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mercredi 30 juillet 2014

Tago Mago


Tago Mago
 
Can
 
1 - Paperhouse (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 7:22
2 - Mushroom (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 4:04
3 - Oh Yeah (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 7:26
4 - Halleluhwah (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 18:32
5 - Aumgn (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 17:33
6 - Peking O (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 11:37
7 - Bring Me Coffee Or Tea (Czukay, Karoli, Liebezeit, Schmidt, Suzuki) 6:48
 

Tago Mago
Musicien : Can
Parution : 26 février 1971
Enregistré : novembre 1970 – février 1971
Durée : 73:22
Genre : Krautrock, Rock experimental, Rock Psychédélique, Rock progressif
Producteur : Can
Label : United Artists Records
 
Musiciens :
Holger Czukay : basse, enregistrement, montage
Michael Karoli : guitare
Jaki Liebezeit : batterie, contrebasse, piano
Irmin Schmidt : claviers, chant sur Aumgn
Damo Suzuki : chant
 
Mon avis :
 Cinquante ans après sa sortie et vingt-six ans après que j’en ai entendu parler pour la toute première fois, j’ai enfin eu l’occasion, cet été, de découvrir ce véritable chef d’œuvre du rock progressif qu’est Tago Mago et, par la même occasion, ce groupe allemand qui aura marqué le genre Krautrock comme Kraftwerk, je veux bien évidement parler de Can. Alors certes, une fois de plus, il m’aura fallut du temps, beaucoup de temps pour me plonger dans ce monument musical, mais bon, comme il est coutume de le dire : mieux vaut tard que jamais. Et, sincèrement, il aurait été dommage de passer a coté d’une telle merveille… Alors bien sur, j’ai parfaitement conscience que ce disque n’est pas fait pour tout le monde, que rares sont ceux qui, de nos jours, apprécieraient un tel opus complètement cintré par moments et véritable ode a l’expérimentation. Cependant, pour peu que vous soyez plus ou moins familiers du genre, pour peu que vous possédiez une petite expérience en la matière, pour peu que vous ayez un age certain (car mine de rien, ça aide), quelle claque allez vous ressentir en écoutant ce double-album et ses sept titres tous plus barrés et géniaux les uns que les autres ! Car oui, ces quatre allemands et ce chanteur nippon complètement allumé avaient fait fort avec Tago Mago, sommet incontestable de leur carrière selon les spécialistes, nous offrant un album inclassable ou presque, une espèce d’ovni musical rarement égalé, souvent copié et qui inspirera bien d’autres groupes par la suite, encore de nos jours. Alors, si vous ne connaissez pas encore Can et ce Tago Mago, ne perdez pas une seule seconde, il serait tout de même dommage de passer a coté d’un tel chef d’œuvre, car entre ces sept titres qui vont de la ballade psychédélique a la Pink Floyd a l’expérimentation la plus absolue, vous ne vous ennuierez pas une seule seconde ; la marque des très grands, indéniablement !
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands albums de tous les temps, en tous cas, pour ce qui est du rock progressif, et, curieusement, pas le plus connu en dehors des spécialistes bien sur. Ici, Can est au sommet de son art et livre un double opus sans faute, faisant preuve d’une maitrise totale et nous faisant atteindre des sommets musicaux rarement atteints dans le genre.
- Sept titres seulement, mais longs, très longs même pour certains et pas une seule fausse note. De plus, ceux-ci sont assez différents les uns des autres et entre une première partie plus calme et mélodique – enfin, plus ou moins – et une seconde où le groupe expérimente a tout va, l’amateur de Krautrock sera aux anges, rien que ça !
- Musicalement, c’est très bon, incontestablement, et les divers musiciens font preuve d’une maitrise impressionnante. Cependant, une petite mention a Jaki Liebezeit, batteur génial et qui nous tient en hypnose sur bien des titres.
- Une pochette singulière mais néanmoins culte.
 
Points Négatifs :
- Si je devais trouver un seul point faible a Tago Mago, c’est peut-être dut au genre en lui-même qui vaut que le coté expérimentation a tout va accouche parfois du sublime comme du grand n’importe quoi, et, quoi qu’on en dise, on n’y échappe pas ici…
 
Ma note : 9,5/10

jeudi 3 juillet 2014

In the Court of the Crimson King


In the Court of the Crimson King
 
King Crimson
 
1 - 21st Century Schizoid Man, incluant Mirrors (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 7:20
2 - I Talk to the Wind (McDonald, Sinfield) 6:05
3 - Epitaph, incluant March for No Reason et Tomorrow and Tomorrow (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 8:47
4 - Moonchild, incluant The Dream et The Illusion (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 12:11
5 - The Court of the Crimson King, incluant The Return of the Fire Witch et The Dance of the Puppets (McDonald, Sinfield) 9:22
 

In the Court of the Crimson King
Musicien : King Crimson
Parution : 10 octobre 1969
Enregistré : Juin 1969 – Août 1969
Durée : 43:54
Genre : Rock Progressif
Producteur : King Crimson
Label : E.G., Island
 
Musiciens :
Robert Fripp : guitare
Ian McDonald : flûte, clarinette, vibraphone, claviers, mellotron, chœurs
Greg Lake : basse, chant
Michael Giles : batterie, percussions, chœurs
Peter Sinfield : textes et illumination
 
Mon avis : 
Autre temps, autre lieu, remontons plus deux décennies en arrière, a une époque où l’existence même de ce blog aurait été impossible et où mon principal loisir, alors, était d’écouter de la musique. Car oui, pendant une bonne partie des années 90, je m’étais constituer une collection non négligeable d’albums – entre 200 et 300, je ne me souviens plus du nombre exact – dont j’ai dut, quelques années plus tard, revendre une bonne partie afin de faire face à quelques aléas de la vie qui m’auront bien plomber une partie de mon existence ; mais bon, ce n’est ni le lieu ni le moment d’en parler. Mais pour en revenir à cette fameuse collection de CDs, car à l’époque, on ne téléchargeait pas, on achetait – avant des vinyles, puis des K7 avant de passer, donc, aux CDs – vu que l’on n’avait pas trop le choix non plus, bref, cette collection, débuté par ce que je peux appeler sans problèmes les classiques, d’abord les Beatles puis les Stones, Pink Floyd et surtout axée, musicalement, dans les décennies 60 et 70, en dehors de quelques exceptions notables, possédait des disques célèbres et que tout amateur de rock et de pop connait sur le bout des doigts, d’autres bien plus obscurs et même, je ne le nie pas, quelques étrangetés uniquement connues d’un petit nombre. Alors, forcément, dans cette vaste collection que je possédais alors, il y eut quelques ratés, ce qui, en soit, était presque normal : tout ne peux pas nous plaire. Mais pour parfaire cette collection, que j’ai acquise petit à petit au début, puis par paquet de dix albums quand l’envie m’en prenait, je m’aidais de la presse spécialisé, et plus particulièrement d’un hors-série de Rock & Folk, celui consacré aux 300 Disques Incontournables et qui me permis de découvrir, non seulement, de pures merveilles, mais également, de parfaire ma propre culture musicale. Mais, comme je vous le disais en préambule, c’était un autre temps, un autre lieu… Et donc, parmi ces merveilles que j’avais pu acquérir à l’époque, il y avait un curieux album, a la pochette pour le moins hideuse (pourquoi le nier, c’est le cas, et ce, même si elle est devenu mythique depuis), d’un groupe que je ne connaissais pas le moins du monde : King Crimson. Cet album, vous l’avez compris, c’est In the Court of the Crimson King dont le titre, a lui seul, est déjà tout un programme, comme la pochette, bien entendu, et surtout… son contenu. Mais procédons par ordre… Mon hors-série de Rock & Folk sous le coude et étant familiariser avec un certain  Robert Fripp que je connaissais pour ses collaborations avec Brian Eno, puis, sur Heroes, avec David Bowie, j’étais vraiment curieux de découvrir le potentiel d’un album dont j’avais entendu énormément de bien. Il faut dire qu’à l’époque, je fonctionnais de la sorte : un artiste ou un groupe me plaisait, cela me permettait d’en découvrir un autre, puis, suivant les collaborations ou affinités d’untel, j’en découvrais encore d’autres, encore et encore ce qui faisait qu’en partant, par exemple, de David Bowie, je pouvais arriver à King Crimson en passant par Brian Eno, les Roxy Music, les Talking Heads, John Cale, le Velvet Underground et Lou Reed. Mais bon, le temps passe, je parle, je parle, et je m’aperçois que je vous raconte surtout ma vie et que je n’ai toujours pas parlé de ce qui nous devrait intéresser principalement ici, la critique de ce In the Court of the Crimson King. Donc, après le choc graphique, car comment ne peut-il ne pas en être autrement au vu de la pochette de cet album (mais au moins, que l’on aime ou pas, non seulement, cela ne laisse pas indifférent, mais, qui plus est, cette fichue pochette est culte !), le choc musical, et ce, dès les premières secondes : encore aujourd’hui, après l’avoir écouter un nombre incalculable de fois, je ressens toujours les mêmes frissons à l’écoute de 21st Century Schizoid Man, véritable apocalypse que se déchaine, après quelques secondes, mélange de jazz et de hard-rock, sauvage mais irréprochablement maîtrisée, avec des breaks divins et la voie, totalement halluciné d’un Greg Lake en pilotage automatique. Ce titre, d’une rare violence pour l’époque, le plus connu du groupe, démarre donc l’album sur les chapeaux de roues et, second choc musical, l’absence de transition avec la deuxième chanson de l’album, I Talk To The Wind, curieuse ballade moyenâgeuse et mélancolique, aussi calme que 21st Century Schizoid Man était déchainé, fait que ce contraste, s’il peut perturber certains, n’en fonctionne pas moins superbement ; du moins, c’est mon ressenti. Curieusement, et alors que l’on pouvait s’attendre à des chansons un peu plus rentre-dedans (au vu du premier titre), force est de constater que In the Court of the Crimson King est surtout constitué de chansons qui tiennent plus de la balade que du hard rock. Vient ensuite Epitaph, aux paroles sombres et marqué par l’omniprésence du mellotron, superbe titre lui aussi, puis le tellement contesté Moonchild avec ses deux minutes de chanson a proprement parlé et ses… dix minutes d’improvisation minimaliste à la guitare, au vibraphone et aux percussions qui n’en finissent pas, qui n’en finissent pas… et qui en auront fait hurler plus d’un. Etrangement, j’ai de très bons souvenirs de cette chanson étant plus jeune, mais je l’avoue, désormais, c’est un peu plus difficile ! Et pour finir (car oui, il n’y avait que cinq titres sur cet album mais vu leurs durés, cela se comprend parfaitement), ma seconde chanson préféré du groupe : The Court of the Crimson King. Et après que l’on se soit quasiment endormis avec le fameux Moonchild (oh, allez, qui n’est jamais tombé dans les bras de Morphée en écoutant ce titre), le réveil est brutal avec un départ en fanfare, presque héroïque, de cette cour du roi cramoisie qui nous est décrite, là encore, dans une ambiance moyenâgeuse où se succèdent divers personnages pittoresques comme la reine noire et la sorcière de feu, où couplets se succèdent a des parties instrumentales avant que le prenne fin la chanson… ah bah non, en fait, pas tout à fait… autre instrumental, acceptable en 1969, juger par beaucoup ridicule en 2015… avant que la chanson ne reprenne encore une fois pour un dernier tour et une véritable fin qui clôt donc, plutôt en beauté, ce In the Court of the Crimson King. Depuis longtemps rentré dans la légende de la musique populaire occidentale de la fin du vingtième siècle, bien que peu connu du grand public, In the Court of the Crimson King, premier album d’un groupe, King Crimson, qui sera surtout marquer par le fait qu’en dehors de la présence continu de Robert Fripp, les autres musiciens changeront tout le temps, n’a bien évidement plus rien à prouver quand a sa place dans l’histoire de la musique. Bien évidemment, il est loin de faire l’unanimité, y compris parmi les fans du groupe, du fait de quelques faiblesses et imperfections ; de plus, il faut reconnaitre que si le temps qui passe, finalement, presque cinq décennies déjà, n’a pas encore tuer cet album, musicalement, il doit sonner un peu « bizarre » de nos jours, surtout pour les plus jeunes d’entre nous. Mais bon, personnellement, et même si celui-ci est loin d’être mon disque préférer (d’ailleurs, je dois reconnaitre que j’en avais garder un souvenir un peu enjolivé et que lorsque je me le suis acheter de nouveau il y a quelques semaines, deux ou trois petites choses mon gênées), je l’aime bien ce In the Court of the Crimson King, avec ses qualités et ses défauts, avec ses superbes chansons et ses autres un peu moins réussies… et puis, oh, une pochette comme ça, cela vous pose un album, non ?
 

Points Positifs
 :
- Premier album de King Crimson, In the Court of the Crimson King est tout simplement leur meilleur opus, un truc énorme pour ne pas dire magistral et qui, bien évidement, est également un des plus grands albums de l’histoire de la musique populaire de la fin du vingtième siècle.
- 21st Century Schizoid Man : sans nul doute la chanson la plus connue du groupe et, probablement la meilleure. Un truc apocalyptique avec un Greg Lake hors de contrôle et qui fonctionne toujours autant près de cinq décennies après sa sortie.
- The Court of the Crimson King, formidable titre aux allures moyenâgeuse et qui conclut magistralement cet album.
- I Talk to the Wind et, bien entendu, Epitaph, deux superbes ballades qui méritent le détour.
- Sans nul doute un des plus grands disques de rock progressif si ce n’est le plus grand album du genre.
- Une pochette bien évidement culte et qui est entrée depuis des lustres dans l’histoire du rock.
 
Points Négatifs :
- Moonchild débute plutôt bien, puis, au bout de deux minutes, c’est parti pour une improvisation de guitare sans grand souffle qui s’étale pendant… dix longues minutes ! Franchement, qui ne s’est jamais endormi en écoutant cette chanson !?
- Aussi bon soit cet album, il faut reconnaitre qu’il est très difficile d’accès pour les jeunes générations qui resteront pour le moins perplexe devant ce monument du rock progressif.
 
Ma note : 9/10

mardi 24 juin 2014

Marvels


Marvels
 
Phil est un journaliste à New York mais il ne rêve que d'une chose : aller travailler en Europe. Il faut toutefois convaincre son patron qu'il mérite de couvrir l'étranger. Alors qu'il réfléchit encore comment faire, il prend machinalement des photos d'une conférence du professeur Phineas Horton. Le scientifique est l'un des plus brillants de sa génération mais son discours sur l'homme synthétique est d'un ennui ! Ce n'est pas avec ce genre de nouvelle que Phil aura une promotion ! Mais pourquoi le professeur maintient-il un homme dans un gigantesque cylindre ? À moins que cela soit un mannequin car il ne bouge pas. Toujours est-il qu'il finit par brûler d'un coup. Le mannequin se transforme en véritable torche. Les journalistes ne comprennent pas bien l'intérêt de cette démonstration. Phil fait son job et prend des photos mais il s'arrête, stupéfait. La torche a bougé et il est même sur que cette chose l'a fixé du regard ! Tout le monde recule, surpris et horrifié. La réaction ne se fait pas attendre et la plupart proteste contre cette expérience contre-nature. Tant et si bien que Horton est obligé d'abandonner ses travaux. La presse a toujours eu beaucoup de pouvoir. Les rumeurs disent que le professeur aurait gardé son spécimen et l'aurait enterré dans une dalle de béton. Toujours est-il que Phil prend le temps de profiter de sa compagne Doris. Pour une fois, ils ont le temps de faire du shopping ! Cependant, du bruit se fait attendre à l'extérieur dans la rue. Phil se précipite avec l'appareil photo à la main. Sait-on jamais ? Ce qu'il voit le glace d'effroi : il fait face à la Torche humaine !
 

Marvels
Scénario : Kurt Busiek
Dessins : Alex Ross
Encrage : Alex Ross
Couleurs : Alex Ross
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : Marvels
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 1994 – 2019
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 02 janvier 2020
Nombre de pages : 224
 
Liste des épisodes
Marvels 0-4
Marvels Epilogue 1
 
Mon avis :
 La toute première fois que j’ai fait la connaissance d’Alex Ross, ou, plus précisément, de l’une de ses œuvres, ce fut par le biais de l’extraordinaire Kingdom Come, mini-série culte qui nous narrait le futur de l’univers DC et qui, au passage, égratignait allègrement ce qu’étaient devenu les super-héros au cours des années 90, c’est-à-dire, des individus sans scrupules et violents. Par la suite, au fil des années, j’eus l’occasion de retrouver Alex Ross sur quelques autres mini-séries comme JLA – Justice et Liberté et Justice, deux autres œuvres DC qui, bien qu’étant assez réussies, ne tenaient absolument pas la comparaison avec leur glorieux ainé – bien entendu, je vous parlerais de toutes ces œuvres dans les semaines à venir. Curieusement, ou pas, jusqu’à ce jour, je n’avais pas eu l’occasion de lire ce que le sieur Ross avait fait chez Marvel, ce qui pourrait même être une hérésie, aux yeux de certains, surtout que, ce fut par le biais de ce Marvels, justement, que l’artiste s’est fait connaitre au près du grand public. C’était en la lointaine année 1994, donc, que paru, un peu à la surprise générale, ce fameux Marvels, mini-série en quatre partie – qui se fit adjoindre rapidement, quelques mois plus tard, un numéro 0 – et qui, en revenant sur le passé de l’univers de la Maison des Idées, nous montrait la vision de l’homme du commun devant l’apparition des super-héros, ces fameuses Merveilles… A l’époque, le concept était pour le moins original, il faut le reconnaitre et même si, a de multiples reprises auparavant, Marvel était revenu sur son passé, force est de constater que cette nouvelle vision de celui-ci, un peu décalée puisqu’on nous la montrait par l’œil d’un individu a priori banal, s’était avérée être une excellente idée. Cependant, il ne faut pas se mentir : s’il y a bien une chose que chaque lecteur ou lectrice aura retenu chez Marvels, ce fut, avant toute chose, le travail oh combien magnifique d’Alex Ross. Peignant plus qu’il dessine, celui-ci livrait ici, une prestation que l’on peut qualifier de somptueuse et, de la première à la dernière page de cette mini-série, comment ne pas reconnaitre que nous en prenons plein les yeux et que l’on ne peut qu’être admiratifs devant ces planches ?! Bref, visuellement, Marvels est un pur régal, pourtant, avec du recul, je dois reconnaitre que, même si j’admets sans problème que cette mini-série est un incontournable de son époque, qualitativement parlant, je lui préfère nettement Kingdom Come : plus abouti, proposant un scénario nettement plus original et qui aura inspiré bien d’autres œuvres par la suite, l’autre grande œuvre du sieur Ross est supérieur à Marvels, mais bon, quoi qu’il en soit, si vous êtes fans de comics, il est clair, selon moi, que vous ne pouvez pas passer a coté de cette mini-série, ne serais-ce que pour découvrir Alex Ross à ses débuts, croyez moi, cela vaut largement le coup d’œil !
 

Points Positifs
 :
- Une des plus importantes mini-séries des années 90, un truc énorme, incontournable et qui aura remporté moult titres dans sa catégorie. Il faut dire que Marvels aura marqué son époque, principalement parce que cette œuvre aura fait découvrir un certain… Alex Ross !
- Justement, la première chose qui saute aux yeux, ce sont les dessins ou, plutôt, les peintures d’Alex Ross. Tout simplement magnifiques, celles-ci, glorifiant comme jamais les super-héros, sont un pur régal pour les yeux et il est évidant que, dans Marvels, les super-slips de la Maison des Idées n’ont jamais été aussi beaux !
- L’idée de revenir sur le passé de l’univers Marvel en nous montrant comment les hommes de la rue ont vu l’apparition des super-héros et ont dut se rendre à l’évidence qu’il fallait vivre avec est, ma foi, une très bonne idée.
- Le lecteur qui connaitrait mal le passé de Marvel aura l’occasion, ici, de le découvrir puisqu’on retrouve tout un tas des plus grands événements de celui-ci dans cette mini-série.
- Alex Ross aura parsemé ses planches de multiples références culturelles : ainsi, au gré des pages, on reconnaitra les Beatles, les Who et bien d’autres artistes et acteurs célèbres…
- Cette nouvelle édition nous propose l’épilogue publié l’an dernier et qui met en avant la nouvelle équipe des X-Men. Ma foi, cela ravira les fans.
 
Points Négatifs :
- Une mini-série qui vaut plus par la forme que par le fond. Il faut dire que l’on retient surtout les fabuleux dessins d’Alex Ross, le scénario, lui, est davantage une simple compilation de certains des plus grands moments du passé de Marvel qu’autre chose…
 
Ma note : 8,5/10

lundi 31 mars 2014

Ambient 1 – Music for Airports


Ambient 1 – Music for Airports
 
Brian Eno
 
1 - 1/1 (Brian Eno, Rhett Davies, Robert Wyatt) 17:20
2 - 1/2 (Brian Eno) 8:55
3 - 2/1 (Brian Eno) 12:06
4 - 2/2 (Brian Eno) 10:09
 

Ambient 1 – Music for Airports
Musicien : Brian Eno
Parution : 6 mars 1978
Enregistré : 1978
Durée : 48:32
Genre : Ambient
Producteur : Brian Eno
Label : E.G. Records
 
Musiciens :
Brian Eno : synthétiseur, piano électrique, chant
Christa Fast : chant (2/1, 1/2)
Christine Gomez : chant (2/1, 1/2)
Inge Zeininger : chant (2/1, 1/2)
Robert Wyatt : piano (1/1, 1/2)
 
Mon avis :
 Tout en continuant à travailler avec Bowie à la Trilogie Berlinoise et après avoir tout juste sortit l’excellent Before and After Science, le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno, plus connu sous le nom de Brian Eno ou de Eno tout court, délaisse définitivement le coté pop de ses débuts de carrière – ce qui, accessoirement, est fort dommage car s’il y a bien une chose que l’on a tendance a oublier avec Eno, c’est que c’était un compositeur et un chanteur diablement doué – afin de repousser encore plus loin les limites de l’expérimentation musicale en nous livrant ce premier volet de Ambiant, le fameux Music for Airports. On a beaucoup plaisanté quand a cet album depuis sa sortie, mis en avant son coté minimaliste, cette musique d’ascenseur ou de salle d’attente, sans grande mélodie, pourtant, ici, la chose était parfaitement assumée par l’ancien de Roxy Music qui souhaitait nous pondre un album qui serait, en quelque sorte, la parfaite bande originale des salles d’attentes des aéroports – d’où son titre – quelque chose qui nous proposerait une musique d’une simplicité absolue et qui pourrait, sans le moindre problème, être interrompue par des annonces micros ou qui ne générait, en aucune façon, les discussions des voyageurs en partance. Le résultat, bien évidement, étonne encore de nos jours et il est clair qu’il faut accrocher au concept, pas évidant d’accès, cependant, si vous adhéré a la chose, alors, ce minimalisme absolu vous entrainera, très loin, vers d’autres cieux où règne un calme absolu et où vous vous sentirez a mille lieux de la folie quotidienne… Un album très particulier, certes, que ce Music for Airports, mais qui aura démontré, en son temps, toute la palette de l’immense talent de l’un des artistes les plus importants de la seconde moitié du vingtième siècle, je veux bien évidement parler de Brian Eno, l’homme qui a s’est toujours présenté comme étant un non musicien.
 

Points Positifs
 :
- Amateurs d’ambiant, cet album est incontestablement fait pour vous ! D’un minimalisme absolu, celui-ci vous fera planer, le plus tranquillement du monde, vers d’autres cieux, en attendant, justement, que le prochain avion vous y amène…
- Un Brian Eno qui repousse encore plus loin son processus d’expérimentation et qui, abandonnant pour lui-même le coté pop, bascule définitivement vers l’ambiant, l’électronique et les trucs que l’on écoute le matin, assis en tailleur sur son pouf.
- Si, par la force des choses, il est difficile de juger les morceaux de cet album, le premier se démarque nettement comme étant, de mon point de vu, le plus abouti.
 
Points Négatifs :
- Bon, il faut tout de même adhérer au concept et il est clair que Music for Airports est un album qui ne plaira pas a tout le monde de par son coté minimaliste assumé. De même, si vous n’appréciez guère l’ambiant, ne perdez pas votre temps…
- Désolé mais la pochette, elle est franchement moche !
- Dommage tout de même que Brian Eno, auteur doué et chanteur agréable, ait définitivement laissé de coté les chansons a proprement parlé pour l’expérimentation.
 
Ma note : 7,5/10

vendredi 21 mars 2014

Before and After Science


Before and After Science
 
Brian Eno
 
1 - No One Receiving (Brian Eno) 3:51
2 - Backwater (Brian Eno) 3:43
3 - Kurt's Rejoinder (Brian Eno) 2:53
4 - Energy Fools the Magician (Brian Eno) 2:05
5 - King's Lead Hat (Brian Eno) 3:53
6 - Here He Comes (Brian Eno) 5:40
7 - Julie With... (Brian Eno) 6:20
8 - By This River (Brian Eno, Roedelius, Moebius) 3:03
9 - Through Hollow Lands (Brian Eno) 3:03
10 - Spider and I (Brian Eno) 4:08
 

Before and After Science
Musicien : Brian Eno
Parution : 01 décembre 1977
Enregistré : 1977
Durée : 39:30
Genre : Art-Rock, Ambiant
Producteur : Brian Eno, Rhett Davies
Label : Polydor
 
Musiciens :
Brian Eno : chant, synthétiseurs (Minimoog, EMS Synthi AKS, Yamaha CS-80), piano, guitare, percussions, cuivres, autres
Paul Rudolph : basse, guitare rythmique
Phil Collins : batterie
Percy Jones : basse fretless, basse Delay
Rhett Davies : agong-gong, stick
Jaki Liebezeit : batterie
Dave Mattacks : batterie
Shirley Williams (Robert Wyatt) : cymbales
Kurt Schwitters : chant
Fred Frith : guitares
Andy Fraser : batterie
Phil Manzanera : guitare rythmique
Robert Fripp : guitare
Achim Roedelius : piano, piano électrique
Möbi Moebius : piano
Bill MacCormick : basse
Brian Turrington : basse
 
Mon avis :
 Poursuivons, pour ce qui est de mes critiques musicales, avec Brian Eno, avec ce qui est peut-être son tout meilleur album, Before and After Science. Personnellement, j’entretiens depuis deux décennies, avec ce très cher Eno, une formidable histoire d’amour, enfin, pas vraiment dans le sens physique du terme puisque, n’étant pas gay, celui-ci ne m’a jamais franchement attiré et même si je l’étais, et bien, comment dire, vu que je ne l’ai jamais rencontré… enfin bon, je divague et commence a perdre le fil. Bref, cette histoire d’amour était, comme cela peut être le cas avec Bowie, les Beatles, Neil Young et tant d’autres, avant tout une histoire musicale, une passion inconditionnelle pour un artiste qui ne m’a jamais laisser indifférent, et ce, dans le bon sens du terme. En effet, que cela soit de ses tous débuts avec Roxy Music, où Brian, qui se faisait alors seulement appeler Eno, jouait les apprentis sorciers sonores et préférait chanter du fond de la salle, a sa carrière solo ainsi que ces multiples collaborations avec, excusez du peu, quelques pointures comme David Bowie, bien entendu, Robert Fripp, John Cale, Nico, les Talking Heads, U2 etc. (désolé pour ceux que j’oublie, la liste est trop longue), j’ai toujours apprécier, que dis-je, adoré ces multiples productions au fil du temps. Car du talent, le sieur Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (ouf !) en possède a revendre, pour lui, pour les autres, ainsi que cette volonté d’aller toujours plus loin, d’expérimenter de nouvelles choses, de franchir les frontières sonores là où tant d’autres se contentent de répéter en boucle la même rengaine pendant toute une carrière, bref, d’apporter au monde de la musique de nouvelles choses, de nouveaux sons ; pas tout seul, bien évidement, mais que Brian Eno fut une figure cruciale du paysage musical depuis les années 70 est un fait que personne ne peut nier en toute objectivité. Pourtant, qui le connaît aujourd’hui ? Franchement, à moins d’être fan ou spécialiste, pas grand monde ; d’ailleurs, était-il véritablement célèbre dans les années 70 ? Allons, pas plus que ca. Toujours cette histoire de préférer chanter du fond de la salle ? Un peu de ca, toujours… Ainsi donc, ne nous leurrons pas, ce Before and After Science, paru en 1977, ne connu pas un grand succès commercial, mais cela importe peu au final : après tout, dans un monde où des trucs comme La Fête au Village, Jordy ou, plus récemment, René la Taupe trustent les premières places des charts pendant des semaines, il est normal de chercher les perles ailleurs. Et accessoirement, ce cinquième album en solo de Brian Eno en est une, incontestablement. Si ses précédentes œuvres m’avaient déjà enchanté et étaient déjà d’excellente factures, et si la suite sera bien différente (l’ambiant avant tout), avec Before and After Science, Eno nous offre là son disque le plus abouti, où rien n’est à jeter, parfait de bout en bout (chose si rare dans les albums quels qu’ils soient, il faut bien le reconnaitre) mais qui le verra également quitter définitivement les chansons pop pour se consacrer, soit à la production, soit, comme dit précédemment, a l’ambiant. Tournant majeur donc dans sa carrière, ce Before and After Science fut enregistrer au même moment que la fameuse Trilogie Berlinoise qu’il produisit avec David Bowie, et même dans la structure de l’album, on ne peut s’empêcher d’y voir des point communs avec Low et Heroes : une première face franchement pop, la seconde plus calme. Mais n’y voyons pas là une vulgaire inspiration de son travail avec le mince Duc blanc mais plus comme un condensé de ce qui fut sa carrière jusque là et, bien entendu, ce que sera son évolution future. D’ailleurs, sur ce point, je trouve assez dommageable que Brian Eno ne soit plus revenu depuis a la pop (enfin, a sa façon) et ne chante quasiment plus : personnellement, j’ai toujours trouvé que celui-ci, que cela soit avec Roxy Music, puis bien sur en solo et dans ses diverses collaborations surtout dans les chœurs, avait une voix qui passait bien, que je trouvais intéressante et qui, de mon point de vu, en valait bien beaucoup d’autres prétendus chanteurs. Mais bon, cela restera comme un regret personnel. Mais ce Before and After Science alors ? Car je parle, je parle et je ne rentre pas dans le vif du sujet ! Tout d’abord, une chose est à signaler : l’indéniable fait que Brian Eno a la chic pour savoir s’entourer de la crème des musiciens du moment, que cela soit les habituels Robert Fripp, Manzanera ou Phil Collins (heureusement cantonné a la batterie) mais aussi divers membres de groupes expérimentaux allemands, Before and After Science est un savant concentré de talents comme on en trouve rarement, et qui n’est pas pour rien dans la qualité finale de l’ensemble. Mais les chansons, que valent-elles ? No One Receiving explique Eno en guise d’introduction mondialiste para-africaine qui lorgne déjà vers ce que sera sa collaboration avec les Talking Heads, ce qui sera encore plus évidant avec ce superbe morceau qu’est King's Lead Hat, véritable concorde de dissonances crépitantes avec son vieux compère de Roxy Music, Phil Manzanera, et dont le nom n’est rien d’autre que l’anagramme de Talking Heads qui sortirent leur premier album quelques mois auparavant ; car si No One Receiving fait un peu figure de morceau pop teinté de funk, le plus endiablé King’s Lead Hat, lorgne carrément vers les terres du funk blanc, et verra Eno copier les gimmicks vocaux de David Byrne, et notamment son fameux phrasé hoquetant et haché. L’imitation étant d’ailleurs impressionnante de ressemblance ! Mais comment ne pas parler également de l’hymne pop de l’album, l’entrainant Backwater avec ses nappes synthétiques qui préfigure la new-wave à venir ou de l’instrumental, bien trop court hélas, Energy Fools the Magician ? Mais si la face A est de prime qualité et ne me lasse jamais après tant et tant d’écoutes, c’est la B qui marquera le plus les esprits et qui fera rentrer définitivement cet album dans la légende : entre un Here He Comes a la mélodie parfaite faisant rappeler les Beatles, le contemplatif Spider And I , sans doute l’une des plus belle chanson de cet album (et de la carrière d’Eno !) dans laquelle les paroles fusionnent à merveille avec la musique, By This River où la délicatesse et la sensibilité sont érigées en art majeur, mais aussi le superbe Julie With... qui touche du doigt la solitude de l’homme postmoderne avec une délicatesse infinie, c’est comme si Brian Eno savait par avance que le mirage communicationnel annoncé se retirerait pour laisser la place a un monde ravagé par l’angoisse, la dépression et le sida. Oui, le rêve est fini depuis longtemps et les années 80 seront là pour le rappeler, quant à Eno, il sera toujours temps pour lui de s’occuper des BO des salles d’attente des dentistes, des aéroports, des lofts de Tokyo et des couloirs d’hôpitaux la nuit. Mais ceci est une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Sans aucun doute un des meilleurs si ce n’est le meilleur album de toute la carrière de Brian Eno. Il faut dire que, avec Before and After Science, le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno atteint la perfection absolue et nous livre un opus que l’on peut qualifier de parfait de bout en bout. Un pur chef d’œuvre !
- Dans la lignée de Low et de Heroes de David Bowie avec qui Eno travaillait à l’époque, Before and After Science est composé de deux faces distinctes : une première, fort enjouée, qui comporte de véritables pépites pop, une seconde, qui flirte avec l’ambiant, avec des morceaux plus calmes et plus longs. Les deux étant, bien entendu, parfaits.
- Une multitude de superbes chansons : No One Receiving, King's Lead Hat, Backwater, Here He Comes, Spider And I, By This River et, bien entendu, Julie With... sont de pures merveilles mais le reste de l’album mérite lui aussi le détour.
- Comme à son habitude, Brian Eno sait s’entourer d’une belle flopée de musiciens qui ne sont pas pour rien pour la réussite de cet album.
- Une pochette très simple, presque minimaliste mais plutôt réussie dans son genre.
 
Points Négatifs :
- Une première face qui aurait gagnée à être un peu plus longue – il faut dire que les petits morceaux pop qui la composent sont tellement bons qu’on aurait souhaité qu’il y en ait un peu plus.
 
Ma note : 8,5/10