Pages

dimanche 6 mars 2016

Déjà Vu


Déjà Vu
 
Crosby, Stills, Nash & Young
 
1 - Carry On (Stephen Stills) 4:25
2 - Teach Your Children (Graham Nash) 2:53
3 - Almost Cut My Hair (David Crosby) 4:25
4 - Helpless (Neil Young) 3:30
5 - Woodstock (Joni Mitchell) 3:52
6 - Déjà Vu (David Crosby) 4:10
7 - Our House (Graham Nash) 2:59
8 - 4 + 20 (Stephen Stills) 1:55
9 - Country Girl (Neil Young) 5:05
.Whiskey Boot Hill
.Down, Down, Down
.Country Girl (I Think You're Pretty)
10 - Everybody I Love You (Stephen Stills, Neil Young) 2:20
 

Déjà Vu
Musicien : Crosby, Stills, Nash & Young
Parution : 11 mars 1970
Enregistré : janvier 1969 – octobre 1969
Durée : 36:24
Genre : Folk Rock, Rock
Producteur : Crosby, Stills, Nash & Young
Label : Atlantic
 
Musiciens :
David Crosby : guitare, chant
Stephen Stills : guitare, basse, claviers, chant
Graham Nash : guitare, claviers, chant
Neil Young : guitare, harmonica, piano, chant
Jerry Garcia : steel guitare, guitare slide
Greg Reeves : basse, percussions
John Sebastian : harmonica
Dallas Taylor : percussions, batterie
 
Mon avis :
 Ici, l’affaire fut entendue tout de suite : mais qu’allais faire le grand Neil Young dans ce ramassis de nains qu’était Crosby, Stills & Nash ? Comme souvent, le raccourci était facile et un peu trop réducteur, après tout Stephen Stills n’était pas n’importe qui et avait déjà fait ses armes de fort belle manière aux cotés du canadien chez Buffalo Springfield, ainsi que de façon ponctuelle par la suite, lorsque le cœur leur en dit – et qu’ils ne sont pas fâchés. De plus, pour être tout à fait honnête, Stills est un bon auto-compositeur interprète, connaissant, au cours de sa carrière fait de hauts et de bas, quelques bonnes réussites. Certes, pour CS&N, il restait la problématique de Crosby et Nash, l’otarie et le grand dadais des familles. Une fois de plus, il faut savoir relativiser et ne pas tomber dans des clichés, ne serais ce que pour leur superbe mélange de voix, bande son de toute une époque à jamais révolue. Et puis, pour la première et dernière fois, ces deux là nous livrent deux compositions personnelles à la hauteur de celles de leurs complices, ce qui fait que ce Déjà Vu, incontestablement, est un excellant album, riche, complet et tout simplement le meilleur d’un groupe miné bien trop rapidement par les immenses ego de leurs membres respectifs. Mais bon, comme tout à chacun sait, ce n’est pas parce que l’on met plusieurs stars ensemble que la mayonnaise prendra forcement – les amateurs de ballon rond ne me contrediront pas – et même si ce Déjà Vu est le meilleur album de la carrière du groupe, en est il pour le moins, tout simplement, bon ? Car c’est peut être cela qui compte dans le fond ? Et bien oui, sans aucune discussion possible. Comme dit précédemment, outre Neil Young, véritable monument de la musique nord américaine depuis presque un demi-siècle, et Stills, qui, en son temps, connu de grands moments d’inspirations, l’ajout des deux autres, si l’on peut être perplexe après coup, était parfaitement justifié à l’époque, et, en écoutant, quatre décennies après sa sortie, ce Déjà Vu, il est indéniable que cet album était – et l’est toujours – tout bonnement excellent. D’ailleurs, pour être tout a fait franc, je dois avouer que c’est l’un des albums que j’écoute le plus, même si celui-ci est loin d’être mon préféré : les compositions sont soit excellentes soit fort agréables, il n’y a pas de temps morts et de morceaux a jeter aux oubliettes et, de plus, Déjà Vu possède un petit coté rétro fort accrocheur, nous faisant replonger dans une époque révolue – et que je n’ai pas connu, pour être né quelques petites années plus tard – mais qui m’a toujours attiré. Et puis, si Neil Young reste égal à lui-même et nous livre deux compositions de haute volée – en particulier le célèbre Helpless – à mes yeux, les deux meilleurs titres de l’album sont l’excellant et ébouriffant Carry On de Stills, qui ouvre l’album – et dont j’invite tout a chacun de découvrir la version de plus d’un quart d’heure de l’album live qui suivra, 4 Way Street – tout tambours battants, et la reprise du Woodstock de Jony Mitchell, dans la même veine. Et comme le reste de l’album, oscillant entre divers styles selon les compositeurs, et du même niveau, vous comprendrez aisément que ce Déjà Vu vaut largement le détour et mérite, incontestablement, de figurer dans votre discothèque idéale.
 

Points Positifs
 :
- Non seulement Déjà Vu est le meilleur album de Crosby, Stills, Nash & Young mais aussi et, surtout, c’est un très bon opus, n’en déplaise aux détracteurs du groupe. Il faut dire qu’entre l’ajout de Neil Young, le talent de Stills et un Crosby et un Nash à la hauteur des deux autres, le résultat ne pouvait qu’être exceptionnel !
- Musicalement, Neil Young est tout naturellement au-dessus des autres, cependant, Stephen Stills fait preuve, une fois de plus, qu’il fut en son temps un des grands noms de la musique, quand à David Crosby et Graham Nash, cet album nous démontre qu’ils n’étaient pas n’importe qui, particulièrement le premier, musicien fort talentueux, ce que l’on a tendance à oublier un peu trop de nos jours…
- Carry On, Almost Cut My Hair, Helpless, Woodstock, Déjà Vu et Country Girl sont de superbes chansons mais le reste de l’album n’est pas à jeter, loin de là.
- Une couverture a priori simple mais néanmoins fort réussie.
 
Points Négatifs :
- Il manque peut-être un ou deux titres de Neil Young, histoire de faire de ce Déjà Vu un chef d’œuvre, mais bon, malin, le Loner réservait ses meilleures chansons pour ses albums solos.
- Bien évidement, il faut apprécier ou, du moins, être un familier de ce rock américain de la fin des sixties et qui sonne singulièrement de nos jours. Bien entendu, ce n’est pas un défaut en soit mais il faut reconnaitre que le genre de plaira pas a tout le monde…
 
Ma note : 8,5/10

Buffalo Springfield Again


Buffalo Springfield Again
 
Buffalo Springfield
 
1 - Mr Soul (Neil Young) 2:35
2 - A Child's Claim to Fame (Richie Furay) 2:09
3 - Everydays (Steven Stills) 2:38
4 - Expecting to Fly (Neil Young) 3:39
5 - Bluebird (Steven Stills) 4:28
6 - Hung Upside Down (Steven Stills) 3:24
7 - Sad Memory (Richie Furay) 3:00
8 - Good Time Boy (Richie Furay) 2:11
9 - Rock & Roll Woman (Steven Stills) 2:44
10 - Broken Arrow (Neil Young) 6:13
 

A Reality Tour
Musicien : Buffalo Springfield
Parution : 30 octobre 1967
Enregistré : janvier 1967 – octobre 1967
Durée : 34:07
Genre : Folk Rock, Rock
Producteur : Richie Furay, Jack Nitzsche, Stephen Stills, Neil Young
Label : ATCO
 
Musiciens :
Neil Young : guitare, chant
Steven Stills : guitare, chant
Richie Furay : guitare, chant
Dewey Martin : batterie, chant
Bruce Palmer : basse
Jack Nitzsche : piano électrique
Don Randi : piano, harpsichord
Bruce Botnick : banjo
James Burton : dobro
Jim Fielder : basse
Bobby West : basse
Charlie Chin : banjo
Norris Badeaux : saxophone baryton sur Good Time Boy
Hal Blaine : batterie
Merry Clayton : chant
James Burton : Dobro, guitare
David Crosby : chœur sur Rock & Roll Woman
Jim Gordon : batterie
Doug Hastings : guitare
Brenda Holloway : chant
Patrice Holloway : chant
Jim Horn : clarinette
Gloria Jones : chant
Carol Kaye : basse
Shirley Matthews : chant
Harvey Newmark : basse
Gracia Nitzsche : chant
Chris Sarns : guitare
Russ Titelman : guitare
 
Mon avis :
 Il est parfaitement incroyable de constater à quel point les années 60 et 70 ont put nous donner d’aussi bons groupes, et ce, en quantité inimaginable aujourd’hui. Cependant, ce qui est dommage, à mon avis, c’est que bon nombre d’entre eux sont tombés dans l’oubli depuis longtemps alors qu’ils auraient mérité un tout autre sort. Prenez par exemple les Buffalo Springfield : qui, en 2016, les connaît ? Franchement, à part les amateurs et les spécialistes, pas grand monde. Et pourtant, quel groupe formidable il fut en son temps. Certes, il n’eut pas une longue durée de vie – deux ans, ce n’est pas grand-chose – mais en ces quelques mois d’existence, celui-ci sortit trois bons albums et quelques petits bijoux inoubliables. Et, en parlant d’album, leur deuxième, Buffalo Springfield Again est incontestablement le meilleur… Formé par Stephen Stills et Neil Young, ce dernier venant tout juste de débarquer aux USA, en 1966, le groupe se fit rapidement connaître avec un hit que chacun à au moins une fois écouter dans sa vie, For what it’s Worth, repris dans un nombre incalculables de longs métrages se déroulants dans les sixties. L’année suivante, ce fut donc leur deuxième album, ce Buffalo Springfield Again à la pochette vraiment bof, mais superbe, du point de vu musical, de bout en bout. Car aux compositions du duo Stills/Young, déjà en grande forme à leurs débuts, ce joignirent celles du troisième larron de la foire, l’excellent et méconnu Richie Furay, qui aurait probablement mérité de connaître une carrière aussi prestigieuse que celle des deux autres – plutôt que de finir pasteur dans un quelconque trou perdu du Colorado, véridique ! Le tout donnant un très bon album, assez éclectique sans temps morts, ou l’on ne s’ennuie pas une seconde, tant la qualité des compositions est de haut niveau. Certes, l’on regrettera peut être que le son ne soit pas excellent mais tout le monde, en 1967, n’avait pas accès aux meilleurs studios d’enregistrement comme de nos jours. Cependant, même ainsi, ce Buffalo Springfield Again, malgré un son moyen et une durée assez courte n’en reste pas moins inoubliable et ce laisse écouter encore et encore avec un grand plaisir. Entre un Neil Young déjà enchanteur avec un Mr Soul rentre dedans et un Broken Arrow plus pop, un Stills tout bonnement excellant, Bluebird et son banjo, Hung Upside Down et Rock & Roll Woman, ainsi qu’un Richie Furay inspiré, A Child's Claim to Fame, on se retrouve au final avec un album certes typique de l’époque, mais néanmoins de grande qualité et qui laisse déjà présager de ce que donnerons les carrières futures des deux leaders, Stills et Young, que cela soit en solo ou en groupe – CSN&Y – c'est-à-dire, du tout bon…
 

Points Positifs
 :
- Le meilleur album, incontestablement, de Buffalo Springfield, groupe éphémère de la fin des années 60 mais qui n’en fut pas moins grandiose, au vu de ses compositions et de la qualité intrinsèque de ses membres, particulièrement, bien entendu, le grand Neil Young mais aussi Stephen Stills.
- Si Neil Young nous livre trois merveilles incontestables et que Stephen Stills n’est pas en reste, faisant preuve de tout son talent, force est de constater que Richie Furay, nettement moins connu que ses deux compères, n’est pas en reste et nous livre quelques belle pépites dans cet opus.
- Un opus quasiment parfait de bout en bout et qui possède quelques titres imparables comme Mr Soul, Broken Arrow, Bluebird, Hung Upside DownRock & Roll Woman mais aussi A Child's Claim to Fame.
 
Points Négatifs :
- Dommage que le groupe n’ai pas disposer d’un studio d’enregistrement digne de ce nom, car bon, comment dire, si ces derniers n’étaient pas légions à l’époque, d’autres groupes, plus chanceux, ont put en bénéficier et cela se remarque fortement.
- Il faut reconnaitre que le son accuse fortement son age et que, par la force des choses, cela risque de déplaire a un public plus jeune ou peu habitué du rock californien de la fin des années 60.
- Désolé mais la pochette est tout bonnement hideuse…
 
Ma note : 8/10

lundi 25 janvier 2016

Ça


Ça
 
Dans la petite ville de Derry, dans le Maine, la tranquillité est perturbée par une série de disparitions et de meurtres atroces : une petite fille est sauvagement assassinée dans la cour-arrière de sa maison. Le bibliothécaire, Mike Hanlon, entend parler du drame et se rend sur les lieux. Lorsqu'il découvre une photo d'un garçon, Georgie, près des lieux du crime, il comprend que « Ça », une créature maléfique vivant dans les égouts et prenant la forme qui lui plait, notamment celui d'un clown nommé Grippe-Sou en attirant les enfants avec des ballons de couleur, est de retour et est derrière la tragédie. Trente ans auparavant, le jeune Georgie Denbrough, âgé de six ans, joue avec un bateau en papier et le fait naviguer dans le caniveau, mais le bateau tombe dans les égouts. Le garçonnet rencontre Grippe-Sou, qui se trouve dans les égouts et tente amicalement, en apparence, de convaincre Georgie de le suivre, avant de montrer sa véritable nature en l'attrapant par le bras et en le tuant. Bill, le frère aîné de Georgie, est submergé par la culpabilité. Lorsqu'une photographie de Georgie prend vie, il prend peur, provoquant une aggravation de son bégaiement. Bill devient alors le leader d'un groupe d'adolescents, nommés le « club des paumés » qui ont tous plus ou moins rencontré Grippe-Sou.
 

Ça
Réalisation : Tommy Lee Wallace
Scénario : Lawrence D. Cohen et Tommy Lee Wallace, d'après le roman Ça, de Stephen King
Musique : Richard Bellis
Production : ABC
Genre : Horreur
Titre en vo : It
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : ABC
Diffusion d’origine : 18-20 novembre 1990
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 2 x 96 minutes
 
Casting :
Richard Thomas : William Stuttering Bill (Bill le Bègue en VF) Denbrough, écrivain, vit à Hampstead Heath, Angleterre
John Ritter : Benjamin Ben/Haystack (Meule de foin en VF) Hanscom, architecte de renom, vit à New York
Annette O'Toole : Beverly Bev/Bevvie Marsh, styliste, vit à Chicago, Illinois
Harry Anderson : Richard Richie/Trashmouth Tozier, imitateur vedette, vit à Beverly Hills, Californie
Dennis Christopher : Edward Eddie Kaspbrak, patron d'une société de limousine, vit à Great Neck, New York
Tim Reid : Michael Mike/Mikey Hanlon, bibliothécaire, est resté vivre à Derry
Richard Masur : Stanislas Stanley/Stan Uris, expert-comptable, vit à Atlanta, Géorgie
Tim Curry : Robert Bob Gray/Grippe-Sous/Ça
Jonathan Brandis : William Stuttering Bill Denbrough - adolescent
Brandon Crane : Benjamin Haystack Hanscom - adolescent
Adam Faraizl : Edward Eddie Kaspbrak - adolescent
Seth Green : Richard Richie Tozier – adolescent
Emily Perkins : Beverly Bev Marsh - adolescent
Ben Heller : Stanley Stan Uris - adolescent
Marlon Taylor : Michael Mike Hanlon – adolescent
Jarred Blancard : Henry Bowers – adolescent
Olivia Hussey : Audra Phillips Denbrough, comédienne et épouse de Bill
Michael Cole : Henry Bowers - adulte, est hospitalisé à Juniper Hills
Tony Dakota : Georgie Denbrough, frère cadet de Bill, première victime de Ça
Drum Garrett : Belch Huggins dit « Le rôteur »
Ryan Michael : Tom Rogan, associé et compagnon de Beverly
Russell Roberts : Greco, producteur et ancien amant d'Audra
Sheila Moore : Sonia Kaspbrak, mère d'Eddie
Frank C. Turner : Alvin Marsh, père de Beverly
Florence Patterson : Mrs Kersh, vieille dame ayant repris l'appartement d'Alvin Marsh
Terence Kelly : l'officier Nell
William B. Davis : Le surveillant à la cafétéria
 
Mon avis :
 Comme vous avez put le remarquer, si jamais il vous arrive de suivre ce blog, même de façon occasionnelle, depuis quelques mois, Stephen King est a l’honneur dans Le Journal de Feanor ; ainsi, entre relectures d’anciens romans et découvertes d’œuvres que je n’avais jamais eu l’occasion de lire, le maitre de l’horreur moderne est omniprésent sur ce blog. Cependant, comme chacun sait, Stephen King, ce n’est pas uniquement des romans car si, bien entendu, ces derniers sont les plus importants, les adaptations cinématographiques qui en ont été tirées ont parfois été si bonnes qu’elles valent le détour. Du coup, comme j’ai pas mal de temps libre cette semaine, j’ai souhaité me faire plaisir et me replonger dans, non pas un film mais une mini-série en deux parties paru sur le petit écran il y a de cela un quart de siècle : Ça ou, comme il est également connu sous nos latitudes, Il est revenu, titre, j’en conviens, un peu débile. Ah, Ça, mais enfin, n’est pas là mon roman de Stephen King préféré, celui qui, selon moi, est parfait de bout en bout, un pur chef d’œuvre de peurs enfantines avec son récit qui alterne sans arrêt sur deux époques et, bien entendu, son méchant inoubliable, Grippe-Sous le clown !? Oui, Ça, le meilleur roman de King, a mes yeux, accessoirement, l’un des meilleurs romans tout court qu’il m’est été donné de lire, rien moins que… ça ! Mais alors, quand on aborde l’adaptation d’un tel chef d’œuvre a l’écran, quand une œuvre qui nous a tant plu se voit modifiée, raccourcie (oui, malgré les trois heures, il y en a des coupes), édulcorée (et pas qu’un peu), n’allons nous pas crier au loup, vouer les responsables de la chose aux pires tortures ? Eh ben en fait, non, car si oui, effectivement, le Ça du petit écran est différent et, forcément, largement inférieur au Ça original, comment ne pas reconnaitre qu’il n’en reste pas moins une fort bonne adaptation ?! La trame générale est plutôt fidèle, les acteurs, particulièrement les enfants, ont un petit quelque chose qui colle bien aux personnages, quand a Grippe-Sous, même si par moments, il en fait des tonnes, il n’en reste pas moins égal a lui-même, c’est-à-dire, terrifiant. Alors certes, cette mini-série accuse pas mal son age, les effets spéciaux font sourire et oui, certaines modifications sont gênantes, mais bon, dans l’ensemble, l’adaptation de Ça, avec ses défauts et ses qualités reste une bonne adaptation du roman original, une adaptation faite avec les moyens du bord et dont on pardonne les faiblesses quand on se dit que l’œuvre dont elle est inspirée n’était pas la plus simple a transposer a l’écran, petit ou grand. Alors, en attendant l’éventuel film qui sortira, ou pas, un jour au cinéma, si l’occasion se présente a vous de découvrir ce Ça, n’hésitez pas une seconde, cette mini-série n’est certes pas parfaite mais, dans l’ensemble, n’en reste pas moins assez bonne, et, ma foi, c’est le principal.
 

Points Positifs
 :
- Malgré son grand age désormais et des moyens loin d’être a la hauteur de ceux du cinéma, Ça n’en reste pas moins une fort bonne adaptation de l’œuvre originale. L’intrigue est plus ou moins respectée, les personnages sont égaux a eux-mêmes, le thème musical colle bien a l’ambiance générale et, bien sur, il y a Grippe-Sous le clown, l’un des meilleurs méchants de Stephen King !
- Il est assez rare que dans une œuvre où il y a autant de protagonistes, les acteurs qui les transposent a l’écran finissent par aussi bien les représenter, or, c’est bien le cas ici, et, franchement, ce n’était pas gagné – rien que pour les personnages principaux, il y a leurs versions enfants et adultes.
- L’ambiance particulière, entre horreur et humour noir, qui, bien entendu, vous fera détester les clowns.
 
Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que cette adaptation commence à accuser un peu son age : déjà qu’à la base, ce n’est pas un film mais une mini-série, comment ne pas sourire avec certains effets spéciaux un peu ringards, certains bruitages énervants ?! Mais bon, c’était l’époque qui voulait ça.
- Il y a tout de même énormément de modifications vis-à-vis de l’œuvre originale et si certaines sont compréhensibles car trois heures, c’est trop court pour tout raconter, d’autres sont plus discutables : absence de personnages, virginité d’Eddie (pourquoi ?), Mike, enfant, est sous-exploité, où est la Tortue, etc.
 
Ma note : 7,5/10

mercredi 29 juillet 2015

Chappie


Chappie

A Johannesburg, dans un futur proche, où la criminalité ne cesse de grimper, la police de la ville a fait appel à l'entreprise Tetravaal, spécialisée en robotique et dirigée par Michelle Bradley, pour leur fournir des robots policiers ou Scouts. Ces derniers ont été imaginés par Deon Wilson, un jeune et brillant ingénieur, qui travaille et développe de son côté une intelligence artificielle. Alors qu'il ramène une carcasse de robot chez lui, Deon est kidnappé par des criminels, qui lui demandent de reprogrammer le robot, pour qu'ils les aident à commettre des délits. Deon intègre dans le programme du scout sa nouvelle intelligence artificielle. Le robot doit alors tout apprendre, comme un bébé. De son côté, Vincent Moore, un ancien militaire travaillant à Tetravaal, souhaite voir s'effondrer le projet Scouts, afin que la police choisisse son projet dénommé Orignal.


Chappie
Réalisation : Neill Blomkamp
Scénario : Neill Blomkamp et Terri Tatchell, d'après le court métrage Tetra Vaal
Musique : Hans Zimmer
Production : Media Rights Capital, Alpha Core, Simon Kinberg Productions, Sony Pictures Entertainment et TriStar Pictures
Genre : science-fiction
Titre en vo : Chappie
Pays d'origine : États-Unis, Mexique
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 4 mars 2015
Durée : 120 mn

Casting :
Sharlto Copley : Chappie (voix et capture de mouvement)
Yolandi Visser : Yolandi
Watkin Tudor Jones : Ninja
Dev Patel : Deon Wilson
Jose Pablo Cantillo : Yankie « Americano »
Hugh Jackman : Vincent Moore
Sigourney Weaver : Michelle Bradley
Brandon Auret : Hippo

Mon avis : J’éprouvais une grande, que dis-je, une très grande méfiance a l’encontre de ce Chappie ce qui fait que, ce fut un peu dubitatif que je me suis lancer dans son visionnage. La raison ? En fait, elle est simple : il y a quelques années, j’avais été grandement déçu par un autre long métrage de Neill Blomkamp, District 9, film qui, pourtant, avait été loué par le critique. Du coup, comme chat averti en vaut deux, et comme en plus, la bande annonce m’avait laissé pour le moins peu enthousiaste, je reconnais que je n’attendais pas grand-chose de ce Chappie et les premières minutes ne m’auront pas fait changer d’avis : des gangs sud-africains qui s’écharpent entre eux puis qui ont a faire aux fameux robots policiers, les Scouts, ça me faisait un peu trop penser a District 9. Ajoutons un look complètement improbable a ces fameux voyous et une thématique – l’intelligence artificielle – maintes fois abordées dans la culture populaire depuis un certain Pygmalion et mon idée de départ se trouvait plus que confortée… Et puis, petit a petit, je me suis surpris a changer d’avis : les voyous au look débile (pour la petite histoire, le couple l’est a la vie également et son membre d’un groupe de rap) s’avèrent plus être des paumés assez sympathiques et attachants avec leur coté losers quand a Chappie, enfin, plutôt son éveil a la conscience et ses premiers pas dans le monde, force est de constater que celui-ci devenait très rapidement touchant voir même drôle au fil des scènes qui se succédaient. Du coup, avant même que je n’arrive a la moitié du film, mon opinion avait changée du tout au tout : non, Chappie n’avait finalement pas grand-chose à voir avec District 9, oui, Chappie était, de mon point de vu, bien plus réussi… Alors bien sur, il faut dire que même si elle a déjà été maintes fois abordée depuis des lustres, cette thématique d’intelligence artificielle, de robots (ou statues, golems, cadavres, etc.) qui prennent vie et s’éveillent a la conscience, m’a toujours plu, de même, donner moi une petite flopée d’antihéros (ah, Yolandi et Ninja, il fallait les trouver ces ceux-là), une petite flopée de bons sentiments sur la différence et un humour finalement très présent et comment voulez vous que tout cela, mis bout a bout, ne me plaise pas ? Alors bien sur, par moments, tout cela a l’air un peu débile et même la fin semble un peu exagérée, mais bon, film bien plus profond que l’on pourrait le croire, Chappie est certes une énième version du mythe de Pygmalion mais qui, au final, n’en reste pas moins réussi ; une excellente surprise pour ma part, et une œuvre, donc, que je ne peux que conseiller a tout a chacun…


Points Positifs :
- Certes on a vu et revu des robots qui s’éveillent a la conscience mais ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir : Chappie est une belle réussite, plus fin que son esthétique pourrait le laisser penser, souvent drôle et par moments émouvant. Bref, pas un chef d’œuvre, certes, mais sans nul doute l’une des belles petites surprises de cette année 2016.
- Selon moi, ce qui fait la grande force de ce film, ce sont ses personnages et les relations qu’ils entretiennent avec Chappie : complètement improbables, ces voyous vont finalement tomber sous le charme de cet enfant qu’il faut bien éduquer ; et là, on a droit a quelques scènes franchement drôles.
- Justement, l’humour est omniprésent dans ce film et voir Chappie jouer les Gangsta est un pur régal.
- Les effets spéciaux, bien entendu : alors certes, on va me dire que l’on est en 2015, que c’est normal désormais, mais bon, voyez l’animation de Chappie, on s’y croirait presque.
- Mine de rien, une fois que l’on est entré dans l’histoire, il devient très difficile de la lâcher.
- Yolandi Visser et Watkin Tudor Jones, un couple de rappeurs qui jouent dans ce film un couple de truands complètement paumés mais qui sont tout simplement parfaits.

Points Négatifs :
- La fin me semble un peu trop exagérée avec son coté happy-end assumé ; mais bon, après tout, pourquoi pas si l’on part du principe que l’on peut transférer la conscience des êtres vivants… hommes ou machines…
- Bien entendu, ne nous emballons pas, Chappie n’est pas non plus un chef d’œuvre absolu et certaines scènes comiques ou d’actions risquent d’en rebuter plus d’un.
- D’autres, eux, ne supporteront probablement pas le coté par moments gnangnan de la chose…

Ma note : 8/10

dimanche 5 juillet 2015

La Trilogie du Minotaure


La Trilogie du Minotaure

L’île de Crète abrite en son sein une vaste forêt interdite aux Hommes. Dans cet océan d’arbres millénaires et de collines verdoyantes vivent en bonne intelligence ceux qu’on nomme les Bêtes : les Centaures et leur sens inné de la fête, les Dryades inséparables de leur arbre, les Panisci aux pieds fourchus, les insatiables Thriæ… Mais à cause de la cupidité de l’envahisseur achéen, le paradis est voué à disparaître. Et tandis que les Centaures périssent sous le glaive, Eunostos le poète, le dernier des Minotaures, compose l’élégie qui célébrera la fin du monde.


La Trilogie du Minotaure
1 – Le Jour du Minotaure
2 – La Forêt du Minotaure
3 – Le Labyrinthe du Minotaure
Auteur : Thomas Burnett Swann
Type d'ouvrage : Fantasy Mythique
Première Parution : 1966, 1971, 1977
Edition Française : 10 avril 2003
Titre en vo : The Minotaur Trilogy
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Sophie Viévard, Michel Deutsch
Editeur : Le Bélial
Nombre de pages : 433

Mon avis : Ma première lecture de cette Trilogie du Minotaure remonte à un bon paquet d’années, fort probablement huit ou neuf ans environ, et comme celle-ci m’avait laissé une fort bonne impression, à l’époque, cela faisait un certain temps que je m’étais dit qu’il faudrait que, tôt ou tard, je me replonge dans la lecture de cette œuvre. Ajoutez à cela le fait que, par la force des choses, celui-ci n’avait pas sa critique sur ce blog et vous comprendrez à quel point l’envie de relire cet ouvrage puis de vous en parler était pressante. Mais bon, le temps passa, d’autres romans eurent ma priorité et ce ne fut donc qu’il y a quelques semaines que, finalement, je me replongeais dans les aventures d’Eunostos, le dernier Minotaure. Bien évidemment, tout le monde sait parfaitement ce qu’est un Minotaure : créature mythique moitié homme moitié taureau, celui-ci, qui vivait dans le Labyrinthe créer par Dédalle sur l’ile de Crète, fut vaincu par Thésée, qui s’aida pour cela du fameux fil d’Ariane. Mais si le Minotaure mythologique était une créature bestiale, ici, nous avons plutôt à faire a un être intelligent, sensible, qui certes aime courir les filles (enfin, plutôt les dryades), mais qui possède un cœur d’or et une âme de poète. Bref, un Minotaure (ou plutôt deux car dans la première nouvelle, il y en a un second, Cloches d’Argent, l’oncle du premier, encore plus réussis qu’Eunostos selon moi) aux antipodes de l’image que nous avons de cette créature – par la légende grecque, bien évidemment, mais également par le biais des jeux de rôles a la D&D et des jeux vidéo. Un Minotaure bigrement original, inattendu, mais également un univers qui ne l’est pas moins : le postulat de base de cette trilogie démarrait donc plutôt bien. Et force est de constater que la suite est conforme à nos espérances : œuvre d’un auteur pour le moins méconnu sous nos vertes contrées, Thomas Burnett Swann décédé jeune dans les années 70 et mal aimé dans son pays d’origine, les Etats-Unis, car jugé trop conservateur, à l’égard des canons de la Fantasy à l’époque, cette Trilogie du Minotaure est composé en fait de trois courts romans (ou longues nouvelles) qui sont, dans l’ordre, Le Labyrinthe du Minotaure (1977 et publié à titre posthume), La Forêt du Minotaure (1971) et Le Jour du Minotaure (1966). Thomas Burnett Swann, comme il en avait souvent l’habitude, avait donc commencé par ce dernier, avant de, au fil des ans, revenir les aventures d’Eunostos en publiant deux préquelle, l’ordre de celles-ci étant, dans la version française, inversée quant à leurs parutions mais chronologique quant aux péripéties d’Eunostos et ses compagnons. Du coup, lorsque l’on se lance dans la lecture de cette Trilogie du Minotaure, force est de constater que l’on débute donc par le roman le plus récent, mais également et surtout le plus réussis et le mieux écrits, du moins, c’est mon avis, et que même si les deux autres ne déméritent pas, a aucun moment ils n’atteignent le niveau du Labyrinthe du Minotaure, véritable petit bijou tragique que nous offre Swann et qui mérite vraiment le détour – bon, certes, j’insiste vraiment sur ce premier mais les autres sont excellents également, disons que je les trouve inférieurs, c’est tout. Le problème, car problème il y a, c’est que, pris par une créativité de tous les instants, et surtout par le fait que la maladie ne lui laissait plus beaucoup de temps, Thomas Burnett Swann n’a jamais eu le temps de revenir sur son œuvre et de corriger les nombreuses boulettes scénaristiques qui parsèment les trois nouvelles de cette trilogie : ainsi, ne vous étonnez pas si Cloches d’Argent n’a plus droit de citer dans les textes plus anciens et autres incohérences du même genre. C’est dommage, c’est même par moments fort regrettable (car on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’aurait donné un ensemble cohérent), mais bon, vu que la maladie puis la mort aura fauché l’auteur sans lui laisser le temps de régler tous ses problèmes, on peut, du coup, parfaitement les comprendre… Surtout que si ceux-ci sont par moments gênants, dans l’ensemble, il faut tout de même reconnaitre que nous avons là un fort bon roman : de par son univers, cette Crète mythique où cohabitent bien malgré eux humains et bêtes, ces protagonistes hauts en couleurs, Eunostos, Cloches d’Argent, Zoé la Dryade, les Centaures et les humains, cette ambiance « fin du monde » qui plane tout au long des récits, car oui, tout cela ne peut pas bien finir pour ce monde des bêtes, bien trop naïf et gentillet en opposition à celui des hommes, bien plus brutal et sans pitié, Thomas Burnett Swann nous offre une œuvre tout bonnement excellente, qui certes, par la force des choses, possède ses défauts, mais qui n’en reste pas moins excellente et mérite d’être découverte par les amateurs de Fantasy qui, pour une fois, quitteront les canons du genre, maintes et maintes fois utilisés, pour une antiquité perdue qui n’en possède pas moins son intérêt. Et puis, rien que pour le plaisir de suivre les aventures d’un Minotaure tellement différent de l’image que l’on a de lui, je pense que le jeu en vaut la chandelle. 


Points Positifs :
- Sans aucun doute l’œuvre majeure de Thomas Burnett Swann, celle vers laquelle il revenait sans cesse, l’approfondissant sans cesse, ce, jusqu’à sa mort. Il faut dire que l’auteur, ici, nous propose une trilogie pour le moins originale – mine de rien, la mythologie grecque est rarement abordée en littérature fantastique – et, surtout, nous fait découvrir une autre vision de ce fameux Minotaure, à mille lieux de celui du mythe de Thésée.
- Si, dans l’ensemble, les trois récits méritent le détour, il est évidant que Le Labyrinthe du Minotaure – le plus récent – est le meilleur. Plus récent, possédant une intrigue plus aboutie et mieux maitrisée, cette longue nouvelle est, indéniablement, le point d’orgue de cet ouvrage.
- Eunostos est un Minotaure aux antipodes de la créature bestiale qui nous est familière : fin, érudit, contemplatif par moments, voilà une autre version de la créature du mythe de Thésée qui en surprendra plus d’un.
- Si, bien entendu, Eunostos est la figure la plus marquante de cette trilogie, les personnages secondaires méritent, eux aussi, le détour : particulièrement Cloches d’Argent, un autre Minotaure, et Zoé la Dryade.
- Le style d’écriture de Thomas Burnett Swann qui parvient à nous transporter dans cet univers mythique et fantastique qui en enchantera plus d’un.

Points Négatifs :
- Malheureusement, les trois récits, écrits dans le désordre – à chaque fois, l’auteur sortait des préquelles ce qui fait que Le Labyrinthe du Minotaure, la plus récente, est en fait l’histoire la plus ancienne, chronologiquement parlant – souffrent d’énormément d’incohérences entre elles. Dommage que Thomas Burnett Swann soit décédé avant qu’il n’ait eu le temps de mettre tout cela à jour…
- Le Jour du Minotaure, la nouvelle la plus ancienne, est tout de même inférieure aux deux autres et accuse un peu son âge.
- Un style d’écriture, une intrigue et des personnages qui risquent de déstabiliser un certain public amateur d’une fantasy plus accessible diront nous…

Ma note : 8/10