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samedi 6 août 2022

The Knick – Saison 2


The Knick – Saison 2

Hiver 1901. Thackery est toujours en clinique de désintoxication mais maintenant dépendant à l'héroïne, et pratique en secret pour se payer des doses plus fortes. Edwards a pris sa place de chef de la chirurgie au Knick et espère y être officiellement nommé, cependant, à la suite de ses blessures pendant les combats de rue, il souffre d'un détachement de la rétine qui le handicape dans son métier, et d'un autre côté, le conseil pense à un remplaçant. Sœur Harriet a été arrêtée pour ses avortements et Cleary, par culpabilité, fait tout pour la faire libérer. Cornelia revient à New York mais doit vivre sous le toit de son beau-père pendant quelque temps. L'état de santé mentale de sa femme s'étant amélioré, Gallinger revient au Knick et en apprenant la position d'Edwards, décide de ramener Thackery. Pour cela, il l'enlève et l'amène en haute mer pour une désintoxication de toute substance. Une fois en meilleur état, Thackery décide d'étudier la dépendance aux drogues en la traitant comme une maladie.


The Knick – Saison 2
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Jack Amiel, Michael Begler et Steven Katz
Musique : Cliff Martinez
Production : Anonymous Content
Genre : Drame, Médical, Historique
Titre en vo : The Knick – Season 2
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Cinemax
Diffusion d’origine : 16 octobre 2015 – 18 décembre 2015
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 10 x 52 minutes

Casting :
Clive Owen : Dr John « Thack » Thackery
Andre Holland : Dr Algernon Edwards
Jeremy Bobb : Herman Barrow
Juliet Rylance : Cornelia Robertson
Eve Hewson : Lucy Elkins
Michael Angarano : Dr Bertram « Bertie » Chickering Jr.
Chris Sullivan : Tom Cleary
Cara Seymour : Sœur Harriet
Eric Johnson : Dr Everett Gallinger
David Fierro : Jacob Speight
Matt Frewer : Dr J.M. Christiansen
Maya Kazan : Eleanor Gallinger
Leon Addison Brown : Jesse Edwards
Grainger Hines : Capitaine August Robertson
Lucas Papaelias : Eldon Pouncey
Ying Ying Li : Lin-Lin
Richard James Porter : monseigneur Joseph Mills Lawlor
Melissa Errico : Catherine Christiansen
Zuzanna Szadkowski : Infirmière Pell
Danny Hoch : Bunky Collier
Perry Yung : Ping Wu
Suzanne Savoy : Victoria Robertson
Emily Bergl : Mme Hemming
Rachel Korine : Junia
Jennifer Ferrin : Abigail Alford
Ylfa Edelstein : infirmière Baker
Ghana Leigh : Mme Odom
Tom Lipinski : Phillip Showalter
Gary Simpson : Hobart Showalter
Charles Aitken : Henry Robertson
LaTonya Borsay : Evaline Edwards
Michael Nathanson : Dr Levi Zinberg
Reg Rogers : Dr Bertram Chickering, Sr.
Molly Price : Effie Barrow
Johanna Day : Eunice Showalter
Happy Anderson : Mr. James « Jimmy » Fester
Collin Meath : Phineas « Phinny » Sears

Mon avis : Ce fut avec un enthousiasme certain que je me suis plonger dans la seconde saison de cette excellente et originale série médicale qu’est The Knick, retrouvant ainsi le fantasque Dr Thackery et ses collèges de l'hôpital Knickerbocker, accessoirement, en bien mauvaises postures pour certains d’entre eux en commençant par notre héros (si le terme convient, ce qui n’est pas vraiment sur), en pleine cure de désintoxication un peu spéciale – oui, remplacer la cocaïne par l’héroïne, cela n’a jamais été une solution… Quoi qu’il en soit, ce fut donc avec un plaisir non dissimulé que j’ai regardé cette seconde (et, pour l’instant, dernière saison) de The Knick, surtout que, ayant fortement aimé la première, je m’attendais à passer encore une fois un très bon moment devant cette série. Et, ma foi, ce fut le cas car bon, comment dire, si bien évidement, désormais, l’effet de surprise était passé et les personnages familiers, cela permettait également de rentrer dans le vif du sujet : les situations s’enchainent toujours aussi rapidement, les protagonistes sont toujours aussi intéressants et entre certains cas cliniques complexes – je pense particulièrement aux deux sœurs siamoises – et une mise en scène toujours aussi impeccable, il n’y a rien a redire, cette seconde saison de The Knick, spectaculaire et terriblement sexy dans sa conception plaira aux fans de la première heure. Cependant, il y a un mais qui fait que, en toute sincérité, cette saison 2 est inférieure a sa devancière : le fait que, vers la fin, dans les derniers épisodes, on sent que certaines pistes sont énoncées mais abandonnées en court de route, ce qui laisse une impression un peu étrange, comme si tout cela n’était pas vraiment finit alors que, au vu des dernières nouvelles que j’ai put trouver sur le net, il semblerait bien que cela soit le cas. Dommage car en dehors de ces quelques petites imperfections et de un ou deux raccourcis facile, cette seconde saison de The Knick est vraiment bonne, peut-être pas au point qu’on puisse la qualifier de chef d’œuvre, cela serait exagéré, mais en tous cas largement supérieure a une bonne partie de la concurrence, et là, c’est une certitude !


Points Positifs :
- On reprend bien évidement tout ce qui avait fait le succès de la série dans la première saison – c’est-à-dire, la mise en scène impeccable, la bande son très moderne, le coté cinématographiques a grand spectacle et une certaine exagération par moments mais qui reste plaisante – et c’est reparti pour dix nouveaux épisodes !
- Il y a une foule de bons voir de très bons acteurs dans The Knick mais force est de constater que Clive Owen est largement au-dessus de tout le monde : fantasque, habité, complètement dans son rôle, excellent, tout simplement !
- Entre l’opération des deux siamoises et le final avec l’auto-opération du Dr Thackery, il s’en passe des choses dans le Knickerbocker !
- Je l’aime vraiment bien Cleary, un sacré colosse qui ne vit que de magouilles mais sincèrement amoureux de sa bonne sœur préférée.

Points Négatifs :
- Quelques raccourcis un peu embêtants ainsi que des pistes abandonnées en court de route : ainsi, on n’en apprend pas plus sur le mariage du Dr Edwards et, vers la fin, on se dit qu’une partie des intrigues secondaires sont conclues a la va vite. Dommage.
- Certains n’accrocheront pas à cette esthétique et cette bande originale particulière.

Ma note : 8/10

vendredi 5 août 2022

La Planète Sauvage


La Planète Sauvage
 
Sur la planète Ygam vivent les Draags, une espèce d'humanoïdes mesurant douze mètres de haut. Ils ont atteint les plus hauts sommets de la connaissance. Leur existence s’écoule lentement, toute entière tournée vers la méditation. Les enfants des Draags raffolent de minuscules animaux familiers, les Oms, ramenés d'une lointaine planète dévastée, Terra. Peu de Draags envisagent les Oms comme des créatures intelligentes, même s’ils sont doués d'une faculté d’adaptation certaine. Certains Draags considèrent même cette espèce comme nuisible, car si les Oms de luxe font la joie des petits, les spécimens qui s’échappent et retournent à l’état sauvage tendent à proliférer dans les parcs et volent des biens appartenant aux Draags. Terr est un bébé dont la mère, une Om sauvage, meurt lorsque des enfants Draags s'amusent avec. Tiwa, la fille de Sinh, est attendrie par le bébé et le recueille.
 

La Planète Sauvage
Réalisation : René Laloux
Scénario : René Laloux et Roland Topor d'après le roman de Stefan Wul
Musique : Alain Goraguer
Production : Les films Armorial, Service de la recherche ORTF, Československý Filmexport
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : La Planète Sauvage
Pays d'origine : France, Tchécoslovaquie
Langue d'origine : français
Date de sortie : 06 décembre 1973
Durée : 72 mn

Casting :
Jennifer Drake : Tiwa
Éric Baugin : Terr enfant
William Coryn : Terr adolescent
Jean Topart : maître Sinh
Jean Valmont : Terr adulte et le narrateur
Jeanine Forney : la fiancée de Terr
Sylvie Lenoir : la voix
Yves Barsacq : un Om
Gérard Hernandez : un maître Draag
Philippe Ogouz : un Draag
Denis Boileau : un Draag
Julien Thomast : un jeune Om
 
Mon avis :
 Avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, la critique à proprement parler de La Planète Sauvage, film d’animation de science-fiction de René Laloux et Roland Topor et qui fêtera, l’année prochaine, son cinquantième anniversaire, je tenais à m’attarder un peu sur mon histoire personnelle vis-à-vis de cette œuvre, car, il me semble, le sentiment que j’ai ressenti à son encontre pendant des années est symptomatique de ce qui m’arrive un peu trop souvent à mon gout : juger une œuvre sur une première impression et persister, coute que coute, dans ce jugement, sans aucune volonté de lui donner une seconde chance. Ainsi, dans le cas présent, disons que La Planète Sauvage est un cas d’école typique. Forcément, tous ceux qui connaissent cette œuvre – qu’ils l’aient vu ou, du moins, qu’ils sachent de quoi il en retourne – peuvent  imaginer comment un enfant de six ou sept ans peut l’apprécier à sa juste valeur ? Car ce fut sensiblement à cet âge que j’ai, pour la première et unique fois de ma vie, regarder cette fameuse Planète Sauvage présenté, lors de sa diffusion sur le petit écran au début des années 80, comme une pure merveille, le chef d’œuvre du cinéma d’animation français. Bien évidemment, ayant à cette époque d’autres préoccupations, d’autres gouts, et surtout, un vécu qui n’est pas celui d’aujourd’hui, le visionnage de ce film me laissa dans un état de perplexité total, voire pire, me dégouta a un point que… quatre décennies s’écoulèrent ! Car oui, pendant environ quarante ans, j’en étais resté à mon ressenti d’alors, estimant que, comme cette « chose » était française, qu’il en avait été fait des tonnes à son sujet, que franchement, c’était à mille lieux de véritables dessins animés de qualité et que cette Planète Sauvage et ses animations sous LSD tenaient davantage du délire pseudo-intellectuel bien de chez nous qu’autre chose… Et le temps passa, passa, les années d’abord, puis les décennies, sans que je ne daigne retenter l’expérience. Et puis, curieusement, il y a quelques semaines, j’avais lu un court article sur ce film et, alors que je l’avais presque oublié – mais l’on n’oublie jamais totalement La Planète Sauvage, ne serais-ce que pour ses dessins – j’eu la curieuse envie de le revoir, de découvrir, avec un regard plus mur et expérimenté, si, finalement, cette œuvre ne méritait pas que je lui donne une seconde chance… Bien entendu, me souvenant tout de même de mon vieux ressentit, je n’attendais pas grand chose de ce second visionnage, quatre décennies après, de La Planète Sauvage, pourtant, au bout de quelques minutes de film, je dus constater, un peu surpris, que finalement, ce n’était pas aussi nul que dans mes souvenirs. D’ailleurs, la bande son que je m’imaginais être un truc acide lambda s’avéra être, autre surprise, plutôt réussie, avec certes, une sonorité de l’époque, mais pas franchement désagréable, bien au contraire. Et puis, si les dessins, comme dans mon souvenir, étaient et restaient pour le moins particulier, je devais reconnaitre que, si je ne suis pas un immense fan de ceux-ci, loin de là, je ne pouvais m’empêcher de leur trouver une certaine qualité, me disant que le sieur Roland Topor, dans sa partie, était plutôt un bon. Spécial donc, un peu daté, certes, mais moins désagréable que prévu et d’ailleurs, nouvelle surprise, petit à petit, alors que l’intrigue avançait, je commençais a me prendre au jeu, à me dire que telle idée était plutôt pas mal, à m’amuser de rechercher les références et même, les inspirations que cette Planète Sauvage donna a d’autres œuvres ultérieures. Et puis… et puis… oui, c’était spécial, mais en fait, je me surpris à me dire que, finalement, c’était quand même pas mal pour l’époque et que, même si je ne voyais toujours pas en ce film d’animation le chef d’œuvre annoncé par certains, et bien, cela n’en restait pas moins plutôt bon ! Alors bien sûr, je ne suis pas rentré dans le vif du scénario, laissant le plaisir de la découverte a celles et ceux qui souhaiteraient tenter l’expérience. Pour les autres, ceux qui connaissent déjà cette œuvre, disons que celle-ci est en fait une adaptation d’un roman de Stefan Wul, Oms en Série, et paru en 1957 et que, au vu des petites recherches que j’ai effectué, elle est plus ou moins fidèle. Alors, il y aurait probablement beaucoup à dire sur cette Planète Sauvage, je ne le nie pas, mais je laisse cela à d’autres, autrement plus doués que moi, quant à moi, mon opinion au sujet de cette œuvre aura bien changer : certes, il aura fallu quarante ans environ pour cela, mais bon, comme on a coutume de le dire, vaut mieux tard que jamais, mais quoi qu’il en soit, si La Planète Sauvage n’est pas forcément un chef d’œuvre, si le passage du temps à jouer, forcément, sur la perception que les plus jeunes peuvent avoir de celle-ci, nul doute que nous avons tout de même une œuvre de qualité, plutôt audacieuse – en France – pour l’époque et qui mérite d’être vue, par tout amateur du genre, au moins une fois dans sa vie… 
 

Points Positifs
 :
- Sans aucun doute le meilleur film d’animation de science-fiction français, une œuvre culte aux yeux de pas mal de monde et qui, malgré les décennies écoulés et un certain vieillissement compréhensible, n’a rien perdu de son intérêt pour les amateurs du genre.
- Malgré le coté un peu daté de la chose, force est de constater que les dessins du sieur Roland Topor sont de toute beauté et que cet univers proposé est oh combien enchanteur pour les yeux.
- Une intrigue nettement plus profonde qu’on pourrait le penser de prime abord et qui s’avère être une ode à la fraternité entre les peuples, quelque soient leurs différences.
- Un univers plutôt riche, assez étonnant avec ses créatures improbables et qui fourmille de bonnes idées.
- Une bande originale en adéquation avec son époque – c’est du progressif – mais qui n’en reste pas moins fort réussie.

Points Négatifs :
- Une conclusion trop rapide selon moi, ce qui est dommage car il y avait, je pense, de quoi s’attarder un peu plus sur cette dernière partie.
- Dommage tout de même que Tiwa n’apparaisse plus une fois passé la moitié du film. Au vu de sa relation avec Terr, c’est un peu problématique.
- Il faut reconnaitre que La Planète Sauvage accuse nettement son âge et que l’ensemble apparait comme étant un peu daté.
- Malheureusement, je vois mal comment un public moderne peut accrocher à une œuvre d’un autre temps et qui, par son animation naïve, son style, sa narration et sa musique risque de laisser indifférent pas mal de monde…

Ma note : 7,5/10

jeudi 4 août 2022

Phase IV


Phase IV
 
Ernest D. Hubbs, scientifique issu d'une grande université, découvre que le cosmos influence certaines espèces de fourmis, en Arizona Celles-ci s'unissent, éliminent leurs prédateurs et construisent des structures inhabituelles. Elles semblent douées d'intelligence et de stratégie. Hubbs s'associe avec son collègue James Lesko pour en faire une étude plus poussée. Ils font évacuer la région, construisent un laboratoire de pointe et commencent à étudier le comportement des fourmis. Le lendemain de l'installation du laboratoire, celles-ci l'attaquent, mais Lesko diffuse un poison jaune qui tue toutes les assaillantes. Quand Lesko et Hubbs sortent, ils découvrent Kendra, une habitante de la région qui n'avait pas été évacuée. Dans l'impossibilité de le faire, puisque coupés du monde, ils la recueillent.
 

Phase IV
Réalisation : Saul Bass
Scénario : Mayo Simon d'après le roman de Barry N. Malzberg
Musique : Brian Gascoigne
Production : Alced Productions, Paramount Pictures
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : Phase IV
Pays d’origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 17 octobre 1974
Langue d'origine : Anglais
Durée : 83 min

Casting :
Nigel Davenport : Dr Ernest D. Hubbs
Michael Murphy : James R. Lesko
Lynne Frederick : Kendra Eldridge
Alan Gifford : M. Eldridge
Robert Henderson : Clete
Helen Horton : Mildred Eldridge
 
Mon avis :
 Voici probablement un des films les plus singuliers de l’Histoire du Septième Art qui, pourtant, connait un lot de bizarreries en tout genre depuis ses débuts. Il faut dire que dans le genre film expérimental passé quasiment inaperçu lors de sa sortie – en 1974, quelques jours avant ma naissance même si ce détail n’intéressera pas grand monde – et complètement oublié depuis est l’exemple parfait que même les œuvres les plus obscures méritent largement que l’on s’y attarde, du moins, si l’on sait faire abstraction de pas mal de choses et que l’on a l’esprit curieux. Phase IV, puisque c’est son nom, fut l’unique long métrage du sieur Saul Bass qui, pour la petite histoire, était davantage connu en raison des génériques qu’il avait réalisé pour le grand Alfred Hitchcock – Vertigo, par exemple, c’est lui ! Mais l’étrangeté de ce film tient davantage a son contenu, bien évidement : ainsi, prenons ce synopsis pour le moins singulier où, suite à une singulière influence cosmique non expliquée, les fourmis terrestres commencent à agir bizarrement, de manière plus coordonnée entre les différentes colonies et même entre les différentes espèces. Premièrement, ce sont leurs prédateurs – araignées, mantes religieuses et autres – qui subissent leur courroux – puis, naturellement, elles s’en prennent à l’homme. Face à elles : deux scientifiques font essayer de tout faire afin de contrer leur inexorable avancée ! Résumé ainsi, le synopsis nous promet, indéniablement, une belle série B voir Z et nombreux seront ceux qui passeront leur chemin, n’ayant pas de temps à perdre avec de telles fadaises. Pourtant, Phase IV est davantage qu’un simple film de science-fiction, expérimental serait nettement plus approprié. Parfaitement en phase, c’est le cas de le dire, avec son époque, peut-être même un peu trop au vu de certains délires psychédéliques – et encore, le final, présent sur le Blu-Ray, a été modifié au dernier moment – ce film oh combien minimaliste n’en reste pas moins fort intéressant, ne serais-ce que pour ce face à face entre les deux scientifiques et les fourmis : au début, on se dit que ces dernières n’ont aucune chance face à l’humanité, cependant, au fil du déroulement de l’intrigue et des diverses phases, on comprend que celle-ci n’aura aucune chance face à ces insectes dont la société est un modèle d’efficacité – et là, c’est tout simplement la vérité lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu aux insectes sociaux comme les fourmis, les termites ou les abeilles. Bien entendu, le final, franchement bizarre, a de quoi en déstabiliser plus d’un, cependant, pour ce scénario bien plus malin qu’on pourrait le penser de prime abord, cette musique électronique oppressante qui accompagne si bien l’intrigue, certaines idées tout bonnement géniales – ah, la scène où des fourmis se sacrifient les unes après les autres afin d’apporter du morceau de poison à leur reine est tout simplement excellente – et tout ces passages où l’on voit diverses fourmis en action, comme dans les meilleurs documentaires, Phase IV mérite largement le détour. Alors certes, il n’est pas parfait, certes, il ne plaira pas à tout le monde, cependant, si vous êtes amateurs de science-fiction et que n’ayez pas peur de ce genre de films qui sortent de la norme, il serait dommage de ne pas tenter l’expérience !
 

Points Positifs
 :
- Véritable ovni du Septième Art, Phase IV est bien plus qu’un simple film de science-fiction : poussant l’expérimentation jusqu’à des frontières rarement atteintes, l’œuvre du sieur Saul Bass est un incontournable que tout amateur de curiosités se doit de voir au moins une fois sa vie !
- Toutes les scènes où l’on voit les fourmis sont un pur régal et on se croirait devant un excellent documentaire animalier.
- Un scénario qui réussit la gageure de mettre sur le même pied d’égalité l’homme et la fourmi – avec un net avantage pour cette dernière finalement.
- Malgré un manque de moyens pour le moins conséquent, Saul Bass livre une réalisation pour le moins stupéfiante et qui a de quoi en stupéfié plus d’un !
- La bande originale de Brian Gascoigne, oppressante à souhait, nous rappelle les plus belles heures de Pink Floyd !

Points Négatifs :
- Bien entendu, Phase IV est une œuvre tellement expérimentale qu’elle ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Il faut dire que, ici, nous sommes à des années lumières des productions destinées au grand public.
- Un film qui accuse naturellement son age, surtout en raison de son coté psychédélique qui apparait franchement daté – même si le final, non retenu par la production, est une merveille du genre, mais bon, il faut être habitué…
- Mouais, elle est mignonne Lynne Frederick mais il faut reconnaitre que son personnage ne sert strictement à rien !

Ma note : 7,5/10

mercredi 3 août 2022

Barry Lyndon


Barry Lyndon
 
Au XVIIIe siècle, en Irlande, dans les années 1750, le père de Redmond Barry est tué en duel pour une querelle au sujet de l'achat d'un cheval. Sa veuve, Belle, dédaigne toutes les offres de mariage pour se consacrer à l'éducation de son fils unique. Barry tombe amoureux de sa cousine Nora, laquelle le séduit. Mais quand John Quin, un riche capitaine anglais, lui fait la cour, sa cousine délaisse Barry qui n'a pas d'argent. La perspective d'un mariage entre leur sœur et un officier fortuné n'échappe pas aux frères de Nora. Barry, lui, refuse la situation et provoque Quin en duel. Il croit avoir tué son rival et, pressé par les frères de Nora, prend la route de Dublin pour se faire oublier quelque temps. N'ayant jamais voyagé, il tombe dans une embuscade tendue par un bandit de grand chemin, le Capitaine Feeney, qui lui prend son cheval, son argent et tout son équipement. Brisé et sans le sou, il s'engage dans l'armée britannique comme simple soldat. Il est rejoint dans son régiment par un ami de la famille, le capitaine Grogan qui l'informe qu'il n'a pas tué Quin, son pistolet étant chargé d'une inoffensive balle d'étoupe. Le duel a été truqué pour forcer Barry à s'éloigner afin que sa cousine puisse se marier avec Quin et éponger les dettes de la famille. Pour prix de son silence, Grogan a reçu de la famille de Nora une forte somme d'argent, qu'il s'offre à partager avec Barry. Le régiment de Barry est envoyé combattre les Français sur le continent. Nous sommes au début de la guerre de Sept Ans et l'Angleterre est alors alliée à la Prusse, qui affronte la France, la Suède, la Russie et l'Autriche.
 

Barry Lyndon
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick d'après l’œuvre de William Makepeace Thackeray
Musique : Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse, Seán Ó Riada
Production : Peregrine, Hawk Films, Warner Bros
Genre : Historique
Titre en vo : Barry Lyndon
Pays d’origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 18 décembre 1975
Langue d'origine : Anglais, Français, Allemand
Durée : 185 min

Casting :
Ryan O'Neal : Barry Lyndon, né Redmond Barry
Marisa Berenson : la comtesse de Lyndon
Leon Vitali : lord Bullingdon
Dominic Savage : lord Bullingdon enfant
Patrick Magee : le chevalier de Balibari
Hardy Krüger : le capitaine Potzdorf
Marie Kean : Belle, la mère de Barry
Murray Melvin : le révérend Samuel Runt
David Morley : Bryan Patrick Lyndon
Steven Berkoff : lord Ludd
Gay Hamilton : Nora Brady
Diana Körner : Lischen
Frank Middlemass : Sir Charles Reginald Lyndon, chevalier de l'ordre du Bain
André Morell : lord Gustavus Adolphus Wendover
Arthur O'Sullivan : le capitaine Feeny
Billy Boyle : Seamus Feeny
Godfrey Quigley : le capitaine Grogan
Leonard Rossiter : le capitaine John Quinn
Philip Stone : Graham, le secrétaire de la comtesse de Lyndon
Peter Cellier : sir Richard
Geoffrey Chater : le docteur Broughton
Roger Booth : George III
Anthony Sharp : lord Hallam
Ferdy Mayne : le colonel Bulow
Wolf Kahler : le prince de Tübingen
Frederick Schiller : Herr Von Potzdorf, le ministre de la police
Liam Redmond : le père de Nora
Pat Laffan : Ulick, un frère de Nora
Patrick Dawson : Mick, un frère de Nora
John Bindon : le sergent recruteur
Pat Roach : Toole, le soldat lors du combat à mains nues
Jonathan Cecil : le lieutenant Jonathan Fakenham
John Sharp : Doolan
Hans Meyer : Joseph, l'officier prussien
George Sewell : le second de Barry Lyndon au duel final
Barry Jackson : le second de Barry Lyndon au duel final
John Sullivan : le second de lord Bullingdon au duel final
Norman Gay : le tailleur
Roy Spencer : le vendeur de chevaux
Harry Towb : l'aubergiste
Michael Hordern : le narrateur
Norman Mitchell : le soldat britannique organisant le combat entre Barry et Toole
 
Mon avis :
 On ne va pas se mentir, au fil de sa longue et fructueuse carrière, le grand Stanley Kubrick, probablement un des plus grands réalisateurs du vingtième siècle – pour ne pas dire de l’Histoire du Septième Art tout court – nous aura offert une filmographie qui, dans les grandes lignes, aura osciller entre les très bons films et les chefs d’œuvres absolus. Bien entendu, certains me diront que tout cela n’est qu’une affaire de ressentit et que d’autres réalisateurs ont fait aussi bien que Kubrick, ce qui, ma foi, est plutôt exact. Cependant, reconnaitre que celui-ci est un des plus grands n’est nullement une exagération, bien au contraire ! Curieusement, depuis que ce blog existe, je n’ai eu l’occasion de vous parler que de deux longs métrages du maitre : Les Sentiers de la Gloire et Shining, ce qui, ma foi, est plutôt incroyable au vu des films du réalisateur qui se devraient d’avoir leur place par ici. C’est donc afin de commencer à réparer cette belle faute de gout que, aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui est, sans aucun doute, un des plus beaux fleurons de Stanley Kubrick, un certain… Barry Lyndon ! Bon, ici, les choses apparaissent d’entrée de jeu assez simple : considéré depuis sa sortie, en 1975, comme étant un chef d’œuvre du Septième Art, Barry Lyndon qui, curieusement, ne connut pas un grand succès au prêt du grand public anglo-saxon est, définitivement, un film superbe que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie. Naturellement, on pourrait dire cela de toutes les productions du sieur Kubrick, cependant, dans le cas présent, comment ne pas reconnaitre que Barry Lyndon est, probablement, une des plus belles réalisations du maitre ? Tout d’abord, en raison de la photographie de ce film qui reste encore, malgré presque cinq décennies écoulées, de toute beauté : utilisant uniquement la lumière du jour et celle des bougies pour les scènes en intérieur, Stanley Kubrick nous prouve ici qu’il n’était pas qu’un simple réalisateur et que sa vision de l’image n’était pas anodine. De plus, tout au long des trois heures que dure Barry Lyndon, comment ne pas s’extasier devant ces très nombreuses scènes qui nous rappellent les tableaux de l’époque, les cadrages audacieux proposés ici ajoutant à cette impression que l’on ne peut qualifier que d’enchanteresse. Mais ce film, naturellement, n’est pas là uniquement que pour le plaisir de nos yeux puisque nos oreilles vont être servies, tout au long de celui-ci, par de multiples compositions du XVIIIe siècle : somptueuses, bien entendu, celle-ci renforcent l’impression générale positive que l’on peut avoir de cette œuvre décidément peu commune où l’a presque l’impression, par moments, d’avoir effectué un voyage dans le temps tellement la reconstitution historique est crédible ! Ajoutons à cela des protagonistes auxquels il est certes difficile de s’attacher – par de héros ici, et encore moins Barry – mais qui n’en restent pas moins diablement charismatiques malgré leurs défauts et une intrigue qui oscille entre espoirs et mélancolie et dont la conclusion, désabusée, est tout simplement parfaite et vous comprendrez à quel point ce film mérite bel et bien les très nombreux louanges qu’il a eu depuis sa sortie. Génial mais probablement trop complexe pour le grand public, Barry Lyndon est une œuvre comme on n’en fait plus et confirme tout le génie d’un réalisateur alors au fait de sa créativité. Bien entendu, avec le temps qui est passé depuis, il ne plaira pas à tout le monde – déjà à l’époque – mais bon, si vous prétendez aimer le cinéma, il serait dommage de passer à coté d’une telle merveille !
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des meilleurs films de Stanley Kubrick et, dans un sens plus large, un des chefs d’œuvres cinématographique du vingtième siècle. Surprenant dans sa conception, magnifique visuellement, Barry Lyndon est une œuvre empreinte d’une poésie rare que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie !
- C’est visuellement que Barry Lyndon marque le plus les esprits : pour ses nombreuses scènes qui nous renvoient a la peinture du XVIIIe siècle mais aussi, pour l’utilisation pour le moins osée et géniale de la lumière du jour et de celle des bougies.
- Peu de protagonistes vraiment sympathiques et auxquels on a envie de s’attacher, cependant, ces derniers, assez nombreux au demeurant, n’en marquent pas moins les esprits et sont franchement charismatiques. Les parfaits représentants de ces hommes et femmes de l’époque…
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est de qualité et l’on retiendra, naturellement, la performance de Ryan O'Neal dans le rôle de ce jeune paysan irlandais qui n’a qu’un but dans la vie : accéder a la richesse et a la reconnaissance de ses pairs et qui, pour cela, est prêt à tout !
- Un scénario particulier, qui nous montre le destin d’un homme du commun prêt a tout pour réussir et qui finira, naturellement, par échouer, mais qui n’en reste pas moins terriblement réussi et captivant, ce, malgré ses trois heures…
- Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse et Seán Ó Riada. Musicalement, il est difficile de faire mieux !
- Peut-être la meilleure reconstitution historique du XVIIIe siècle qu’il m’a été donné de voir !

Points Négatifs :
- On ne va pas se mentir, Barry Lyndon n’est pas un film qui plaira a tout le monde et si, en 1975, celui-ci avait déjà ses détracteurs, je ne vois pas comment le grand public moderne peut accrocher à une œuvre aussi spéciale dans sa conception. C’est dommage mais c’est ainsi…
- L’impression que, malgré les trois heures que dure ce film, il y avait de quoi faire plus et que le scénario aurait gagné, peut-être, a être davantage développé par moments.

Ma note : 8,5/10