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mercredi 3 août 2022

Barry Lyndon


Barry Lyndon
 
Au XVIIIe siècle, en Irlande, dans les années 1750, le père de Redmond Barry est tué en duel pour une querelle au sujet de l'achat d'un cheval. Sa veuve, Belle, dédaigne toutes les offres de mariage pour se consacrer à l'éducation de son fils unique. Barry tombe amoureux de sa cousine Nora, laquelle le séduit. Mais quand John Quin, un riche capitaine anglais, lui fait la cour, sa cousine délaisse Barry qui n'a pas d'argent. La perspective d'un mariage entre leur sœur et un officier fortuné n'échappe pas aux frères de Nora. Barry, lui, refuse la situation et provoque Quin en duel. Il croit avoir tué son rival et, pressé par les frères de Nora, prend la route de Dublin pour se faire oublier quelque temps. N'ayant jamais voyagé, il tombe dans une embuscade tendue par un bandit de grand chemin, le Capitaine Feeney, qui lui prend son cheval, son argent et tout son équipement. Brisé et sans le sou, il s'engage dans l'armée britannique comme simple soldat. Il est rejoint dans son régiment par un ami de la famille, le capitaine Grogan qui l'informe qu'il n'a pas tué Quin, son pistolet étant chargé d'une inoffensive balle d'étoupe. Le duel a été truqué pour forcer Barry à s'éloigner afin que sa cousine puisse se marier avec Quin et éponger les dettes de la famille. Pour prix de son silence, Grogan a reçu de la famille de Nora une forte somme d'argent, qu'il s'offre à partager avec Barry. Le régiment de Barry est envoyé combattre les Français sur le continent. Nous sommes au début de la guerre de Sept Ans et l'Angleterre est alors alliée à la Prusse, qui affronte la France, la Suède, la Russie et l'Autriche.
 

Barry Lyndon
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick d'après l’œuvre de William Makepeace Thackeray
Musique : Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse, Seán Ó Riada
Production : Peregrine, Hawk Films, Warner Bros
Genre : Historique
Titre en vo : Barry Lyndon
Pays d’origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 18 décembre 1975
Langue d'origine : Anglais, Français, Allemand
Durée : 185 min

Casting :
Ryan O'Neal : Barry Lyndon, né Redmond Barry
Marisa Berenson : la comtesse de Lyndon
Leon Vitali : lord Bullingdon
Dominic Savage : lord Bullingdon enfant
Patrick Magee : le chevalier de Balibari
Hardy Krüger : le capitaine Potzdorf
Marie Kean : Belle, la mère de Barry
Murray Melvin : le révérend Samuel Runt
David Morley : Bryan Patrick Lyndon
Steven Berkoff : lord Ludd
Gay Hamilton : Nora Brady
Diana Körner : Lischen
Frank Middlemass : Sir Charles Reginald Lyndon, chevalier de l'ordre du Bain
André Morell : lord Gustavus Adolphus Wendover
Arthur O'Sullivan : le capitaine Feeny
Billy Boyle : Seamus Feeny
Godfrey Quigley : le capitaine Grogan
Leonard Rossiter : le capitaine John Quinn
Philip Stone : Graham, le secrétaire de la comtesse de Lyndon
Peter Cellier : sir Richard
Geoffrey Chater : le docteur Broughton
Roger Booth : George III
Anthony Sharp : lord Hallam
Ferdy Mayne : le colonel Bulow
Wolf Kahler : le prince de Tübingen
Frederick Schiller : Herr Von Potzdorf, le ministre de la police
Liam Redmond : le père de Nora
Pat Laffan : Ulick, un frère de Nora
Patrick Dawson : Mick, un frère de Nora
John Bindon : le sergent recruteur
Pat Roach : Toole, le soldat lors du combat à mains nues
Jonathan Cecil : le lieutenant Jonathan Fakenham
John Sharp : Doolan
Hans Meyer : Joseph, l'officier prussien
George Sewell : le second de Barry Lyndon au duel final
Barry Jackson : le second de Barry Lyndon au duel final
John Sullivan : le second de lord Bullingdon au duel final
Norman Gay : le tailleur
Roy Spencer : le vendeur de chevaux
Harry Towb : l'aubergiste
Michael Hordern : le narrateur
Norman Mitchell : le soldat britannique organisant le combat entre Barry et Toole
 
Mon avis :
 On ne va pas se mentir, au fil de sa longue et fructueuse carrière, le grand Stanley Kubrick, probablement un des plus grands réalisateurs du vingtième siècle – pour ne pas dire de l’Histoire du Septième Art tout court – nous aura offert une filmographie qui, dans les grandes lignes, aura osciller entre les très bons films et les chefs d’œuvres absolus. Bien entendu, certains me diront que tout cela n’est qu’une affaire de ressentit et que d’autres réalisateurs ont fait aussi bien que Kubrick, ce qui, ma foi, est plutôt exact. Cependant, reconnaitre que celui-ci est un des plus grands n’est nullement une exagération, bien au contraire ! Curieusement, depuis que ce blog existe, je n’ai eu l’occasion de vous parler que de deux longs métrages du maitre : Les Sentiers de la Gloire et Shining, ce qui, ma foi, est plutôt incroyable au vu des films du réalisateur qui se devraient d’avoir leur place par ici. C’est donc afin de commencer à réparer cette belle faute de gout que, aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui est, sans aucun doute, un des plus beaux fleurons de Stanley Kubrick, un certain… Barry Lyndon ! Bon, ici, les choses apparaissent d’entrée de jeu assez simple : considéré depuis sa sortie, en 1975, comme étant un chef d’œuvre du Septième Art, Barry Lyndon qui, curieusement, ne connut pas un grand succès au prêt du grand public anglo-saxon est, définitivement, un film superbe que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie. Naturellement, on pourrait dire cela de toutes les productions du sieur Kubrick, cependant, dans le cas présent, comment ne pas reconnaitre que Barry Lyndon est, probablement, une des plus belles réalisations du maitre ? Tout d’abord, en raison de la photographie de ce film qui reste encore, malgré presque cinq décennies écoulées, de toute beauté : utilisant uniquement la lumière du jour et celle des bougies pour les scènes en intérieur, Stanley Kubrick nous prouve ici qu’il n’était pas qu’un simple réalisateur et que sa vision de l’image n’était pas anodine. De plus, tout au long des trois heures que dure Barry Lyndon, comment ne pas s’extasier devant ces très nombreuses scènes qui nous rappellent les tableaux de l’époque, les cadrages audacieux proposés ici ajoutant à cette impression que l’on ne peut qualifier que d’enchanteresse. Mais ce film, naturellement, n’est pas là uniquement que pour le plaisir de nos yeux puisque nos oreilles vont être servies, tout au long de celui-ci, par de multiples compositions du XVIIIe siècle : somptueuses, bien entendu, celle-ci renforcent l’impression générale positive que l’on peut avoir de cette œuvre décidément peu commune où l’a presque l’impression, par moments, d’avoir effectué un voyage dans le temps tellement la reconstitution historique est crédible ! Ajoutons à cela des protagonistes auxquels il est certes difficile de s’attacher – par de héros ici, et encore moins Barry – mais qui n’en restent pas moins diablement charismatiques malgré leurs défauts et une intrigue qui oscille entre espoirs et mélancolie et dont la conclusion, désabusée, est tout simplement parfaite et vous comprendrez à quel point ce film mérite bel et bien les très nombreux louanges qu’il a eu depuis sa sortie. Génial mais probablement trop complexe pour le grand public, Barry Lyndon est une œuvre comme on n’en fait plus et confirme tout le génie d’un réalisateur alors au fait de sa créativité. Bien entendu, avec le temps qui est passé depuis, il ne plaira pas à tout le monde – déjà à l’époque – mais bon, si vous prétendez aimer le cinéma, il serait dommage de passer à coté d’une telle merveille !
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des meilleurs films de Stanley Kubrick et, dans un sens plus large, un des chefs d’œuvres cinématographique du vingtième siècle. Surprenant dans sa conception, magnifique visuellement, Barry Lyndon est une œuvre empreinte d’une poésie rare que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie !
- C’est visuellement que Barry Lyndon marque le plus les esprits : pour ses nombreuses scènes qui nous renvoient a la peinture du XVIIIe siècle mais aussi, pour l’utilisation pour le moins osée et géniale de la lumière du jour et de celle des bougies.
- Peu de protagonistes vraiment sympathiques et auxquels on a envie de s’attacher, cependant, ces derniers, assez nombreux au demeurant, n’en marquent pas moins les esprits et sont franchement charismatiques. Les parfaits représentants de ces hommes et femmes de l’époque…
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est de qualité et l’on retiendra, naturellement, la performance de Ryan O'Neal dans le rôle de ce jeune paysan irlandais qui n’a qu’un but dans la vie : accéder a la richesse et a la reconnaissance de ses pairs et qui, pour cela, est prêt à tout !
- Un scénario particulier, qui nous montre le destin d’un homme du commun prêt a tout pour réussir et qui finira, naturellement, par échouer, mais qui n’en reste pas moins terriblement réussi et captivant, ce, malgré ses trois heures…
- Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse et Seán Ó Riada. Musicalement, il est difficile de faire mieux !
- Peut-être la meilleure reconstitution historique du XVIIIe siècle qu’il m’a été donné de voir !

Points Négatifs :
- On ne va pas se mentir, Barry Lyndon n’est pas un film qui plaira a tout le monde et si, en 1975, celui-ci avait déjà ses détracteurs, je ne vois pas comment le grand public moderne peut accrocher à une œuvre aussi spéciale dans sa conception. C’est dommage mais c’est ainsi…
- L’impression que, malgré les trois heures que dure ce film, il y avait de quoi faire plus et que le scénario aurait gagné, peut-être, a être davantage développé par moments.

Ma note : 8,5/10

mardi 21 décembre 2021

Shining


Shining
 
Écrivain, Jack Torrance est engagé comme gardien, pendant tout l’hiver, d’un grand hôtel isolé du Colorado – l’Overlook – où il espère surmonter enfin sa panne d’inspiration. Il s’y installe avec sa femme Wendy et son fils Danny, doté d’un don de médium. Tandis que Jack n’avance pas dans son livre et que son fils est de plus en plus hanté par des visions terrifiantes, il découvre les terribles secrets de l’hôtel et bascule peu à peu dans une forme de folie meurtrière où il s’en prend à sa propre famille.
 

Shining
Réalisation : Stanley Kubrick, W. Cook
Scénario : Stanley Kubrick et Diane Johnson, d'après le roman Shining de Stephen King
Musique : Wendy Carlos, d'après La Symphonie Fantastique de Berlioz, Rachel Elkind, György Ligeti, Bela Bartok, Krzysztof Penderecki
Production : Hawk Films, Peregrine
Genre : Horreur
Titre en vo : The Shining
Pays d'origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 23 mai 1980
Durée : 119 mn

Casting :
Jack Nicholson : Jack Torrance
Shelley Duvall : Winifred « Wendy » Torrance
Danny Lloyd : Danny Torrance
Lisa et Louise Burns : Les jumelles Grady
Scatman Crothers : Dick Hallorann
Barry Nelson : Stuart Ullman
Philip Stone : Delbert Grady
Joe Turkel : Lloyd
Tony Burton : Larry Durkin
Lia Beldam : la jeune femme nue dans la baignoire
Billie Gibson : la vieille femme nue dans la baignoire
David Baxt : un garde-forestier
Manning Redwood : un garde-forestier
Norman Gay : L'invité en sang
Barry Dennen : Watson
Brian Towns : L'homme en smoking dans la chambre avec l'ours
 
Mon avis :
 Aujourd’hui, je vais m’attaquer à une œuvre culte du cinéma horrifique nord-américain, un film qui aura marqué son époque et qui n’a rien perdu de son intensité plus de quatre décennies après sa sortie, je veux, bien entendu, parler du fameux Shining. Œuvre du génialissime réalisateur que fut Stanley Kubrick, inspiré du roman du non moins exceptionnel Stephen King, Shining fait partit, indéniablement, de ces films cultes que tout amateur de cinéma se doit d’avoir vu au moins une fois dans sa vie. D’ailleurs, sur ce point, pour ma part, ce fut une très bonne chose puisque, en 46 ans d’existence, ce ne fut que la seconde fois que j’ai eu l’occasion de voir ce film et comme la toute première fois, je devais avoir, sensiblement, dix ans, je vous laisse imaginer a quel point le visionnage de ce long métrage était presque comme une première… Cependant, c’était loin d’être le cas, ce, pour deux raisons : déjà, le film en lui-même est archi-connu, du moins, pour ce qui est de son synopsis et de ses scènes les plus marquantes, ensuite, il y a le fait que j’ai lu le roman de Stephen King, l’œuvre originale donc, et que, par la force des choses, j’étais en terrain plus que familier lorsque je me suis lancer dans le visionnage de ce Shining… Et donc, quid du résultat, Shining est-il, à mes yeux, le chef d’œuvre absolu comme l’affirment bien des critiques ? Eh bien en fait, non. Certes, dit comme cela, une telle affirmation peut choquer, j’en conviens, cependant, si je ne nie absolument pas que ce film possède une mise en scène tout simplement parfaite et qui use habilement de nombreux plans séquences qui frôlent avec la perfection et de mises en abimes fort inventives, de même, si la performance de Jack Nicholson est, effectivement, tout simplement ébouriffante – je ne connais aucun autre acteur capable d’être aussi crédible lorsqu’il interprète un fou – et si, effectivement, les scènes cultes le sont bel et bien, lorsque je fais la comparaison avec le roman, quand je constate la plupart des différences avec celui-ci, certaines étant discutables, franchement, j’ai un peu de mal a trouver que cette adaptation soit un véritable chef d’œuvre. Un bon film ? C’est un fait ! Un chef d’œuvre ? Non, n’allons pas jusque là et lisez donc un peu le roman de Stephen King pour que vous soyez convaincu. Un classique du genre à voir ? Là, oui, on est d’accord…
 

Points Positifs
 :
- Un classique absolu du cinéma horrifique qui est, bien évidement, un incontournable du septième art qui ne pourra que ravir les amateurs du genre. Certes, ce n’est pas un chef d’œuvre absolu comme certains peuvent l’affirmer mais cela reste un film à voir, ne serais-ce que pour sa culture personnel.
- La mise en scène de Stanley Kubrick est, tout simplement, époustouflante : plans séquences, mise en abime, cadrages originaux, c’est du grand art, quand a l’ambiance oppressante qui se dégage de l’ensemble, elle est pour beaucoup pour la réussite de ce film.
- La performance de Jack Nicholson est parfaite et l’acteur nous prouve, ici, une fois de plus, qu’il est le meilleur pour interpréter des individus qui ne sont pas tous seuls dans leurs têtes.
- Un casting bon dans l’ensemble et je tenais à saluer la performance de Shelley Duvall qui est trop souvent oubliée…
- Même s’il y énormément de différences avec le roman original de Stephen King, Shining reste une adaptation plus que convenable.

Points Négatifs :
- Si l’on doit faire une comparaison entre le film et le roman, il est évident que ce dernier lui est quasiment supérieur à tous les niveaux. D’ailleurs, non seulement il se passe beaucoup plus de choses dans celui-ci mais, en plus, le basculement du protagoniste principal dans la folie y apparait comme étant plus logique.
- De trop nombreuses différences entre le roman et son adaptation, ce, au détriment de cette dernière et si certaines peuvent se comprendre, d’autres sont nettement plus discutables – quid, donc, de l’alcoolisme de Jack Torrance !?
- La version européenne a, sensiblement, 25 minutes de moins que l’originale, du coup, je pense que l’on y perd beaucoup en compréhension, ce qui est dommage.

Ma note : 7,5/10

mercredi 11 novembre 2020

Les Sentiers de la Gloire


Les Sentiers de la Gloire
 
En 1916, la guerre de tranchées s'est enlisée. En faisant miroiter un avancement, le général de division Broulard incite le général de brigade Mireau à lancer un de ses régiments à l'assaut d'une position allemande très solide, la cote 1102, sans renforts ni préparatifs, et avec peu de préparation d'artillerie. Le régiment du colonel Dax, est repoussé par le feu ennemi au prix de lourdes pertes et doit se replier. Observant la scène et s'apercevant qu'une partie des hommes n'a pas quitté la tranchée, le général Mireau enrage et ordonne de faire tirer au canon sur ses propres positions pour les forcer à attaquer. Son ordre, oral, est rejeté par son officier d'artillerie. Devant ce rejet, le général Mireau traduit le régiment en conseil de guerre pour « lâcheté », souhaitant qu'une centaine des soldats soient fusillés. Le colonel Dax repousse cette initiative qu'il juge révoltante. Finalement, le général Broulard pousse au compromis : seuls trois hommes, un par compagnie, seront jugés.
 

Les Sentiers de la Gloire
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick, Calder Willingham et Jim Thompson, d'après le roman de Humphrey Cobb paru en 1935
Musique : Gerald Fried
Production : United Artists
Genre : Guerre
Titre en vo : Paths of Glory
Pays d'origine : Etats-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 18 septembre 1957
Durée : 88 mn
 
Casting :
Kirk Douglas : le Colonel Dax
George Macready : le Général Paul Mireau
Ralph Meeker : le Caporal Philippe Paris
Timothy Carey : le soldat Maurice Férol
Joe Turkel : le soldat Pierre Arnaud
Adolphe Menjou : le Général Georges Broulard
Wayne Morris : le Lieutenant Roget
Peter Capell : le président de la cour martiale
Richard Anderson : Major Saint-Auban
Emile Meyer : l'aumônier
John Stein : le Capitaine Rousseau
Harold Benedict : le Capitaine Nicolas
Bert Freed : le Sergent chef de section
Kem Dibbs : le soldat Lejeune
Fred Bell : le soldat atteint d'obusite dans la tranchée
Halden Hanson : le médecin militaire et un soldat
Jerry Hausner : l'animateur du cabaret
Christiane Kubrick : la chanteuse allemande
 
Mon avis :
 Si les films sur la Seconde Guerre Mondiale abondent depuis même avant la fin de celle-ci, ceux sur la Première, curieusement, sont bien moins nombreux, et, malgré le centenaire de 14-18, il semble que les choses n’aient guère évoluées, loin de là. Du coup, le matériel existant, s’il reste plutôt de qualité, pèche par sa pauvreté en nombre. Fort heureusement, il existe certains chef d’œuvres, que ce soit La Grande Illusion, Johnny s'en va-t-en Guerre et, justement, Les Sentiers de la Gloire, long métrage qui nous préoccupe aujourd’hui. Et justement, comme nous sommes le 11 novembre, date de l’armistice de la Guerre de 14-18 et que le hasard, sur ce coup, n’y est absolument pour rien, je me suis dit que l’occasion était parfaite pour revoir ce qui est tout bonnement un des plus grands films de guerre de tous les temps, le paradoxe étant, bien entendu, que pour un film de guerre, le propos de l’œuvre de Kubrick est franchement antimilitariste, et pas qu’un peu ! Mais bon, tout le monde connait le postulat de départ des Sentiers de la Gloire, c’est-à-dire, ces procès et ces exécutions pour l’exemple qui ont fleurie au sein de l’armée française (principalement) au cours de la Grande Guerre, des procès souvent injustes et qui firent couler beaucoup d’encore au sein de la société française jusqu’à il y a quelques années encore. Par ailleurs, si l’on ajoute à cela la mise en évidence dans le film de l’incompétence des officiers d’état major et le peu de valeur que ces derniers estimaient de la vie de leurs hommes et l’on comprendra que Les Sentiers de la Gloire ait longtemps été interdit sous nos vertes contrées – presque vingt ans tout de même ! Mais en dehors de ce coté sulfureux et polémique qui nous montre bel et bien que seul la vérité dérange, le film de Kubrick est, avant toute chose, une excellente, que dis-je, une œuvre magnifique : démontrant comme rarement tout ce que peut représenter l’absurdité de la guerre – et l’on sait fort bien que coté absurde, 14-18 occupe largement la première place – et, principalement, comme je l’ai dit, le mépris pour le simple soldat de ces hauts-officiers complètement déconnectés des réalités du terrain – la aussi, jamais aucun autre conflit que 14-18 ne représente mieux cela – et qui vivaient dans des beaux salons, courtisaient des dames de la haute et ne songeaient qu’a leurs promotions tandis que les soldats (et les officiers de terrain, ne les oublions pas), eux, vivaient dans la boue, la merde et le sang… Du coup, dans ce film de guerre où en fait, ce sont des français entre eux qui ne cessent de s’opposer – bah oui, on ne voit pas le moindre allemand – les jeux s’en fait d’avance et ce n’est pas un grand spoiler que de vous dire ici que l’état major ayant besoin de boucs émissaires, trois pauvres types seront fusiller pour l’exemple, et ce, malgré tout le talent et la conviction d’un Kirk Douglas qui s’investit énormément dans ce rôle, probablement l’un de ses meilleurs selon moi… Bref, vous l’avez compris, avec Les Sentiers de la Gloire, nous avons affaire a ce qu’il faut bel et bien appeler un chef d’œuvre, un film qui certes, nous montre une réalité en un lieu et une époque donnée mais qui, de par sa thématique, possède une thématique plus universelle et qui, ma foi, presque six décennies plus tard, n’a absolument rien perdu de sa force et de sa portée.
 

Points Positifs
 :
- L’un des plus grands films antimilitaristes de tous les temps, tout simplement : revenant très bien sur ces fameux procès et exécutions de prétendus lâches au sein de l’armée française au cours de la Première Guerre Mondiale, Les Sentiers de la Gloire nous dévoile, sans farts, une réalité terrible sur le peu de considération qu’avaient les membres du haut-état major pour ces centaines de milliers d’hommes qui mourraient dans les tranchés…
- Un film sur la Première Guerre Mondiale où l’on ne voit jamais l’ennemi, c’est-à-dire, le soldat allemand, ou plutôt, des ennemis, il y en a, mais au sein même de l’armée française : entre les officiers et leurs hommes, entre les hauts gradés et les officiers de terrain. La critique est terrible mais tellement juste !
- Le film nous montre très bien, également, comment cette guerre était vécu suivant son grade : Généraux et autres haut-gradés dans les beaux salons et courant la gueuse, officiers de terrain et soldats dans la boue et le sang, face a l’ennemi…
- Kirk Douglas est tout simplement excellent dans son rôle d’officier idéaliste qui, connaissant lui la réalité du terrain, tente le tout pour le tout afin de sauver ses hommes.
- Visuellement, Stanley Kubrick fait très fort dans ce film avec quelques plans séquences qui marquent les esprits ainsi que de nombreux travellings assez impressionnants.
 
Points Négatifs :
- Historiquement, Les Sentiers de la Gloire souffre de quelques défauts comme le fait que le procès est un peu trop anglo-saxon pour être tout a fait crédible. De même, pour ce qui est des uniformes ou de certaines armes, il y a quelques incohérences… Mais bon, là, à part les spécialistes, qui va le remarquer ?
- Certains films sont inutilement trop longs alors que je trouve que celui-ci aurait mérité de l’être un peu plus…
 
Ma note : 9/10