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samedi 4 janvier 2020

La Galaxie Tragique


La Galaxie Tragique

Happé par l’effroyable Vide de Selestian, le vaisseau cosmique Voyageur émerge de l’autre côté du trou noir pour pénétrer dans un univers inconnu. Or, le commandant du vaisseau Voyageur, c’est VOUS, et sa destinée repose entre vos mains. Serez-vous capable de retrouver le chemin de la Terre en visitant les planètes que vous rencontrerez pour demander de l’aide aux extra-terrestres qui les peuplent ? Ou serez-vous condamnés, vous et votre équipage, à errer à jamais dans un espace inexploré ? Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


La Galaxie Tragique
Série : Défis Fantastiques n°4
Auteur : Steve Jackson
Illustration de la couverture : Peter Andrew Jones
Illustrations intérieures : Peter Andrew Jones
Titre original : Starship Traveller
Traduction : Camille Fabien
Année de l’édition Anglaise : 1983
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 343

Mon avis : 
Alors, tragique ou pas cette fameuse Galaxie Tragique ? Oui, bon, j’ai parfaitement conscience que débuter la critique de ce nouveau tome des Défis Fantastiques, le quatrième pour la petite histoire, par un mauvais jeu de mots d’une nullité affligeante n’est pas franchement la meilleur des manières et ne peut que, une fois de plus, nuire a ma propre crédibilité. Mais bon, que voulez vous, je n’ai pas put m’en empêcher, et ce, au point d’en être moi-même tragique… oui, c’est bon, je ne le ferrais plus. Mais au fait, quid de cette Galaxie tragique (non, là, c’est le titre) ? Et bien, tout d’abord, ce nouveau LDVELH est le second volume écrit en solo par Steve Jackson, déjà auteur de la peu enthousiasmante (malgré quelques bonnes idées et un boss de fin charismatique) Citadelle du Chaos, et une fois de plus, nous retrouvons la ce que l’un des deux fondateurs des Défis Fantastiques nous proposera dans ses volumes à venir : de l’innovation, des prises de risques et un certain non conformisme ; car là où un Livingston nous sortira toujours des œuvres plus ou moins conformistes, Jackson se démarquera vivement de son compère en sortant des sentiers battus et pour ce quatrième volume des Défis Fantastiques, force est de constater que celui-ci frappe fort puisque cette fois ci, nous sortons carrément, et pour la toute première fois, du cadre habituel de l’Heroic-Fantasy pour nous plonger tout bonnement dans la SF ! Ainsi, ne serais ce que pour cette raison, La Galaxie tragique à une place a part dans le petit monde des Livres dont vous êtes le héros. Pourtant, cette œuvre est loin, très loin de faire l’unanimité parmi les amateurs du genre. Fortement critiquée depuis sa sortie, en 1983, La Galaxie tragique ne possède qu’un lot assez réduit de fans, et si le néophyte pourrait penser que cela est dut au fait que ce LDVELH est mal aimé en raison son ambiance SF, ce n’est pas vraiment pour cela ; en effet, a la base, l’idée de Jackson est tout bonnement excellente et l’on ne peut que se réjouir d’une telle initiative, ce qui, au passage, n’arrivera que bien trop rarement par la suite. Cependant, nombreux sont ceux qui critiquent fortement cet ouvrage depuis belle lurette, lui trouvant mille et un défauts qui, a première vue, pourraient inquiéter le lecteur/joueur qui n’avait jamais eu l’occasion de le faire. Personnellement, j’étais dans ce cas là ; adolescent, du temps où je collectionnais les Livres dont vous êtes le héros, j’avais connu quelques mésaventures avec certains titres SF et La Galaxie tragique ne m’avait jamais franchement attiré, de même que d’autres titres comme Rendez vous avec la M.O.R.T ou Le combattant de l’autoroute. Bien évidement, j’étais (et d’ailleurs, quelque part, je le suis encore) bien plus attiré par l’Heroic-Fantasy ce qui, au passage, me fit passer à coté de titres intéressants. Comme vous vous en doutez, les années ont passé et une fois adulte, je me suis procurer cette fameuse Galaxie tragique afin de, premièrement, compléter ma collection (surtout a un prix attractif), deuxièmement, voir ce que celui-ci valait véritablement et constater par moi-même si toutes les critiques étaient justifiées. Et bien en fait, parfaitement. Bon, tout d’abord, abordons les points positifs de ce Défis Fantastiques : déjà, le fait que l’action se déroule dans l’espace et que, pour la première fois, un LDVELH nous permet de changer d’ambiance ; personnellement, je n’ai rien contre la SF en général et c’est tout de même hautement plus original que de devoir pour la énième fois partir tuer le grand méchant sorcier qui menace le monde. Ensuite, l’ambiance. Alors oui, Jackson aurait put faire mille fois mieux, c’est un constat indéniable, cependant, quel plaisir de se prendre pour le Capitaine Kirk et de déambuler ainsi, de planète en planète, d’explorer de nouveaux mondes étranges, d’autres civilisations etc. (vous connaissez la suite), car ce qui fait la grande force de ce livre/jeu, c’est son coté Star Trek parfaitement assumé et pour un vieux fan de cette série culte comme moi, quel plaisir. De même, et pour finir (hein, quoi, déjà ?!), les différentes races d’extraterrestres rencontrées sont suffisamment variées pour éveiller la curiosité du lecteur ; de même, certaines situations marquent assez les esprits et sont, selon moi, très bien trouvées comme le passage où un virus se propage dans notre vaisseau et où il faut trouver rapidement une solution pour sauver l’équipage, celui où l’on débarque sur une planète où tous ses habitants ont droit au chapitre et où il n’y a nul dirigeant (le véritable communisme ?), notre officier médical qui, en tentant de soigner la population locale d’une planète se trouve infecter a son tour ainsi que le combat contre un robot-tueur dans une arène, grand moment de ce livre. Ainsi, sans nul doute que lors de ma première tentative, où, pour rappel, je découvrais La Galaxie tragique, j’étais assez enthousiaste, trouvant que, finalement, et sans être non plus le truc de la mort qui tue, ce Défis Fantastique méritait peut-être une réhabilitation. Hélas, subitement, sans crier gare, je me suis aperçu que j’arrivais déjà a la fin, alors que j’avais a peine exploré ce fameux univers parallèle ; dubitatif devant ce constat, je me suis retrouver un peu couillon avec mes deux coordonnées d’emplacement de trou noir mais sans aucune de temps. Du coup, hop, fin de l’aventure et disparition ridicule et mal amener dans un autre trou noir. Déjà là, je commençais à sentir venir l’arnaque. Alors bien sur, La Galaxie tragique est assez courte en soit même – tout juste 340 paragraphes – ce qui en faisait le plus court des Défis Fantastiques, mais tout de même, quelle curieuse impression de ne pas avoir véritablement commencé l’aventure. Car le gros problème, justement, c’est que malheureusement, il ne se passe pas grand-chose. Déjà, ne vous attendez pas a un système de jeu hautement original, c’est du LDVELH première époque pur et dur et il est difficile de faire plus simple, nos seuls et uniques choix se limitant a aller sur la planète bleu, a gauche, la rouge, a droite, ou de continuer notre chemin ; bref, aucune évolution notable, les planètes se contentant de remplacer les fameuses portes dans les couloirs d’un quelconque souterrain. Ensuite, ces fameuses planètes : évidement elles sont assez variées, par contre, pour ce qui est de leur description, on repassera ; tout le temps vides, on ne rencontre à peine que quelques malheureux habitants et nos interactions avec ceux-ci sont souvent limités. D’ailleurs, l’idée pourtant excellente a la base de pouvoir se téléporter avec des membres de notre équipage n’est absolument pas développée comme on pouvait l’espérer et la plus part du temps, j’avais tendance à oublier que j’étais accompagner. Et cet équipage, justement ? Alors là, ca se gatte fortement : imaginez donc un Docteur Mc Coy ou un Mr Spock avec un charisme proche de celui d’une huitre (et encore, la comparaison est désobligeante pour celle-ci) et vous avez notre équipage qui décidément, ne casse pas des briques… L’on n’en viendrait presque à souhaiter effectuer l’aventure en solo plutôt que de se coltiner une telle équipe de bras cassés. Mais ce n’est pas tout, encore une fois ! A quoi bon nous offrir trois systèmes de combats différents – mains nues, phaseur et entre vaisseaux – si on ne les utilise quasiment jamais (personnellement, dans mes multiples essais, celui au phaseur reste une énigme) et d’ailleurs, sur ce point, il est bon de vous révéler le coup de grâce : si vous voulez venir a bout de ce livre, vous ne livrerez aucun combat !!! Du jamais vu dans un LDVELH ! Et on en vient au défaut ultime, La Galaxie tragique se révèle être un redoutable one-true-path mais sans logique aucune car une fois arriver au fameux paragraphe où on vous demande si vous avez les coordonnées du trou noir et celles de temps, c’est un petit peu au hasard que vous allez jouer votre avenir et celui de vos hommes puisqu’a aucun moment de l’aventure – par ailleurs courte – on ne vous donne le moindre indice quant aux véritables coordonnées. Du coup, soit vous avez du bol et vous allez au 340, soit ce n’est pas le cas et Steve Jackson décide de clore les débats en vous annihilant purement et simplement. Sympa n’est ce pas ? Et si vous n’avez pas les coordonnées, ce n’est pas grave, vous n’avez pas la possibilité de les cherchez encore (pourquoi ? Parce que !) et vous finissez de la même façon. Ridicule ? Effectivement… Du coup, je ne peux que comprendre les multiples critiques, bien souvent virulentes, de la part des amateurs des Livres dont vous êtes le héros a l’encontre de La Galaxie tragique, car, en partant d’un postulat de base original et prometteur – jouer a la façon de Star Trek dans un LDVELH – Steve Jackson se loupe complètement et nous offre du coup une œuvre creuse, vide, sans grande ambiance, bourrée de défauts et où l’on s’ennui vite, bref, une monumentale déception. Bien évidement, tout n’est pas à jeter dans ce livre, mais les défauts sont tellement nombreux et néfastes que la qualité de l’ensemble s’en trouve fortement affecter. C’est tout de même dommage pour La Galaxie tragique qui avait pourtant de bonnes idées au départ et qui apparaît, après coup, comme l’un des plus mauvais titre de la série.


Points Positifs
 :
- Premier Défis Fantastique à sortir du cadre traditionnel du médiéval fantastique puisqu’ici, nous nageons en pleine science-fiction.
- On louera la prise de risque et l’originalité de Steve Jackson, c’est toujours ça…
- On sent que Steve Jackson s’est fortement inspiré de Star Trek, ce qui est une bonne chose.

Points Négatifs :
- Bien entendu, l’aventure a lieu ici dans l’espace, certes, nous voyageons a bord d’un vaisseau spatial, mais bon, ne nous leurrons pas, il faut toujours tourner a gauche ou a droite, les planètes remplacent les salles et, comme dans tout bon Défis Fantastique qui se respecte, on ne peut pas faire demi-tour.
- Espace, frontière de l’infini… tellement vide… c’est fou ce que les quelques planètes visitées semblent désertes.
- Il n’y a qu’un seul et unique chemin pour parvenir a son but, cependant, alors qu’il faut trouver des coordonnées de trous noirs, nous n’avons aucun indices quand a celles-ci et, d’ailleurs, il n’y a aucune logique tout au long de l’aventure, les choix se faisant au petit bonheur la chance.
- Trois systèmes de combat, c’est bien ; encore faut-il qu’ils servent à quelque chose.
- On découvre avec désarroi que notre équipage est aussi charismatique que s’il était composé d’huitres ; ah, nous sommes loin de celui de l’USS Enterprise…
- Mais qu’est ce que c’est court !
- Les illustrations du sieur Peter Andrew Jones n’aident pas à élever le niveau, bien au contraire.

Ma note : 3/10

vendredi 3 janvier 2020

La Forêt de la Malédiction


La Forêt de la Malédiction

Seul le plus audacieux d’entre les braves oserait prendre le risque de traverser la Forêt des Ténèbres ou d’étranges sentiers sinueux s’enfoncent dans de terrifiantes profondeurs. Et VOUS, oserez-vous pénétrer dans la forêt maléfique ? Dans une terrible course contre le temps, vous aurez pour mission de découvrir, au sein de la forêt, le manche et la tête du légendaire marteau de Pontdepierre. Ce marteau a été façonné par des nains, et lui seul peut protéger le paisible village de Pontdepierre des anciennes malédictions qui le menacent. Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


La Forêt de la Malédiction
Série : Défis Fantastiques n°3
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Iain McCaig
Illustrations intérieures : Malcolm Barter
Titre original : The Forest of the Doom
Traduction : Camille Fabien
Année de l’édition Anglaise : 1983
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : 
Pour le troisième volume des Défis Fantastiques, c’est autour d’Ian Livingstone de s’y coller en solitaire – après Steve Jackson avec La Citadelle du Chaos – et cette fois-ci, nous changeons carrément d’ambiance puisque, pour la toute première fois dans la série, l’aventure, au lieu de se déroulée dans un environnement clôt (montagne puis forteresse) va nous permettre de respirer un grand bol d’air frais, celle-ci se déroulant en extérieur, et plus précisément dans la fameuse Foret des Ténèbres (traduction plus exacte de Forest of doom, comme on le retrouve, par ailleurs, dans le texte en VF). Bien évidement, il ne faut pas trop se leurrer et très rapidement, le lecteur/joueur se rendra compte qu’il n’existe pas de grandes différences avec les livres précédant, cependant, cette innovation est tout de même la bienvenue et nous permet de changer un peu de l’habituel rengaine « couloir, porte, monstre, trésor, tuer le sorcier à la fin »qui prévalait dans les deux premiers tomes de la série. De même, comme ce fut le cas avec Steve Jackson dans La Citadelle du Chaos, dans La Forêt de la Malédiction, Ian Livingstone pose les bases de ce que seront ses prochaines productions dans les LDVELH : un seul chemin, beaucoup d’objets indispensables à trouver pour pouvoir achever l’aventure. Car si le fait de pouvoir se balader au grand air, en pleine forêt, permet pour la toute première fois au lecteur/joueur d’avoir une sensation de non linéréalité – de par le biais de multiples chemins proposés – celui-ci se rendra rapidement compte que pour pouvoir retrouver les deux parties du fameux marteau de guerre des nains, ainsi que d’un autre objet indispensable, un seul chemin sera possible et il faudra donc quelques essais pour pouvoir le trouver, bien que cela, finalement, ne soit pas trop difficile. La difficulté, parlons en justement… Rarement Livre dont vous êtes le héros ne m’aura semblé être aussi simple ; que cela soit la faiblesse de la quasi-totalité des adversaires rencontrées (dont l’habileté et l’endurance oscille la plus part du temps entre 5 et 7 grand maximum), il sera difficile d’échouer dans cette aventure en combattant, et ce, même si certains monstres sont un peu plus compliqués comme le fameux Changeur de forme de la couverture, l’espèce de Vouivre, le Démon du feu (un Balrog ?) voir le Géant. Ainsi, même avec des caractéristiques que l’on pourrait qualifier de basses, il est possible de retrouver les deux parties du marteau et de rejoindre le village des nains. Bien évidement, pour ce qui est de trouver le bon, et unique chemin, c’est une autre paire de manches vu le nombre de possibilités qui s’offrent a nous des le départ et comme chacun sait, avec le sieur Livingstone, un mauvais choix de direction des le départ peut s’avérer fatal au final. Quoi que, pour une fois, si jamais l’on parvient au village de Pontdepierre sans le marteau complet, possibilité nous est offerte (comme ce fut le cas dans La Citadelle du Chaos) de retourner a l’entrée de la foret afin d’essayer un autre chemin et de conclure sa quête ; personnellement, ce fut ainsi que je suis parvenu a trouver les deux parties du marteau, mais aussi, le fameux objet indispensable. Mais même s’il s’agit d’un one-true-path, force est de constater que celui-ci est loin d’être insurmontable et que dans le genre, Livingstone fera bien plus vicieux par la suite. Bref, un LDVELH pas compliquer pour un sous et qui se démarque de ses prédécesseurs, ce n’est pas plus mal. Cependant, il ne faut pas trop se leurrer non plus puisque La Forêt de la Malédiction est loin d’être un grand Défis Fantastique. Tout d’abord, et même si cela fait plaisir de pouvoir enfin partir a l’aventure en plein air, force est de constater qu’a première vue, il ne semble pas trop avoir de différences de fond entre l’exploration d’un souterrain et celle de cette Forêt des Ténèbres : les sentiers remplacent les couloirs, les clairières ou les cabanes remplacent les salles et il est toujours question de demander au lecteur/joueur d’aller a droite plutôt qu’a gauche, ou de pénétrer dans telle cabane comme ce fut la cas auparavant dans une pièce. Bref, malgré des atours différents, c’est toujours la même chose. Ensuite, je vous avais parler de cette fameuse facilité rencontrée tout au long du livre ; et ben, quelque part, c’est un peu un problème pour une forêt sensée être d’une dangerosité extrême : alors que l’aventurier qui se lance a la recherche du fameux marteau de guerre des nains pouvait s’attendre a un véritable coupe gorge remplie de monstres qui allaient lui en faire baver, force est de constater que l’on est parfois plus proche de la petite promenade de santé dans les sous bois que dans une prétendue foret des ténèbres. De même, le peu de descriptions ne viennent pas arranger une ambiance qui peine a décollée et, pour peu que l’on ait des caractéristiques élevées, le seul challenge consiste à trouver le bon chemin, les adversaires et autres pièges rencontrées n’étant que de la chair a canon pour notre épée. En cela, je trouve dommage que Livingstone, qui plus tard, nous offrira le sublime Labyrinthe de la Mort, n’ait pas poussé la difficulté à un niveau plus élevée, mais aussi, qu’il ne soit pas plus attarder sur la description d’une forêt qui, finalement, ne me sera pas apparu si ténébreuse que cela. Quoi qu’il en soit, et malgré mes critique a mes yeux amplement justifiées, souvenons nous que La Forêt de la Malédiction n’est que le troisième Défis Fantastique, et, accessoirement, le premier en solo d’Ian Livingstone, et que tout, forcement, ne peut pas être parfait. De même, le fait de pouvoir enfin sortir des aventures en lieux clos est un point hautement positif même si cette forêt manque cruellement d’ambiance au final. Ajoutons au crédit de celle-ci un postulat de départ enfin intéressant (personnellement, j’ai bien aimé ne pas avoir à aller buter du sorcier et cette quête d’un marteau de guerre des nains était une bonne idée), de très bons dessins (œuvre d’un certain Malcolm Barter dont le style pourra en surprendre plus d’un mais qui colle parfaitement a l’ambiance générale), une couverture superbe (ca nous change de qui vous savez), les premières apparitions du village de Pontdepierre, de la foret des ténèbres, et surtout du puissant mage Yaztromo, figure récurrente des œuvres de Livingstone, et l’on s’aperçoit que cette Forêt de la Malédiction mérite, malgré ses défauts, le détour. Alors oui, c’est loin d’être parfait, mais bon, même ainsi, un Défis Fantastique convenable, a défaut d’être génial.


Points Positifs
 :
- Premier Défis Fantastique dont l’action se déroule en extérieur, ce qui nous permet enfin de quitter les couloirs des montagnes et des forteresses qui devenaient lassant à force.
- Un synopsis original – retrouver le marteau de guerre des nains – qui sort du traditionnel « il faut buter un sorcier ».
- Ian Livingstone nous pond sa première œuvre solo, bien évidement, c’est un one-true-path, cependant, ici, c’est encore acceptable.
- Première apparition d’un personnage récurant chez Livingstone : le mage Yaztromo.
- La couverture d’Iain McCaig est franchement réussie.
- Pour ce qui est des illustrations intérieures, le style de Malcolm Barter est pour le moins particulier mais je trouve que celui-ci colle parfaitement à l’ambiance.

Points Négatifs :
- Certes, l’action se déroule en extérieure et c’est une bonne chose mais reconnaissons néanmoins que tout cela est artificiel et qu’il n’y a guère de différences avec l’exploration d’un souterrain ou d’une forteresse : les couloirs sont remplacées par des allées, les pièces par des clairières, on a le choix entre tourner a gauche ou a droite, etc.
- Pour une forêt censée être ténébreuse, il est pour le moins singulier que, par moments, tout cela ressemble à une promenade bucolique ; j’exagère a peine.
- J’ai rarement joué à un LDVELH aussi facile, surtout pour ce qui est de la force des adversaires dont la plupart sont limites ridicules.
- C’est un one-true-path, facile mais un one-true-path tout de même.

Ma note : 7/10

La Citadelle du Chaos


La Citadelle du Chaos

Caché au sein de la Citadelle du Chaos, l’effroyable sorcier Balthus le Terrible prépare l’invasion de la Vallée des Saules. Ses plans de batailles sont prêts, son armée équipée et l’attaque est imminente. Or, VOUS seul êtes capable de répondre à l’appel désespéré du Roi Salomon, le souverain qui règne sur la Vallée. Car vous êtes le meilleur élève du Grand Enchanteur de Yore, et un Maître en matière de magie. Votre mission consistera à pénétrer au cœur de la Citadelle, dans le sanctuaire de Balthus le Terrible qu’il vous faudra à tout prix terrasser. Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


La Citadelle du Chaos
Série : Défis Fantastiques n°2
Auteur : Steve Jackson
Illustration de la couverture : Emmanuel
Illustrations intérieures : Russ Nicholson
Titre original : The Citadel of Chaos
Traduction : Marie Raymond Farré
Année de l’édition Anglaise : 1983
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : 
Après Le Sorcier de la Montagne de Feu qui fut le tout premier Défis Fantastiques, voilà que je m’attaque maintenant a La Citadelle du Chaos, deuxième volume de la série. Œuvre de Steve Jackson, qui agit cette fois-ci en solo, après l’écriture à deux mains, en compagnie d’Ian Livingstone, du Sorcier de la Montagne de Feu, La Citadelle du Chaos, depuis des années, souffre d’une assez mauvaise réputation parmi les amateurs du genre. Qu’en est-il vraiment ? C’est ce que je vais essayer de vous expliquer, et pourquoi, tout de suite. Bon, tout d’abord, il m’est impossible d’aller plus loin sans vous parler de la couverture de cet ouvrage qui est tout bonnement la plus hideuse de tous les Défis Fantastiques, voir carrément de tous les Livres dont vous êtes le héros, ce qui est tout de même notable en soit. Tout d’abord, je tenais à préciser que je n’ai strictement rien de personnel contre l’illustrateur de la couverture, un certain Emmanuel ; qui est-il, qu’a-t-il fait d’autre ? Sincèrement, je n’en sais rien mais quoi qu’il en soit, il n’a plus jamais sévis dans les LDVELH, ce qui, quant on regarde son unique boulot, n’est pas plus mal. Non mais sérieusement, je n’aime pas dénigrer juste pour le plaisir de le faire mais bon, comment dire, cet espèce de nounours noir aux yeux rouges, qui occupe une bonne place de la couverture, déjà ridicule en soit, avec un défilé de monstres a la queue leu leu derrière lui qui sortent de la fameuse Citadelle – ici orangée ce qui la fait perdre en crédibilité – sous un ciel rougeâtre avec quelques chauves souris qui se baladaient dans le coin, franchement, ce n’est pas terrible et je dois même reconnaître que j’avais même honte l’autre jour que ma femme la voit ; sans nul doute qu’elle se serait probablement posé quelques questions a mon sujet. Mais bref, comme vous pouvez le constater, avec une telle couverture, La Citadelle du Chaos ne part pas d’un bon pied, bien au contraire, mais le pire – car on pouvait toujours espérer un contenu autrement plus intéressant – c’est que la suite est loin de satisfaire nos attentes. Bon, force est de constater que l’on sent bien que nous avons la le tout premier ouvrage en solo du sieur Steve Jackson et accessoirement, l’un des tous premiers LDVELH de l’histoire : style hésitant, scénario pas franchement excitant, qualité non homogène dans l’ensemble, quelques petites incohérences dans le scénario, bref, tous ces petits défauts ne peuvent que jouer quant a la qualité finale de cette Citadelle du Chaos. Qui plus est, si l’on peut pardonner a Jackson le fait qu’il se rodait encore sur ce titre, souvenons nous que celui-ci n’est pas le premier (même si dans Le Sorcier de la Montagne de Feu, Livingston participa également a l’ouvrage) du britannique. Mais bon, quoi qu’il en soit, ce qui dénote fortement dans La Citadelle du Chaos, ce n’est pas forcement ses imperfections auxquels l’on peut s’attendre pour des premiers titres d’un nouveau genre, non, ce qui est plus grave, c’est, par exemple, son synopsis de base, d’une profonde banalité – partir tuer un méchant sorcier dans sa forteresse, encore une fois – le déroulement de la partie, où l’on ne sort guère du fameux triumvirat magique « porte/monstre/trésor », mais surtout, pour des incohérences qu’un adolescent dans les années 80 pouvait ne pas remarquer, mais qu’un adulte, trois décennies plus tard, ne peut plus occulter : en effet, le sieur Balthus le Terrible, le méchant du jour, encore un puissant sorcier de la mort qui tue (et celui la, il rigole pas comme on le constatera par la suite) a réuni dans sa forteresse, toute une armée prête a déferlée sur le monde libre (hum, où ais-je déjà vu ca ?), or, non seulement, on pénètre dans celle-ci (la forteresse bien évidement) comme dans un moulin, mais en plus, une fois a l’intérieur, si l’on peut faire quelques rencontres dans la cour, une fois dans la tour, c’est finis, ou presque : des couloirs vides, des pièces – grandes ou petites – vides, ou presque. Certes, j’exagère un peu, mais pas tant que ca car si l’on peut effectivement faire quelques rencontres, celles-ci sont rarissimes et la plus part du temps, nous nous contentons de déambuler dans la dite forteresse sans trouver nulle trace de la fameuse armée en question, ce qui, tout de même, me semble assez problématique. Mais le pire, car il y a un pire par-dessus la marché, c’est que, suivant le chemin que vous choisirez, vous risquer de ne rencontrer quasiment personne avant d’arriver devant la fameuse porte, a combinaison (c’est que Balthus, malgré ses immenses pouvoirs, a un petit peur de ses troupes), a moins de vous être fait tuer avant par les célèbres Ganjees. Tient, un petit mot sur ceux-ci : pour beaucoup, ces créatures dont on ne sait pas grand-chose, sont devenues cultes ; personnellement, si elles sont effectivement redoutables, j’aurais aimé en savoir un peu plus a leur sujet et, du coup, j’ai été un peu déçu. Bien évidement, tout n’est pas mauvais dans La Citadelle du Chaos, loin de la. D’ailleurs, sur ce point, Steve Jackson nous a sortit tout de même de bonnes idées : tout d’abord, le fait que l’on joue une espèce de magicien/guerrier et que l’on puisse utiliser des sortilèges ; intéressant sauf que personnellement, je viens de finir l’aventure sans user de magie, sauf une fois, ce qui me semble curieux pour un sorcier ? Ensuite, si les couloirs sont désespéramment vides, les quelques rencontres que l’on y fait sont assez marquantes pour marquer les esprits : les Ganjees donc (même si…), la sensuelle épouse de Balthus, Dame Lucrécia, le petit clin d’œil a la légende de Jason et les argonautes avec l’hydre et la Toison d’or et, bien évidement, Balthus le terrible en personne ! Ah, lui, par contre, il en jette pour un boss final et, sur ce point, ca nous change de Zagor qui, franchement, ne m’avait pas plus convaincu que ca ; puissant sorcier, costaud, formidable combattant (H12E19), celui-ci vous posera bien des problèmes, sans nul doute (ah, mon combat a l’épée où j’ai finis a 2 d’endurance, ouf !!!) mais, paradoxalement, vous pouvez, comme ce fut le cas dans Le Sorcier de la Montage de Feu, le tuer d’un coup et d’une façon particulièrement curieuse pour un individu de son acabit : en effet, Balthus craint la lumière du soleil, ce qui me laisse perplexe quant a l’attaque qu’il prévoir contre les royaumes voisins, il ne combattra que la nuit ? Et justement, c’est la aussi un coté dérangeant de ce livre-jeu : de bonnes idées, mais pas franchement exploitées jusqu’au bout et si l’aventure n’est pas difficile en soit (pas trop de pièges, une quasi absence de combats), une fois le bon chemin trouvé – et ce n’est pas bien compliquer – et les quelques rares objets indispensables (et encore) en votre possession, finir l’aventure sera pour vous un jeu d’enfants… mais ne vous laissera pas un grand souvenir. Soyons francs, La Citadelle du Chaos n’est pas un grand Défis fantastiques, bien au contraire, cependant, il n’est pas franchement mauvais ; certains passages m’ont bien plus, certaines rencontres également comme Dame Lucrécia, les monstres ridicules pour beaucoup m’ont amusé (les deux gardes du début et les Roulards) et puis, surtout, il y a Balthus, qui lui, en jette pas mal pour un boss de fin. De même, l’idée de jouer un magicien est plutôt pas mal selon moi et ce fait démontre la volonté, par la suite, de Steve Jackson, d’essayer d’innover dans les règles dans ses futures productions. Mais au fait, tout ceci ne vous dit rien ? Si, une certaine série du nom de Sorcellerie ! où l’on peut jouer un magicien et où (dans le dernier volume), on doit pénétrer dans une certaine forteresse (il y a même la cour et tout ce qui va avec) où règne en maitre un certain Archimage ! Et oui, indéniablement, il me semble évidant que La Citadelle du Chaos n’est que le brouillon de ce que sera le sublime chef d’œuvre de Steve Jackson, c'est-à-dire, la cultissime série Sorcellerie !


Points Positifs
 :
- Quelques innovations au niveau des règles puisque, pour la toute première fois, Steve Jackson nous permet de jouer un guerrier/magicien et que l’on peut donc user de pouvoirs magiques.
- Il y a pas mal de rencontres marquantes comme, principalement, Balthus, le fameux grand méchant du jour, plutôt coriace, son épouse, la sensuelle Dame Lucrécia, la rencontre avec les Ganjees et même une hydre qui rappellera quelques bons souvenirs aux fans de Ray Harryhausen.
- Dans le genre comique, il y aussi les deux gardes du début et les Roulards – voir illustrations.
- Encore une fois, les dessins de Russ Nicholson.

Points Négatifs :
- Bien évidement, La Citadelle du Chaos est connue pour posséder la couverture la plus moche de toute la série !
- Scénaristiquement, c’est très pauvre puisque, une nouvelle fois, on part tuer un sorcier dans sa forteresse.
- Balthus le terrible a, parait-il, engager une terrible armée autour de lui afin de fondre sur le monde libre, or, de façon surprenante, celle-ci est aux abonnées absents de la forteresse puisque celle-ci est désespérément vide…
- D’ailleurs, il y a pas mal de boulettes et autres illogismes dans le scénario.
- Certes, on possède des pouvoirs magiques, mais bon, encore faut-il que l’utilisation de ceux-ci se justifient au cours de l’aventure ce qui, ma foi, n’est pas vraiment le cas.

Ma note : 6,5/10

Le Sorcier de la Montagne de Feu


Le Sorcier de la Montagne de Feu

C’est au plus profond des labyrinthes de l’inquiétante Montagne de Feu, que se cache un redoutable Sorcier, gardien d’immenses trésors… si toutefois on en croit la rumeur, car de nombreux aventuriers ont pénétré dans les grottes de la Montagne, et nul n’en est jamais revenu. VOUS avez décidé, à votre tour, de tenter l’aventure. Mais êtes-vous bien conscient des périls qui vous guettent ? Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


Le Sorcier de la Montagne de Feu
Série : Défis Fantastiques n°1
Auteur : Steve Jackson et Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Peter Jones
Illustrations intérieures : Russ Nicholson
Titre original : The Warlock of the Firetop Mountain
Traduction : Camille Fabien
Année de l’édition Anglaise : 1982
Sortie de l'édition Française : janvier 1985
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : 
Si Le Seigneur des Anneaux fut incontestablement le roman qui me fit découvrir la littérature de l’imaginaire, a la même époque, c’est-à-dire, dans les années 80, un autre média, aujourd’hui tomber en désuétude, fit pour beaucoup pour mon gout pour la Fantasy ; celui-ci, les livres-jeux ou livres dont vous êtes les héros, connaissait alors un immense succès et nombreux furent ceux de ma génération qui, avant de passer aux jeux de rôles puis aux jeux vidéos, débutèrent par ces fameux LDVELH comme ils étaient alors connus. Et parmi ceux-ci, autant commencer par le commencement, qui n’a jamais entendu parler du célèbre Sorcier de la Montagne de Feu ? Devenu culte depuis bientôt trente ans, ce livre-jeu doit sa célébrité au fait qu’il s’agit tout bonnement du tout premier Livre dont vous êtes le héros, enfin, pas tout a fait exactement puisque le genre existait déjà auparavant, mais le premier, a coup sur, de la série qui fit la gloire de ceux-ci par la suite, les Défis Fantastiques. Novateur par sa taille – 400 paragraphes, jamais un livre-jeu n’avait été aussi long – par le fait qu’il ait été écrit à quatre mains – les fondateurs Steve Jackson et Ian Livingstone – mais aussi par son concept, fortement inspiré du jeu de rôle en beaucoup plus simple et où il fallait déterminer trois caractéristiques pour son personnage par le biais de lancés de dés, ceux-ci étant utiles tout au long de la partie a venir. Forcement, ce fut un coup de tonnerre en cette belle année 1982 et assez rapidement, d’abord en Grande Bretagne puis dans bien d’autres pays, Le Sorcier de la Montagne de feu explosa des records de vente et lança un genre, les LDVELH, qui marqua toute une génération. Ainsi, pour son coté historique indéniable, je ne pouvais pas, après vous avoir proposé quelques critiques des œuvres de Tolkien, aborder à présent un genre qui m’aura indéniablement marqué. Cependant, si l’on met de coté le coté historique du Sorcier de la montagne de feu, que peut on dire, en 2017, de celui-ci ? Car bon, comment dire, disons que des Livres dont vous êtes le héros, il y en a eu des tonnes après lui, et des excellents par-dessus le marché ; et puis, il y a aussi le facteur temps, non négligeable qui fait que, du haut de mes quarante ans, je n’ai plus le même regard envers ce livre qu’a quatorze ans. Tout d’abord, je dois reconnaître que j’ai été agréablement surpris en le refaisant et que j’y aie même pris un plaisir certain, car, sans être un chef d’œuvre absolu, loin de la, Le Sorcier de la Montagne de feu n’en est pas moins un bon Défis Fantastique, même si certains ont put le dénigrer avec le temps. Premier du genre, il était évidant que l’habitué des LDVELH, qui en a connu d’autres, repère immédiatement les défauts et les imperfections propices, et normales finalement, de ce qui est, il faut l’admettre, un coup d’essai. Mais pour une première, disons que les compères Jackson et Livingstone s’en sortent plutôt bien dans l’exercice toujours périlleux de l’écriture a deux mains. Bien évidement, les deux auteurs feront beaucoup mieux par la suite, mais tout de même, si Le Sorcier de la Montagne de feu a, encore aujourd’hui, garder son coté culte, ce n’est pas uniquement du a son coté historique… même si celui-ci y est aussi pour quelque chose. La première partie est l’œuvre d’Ian Livingstone, et, contrairement à ce que celui-ci nous offrira par la suite, ce n’est pas un one-true-path, ce qui signifie que l’on n’est pas obliger de se taper trente six essais pour trouver le seul et unique chemin possible pour finir le bouquin ; certains en sont friands, d’autres non, personnellement, je ne suis pas contre mais a petites doses seulement. Cependant, même ainsi, il ne faut pas se leurrer, tout cela reste bien linéaire et après une courte et pas franchement originale introduction, le héros, bref, nous, sorti de nulle part, s’en part pour la fameuse Montagne de feu afin de se taper le fabuleux trésor du maitre des lieux, un certain Zagor, apparemment un sorcier aux pouvoirs incommensurables. Rien de bien enthousiasmant, surtout que d’autres LDVELH, par la suite, proposeront des scénarios bien plus originaux et novateurs, mais bon, n’oublions pas qu’il s’agit du tout premier d’un genre qui évoluera par la suite. Autre chose, et petit détail à signaler, Zagor n’est absolument pas présenter comme étant un adepte absolu du mal (comme cela sera bien trop souvent le cas par la suite), c’est juste un sorcier qui vit dans sa montagne. Bref, on part a l’aventure et cette première partie, donc, est loin d’être difficile, les ennemis sont assez faibles, il n’y a pas a ma connaissance de risque de mort subite et l’aventure se déroule a un rythme tranquille, sans grand danger. Sur ce point, aussi, Livingstone rectifiera vite le tir par la suite. Et puis, finalement, on franchit une rivière… Une fois arriver de l’autre coté, c’est autour de Steve Jackson de prendre le relais, et la, franchement, la difficulté monte d’un ton. Oh, rien de bien exceptionnel en soit mais force est de constater que les ennemis rencontrés sont bien plus dangereux mais ce qui marquera surtout les esprits, c’est le fameux labyrinthe de Zagor, dédalle inextricable qui posera bien des problèmes, et ce, même avec une carte. A ce propos, une petite anecdote : étant un peu réfractaire a l’utilisation de plans (par flemme), j’étais littéralement paumé hier soir, tournant en rond pendant je ne sais combien de temps avant de me décider de faire un plan ; franchement, sans lui, j’y serais encore. Mais une fois le labyrinthe franchis, le lecteur est quasiment arrivé au bout de son périple et la encore, malgré la puissance des derniers adversaires proposés – le dragon et Zagor – si l’on possède les bons objets, on peut carrément éviter les combats et terrasser ceux-ci d’un coup, ce qui facilite encore l’aventure en elle-même. Mais alors, a nous les richesses de Zagor ? En fait, pas tout a fait car une fois arrivé devant le coffre au trésor, on s’aperçoit qu’il nous faut trois clefs, et que l’on peut en trouver six tout au long de notre parcours dans la montagne… sauf que trois sont un leurre. Alors, gare si l’on n’a pas les bonnes car du coup, on ne peut terminer l’aventure. Finalement, ca serait peut être bien un one-true-path alors ? Pas un de la mort qui tue mais tout de même… Quoi qu’il en soit, je me suis pointer avec quatre clefs et au bout de trois essais, a moi les richesses de Zagor et la curieuse possibilité offerte par les auteurs que l’on puisse choisir de demeurer dans la montagne et de devenir le nouveau maitre de celle-ci. Finalement, pour un coup d’essai, Le Sorcier de la Montagne de feu s’en sort plutôt bien selon moi. Ce n’est bien évidement pas un chef d’œuvre équivalent a son importance historique, d’ailleurs, ce n’est pas un chef d’œuvre tout court, cependant, force est de constater que malgré tout, Steve Jackson et Ian Livingstone, malgré quelques imperfections, s’en sortent assez bien et ont sut nous proposer une aventure, certes pas très difficile, certes pas franchement originale, mais assez agréable en soit. La suite des LDVELH sera bien évidement d’une toute autre qualité mais quoi qu’il en soit, pour son coté historique mais aussi parce que, après tout, ce n’est pas un mauvais livre, comme ont put le dire un peu hâtivement certains, Le Sorcier de la Montagne de feu, mérite que tout amateur du genre s’y attarde.


Points Positifs
 :
- Indéniablement, il y a le coté historique de la chose puisque Le Sorcier de la Montagne de Feu est bien entendu le tout premier Livre dont vous êtes le héros. Ajoutons a cela le coté nostalgique pour les vieux de la vieille.
- Un concept génial pour l’époque et qui accouchera de véritables chef d’œuvres par la suite.
- Pour un coup d’essai, force est de constater que les deux auteurs, Steve Jackson et Ian Livingston se débrouillent fort bien : le premier offre une seconde partie tout simplement diabolique (le labyrinthe) tandis que le second n’est pas encore tombé dans ses travers.
- Les illustrations de Russ Nicholson.

Points Négatifs :
- Bien évidement, pour les amateurs du genre, force est de constater que le genre offrira des titres de bien meilleure qualité et plus originaux par la suite.
- Le scénario est d’une simplicité affligeante : un sorcier vit dans une montagne, on décide d’aller le tuer afin de voler son trésor et, au passage, on butte quelques monstres en avançant dans des couloirs et en ouvrant des portes.
- Dès ce premier volet, les défauts des Défis Fantastiques se font jour et oui, mieux vaut partir avec des caractéristiques assez élevées pour parvenir au but ; de plus, pourquoi ne peut-on jamais faire demi-tour ?
- Mouais, le coup des clefs à trouver a la fin, c’est un peu frustrant si on n’a pas trouver les bonnes en chemin.
- En faisant un plan, la partie du labyrinthe peut être intéressante mais si vous ne le faites pas, vous allez tourner en rond pendant des heures ; vous voilà prévenus…

Ma note : 7,5/10

jeudi 2 janvier 2020

Le Silmarillion


Le Silmarillion

Les Premiers jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d'apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d'Angband. Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l'Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore.


Le Silmarillion
Auteur : J. R. R. Tolkien
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 15 septembre 1977
Edition Poche : 20 novembre 2003
Titre en vo : The Silmarillion
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Pierre Alien
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 478

Mon avis : Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, que l’on ne présente plus, puis Les Enfants de Húrin, récit magistral qui a pour protagonistes principal Túrin, héros maudit au destin tragique et qui vécut au Premier Age des Terres du Milieu, je poursuis mes critiques des œuvres du grand J.R.R. Tolkien avec ce qui est, sans nul doute, mon roman préféré de l’auteur britannique : Le Silmarillion. Ainsi, comme je le disais dans la critique des Enfants de Húrin, ce récit n’était que la version la plus complète existante d’une histoire que les familiers du maitre de la Fantasy moderne connaissaient depuis longtemps, en fait, depuis la publication, quatre années après le décès de ce dernier, d’un ouvrage qui a fait couler beaucoup d’encre depuis, le fameux Silmarillion. Et s’il a fait couler beaucoup d’encre, c’est qu’en fait, avec Le Silmarillion, nous avons l’exemple parfait d’un livre où il est impossible de se mettre d’accord car avec lui, il n’y a pas de juste milieu : soit on adore, soit on déteste. Mais il faut dire que pour expliquer ces sentiments aussi extrêmes, la structure même de ce roman y est pour beaucoup… Ainsi, dans Le Silmarillion, nous nous trouvons face à une œuvre qui, si on doit la comparer a quelque chose, tiendrait davantage de La Bible que d’un roman à proprement parler, et si la comparaison peut paraitre osée, elle apparait, selon moi, on ne peut plus justifiée. Après tout, et contrairement au Seigneur des Anneaux où nous avions droit à une histoire pour le moins conventionnelle dans sa structure, dans Le Silmarillion, le lecteur se retrouve devant un assemblage de divers récits qui vont de la création du monde jusqu’à la guerre de l’Anneau, à la fin du Troisième âge, et bien évidement, vu que tout cela s’étale sur des milliers et des milliers d’années, les protagonistes sont légions et entre les divers dieux, les Elfes, les humains, les noms sont tellement nombreux que s’y perdre est chose aisée – surtout que la traduction française n’y aide franchement pas, tellement bâclée qu’elle est. Du coup, devant cette avalanche de protagonistes, de lieux, de sauts dans le temps et de manque de héros véritable, nombreux seront ceux qui prendront leurs jambes à leurs cous et abandonneront la partie… mais les autres… Les autres, eux, ne pourront que s’extasier devant ses récits des jours anciens, devant la folie de Fëanor (pas moi, le vrai, celui d’où je tire mon surnom) et de sa rébellion qui entraine la malédiction sur les Noldors, ils ne pourront que se passionner pour les hauts faits de tous ces grands noms des temps jadis, s’extasier devant ses seigneurs elfes et ses grands héros humains qui les secondaient, trembler devant l’ennemi véritable, Melkor, le maitre de Sauron, déjà présent, mais aussi, et surtout, reconnaitre que Tolkien ne s’était pas contenter d’écrire un chef d’œuvre, Le Seigneur des Anneaux, mais avant toute chose, un univers cohérent, avec son histoire, ses légendes, ses différentes langues, ses hauts faits, ses trahisons les plus sombres, bref, admettre définitivement que depuis Tolkien, personne n’a fait aussi bien. Alors oui, Le Silmarillion n’est pas facile d’accès, je ne le nie pas, oui ce n’est qu’une compilation de divers récits écrits tout au long de la vie de Tolkien et regroupés, par ordre chronologique, par son fils, après sa mort, et oui, mille fois oui, s’il avait dut être publié du vivant de l’auteur, nul doute qu’il aurait été bien différent, mais en dehors de cela, quel chef d’œuvre incontestable !


Points Positifs :
- La véritable Bible de l’univers de Tolkien, un truc énorme, difficile d’accès, mais au souffle incontestablement épique et magistrale qui, si vous accrocher, ne peut que vous marquez a jamais ; d’ailleurs, d’un point de vue personnel, c’est mon œuvre préférée de Tolkien.
- Oui les protagonistes sont nombreux, oui on s’y perd au milieu de tous ces noms et oui, il se passe tellement de choses que tout cela n’est pas évidant par moments, mais sincèrement, quel plaisir pour ceux qui s’accrocheront et que de moments épiques !
- Certains récits sont tout simplement exceptionnels comme La Ruine du Beleriand et la Chute de Fingolfin, Beren et Lúthien, Túrin Turambar, Tuor et la Chute de Gondolin, pour ne citer que quelques exemples parmi les plus marquants.
- De la même façon, Ainulindalë qui nous narre le chant des Ainur sur la création du monde est un petit bijou.
- Réflexions philosophiques, sacrifices désespérés, hauts faits d’armes, trahisons, protagonistes maudits, histoires d’amour magnifiques : tout est magnifié dans Le Silmarillion.
- Après moult relectures, j’ai fortement apprécié l’Akallabêth qui nous narre la chute de Numenor et qui s’inspire très fortement du mythe de l’Atlantide.
- Au vu du comportement de pas mal d’Elfes dans ce récit, vous ne les verrez plus comme avant…
- Vous pensiez que Sauron était le maitre du mal ? C’est que vous ne connaissiez pas Morgoth !

Points Négatifs :
- Le Silmarillion est une œuvre très difficile d’accès et qui ne plaira pas à tout le monde, ni même à l’intégralité des amoureux de Tolkien, loin de là.
- Quel dommage que l’auteur n’ait pas put mettre en ordre tout cela du temps de son vivant.
- Une traduction française remplie de coquilles et de contre-sens.
- C’est quoi cette édition poche française qui illustre Le Silmarillion avec le combat de Gandalf et du Balrog dans la Moria !? Tout simplement ridicule !

Ma note : 9,5/10