplexe de voir ce que le sieur Millar ferait de l’héritage de Warren Ellis. D’un autre coté, les critiques de cette seconde ère de The Authority étaient franchement excellentes, de plus, c’était un Millar encore jeune, a l’esprit plus rebelle, plus punk et qui n’était pas encore obnubilé par l’argent comme ces dernières années avec son MillarWorld, et, a la lecture de la chose, ou plutôt devrais-je dire de ce véritable pavé – presque 500 pages – il apparait grandement que le Millar de 2000 était oh combien plus jouissif que celui de 2023 ! Car oui, si The Authority, en changeant de scénariste, aura perdu en finisses narrative et en complexité – Millar n’est pas Ellis, amoureux des mots et rat de bibliothèque – il apparait grandement que, malgré une forme bien changeante, la qualité est toujours au rendez vous. Certes, l’ensemble est indéniablement plus bourrin, de même, tout ce qui était suggérer auparavant ne l’est plus, Millar y allant gaiement avec ses gros sabots ; ajoutons a cela une exagération scénaristique de tous les instants, des morts en pagaie, une sexualisation des personnages et un coté subversif du plus bel effet et l’on obtient un résultat parfois étonnant mais oh combien jouissif, particulièrement quand nos héros mettent de coté les menaces cosmiques pour s’en prendre aux véritables menaces qui planent sur le monde, je veux bien évidement parler des politiques, des banques, des médias, bref, de tous ceux qui dirigent le monde en maintenant le statu-quo. Quitely, aux dessins, assure avec brio et même s’il n’était pas encore au niveau de ces dernières années, son style, particulier, ravira ses amateurs. Et, justement, puisque j’aborde les dessins, nous touchons là l’un des principaux problèmes de The Authority : Quitely étant connu pour prendre son temps, celui-ci fut souvent remplacer en court de route, au point d’être carrément remplacé lors de certains arcs narratifs. Cela est fort dommageable car cela nuit énormément à l’ensemble, particulièrement lors de l’arc de Tom Peyer et Dustin N'Guyen, gros point faible de ce second album. Malgré cette grosse problématique des dessins, loin d’être a la hauteur par moments, The Authority par Millar est un digne successeur de celui de Warren Ellis, certes différent par la forme mais tout aussi bon. Certains préféreront la première mouture, d’autres la seconde, mais l’ensemble, lui, s’avère, encore aujourd’hui, indispensable comme je le disais en préambule de cette critique : un grand comics, l’un des meilleurs du genre a l’époque, et qui inspira tant d’œuvres par la suite que toutes les énumérées serait oh combien fastidieux…
 

Points Positifs
 :
- On pouvait craindre le départ de Warren Ellis et son remplacement par Mark Millar mais au vu du résultat final, il apparait grandement que malgré quelques changements de tons dans la série, malgré un coté moins intellectuel et plus bourrin, The Authority reste toujours aussi bon, ce qu’il perd en réflexion, il le gagne en subversivité.
- Avant, les membres de The Authority faisaient face, principalement, a des menaces cosmiques – même si on se doutait qu’ils influaient sur le monde – mais avec l’arrivée de Millar aux commandes, au vu de leurs immenses pouvoirs, ils décident de faire ce que les super-héros ne font jamais, c’est-à-dire, s’en prendre aux véritables problèmes de l’humanité, c’est-à-dire, aux dictateurs, aux puissants, a ceux qui dirigent la planète dans l’ombre. Un changement de ton radical mais oh combien jouissif !
- Frank Quitely aux dessins, c’est un pur régal pour les fans !
- Dialogues qui font mouche, sexualisation des personnages, violence omniprésente, ensemble plus radical, humour absurde, personnages pas toujours très nets dans leur tête… on se trouve a des années lumières des scénarios simplistes a la Marvel.
- Encore une fois, remercions bien bas les éditions Urban pour cette magnifique édition qui permet à ceux qui avaient ratés The Authority à l’époque de la découvrir.
- Vous en avez assez des Avengers, alors, vous serez aux anges en découvrant la parodie de leur équipe s’en prendre plein la tronche !
 
Points Négatifs :
- Frank Quitely n’assurant pas l’intégralité du travail artistique, la plupart de ses remplaçants s’avèrent être a des années lumières de ce que l’écossais nous propose. Ainsi, si le style de certains a terriblement vieillit de nos jours, pour d’autres, c’était carrément mauvais a l’époque, c’est pour dire !
- Tous les arcs narratifs ne se valent pas et, sincèrement, la partie où les membres de The Authority sont remplacés n’est pas la plus passionnante, bien au contraire.
- La censure de DC qui a particulièrement touché cette œuvre.
 
Ma note : 8/10

lundi 30 mai 2022

The Magic Order – Tome 1


The Magic Order – Tome 1
 
Eddie va se coucher tranquillement après avoir fait l'amour avec sa femme. Un soir comme un autre en somme ! Pourtant, deux étranges individus observent l'appartement sur le toit d'en face. L'un d'eux porte une baguette magique. Il sait que l'endroit où vit Eddie est protégé mais il y a toujours une solution. Il va manipuler l'enfant dans la chambre d'à côté pour qu'il fasse le travail à sa place. L'enfant est réveillé comme par enchantement. Il se dirige vers la cuisine et prend un long couteau. Alors que ses parents dorment, il assassine sans aucune pitié son père devant les yeux horrifiés de sa mère. Pendant ce temps, Cordelia Moonstone mène toujours une vie de fête, d'alcool, de sexe... et d'embrouilles ! Elle se retrouve dans une voiture de police sans même qu'elle se souvienne ce qu'elle a encore fait. Pas grave : elle se défait de ses menottes et sort de la voiture alors que les policiers sont encore en train de conduire ! Jonathan Moonstone, lui, est en plein spectacle de music-hall. Il finit par son tour préféré : il avale la balle qu'il reçoit d'une volontaire prise dans le public. Il discute dans les coulisses avec ses acolytes. Cette fois, la salle était plutôt bien remplie. Mais il va falloir faire d'autres soirées spéciales pour que le bouche à oreilles prenne. La conversation tourne court : le groupe apprend qu’Eddie a été assassiné ! Toute la famille et les membres de l'ordre vont se revoir pour la cérémonie de la baguette brisée. L'heure de régler ses comptes ?
 

The Magic Order – Tome 1
Scénario : Mark Millar
Dessins : Olivier Coipel
Encrage : Olivier Coipel
Couleurs : Dave Stewart
Couverture : Olivier Coipel
Genre : Fantastique, Esotérique
Editeur : Netflix
Titre en vo : The Magic Order – vol 1
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 23 avril 2019
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 02 mai 2019
Nombre de pages : 176
 
Liste des épisodes
The Magic Order 1-6
 
Mon avis :
 Il ne faut pas se mentir, Mark Millar est un auteur pour le moins clivant parmi les scénaristes de comics, car bon, comment dire… si nombreux sont ceux qui lui reconnaissent un indéniable talent de créateur, particulièrement au tournant des années 2000, avec sa création des Ultimates – l’équivalent des Avengers dans l’univers Ultimate de chez Marvel – et que quelques unes de ses créations méritent le détour, depuis quelques années, force est de constater que le bougre a de plus en plus tendance a nous pondre de nouveaux comics qui semblent uniquement destinés a être adaptés soit au cinéma, soit a en tant que séries. Du coup, si certaines de ses œuvres méritent le détour, comme les débuts de Jupiter's Legacy, je serais bien moins enthousiaste vis-à-vis de la plupart des autres. Mais bon, Millar a décidément plus d’un lapin dans son chapeau – c’est le cas de le dire, justement – et, alors que je n’attendais plus grand-chose de véritablement exceptionnel de sa part, voilà qu’il nous revient avec un certain The Magic Order, premier comics publié par… Netflix – eh oui, ce n’est pas une blague – qui vient tout juste de racheter son label MillarWorld et qui s’avère être – malgré le fait que l’on avait compris d’entrée de jeu que ce nouveau comics était avant toute chose destiné à être adapter en tant que série – une véritable… réussite ! Une surprise ?! Pour les inconditionnels de Millar, pas vraiment, pour ses détracteurs, dont je fais parti, oui ! En effet, The Magic Order, sans atteindre l’excellence – il ne faut pas exagérer non plus – s’avère être un bon, que dis-je, un excellent concept : imaginez donc un ordre de magiciens qui, depuis des milliers d’années, agiraient en secret afin de protéger l’humanité de créatures Lovecraftiennes. Ajoutez à cela un combat a mort entre deux factions rivales, quelques personnages plutôt charismatiques et qui marquent les esprits, de la vengeance, des drames et un déferlement de pouvoirs magiques tous plus spectaculaires les uns que les autres et l’on obtient, indéniablement, un formidable divertissement qui, bien évidement, nous fera passer un bon moment. Bien entendu, l’une des grandes réussites de ce The Magic Order est sa partie graphique où l’on retrouve un Olivier Coipel plus en forme que jamais et qui transcende – en dehors de quelques cases où il ne peut s’empêcher de faire poser ses personnages – totalement un comics qui lui doit beaucoup ; les fans du français le retrouveront donc avec plaisir, indéniablement… Mais alors, The Magic Order est-il une réussite totale ? Franchement, autant j’ai été fort agréablement surpris par ce comic, autant ce dernier m’aura réconcilié en partie avec Mark Millar, autant j’ai passé un très bon moment de lecture, autant les dessins de Coipel m’auront enchanté mais… mais, autant je n’aurais pas été dupe : c’est bon, très bon même mais nous sommes dans le grand spectacle avant toute autre chose et le scénario, finalement prévisible et assez convenu, nous rappelle que nous sommes a mille lieux d’un Alan Moore ou d’un Grant Morrison ; mais bon, un peu de légèreté, cela ne fait pas de mal, surtout lorsque la qualité est au rendez vous…
 

Points Positifs
 :
- Une excellente surprise que ce The Magic Order ! Il faut dire que je n’en n’attendais pas monts et merveilles, or, à la lecture de celui-ci, j’ai été plus qu’emballer par cette histoire de magiciens qui protègent l’humanité en secret depuis des milliers d’années et qui se voient assassinés, les uns après les autres, par une faction rivale.
- La partie graphique, bien entendu ! Il faut dire que, ici, Olivier Coipel, artiste fort talentueux, est au sommet de son art et que le résultat est un véritable régal pour les yeux.
- Scénaristiquement, ce n’est pas prise de tête pour un sou, cela s’avère être un formidable divertissement qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière page – et qui vous surprendra de par quelques révélations pour le moins inattendues.
- Des personnages assez charismatiques et qui marquent les esprits.
- Un déferlement de pouvoirs magiques pour le moins spectaculaire, surtout que certains sortilèges sont pour le moins originaux.
 
Points Négatifs :
- Un scénario qui, Millar oblige, privilège la forme plutôt que le fond. Il faut dire que le tout, aussi bon soit-il, reste trop marqué grand spectacle et que l’on n’est pas vraiment amené à réfléchir à la lecture de ce The Magic Order.
- Dommage que, en quelques occasions, Olivier Coipel se soit sentit obliger de faire poser ses personnages dans des postures un peu trop superhéroique qui apparaissent franchement datées…
 
Ma note : 7,5/10

jeudi 19 mai 2022

Jupiter's Circle


Jupiter's Circle
 
Accoudé au comptoir d'un restaurant, un client hésitant se fait conseiller la carte par une serveuse attentionnée, quand soudain la terre se met à trembler. Se précipitant à l’extérieur, ils découvrent étendu au milieu de gravats un héros masqué qui peine à se relever. Il s'agit du célèbre Blue-Bolt, membre éminent de la fameuse équipe de super-héros baptisée Jupiter's Circle. Tout en récupérant sa torche de puissance retrouvée non loin par un gamin assurément fan du justicier, le héros leur conseille d'évacuer le plus rapidement possible vers le nord afin d'échapper à la créature qu'il est en train de combattre. Cette dernière a la terrible capacité de prendre le contrôle mental des personnes passant à proximité... En un rien de temps, il s’élève dans le ciel, bien décidé à remporter un combat qui semble déjà épique. Assis au bord d'un lit, un homme allume une cigarette tout en discutant avec son amant allongé lascivement dans son dos. Leur rencontre semble récente et le fait d'un ami en commun. Tout en se rapprochant, il lui adresse un tendre baiser dans le cou et l'interroge sur le domaine dans lequel il travaille. Perdu dans ses pensées, il n'ose répondre...
 

Jupiter's Circle
Scénario : Mark Millar
Dessins : Wilfredo Torres, Davide Gianfelice, Chris Sprouse, Rich Burchett, Karl Story, Ty Templeton
Encrage : Wilfredo Torres, Davide Gianfelice, Chris Sprouse, Rich Burchett, Karl Story, Ty Templeton, Francesco Mortarino, Walden Wong
Couleurs : Ive Svorcina, Miroslav Mrva
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Jupiter's Circle
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 20 octobre 2015
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 10 juillet 2019
Nombre de pages : 296
 
Liste des épisodes
Jupiter's Circle 1-12
 
Mon avis :
 Mark Millar est, indéniablement, un des auteurs de comics parmi les plus prolifiques de ces dernières années, multipliant les séries et, accessoirement, les genres puisque le scénariste ne se limite pas uniquement au genre superhéroique. Pourtant, si certaines œuvres méritent bel et bien le détour, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas et que certaines des créations de l’écossais sont loin d’être des réussites… Ainsi, dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il faut savoir, avant toute chose, que ce Jupiter’s Circle est la préquelle d’un certain Jupiter’s Legacy, mini-série dont j’avais eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pensais de sa première partie. Hélas, la seconde qui, apparemment, concluait la saga, avait été loin d’être à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre de cette dernière, ce qui m’avait laisser sur une impression plutôt mitigée vis-à-vis de l’ensemble, d’où, forcément, une certaine méfiance à l’encontre de ce Jupiter’s Circle qui, d’entrée de jeu, partait avec un sacré désavantage vis-à-vis de sa devancière, je veux bien évidement parler de l’absence, aux dessins, de Frank Quitely… Pourtant, malgré une partie graphique sur laquelle il y aurait énormément à redire – on alterne entre le moyen et le franchement bof – il apparait, au final, que Jupiter’s Circle est bien plus intéressant et réussi qu’on aurait put le penser de prime abord ; au point même que l’on puisse qualifier cette mini-série comme faisant partie des réussites du sieur Millar ? Ma foi, nous sommes loin du chef d’œuvre mais il serait néanmoins dommage de passer à coté d’un comics qui, fort habilement, revient sur le passé de la première génération de héros de Jupiter’s Legacy, cette espèce d’équipe fortement inspiré de la JLA et où Millar s’en donne à cœur joie en nous livrant sa version de ces héros de l’âge d’or, de ces hommes et femmes surhumains de par leurs pouvoirs mais oh combien humains de par leurs défauts – ainsi, dans Jupiter’s Cercle, les super héros ont des relations homosexuelles a une époque où cela était interdit, trompent leurs femmes, jalousent leurs coéquipiers, se demandent s’ils doivent protéger le statu-quo ou soutenir les revendications de la jeunesse et passent leur temps à discuter avec la clope au coin des lèvres… L’ensemble est terriblement efficace, à défaut, bien entendu, d’être franchement original, cependant, Millar étant suffisamment malin et doué, l’auteur réussit à maintenir notre intérêt tout au long des douze épisodes qui composent cette mini-série. Bref, Jupiter’s Circle n’est certes pas un chef d’œuvre, loin de là, mais pour son coté résolument rétro et moderne à la fois – de par ses thématiques – il mérite le détour, surtout si vous êtes fans de super-héros à l’ancienne mais qui seraient loin d’être aussi lisses que l’image qu’ils donnent au grand public… un peu, finalement, comme toutes ces figures publiques l’étaient au tournant des années 50/60…
 

Points Positifs
 :
- Une vision pour le moins intéressante de ces super-héros qui, malgré les apparences, trompent leurs femmes, ont des relations homosexuelles, jalousent leurs coéquipiers, sont loin d’être heureux dans leur vie personnelle, se posent des questions sur ce que devraient être leur rôles a une époque de grands bouleversements sociétaux, bref, des surhommes terriblement humains de par leurs faiblesses...
- L’ambiance très puritaine de l’époque est parfaitement retranscrite ici, de même que toute l’hypocrisie qui en découlait. Ajoutons à cela quelques figures historiques qui font leur apparition dans ces pages et on a droit à un beau voyage vers la fin des années 50.
- Ce n’est jamais évidant de réussir une préquelle, surtout que Jupiter’s Legacy avait eu, dans l’ensemble, de bonnes critiques, cependant, il est évidant que Mark Millar à parfaitement réussit son pari.
- Une fort belle couverture de Frank Quitely.
 
Points Négatifs :
- Nombreux sont les dessinateurs qui officient sur ce Jupiter’s Circle et, en toute sincérité, je n’ai accroché a aucun d’entre eux. Enfin, disons que certains livrent une prestation que l’on peut qualifier de correcte mais sans plus tandis que d’autres sont franchement bof pour ne pas dire moyens…
- Dommage qu’on n’en ait pas appris davantage sur les origines des pouvoirs de nos héros. Finalement, on en restera avec les quelques bribes d’explications glanées dans Jupiter’s Legacy.
 
Ma note : 7,5/10

mercredi 11 mai 2022

Jupiter's Legacy – Soulèvement


Jupiter's Legacy – Soulèvement
 
En 1991, à Sante Fe, Hutch, alors enfant, rencontre son père : Skyfox, le plus grand vilain de son époque. Juste avant de combattre une armée de super héros, il fabrique à son fils une lampe magique. De retour en 2020, Hutch tente de faire évader d’un fourgon blindé, Tornado. Manque de chance, sa lampe tombe en panne. Après une course poursuite dans un centre commercial, il réussit à trouver des piles, et à terrasser les gardes. Au sud-est de la chine, Chloé recrute neutrino. Car voilà, le plan que Chloé, Hutch et Jason mettent en place : recruter d’anciens supers vilains pour attaquer la prison où sont détenus tout les autres supers héros, et attaquer Brandon, Walter, et ainsi reprendre le pouvoir. Mais pour contrer les pouvoirs télépathiques de Walter, il faut d’abord délivrer Repro ; ce qui n’est pas une mince affaire, puisque celui est détenu à Dubaï sous la protection de Raikou, super héroïne de premier plan. Grace à une attaque bien planifiée, ils arrivent à délivrer Repro, qui en profite pour voler les pouvoirs de Raikou. Pendant ce temps, à Detroit, Brandon et Walter présentent une nouvelle technologie de leur crue qui va relancer l’économie. Malheureusement cette présentation est interrompue par un attentat. Fou de rage, Brandon décide d’attaquer la chine contre l’avis de son oncle. Jason, lui, découvre que son grand père, le père de Hutch est en vie.
 

Jupiter's Legacy – Soulèvement
Scénario : Mark Millar
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Sunny Gho
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Jupiter's Legacy – Volume 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 05 septembre 2017
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 04 avril 2018
Nombre de pages : 128
 
Liste des épisodes
Jupiter's Legacy 2 1-5
 
Mon avis :
 Il y a de cela quelques jours, je vous avais parler du premier volet de Jupiter’s Legacy, œuvre de Mark Millar au scénario et du magnifique Frank Quitely aux dessins et qui, sans être d’une grande originalité, il faut le reconnaitre – après tout, des problèmes intergénérationnel entre super-héros et des prises de pouvoirs par ces derniers, ce n’est pas nouveau – avait suffisamment réussi a tirer son épingle du jeu pour que, a mes yeux, cet album se soit avérée être une bonne surprise. Forcément, j’avais hâte de découvrir la suite, de connaitre le fin mot de l’histoire et de savoir comment la petite famille composée de Chloé, Hutch et Jason allaient faire pour renverser la tendance et en finir avec la dictature mondiale établie par les super-héros. Hélas, à mon grand désarroi, on ne peut pas vraiment dire que cette suite soit du même niveau… au point même que l’on puisse parler de déception ? Non, pire, de grosse déception ! En effet, si le premier volet de Jupiter’s Legacy avait sut éveiller mon intention de par ses propos politiques, ses conflits entre les générations et, bien entendu, son vibrant hommage aux super-héros, toutes périodes confondues, il est clair que, scénaristiquement, cette suite est largement moins réussie. Certes, Mark Millar n’a jamais été connu pour sa finesse, c’est un fait, pourtant, de temps en temps, le bougre réussi a nous pondre des œuvres coup de poing qui marquent les esprits : c’était le cas dans le premier volet de Jupiter’s Legacy, ce n’est absolument pas le cas dans cette suite qui se contente, principalement, de nous montrer comment la famille de Chloé cherche a convaincre et a engager tout un tas d’anciens criminels afin de former une super-équipe. Certes, l’idée, a défaut d’être génial, n’est pas mauvaise, surtout que le début, où ils font face a la charismatique Raikou et franchement réussie. Le problème, c’est que, quelque part, ce second volume aurait gagné à se contenter de cela, c’est-à-dire, à nous montrer comment Chloé et compagnie auraient formé leur équipe, laissant l’affrontement final pour une éventuelle suite où Millar aurait put prendre son temps pour la rendre plus mémorable. Car cet affrontement, vous l’avez compris, a lieu dans ce même second volume et, du coup, si vous vous attendiez à en prendre plein la vue, ce ne sera absolument pas le cas : les combats sont légions et poussifs, des personnages majeurs perdent la vie bêtement et sans que cela marque les esprits, quant a l’affrontement que tout le monde attendait, c’est-à-dire, celui entre Brandon et Chloé, on n’y assiste même pas sous prétexte qu’il a lieu sur… Mars – si ce n’est pas se moquer du monde !? Ajoutons a cela la monumentale déception que fut l’introduction de Skyfox, personnage majeur et sous-utilisé, sans parler de sa mort ridicule, et vous comprendrez a quel point, une fois parvenu a la dernière page de ce second volet de Jupiter’s Legacy, le sentiment que je ressentais était même au-delà de la déception… la colère ? Oui, c’est un peu cela. Et dire qu’il y a une suite qui existe ! Pour raconter quoi, a quoi bon ? Sincèrement, je suis dubitatif…
 

Points Positifs
 :
- La première partie de ce second tome de Jupiter’s Legacy est plutôt bonne et on suit avec intérêt Chloé et sa famille qui font le tour du monde pour former une équipe qui sera composée d’anciens super-vilains et qui sera destiner à faire tomber la dictature imposée par les super-héros.
- L’affrontement contre Raikou et le gros moment de cet album. Il faut dire que le personnage est plutôt charismatique et tellement puissant que le combat, difficile, marque les esprits.
- L’introduction de Skyfox, le père de Hutch, soit disant super-vilain mais individu complexe et fort intéressant, surtout dans ses propos et son passé.
- Les dessins de Frank Quitely, à la hauteur, bien entendu, de ce que celui-ci nous a habitués depuis des années.
 
Points Négatifs :
- Si le premier volet de Jupiter's Legacy brillait par son scénario fort intéressant et par ses thématiques alléchantes – problèmes de générations, rôle des super-héros dans les affaires du monde – il est clair que celui de cette suite est plusieurs tons en dessous et se contente de, dans les grandes lignes, nous montrer des combats, des combats et encore des combats.
- Un ensemble bancal : ainsi, on passe pas mal de temps a suivre la mise en place de l’équipe d’anciens super-vilains et le final, c’est-à-dire, l’affrontement contre les troupes de Walter et compagnie, est expédié trop rapidement.
- On retrouve un Mark Millar des mauvais jours avec un scénario qui sent le déjà-vu et qui n’est pas d’une grande finesse…
- Skyfox avait l’air tellement puissant et il meurt bêtement, bruler vif par Walter.
- L’ultime combat, celui que l’on attendait tous, entre les enfants d’Utopian, on ne le voit même pas, ce qui, sincèrement, est ridicule en plus d’être frustrant !
- Pas vraiment fan de la couverture mais ce n’est pas le pire.
 
Ma note : 6,5/10