Tago
Mago
Can
1 - Paperhouse (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki)
7:22
2 - Mushroom (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki)
4:04
3 - Oh Yeah (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki)
7:26
4
- Halleluhwah (Czukay,
Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 18:32
5 - Aumgn (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki)
17:33
6 - Peking O (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki)
11:37
7 - Bring Me
Coffee Or Tea (Czukay,
Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 6:48
Tago Mago
Musicien : Can
Parution
: 26 février 1971
Enregistré : novembre
1970 – février 1971
Durée : 73:22
Genre
: Krautrock, Rock experimental, Rock Psychédélique, Rock
progressif
Producteur : Can
Label : United Artists Records
Musiciens :
Holger
Czukay : basse, enregistrement, montage
Michael
Karoli : guitare
Jaki
Liebezeit : batterie, contrebasse, piano
Irmin
Schmidt : claviers, chant sur Aumgn
Damo
Suzuki : chant
Mon
avis : Cinquante ans après sa sortie et
vingt-six ans après que j’en ai entendu parler pour la toute première fois,
j’ai enfin eu l’occasion, cet été, de découvrir ce véritable chef d’œuvre du
rock progressif qu’est Tago Mago et, par la même occasion, ce
groupe allemand qui aura marqué le genre Krautrock comme Kraftwerk, je veux
bien évidement parler de Can. Alors certes, une fois de plus, il m’aura fallut
du temps, beaucoup de temps pour me plonger dans ce monument musical, mais bon,
comme il est coutume de le dire : mieux vaut tard que jamais. Et,
sincèrement, il aurait été dommage de passer a coté d’une telle merveille…
Alors bien sur, j’ai parfaitement conscience que ce disque n’est pas fait pour
tout le monde, que rares sont ceux qui, de nos jours, apprécieraient un tel
opus complètement cintré par moments et véritable ode a l’expérimentation.
Cependant, pour peu que vous soyez plus ou moins familiers du genre, pour peu
que vous possédiez une petite expérience en la matière, pour peu que vous ayez
un age certain (car mine de rien, ça aide), quelle claque allez vous ressentir
en écoutant ce double-album et ses sept titres tous plus barrés et géniaux les
uns que les autres ! Car oui, ces quatre allemands et ce chanteur nippon
complètement allumé avaient fait fort avec Tago Mago, sommet
incontestable de leur carrière selon les spécialistes, nous offrant un album
inclassable ou presque, une espèce d’ovni musical rarement égalé, souvent copié
et qui inspirera bien d’autres groupes par la suite, encore de nos jours.
Alors, si vous ne connaissez pas encore Can et ce Tago Mago, ne
perdez pas une seule seconde, il serait tout de même dommage de passer a coté
d’un tel chef d’œuvre, car entre ces sept titres qui vont de la ballade
psychédélique a la Pink Floyd a l’expérimentation la plus absolue, vous ne vous
ennuierez pas une seule seconde ; la marque des très grands, indéniablement !
Points
Positifs :
- Un
des plus grands albums de tous les temps, en tous cas, pour ce qui est du rock
progressif, et, curieusement, pas le plus connu en dehors des spécialistes bien
sur. Ici, Can est au sommet de son art et livre un double opus sans faute,
faisant preuve d’une maitrise totale et nous faisant atteindre des sommets
musicaux rarement atteints dans le genre.
-
Sept titres seulement, mais longs, très longs même pour certains et pas une
seule fausse note. De plus, ceux-ci sont assez différents les uns des autres et
entre une première partie plus calme et mélodique – enfin, plus ou moins – et
une seconde où le groupe expérimente a tout va, l’amateur de Krautrock sera aux
anges, rien que ça !
-
Musicalement, c’est très bon, incontestablement, et les divers musiciens font
preuve d’une maitrise impressionnante. Cependant, une petite mention a Jaki
Liebezeit, batteur génial et qui nous tient en hypnose sur bien des titres.
-
Une pochette singulière mais néanmoins culte.
Points
Négatifs :
-
Si je devais trouver un seul point faible a Tago Mago, c’est
peut-être dut au genre en lui-même qui vaut que le coté expérimentation a tout
va accouche parfois du sublime comme du grand n’importe quoi, et, quoi qu’on en
dise, on n’y échappe pas ici…
Ma
note : 9,5/10
In
the Court of the Crimson King
King
Crimson
1 - 21st Century Schizoid Man, incluant Mirrors (Fripp,
McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 7:20
2 - I Talk to
the Wind (McDonald,
Sinfield) 6:05
3 - Epitaph, incluant March for No Reason et Tomorrow
and Tomorrow (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 8:47
4 - Moonchild, incluant The Dream et The
Illusion (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 12:11
5 - The Court of
the Crimson King,
incluant The Return of the Fire Witch et The Dance of
the Puppets (McDonald, Sinfield) 9:22
In the Court of the Crimson King
Musicien
: King
Crimson
Parution
: 10 octobre 1969
Enregistré : Juin
1969 – Août 1969
Durée : 43:54
Genre
: Rock
Progressif
Producteur : King
Crimson
Label
: E.G.,
Island
Musiciens :
Robert
Fripp : guitare
Ian
McDonald : flûte, clarinette, vibraphone, claviers,
mellotron, chœurs
Greg
Lake : basse, chant
Michael
Giles : batterie, percussions, chœurs
Peter
Sinfield : textes et illumination
Mon
avis : Autre temps, autre lieu, remontons plus
deux décennies en arrière, a une époque où l’existence même de ce blog aurait
été impossible et où mon principal loisir, alors, était d’écouter de la
musique. Car oui, pendant une bonne partie des années 90, je m’étais constituer
une collection non négligeable d’albums – entre 200 et 300, je ne me souviens
plus du nombre exact – dont j’ai dut, quelques années plus tard, revendre une
bonne partie afin de faire face à quelques aléas de la vie qui m’auront bien
plomber une partie de mon existence ; mais bon, ce n’est ni le lieu ni le
moment d’en parler. Mais pour en revenir à cette fameuse collection de CDs, car
à l’époque, on ne téléchargeait pas, on achetait – avant des vinyles, puis des
K7 avant de passer, donc, aux CDs – vu que l’on n’avait pas trop le choix non
plus, bref, cette collection, débuté par ce que je peux appeler sans problèmes
les classiques, d’abord les Beatles puis les Stones, Pink Floyd et surtout
axée, musicalement, dans les décennies 60 et 70, en dehors de quelques
exceptions notables, possédait des disques célèbres et que tout amateur de rock
et de pop connait sur le bout des doigts, d’autres bien plus obscurs et même,
je ne le nie pas, quelques étrangetés uniquement connues d’un petit nombre.
Alors, forcément, dans cette vaste collection que je possédais alors, il y eut
quelques ratés, ce qui, en soit, était presque normal : tout ne peux pas nous
plaire. Mais pour parfaire cette collection, que j’ai acquise petit à petit au
début, puis par paquet de dix albums quand l’envie m’en prenait, je m’aidais de
la presse spécialisé, et plus particulièrement d’un hors-série de Rock
& Folk, celui consacré aux 300
Disques Incontournables et qui me permis de découvrir, non
seulement, de pures merveilles, mais également, de parfaire ma propre culture
musicale. Mais, comme je vous le disais en préambule, c’était un autre temps,
un autre lieu… Et donc, parmi ces merveilles que j’avais pu acquérir à
l’époque, il y avait un curieux album, a la pochette pour le moins hideuse
(pourquoi le nier, c’est le cas, et ce, même si elle est devenu mythique
depuis), d’un groupe que je ne connaissais pas le moins du monde : King
Crimson. Cet album, vous l’avez compris, c’est In the Court of the
Crimson King dont le titre, a lui seul, est déjà tout un programme,
comme la pochette, bien entendu, et surtout… son contenu. Mais procédons par
ordre… Mon hors-série de Rock & Folk sous le coude et
étant familiariser avec un certain Robert Fripp que je connaissais pour
ses collaborations avec Brian Eno, puis, sur Heroes,
avec David Bowie, j’étais vraiment curieux de découvrir le potentiel d’un album
dont j’avais entendu énormément de bien. Il faut dire qu’à l’époque, je
fonctionnais de la sorte : un artiste ou un groupe me plaisait, cela me
permettait d’en découvrir un autre, puis, suivant les collaborations ou
affinités d’untel, j’en découvrais encore d’autres, encore et encore ce qui
faisait qu’en partant, par exemple, de David Bowie, je pouvais arriver à King Crimson
en passant par Brian Eno, les Roxy Music, les Talking Heads, John Cale, le
Velvet Underground et Lou Reed. Mais bon, le temps passe, je parle, je parle,
et je m’aperçois que je vous raconte surtout ma vie et que je n’ai toujours pas
parlé de ce qui nous devrait intéresser principalement ici, la critique de
ce In the Court of the Crimson King. Donc, après le choc graphique,
car comment ne peut-il ne pas en être autrement au vu de la pochette de cet
album (mais au moins, que l’on aime ou pas, non seulement, cela ne laisse pas
indifférent, mais, qui plus est, cette fichue pochette est culte !), le
choc musical, et ce, dès les premières secondes : encore aujourd’hui,
après l’avoir écouter un nombre incalculable de fois, je ressens toujours les mêmes
frissons à l’écoute de 21st Century Schizoid Man, véritable
apocalypse que se déchaine, après quelques secondes, mélange de jazz et de
hard-rock, sauvage mais irréprochablement maîtrisée, avec des breaks divins et
la voie, totalement halluciné d’un Greg Lake en pilotage automatique. Ce titre,
d’une rare violence pour l’époque, le plus connu du groupe, démarre donc
l’album sur les chapeaux de roues et, second choc musical, l’absence de
transition avec la deuxième chanson de l’album, I Talk To The Wind,
curieuse ballade moyenâgeuse et mélancolique, aussi calme que 21st
Century Schizoid Man était déchainé, fait que ce contraste, s’il peut
perturber certains, n’en fonctionne pas moins superbement ; du moins,
c’est mon ressenti. Curieusement, et alors que l’on pouvait s’attendre à des
chansons un peu plus rentre-dedans (au vu du premier titre), force est de
constater que In the Court of the Crimson King est surtout
constitué de chansons qui tiennent plus de la balade que du hard rock. Vient
ensuite Epitaph, aux paroles sombres et marqué par l’omniprésence
du mellotron, superbe titre lui aussi, puis le tellement contesté Moonchild avec
ses deux minutes de chanson a proprement parlé et ses… dix minutes
d’improvisation minimaliste à la guitare, au vibraphone et aux percussions qui
n’en finissent pas, qui n’en finissent pas… et qui en auront fait hurler plus
d’un. Etrangement, j’ai de très bons souvenirs de cette chanson étant plus
jeune, mais je l’avoue, désormais, c’est un peu plus difficile ! Et pour
finir (car oui, il n’y avait que cinq titres sur cet album mais vu leurs durés,
cela se comprend parfaitement), ma seconde chanson préféré du
groupe : The Court of the Crimson King. Et après que l’on se
soit quasiment endormis avec le fameux Moonchild (oh, allez, qui n’est jamais
tombé dans les bras de Morphée en écoutant ce titre), le réveil est brutal avec
un départ en fanfare, presque héroïque, de cette cour du roi cramoisie qui nous
est décrite, là encore, dans une ambiance moyenâgeuse où se succèdent divers
personnages pittoresques comme la reine noire et la sorcière de feu, où
couplets se succèdent a des parties instrumentales avant que le prenne fin la
chanson… ah bah non, en fait, pas tout à fait… autre instrumental, acceptable
en 1969, juger par beaucoup ridicule en 2015… avant que la chanson ne reprenne
encore une fois pour un dernier tour et une véritable fin qui clôt donc, plutôt
en beauté, ce In the Court of the Crimson King. Depuis longtemps
rentré dans la légende de la musique populaire occidentale de la fin du
vingtième siècle, bien que peu connu du grand public, In the Court of
the Crimson King, premier album d’un groupe, King Crimson, qui sera surtout
marquer par le fait qu’en dehors de la présence continu de Robert Fripp, les
autres musiciens changeront tout le temps, n’a bien évidement plus rien à prouver
quand a sa place dans l’histoire de la musique. Bien évidemment, il est loin de
faire l’unanimité, y compris parmi les fans du groupe, du fait de quelques
faiblesses et imperfections ; de plus, il faut reconnaitre que si le temps
qui passe, finalement, presque cinq décennies déjà, n’a pas encore tuer cet
album, musicalement, il doit sonner un peu « bizarre » de
nos jours, surtout pour les plus jeunes d’entre nous. Mais bon,
personnellement, et même si celui-ci est loin d’être mon disque préférer
(d’ailleurs, je dois reconnaitre que j’en avais garder un souvenir un peu
enjolivé et que lorsque je me le suis acheter de nouveau il y a quelques
semaines, deux ou trois petites choses mon gênées), je l’aime bien ce In
the Court of the Crimson King, avec ses qualités et ses défauts, avec ses
superbes chansons et ses autres un peu moins réussies… et puis, oh, une
pochette comme ça, cela vous pose un album, non ?
Points
Positifs :
- Premier
album de King Crimson, In the Court of the Crimson King est
tout simplement leur meilleur opus, un truc énorme pour ne pas dire magistral
et qui, bien évidement, est également un des plus grands albums de l’histoire
de la musique populaire de la fin du vingtième siècle.
- 21st
Century Schizoid Man : sans nul doute la chanson la plus connue du
groupe et, probablement la meilleure. Un truc apocalyptique avec un Greg Lake
hors de contrôle et qui fonctionne toujours autant près de cinq décennies après
sa sortie.
- The
Court of the Crimson King, formidable titre aux allures moyenâgeuse et qui
conclut magistralement cet album.
- I
Talk to the Wind et, bien entendu, Epitaph, deux superbes
ballades qui méritent le détour.
-
Sans nul doute un des plus grands disques de rock progressif si ce n’est le
plus grand album du genre.
-
Une pochette bien évidement culte et qui est entrée depuis des lustres dans
l’histoire du rock.
Points
Négatifs :
- Moonchild débute
plutôt bien, puis, au bout de deux minutes, c’est parti pour une improvisation
de guitare sans grand souffle qui s’étale pendant… dix longues minutes !
Franchement, qui ne s’est jamais endormi en écoutant cette chanson !?
-
Aussi bon soit cet album, il faut reconnaitre qu’il est très difficile d’accès
pour les jeunes générations qui resteront pour le moins perplexe devant ce
monument du rock progressif.
Ma
note : 9/10
Marvels
Phil
est un journaliste à New York mais il ne rêve que d'une chose : aller
travailler en Europe. Il faut toutefois convaincre son patron qu'il mérite de
couvrir l'étranger. Alors qu'il réfléchit encore comment faire, il prend
machinalement des photos d'une conférence du professeur Phineas Horton. Le
scientifique est l'un des plus brillants de sa génération mais son discours sur
l'homme synthétique est d'un ennui ! Ce n'est pas avec ce genre de nouvelle que
Phil aura une promotion ! Mais pourquoi le professeur maintient-il un homme
dans un gigantesque cylindre ? À moins que cela soit un mannequin car il ne
bouge pas. Toujours est-il qu'il finit par brûler d'un coup. Le mannequin se
transforme en véritable torche. Les journalistes ne comprennent pas bien l'intérêt
de cette démonstration. Phil fait son job et prend des photos mais il s'arrête,
stupéfait. La torche a bougé et il est même sur que cette chose l'a fixé du
regard ! Tout le monde recule, surpris et horrifié. La réaction ne se fait pas
attendre et la plupart proteste contre cette expérience contre-nature. Tant et
si bien que Horton est obligé d'abandonner ses travaux. La presse a toujours eu
beaucoup de pouvoir. Les rumeurs disent que le professeur aurait gardé son
spécimen et l'aurait enterré dans une dalle de béton. Toujours est-il que Phil
prend le temps de profiter de sa compagne Doris. Pour une fois, ils ont le
temps de faire du shopping ! Cependant, du bruit se fait attendre à l'extérieur
dans la rue. Phil se précipite avec l'appareil photo à la main. Sait-on jamais
? Ce qu'il voit le glace d'effroi : il fait face à la Torche humaine !
Marvels
Scénario : Kurt Busiek
Dessins
: Alex Ross
Encrage : Alex Ross
Couleurs : Alex Ross
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur
: Marvel
Titre en vo
: Marvels
Pays
d’origine : Etats-Unis
Parution
: 1994
– 2019
Langue
d’origine : anglais
Editeur
français : Panini Comics
Date
de parution : 02 janvier 2020
Nombre
de pages : 224
Liste
des épisodes
Marvels 0-4
Marvels
Epilogue 1
Mon
avis : La toute première fois que j’ai
fait la connaissance d’Alex Ross, ou, plus précisément, de l’une de ses œuvres,
ce fut par le biais de l’extraordinaire Kingdom Come, mini-série
culte qui nous narrait le futur de l’univers DC et qui, au
passage, égratignait allègrement ce qu’étaient devenu les super-héros au cours
des années 90, c’est-à-dire, des individus sans scrupules et violents. Par la
suite, au fil des années, j’eus l’occasion de retrouver Alex Ross sur quelques
autres mini-séries comme JLA – Justice et Liberté et Justice,
deux autres œuvres DC qui, bien qu’étant assez réussies, ne
tenaient absolument pas la comparaison avec leur glorieux ainé – bien entendu,
je vous parlerais de toutes ces œuvres dans les semaines à venir. Curieusement,
ou pas, jusqu’à ce jour, je n’avais pas eu l’occasion de lire ce que le sieur
Ross avait fait chez Marvel, ce qui pourrait même être une hérésie,
aux yeux de certains, surtout que, ce fut par le biais de ce Marvels,
justement, que l’artiste s’est fait connaitre au près du grand public. C’était
en la lointaine année 1994, donc, que paru, un peu à la surprise générale, ce
fameux Marvels, mini-série en quatre partie – qui se fit adjoindre
rapidement, quelques mois plus tard, un numéro 0 – et qui, en revenant sur le
passé de l’univers de la Maison des Idées, nous montrait la vision de l’homme
du commun devant l’apparition des super-héros, ces fameuses Merveilles… A
l’époque, le concept était pour le moins original, il faut le reconnaitre et
même si, a de multiples reprises auparavant, Marvel était
revenu sur son passé, force est de constater que cette nouvelle vision de
celui-ci, un peu décalée puisqu’on nous la montrait par l’œil d’un individu a
priori banal, s’était avérée être une excellente idée. Cependant, il ne faut
pas se mentir : s’il y a bien une chose que chaque lecteur ou lectrice
aura retenu chez Marvels, ce fut, avant toute chose, le travail oh
combien magnifique d’Alex Ross. Peignant plus qu’il dessine, celui-ci livrait ici,
une prestation que l’on peut qualifier de somptueuse et, de la première à la
dernière page de cette mini-série, comment ne pas reconnaitre que nous en
prenons plein les yeux et que l’on ne peut qu’être admiratifs devant ces
planches ?! Bref, visuellement, Marvels est un pur régal,
pourtant, avec du recul, je dois reconnaitre que, même si j’admets sans
problème que cette mini-série est un incontournable de son époque,
qualitativement parlant, je lui préfère nettement Kingdom Come :
plus abouti, proposant un scénario nettement plus original et qui aura inspiré
bien d’autres œuvres par la suite, l’autre grande œuvre du sieur Ross est
supérieur à Marvels, mais bon, quoi qu’il en soit, si vous êtes
fans de comics, il est clair, selon moi, que vous ne pouvez pas passer a coté
de cette mini-série, ne serais-ce que pour découvrir Alex Ross à ses débuts,
croyez moi, cela vaut largement le coup d’œil !
Points
Positifs :
-
Une des plus importantes mini-séries des années 90, un truc énorme,
incontournable et qui aura remporté moult titres dans sa catégorie. Il faut
dire que Marvels aura marqué son époque, principalement parce
que cette œuvre aura fait découvrir un certain… Alex Ross !
-
Justement, la première chose qui saute aux yeux, ce sont les dessins ou,
plutôt, les peintures d’Alex Ross. Tout simplement magnifiques, celles-ci,
glorifiant comme jamais les super-héros, sont un pur régal pour les yeux et il
est évidant que, dans Marvels, les super-slips de la Maison des
Idées n’ont jamais été aussi beaux !
-
L’idée de revenir sur le passé de l’univers Marvel en nous
montrant comment les hommes de la rue ont vu l’apparition des super-héros et
ont dut se rendre à l’évidence qu’il fallait vivre avec est, ma foi, une très
bonne idée.
-
Le lecteur qui connaitrait mal le passé de Marvel aura
l’occasion, ici, de le découvrir puisqu’on retrouve tout un tas des plus grands
événements de celui-ci dans cette mini-série.
-
Alex Ross aura parsemé ses planches de multiples références culturelles :
ainsi, au gré des pages, on reconnaitra les Beatles, les Who et bien d’autres artistes
et acteurs célèbres…
-
Cette nouvelle édition nous propose l’épilogue publié l’an dernier et qui met
en avant la nouvelle équipe des X-Men. Ma foi, cela ravira les
fans.
Points
Négatifs :
-
Une mini-série qui vaut plus par la forme que par le fond. Il faut dire que
l’on retient surtout les fabuleux dessins d’Alex Ross, le scénario, lui, est
davantage une simple compilation de certains des plus grands moments du passé
de Marvel qu’autre chose…
Ma
note : 8,5/10
Ambient
1 – Music for Airports
Brian
Eno
1
- 1/1 (Brian Eno, Rhett Davies, Robert Wyatt) 17:20
2
- 1/2 (Brian Eno) 8:55
3
- 2/1 (Brian Eno) 12:06
4
- 2/2 (Brian Eno) 10:09
Ambient 1 – Music for Airports
Musicien
: Brian
Eno
Parution
: 6 mars 1978
Enregistré : 1978
Durée : 48:32
Genre
: Ambient
Producteur : Brian
Eno
Label
: E.G.
Records
Musiciens :
Brian
Eno : synthétiseur, piano électrique, chant
Christa
Fast : chant (2/1, 1/2)
Christine
Gomez : chant (2/1, 1/2)
Inge
Zeininger : chant (2/1, 1/2)
Robert
Wyatt : piano (1/1, 1/2)
Mon
avis : Tout en continuant à travailler
avec Bowie à la Trilogie Berlinoise et après avoir tout juste
sortit l’excellent Before
and After Science, le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de
la Salle Eno, plus connu sous le nom de Brian Eno ou de Eno tout court,
délaisse définitivement le coté pop de ses débuts de carrière – ce qui,
accessoirement, est fort dommage car s’il y a bien une chose que l’on a
tendance a oublier avec Eno, c’est que c’était un compositeur et un chanteur
diablement doué – afin de repousser encore plus loin les limites de
l’expérimentation musicale en nous livrant ce premier volet de Ambiant,
le fameux Music for Airports. On a beaucoup plaisanté quand a cet
album depuis sa sortie, mis en avant son coté minimaliste, cette musique
d’ascenseur ou de salle d’attente, sans grande mélodie, pourtant, ici, la chose
était parfaitement assumée par l’ancien de Roxy Music qui souhaitait nous
pondre un album qui serait, en quelque sorte, la parfaite bande originale des
salles d’attentes des aéroports – d’où son titre – quelque chose qui nous
proposerait une musique d’une simplicité absolue et qui pourrait, sans le
moindre problème, être interrompue par des annonces micros ou qui ne générait,
en aucune façon, les discussions des voyageurs en partance. Le résultat, bien
évidement, étonne encore de nos jours et il est clair qu’il faut accrocher au
concept, pas évidant d’accès, cependant, si vous adhéré a la chose, alors, ce
minimalisme absolu vous entrainera, très loin, vers d’autres cieux où règne un
calme absolu et où vous vous sentirez a mille lieux de la folie quotidienne… Un
album très particulier, certes, que ce Music for Airports, mais qui
aura démontré, en son temps, toute la palette de l’immense talent de l’un des
artistes les plus importants de la seconde moitié du vingtième siècle, je veux
bien évidement parler de Brian Eno, l’homme qui a s’est toujours présenté comme
étant un non musicien.
Points
Positifs :
- Amateurs
d’ambiant, cet album est incontestablement fait pour vous ! D’un
minimalisme absolu, celui-ci vous fera planer, le plus tranquillement du monde,
vers d’autres cieux, en attendant, justement, que le prochain avion vous y
amène…
-
Un Brian Eno qui repousse encore plus loin son processus d’expérimentation et
qui, abandonnant pour lui-même le coté pop, bascule définitivement vers
l’ambiant, l’électronique et les trucs que l’on écoute le matin, assis en
tailleur sur son pouf.
-
Si, par la force des choses, il est difficile de juger les morceaux de cet
album, le premier se démarque nettement comme étant, de mon point de vu, le
plus abouti.
Points
Négatifs :
- Bon,
il faut tout de même adhérer au concept et il est clair que Music for Airports est
un album qui ne plaira pas a tout le monde de par son coté minimaliste assumé.
De même, si vous n’appréciez guère l’ambiant, ne perdez pas votre temps…
-
Désolé mais la pochette, elle est franchement moche !
-
Dommage tout de même que Brian Eno, auteur doué et chanteur agréable, ait
définitivement laissé de coté les chansons a proprement parlé pour
l’expérimentation.
Ma
note : 7,5/10
Before
and After Science
Brian
Eno
1 - No One Receiving (Brian
Eno) 3:51
2 - Backwater (Brian
Eno) 3:43
3 - Kurt's Rejoinder (Brian
Eno) 2:53
4 - Energy Fools the
Magician (Brian Eno) 2:05
5 - King's Lead Hat (Brian
Eno) 3:53
6 - Here He Comes (Brian
Eno) 5:40
7 - Julie With... (Brian
Eno) 6:20
8 - By This River (Brian
Eno, Roedelius, Moebius) 3:03
9 - Through Hollow
Lands (Brian Eno) 3:03
10 - Spider and I (Brian
Eno) 4:08
Before and After Science
Musicien
: Brian
Eno
Parution
: 01 décembre 1977
Enregistré : 1977
Durée : 39:30
Genre
: Art-Rock,
Ambiant
Producteur : Brian
Eno, Rhett Davies
Label
: Polydor
Musiciens :
Brian
Eno : chant, synthétiseurs
(Minimoog, EMS Synthi AKS, Yamaha CS-80), piano, guitare, percussions, cuivres,
autres
Paul
Rudolph : basse, guitare rythmique
Phil
Collins : batterie
Percy
Jones : basse fretless, basse Delay
Rhett
Davies : agong-gong, stick
Jaki
Liebezeit : batterie
Dave
Mattacks : batterie
Shirley
Williams (Robert Wyatt) : cymbales
Kurt
Schwitters : chant
Fred
Frith : guitares
Andy
Fraser : batterie
Phil
Manzanera : guitare
rythmique
Robert
Fripp : guitare
Achim
Roedelius : piano, piano
électrique
Möbi
Moebius : piano
Bill
MacCormick : basse
Brian
Turrington : basse
Mon
avis : Poursuivons, pour ce qui est de
mes critiques musicales, avec Brian Eno, avec ce qui est peut-être son tout
meilleur album, Before and After Science. Personnellement,
j’entretiens depuis deux décennies, avec ce très cher Eno, une formidable
histoire d’amour, enfin, pas vraiment dans le sens physique du terme puisque,
n’étant pas gay, celui-ci ne m’a jamais franchement attiré et même si je
l’étais, et bien, comment dire, vu que je ne l’ai jamais rencontré… enfin bon,
je divague et commence a perdre le fil. Bref, cette histoire d’amour était,
comme cela peut être le cas avec Bowie, les Beatles, Neil Young et tant
d’autres, avant tout une histoire musicale, une passion inconditionnelle pour
un artiste qui ne m’a jamais laisser indifférent, et ce, dans le bon sens du
terme. En effet, que cela soit de ses tous débuts avec Roxy Music, où Brian,
qui se faisait alors seulement appeler Eno, jouait les apprentis sorciers
sonores et préférait chanter du fond de la salle, a sa carrière solo ainsi que
ces multiples collaborations avec, excusez du peu, quelques pointures comme
David Bowie, bien entendu, Robert Fripp, John Cale, Nico, les Talking Heads, U2
etc. (désolé pour ceux que j’oublie, la liste est trop longue), j’ai toujours
apprécier, que dis-je, adoré ces multiples productions au fil du temps. Car du
talent, le sieur Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (ouf !) en
possède a revendre, pour lui, pour les autres, ainsi que cette volonté d’aller
toujours plus loin, d’expérimenter de nouvelles choses, de franchir les
frontières sonores là où tant d’autres se contentent de répéter en boucle la
même rengaine pendant toute une carrière, bref, d’apporter au monde de la
musique de nouvelles choses, de nouveaux sons ; pas tout seul, bien évidement,
mais que Brian Eno fut une figure cruciale du paysage musical depuis les années
70 est un fait que personne ne peut nier en toute objectivité. Pourtant, qui le
connaît aujourd’hui ? Franchement, à moins d’être fan ou spécialiste, pas grand
monde ; d’ailleurs, était-il véritablement célèbre dans les années 70 ? Allons,
pas plus que ca. Toujours cette histoire de préférer chanter du fond de la
salle ? Un peu de ca, toujours… Ainsi donc, ne nous leurrons pas, ce Before
and After Science, paru en 1977, ne connu pas un grand succès commercial,
mais cela importe peu au final : après tout, dans un monde où des trucs
comme La Fête au Village, Jordy ou, plus récemment, René la Taupe
trustent les premières places des charts pendant des semaines, il est normal de
chercher les perles ailleurs. Et accessoirement, ce cinquième album en solo de
Brian Eno en est une, incontestablement. Si ses précédentes œuvres m’avaient
déjà enchanté et étaient déjà d’excellente factures, et si la suite sera bien
différente (l’ambiant avant tout), avec Before and After Science,
Eno nous offre là son disque le plus abouti, où rien n’est à jeter, parfait de
bout en bout (chose si rare dans les albums quels qu’ils soient, il faut bien
le reconnaitre) mais qui le verra également quitter définitivement les chansons
pop pour se consacrer, soit à la production, soit, comme dit précédemment, a
l’ambiant. Tournant majeur donc dans sa carrière, ce Before and After
Science fut enregistrer au même moment que la fameuse Trilogie
Berlinoise qu’il produisit avec David Bowie, et même dans la structure
de l’album, on ne peut s’empêcher d’y voir des point communs avec Low et Heroes :
une première face franchement pop, la seconde plus calme. Mais n’y voyons pas
là une vulgaire inspiration de son travail avec le mince Duc blanc mais plus
comme un condensé de ce qui fut sa carrière jusque là et, bien entendu, ce que sera
son évolution future. D’ailleurs, sur ce point, je trouve assez dommageable que
Brian Eno ne soit plus revenu depuis a la pop (enfin, a sa façon) et ne chante
quasiment plus : personnellement, j’ai toujours trouvé que celui-ci, que cela
soit avec Roxy Music, puis bien sur en solo et dans ses diverses collaborations
surtout dans les chœurs, avait une voix qui passait bien, que je trouvais
intéressante et qui, de mon point de vu, en valait bien beaucoup d’autres
prétendus chanteurs. Mais bon, cela restera comme un regret personnel. Mais
ce Before and After Science alors ? Car je parle, je parle et
je ne rentre pas dans le vif du sujet ! Tout d’abord, une chose est à signaler
: l’indéniable fait que Brian Eno a la chic pour savoir s’entourer de la crème
des musiciens du moment, que cela soit les habituels Robert Fripp, Manzanera ou
Phil Collins (heureusement cantonné a la batterie) mais aussi divers membres de
groupes expérimentaux allemands, Before and After Science est
un savant concentré de talents comme on en trouve rarement, et qui n’est pas
pour rien dans la qualité finale de l’ensemble. Mais les chansons, que
valent-elles ? No One Receiving explique Eno en guise
d’introduction mondialiste para-africaine qui lorgne déjà vers ce que sera sa
collaboration avec les Talking Heads, ce qui sera encore plus évidant avec ce
superbe morceau qu’est King's Lead Hat, véritable concorde de
dissonances crépitantes avec son vieux compère de Roxy Music, Phil Manzanera,
et dont le nom n’est rien d’autre que l’anagramme de Talking Heads qui
sortirent leur premier album quelques mois auparavant ; car si No One
Receiving fait un peu figure de morceau pop teinté de funk, le plus
endiablé King’s Lead Hat, lorgne carrément vers les terres du funk
blanc, et verra Eno copier les gimmicks vocaux de David Byrne, et notamment son
fameux phrasé hoquetant et haché. L’imitation étant d’ailleurs impressionnante
de ressemblance ! Mais comment ne pas parler également de l’hymne pop de
l’album, l’entrainant Backwater avec ses nappes synthétiques
qui préfigure la new-wave à venir ou de l’instrumental, bien trop court
hélas, Energy Fools the Magician ? Mais si la face A est de
prime qualité et ne me lasse jamais après tant et tant d’écoutes, c’est la B
qui marquera le plus les esprits et qui fera rentrer définitivement cet album
dans la légende : entre un Here He Comes a la mélodie parfaite
faisant rappeler les Beatles, le contemplatif Spider And I ,
sans doute l’une des plus belle chanson de cet album (et de la carrière d’Eno
!) dans laquelle les paroles fusionnent à merveille avec la musique, By
This River où la délicatesse et la sensibilité sont érigées en art
majeur, mais aussi le superbe Julie With... qui touche du
doigt la solitude de l’homme postmoderne avec une délicatesse infinie, c’est
comme si Brian Eno savait par avance que le mirage communicationnel annoncé se
retirerait pour laisser la place a un monde ravagé par l’angoisse, la
dépression et le sida. Oui, le rêve est fini depuis longtemps et les années 80
seront là pour le rappeler, quant à Eno, il sera toujours temps pour lui de
s’occuper des BO des salles d’attente des dentistes, des aéroports, des lofts
de Tokyo et des couloirs d’hôpitaux la nuit. Mais ceci est une autre histoire…
Points
Positifs :
- Sans aucun doute un des meilleurs si ce n’est
le meilleur album de toute la carrière de Brian Eno. Il faut dire que, avec Before
and After Science, le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de la
Salle Eno atteint la perfection absolue et nous livre un opus que l’on peut
qualifier de parfait de bout en bout. Un pur chef d’œuvre !
- Dans la lignée de Low et de Heroes
de David Bowie avec qui Eno travaillait à l’époque, Before and After Science
est composé de deux faces distinctes : une première, fort enjouée, qui
comporte de véritables pépites pop, une seconde, qui flirte avec l’ambiant,
avec des morceaux plus calmes et plus longs. Les deux étant, bien entendu,
parfaits.
- Une multitude de superbes chansons : No
One Receiving, King's Lead Hat, Backwater, Here He Comes, Spider And I, By This
River et, bien entendu, Julie With... sont de
pures merveilles mais le reste de l’album mérite lui aussi le détour.
-
Comme à son habitude, Brian Eno sait s’entourer d’une belle flopée de musiciens
qui ne sont pas pour rien pour la réussite de cet album.
-
Une pochette très simple, presque minimaliste mais plutôt réussie dans son
genre.
Points
Négatifs :
- Une
première face qui aurait gagnée à être un peu plus longue – il faut dire que
les petits morceaux pop qui la composent sont tellement bons qu’on aurait souhaité
qu’il y en ait un peu plus.
Ma
note : 8,5/10