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lundi 8 mars 2021

L’Intégrale X-Men 1982


L’Intégrale X-Men 1982

Le professeur Charles Xavier poursuit un rêve. Voir les hommes et les mutants vivent ensemble dans la paix et l'harmonie. Pour mener à bien son œuvre, il réunit une équipe de héros dotés d'un gène X qui fait d'eux des êtres supérieurs, les X-Men ! L'équipe vient à peine de retrouver son leader original, Cyclope, qu’elle se trouve confronter à une menace intergalactique aux côtés de Corsaire (qui vient de révéler à Scott qu'il était son père) et des Starjammers. Les X-Men combattent Deathbird alliée a une race extraterrestre pour le moins belliqueuse, les Broods, et aident Lilandra à récupérer son trône à la tête de l'Empire Shi’ar. Sauf que ce premier affrontement contre les Broods laissera des traces – Collossus et Xavier n’en sortiront pas indemnes – et qu’il ne fait qu’annoncer un second qui verra nos héros, alliés a Carol Danvers, ancien membre des Avengers privés de ses pouvoirs depuis un combat face a Malicia, malmenés comme jamais oh confins de la Galaxie…


L’Intégrale X-Men 1982
Scénario : Chris Claremont
Dessins : Dave Cockrum, Bill Sienkiewicz, Brent Anderson
Encrage : Jo Rubinstein, Bob Wiacek
Couleurs : Glynis Wein, Don Warfield
Couverture : Dave Cockrum
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : The Uncanny X-Men 1982
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Janvier 1982 – Décembre 1982
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 15 septembre 2004
Nombre de pages : 300

Liste des épisodes
Uncanny X-Men 153-164
Nightcrawler’s Inferno – Uncanny X-Men Annual 6

Mon avis : John Byrne s’en étant allé début 1981 suite à une ultime saga pour le moins culte, Days of Future Past, nos X-Men avaient connus, du moins, pour ce qui est dessinateurs, une espèce d’année de transition où, il faut le reconnaitre, Dave Cockrum, ancien artiste de la série, occupait principalement le devant de la scène. Mais scénaristiquement, Claremont avait une nouvelle fois fait fort, opposant nos mutants mal aimés à des adversaires de taille comme Fatalis, le Club des Damnés et, principalement, Magnéto, surtout pour ce dernier dans un double épisode d’anthologie. Du coup, on pouvait craindre que la suite soit moins somptueuse, fatalement, surtout que l’année 1982 débutait avec un épisode sans grand intérêt, celui du Conte de Kitty – sympa mais neuneu, il faut le reconnaitre… Fort heureusement, dès le second, les choses sérieuses commencent et, ma foi, disons que celle-ci se poursuivront jusqu’à la fin de l’année, voir, pour être précis, jusqu’à l’année 1983, rien que ça ! Car avec la Saga des Broods, Chris Claremont, grand amateur de science-fiction devant l’éternel, va opposer ses X-Men, quasiment tout au long de l’année, à une race extraterrestre qui doit énormément à la créature d’Alien : insectoides géants qui pondent des œufs dans le corps de leurs victimes, ces Broods, véritables parasites sans la moindre empathie, vont représenter une menace de premier choix pour nos héros, menace qu’ils affronteront dans les premiers et les derniers épisodes de cette année 1982. Entre les deux, Claremont effectue une petite pause, histoire de souffler un coup, et, bien entendu, si l’épisode où Xavier se souvient de sa jeunesse en Israël avec Magnéto a son importance, ne serais-ce que pour comprendre les liens entre les deux personnages, et si, bien évidement, celui où la jeune Illyana tombe sous l’emprise du démon Belasco sera primordiale pour la suite, je n’en dirais pas autant de celui où les X-Men on affaire a… Dracula – non, ce n’est pas une blague ! Et, histoire d’enfoncer le clou, il fallait que le bougre repointe le bout de son nez dans un Annual fidèle à la réputation de ce genre d’épisodes spéciaux, c’est-à-dire, loin d’être indispensables, loin de là… Enfin bon, malgré cette petite faute de gouts, il ne faut pas oublier la passionnante Saga des Broods, et comme en plus, celle-ci n’est pas finie…


Points Positifs :
- Vu que la Saga des Broods occupe le devant de la scène tout au long de sept épisodes en cette année 1982, il me semble évidant qu’elle en est tout simplement incontournable. Et comme en plus, celle-ci est plutôt bonne dans son ensemble, surtout vers la fin où les X-Men sont en très mauvaise posture après avoir été infectés par les Broods, force est de constater que nous avons là, une fois de plus, droit a une des grandes sagas qui auront fait de cette série tout bonnement la meilleure des années 80.
- Bien évidement, les Broods ne sont qu’un simple copié collé de la créature dans Alien, cependant, ils n’en restent pas moins assez réussis, surtout que la menace qu’ils représentent n’est pas anodine et que nos héros en bavent énormément pour en venir a bout !
- L’épisode où Xavier se souvient de sa première rencontre avec Magneto nous permet d’en savoir davantage au sujet de la relation entre les deux personnages – et, accessoirement, on apprend qu’Eric, jeune, a connu les camps de la mort…
- L’épisode où Illyana tombe sous l’emprise de Belasco, oh combien primordial pour l’avenir du personnage.
- La présence de Carol Danvers, ancienne Avengers et a l’époque, privée de ses pouvoirs et qui est quasiment un membre de l’équipe.

Points Négatifs :
- Malheureusement, questions dessins, ce n’est pas vraiment ça et si je n’irais pas jusqu’à affirmer que Dave Cockrum est dénué de talent, cela serait tout bonnement faux, reconnaissons qu’il est a mille lieux d’un John Byrne et que la série a énormément perdu depuis le départ de ce dernier…
- Franchement, Dracula en tant qu’adversaire des X-Men, ce n’est pas trop ma tasse de thé !
- Le pire, c’est que le Prince des Vampires revient faire un tour dans l’Annual 1982 et si dans l’épisode de la série régulière, l’histoire se laissait lire, là, c’est un peu raté pour ne pas dire beaucoup.
- Par moments, j’en ai ras le bol de cette fichue morale a deux balles propre a l’époque : « il ne faut pas tuer, les X-Men ne tuent pas, si on tue on sera comme l’ennemi », etc. Mouais, eh, les gars, réveillez vous, ce sont des Broods en face ! Heureusement, Logan est là pour avoir un peu de jugeote…
- Comme d’habitude, la colorisation accuse fortement son age.

Ma note : 8/10

Houses of the Holy


Houses of the Holy
 
Led Zeppelin
 
1 - The Song Remains the Same (Page, Plant) 5:28
2 - The Rain Song (Page, Plant) 7:39
3 - Over the Hills and Far Away (Page, Plant) 4:47
4 - The Crunge (Bonham, Jones, Page, Plant) 3:13
5 - Dancing Days (Page, Plant) 3:41
6 - D'yer Mak'er (Page, Plant, Jones, Bonham) 4:22
7 - No Quarter (Page, Plant, Jones) 6:59
8 - The Ocean (Page, Plant, Jones, Bonham) 4:30
 

Houses of the Holy
Musicien : Led Zeppelin
Parution : 28 mars 1973
Enregistré : janvier 1972 – août 1972
Durée : 40:56
Genre : Hard Rock, Heavy Metal, Blues Rock, Folk Rock
Producteur : Jimmy Page
Label : Atlantic Records
 
Musiciens :
Robert Plant : chant
Jimmy Page : guitares acoustique et électrique, production
John Paul Jones : basse, orgue, piano, piano électrique, mellotron, synthétiseurs, basse synthétiseur, chœurs sur The Ocean
John Bonham : batterie, chœurs sur The Ocean
 
Mon avis :
 Après le monumental succès, oh combien justifié, de Led Zeppelin 4, indéniablement, le meilleur opus du groupe – a égalité avec le second, lui aussi excellent – il était évidant que Robert Plant, Jimmy Page et compagnie allaient être attendus au tournant. Il faut dire qu’il n’est jamais évidant, non seulement de se renouveler, mais aussi, de passer après un chef d’œuvre, ainsi, d’entrée de jeu, Houses of the Holy, premier album du groupe à posséder un véritable titre, partait avec un sacré désavantage… Pourtant, avant même une première écoute, cet album possédait un premier point positif : sa pochette. Nous montrant une ribambelle d’enfants nus et violacés – en réalité, un frère et une sœur, démultipliés – dans la célèbre Chaussée des Géants, cette dernière, qui choquerait de nos jours, il faut le reconnaitre, apparaissait comme étant fort réussie, indéniablement. Pourtant, si cette dernière a de quoi marquer les esprits, il apparait, nettement, que le contenu de l’album en lui-même, est loin, assez loin même, d’être aussi bon que celui des précédents opus… Oh, certes, il ne faut pas non plus tomber dans l’exagération, Houses of the Holy n’est pas un mauvais album, loin de là ; après tout, c’est de Led Zeppelin que l’on parle ! Cependant, si on doit comparer celui-ci aux quatre premiers opus du groupe, force est de constater que nous sommes loin, assez loin même, de la qualité de ces derniers. Ainsi, entre un manque flagrant de titres que l’on peut qualifier d’incontournables absolus – seul, selon moi, No Quarter, tient la comparaison – et quelques chansons un peu limites dont on se demande comment les membres du groupe ont put laisser passer de telles blagues – D'yer Mak'er – il me semble évidant que, malgré le succès commercial de ce Houses of the Holy à l’époque, nous sommes loin, très loin même de ce que Led Zeppelin avait fait de mieux, auparavant. Reste, indubitablement, la volonté du groupe d’avoir pris des risques musicaux et d’être sortit de sa zone de confort, ce qui, ma foi, est toujours louable, mais bon, insuffisant, tout de même, à mes yeux, pour en faire un grand album et, quelque part, c’est cela le plus important…
 

Points Positifs
 :
- Rendons à César ce qui lui appartient et, donc, aux membres du groupe, cette volonté d’avoir exploré de nouveaux paysages musicaux, d’avoir pris des risques, d’être un peu sortis de leurs zones de confort. Certes, le résultat est loin d’être à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre d’un album de Led Zep, mais bon…
- Bien entendu, No Quarter est le meilleur titre de cet album, est de loin, cependant, certaines chansons comme Dancing Days, Over the Hills and Far Away ou The Song Remains the Same méritent le détour.
- La pochette, elle, est une vraie réussite. Certes, de nos jours, elle serait interdite et nombreux auraient été ceux qui auraient hurlé au loup, mais bon, fortement inspirée des Enfants d’Icare d'Arthur C. Clarke et nous montrant des enfants violacés escaladant la Chaussée des Géants, force est de constater que, visuellement, elle marque les esprits.
 
Points Négatifs :
- Un opus qui ne tient pas la comparaison avec ses prédécesseurs, et pas qu’un peu. Alors, certes, ces derniers flirtaient allègrement avec la perfection, particulièrement le second et le quatrième album, mais bon, il faut tout de même reconnaitre que Houses of the Holy est trop moyen pour satisfaire totalement bon nombre de fans de Led Zeppelin.
- Un manque flagrant de véritables incontournables dans cet album, quelques titres réussis mais d’autres, trop moyens pour être honnêtes… Le résultat, forcément, déçoit un peu…
- Le pseudo reggae, D'yer Mak'er, est franchement mauvais ! Mais comment les membres du groupe ont-ils été capables de nous pondre un tel étron ?!
 
Ma note : 7/10

dimanche 7 mars 2021

Le Labyrinthe de Pan


Le Labyrinthe de Pan

En 1944, la guerre d'Espagne est achevée depuis 5 ans, et l'Espagne est désormais sous la coupe de Franco. Les maquisards se terrent dans les montagnes. La jeune Ofelia, une enfant rêveuse aimant les contes de fées, voyage avec sa mère Carmen, enceinte et de constitution fragile. Celle-ci est partie rejoindre son nouveau mari, le tyrannique et sanguinaire capitaine Vidal de l'armée franquiste, qui a pour tâche d'éliminer la résistance des maquisards dans la région. La nuit de son arrivée, Ofelia est guidée par un étrange insecte qu'elle prend pour une fée, et découvre au cœur d'un antique labyrinthe voisin de sa nouvelle maison un faune inquiétant. Il lui révèle qu'elle serait la réincarnation de la princesse Moanna, du monde souterrain et égarée sur la Terre. Pour en être certaine et afin de retrouver ses vrais parents, Ofelia doit réussir trois épreuves.


Le Labyrinthe de Pan
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Musique : Javier Navarrete
Production : Estudios Picasso, Tequila Gang, Esperanto Filmoj
Genre : Fantastique
Titre en vo : El laberinto del fauno
Pays d'origine : Espagne, Mexique
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 11 octobre 2006
Durée : 118 mn

Casting :
Ivana Baquero : Ofelia
Doug Jones : le faune / l'homme pâle
Sergi López : le capitaine Vidal
Maribel Verdú : Mercedes
Ariadna Gil : Carmen
Álex Angulo : le docteur Ferreiro
Roger Casamajor : Pedro

Mon avis : Ce n’e pas la première fois que je regardais Le Labyrinthe de Pan, mais le plaisir, près de dix ans après l’avoir découvert à l’écran, n’a pas changer d’un iota, bien au contraire. Ce fut donc avec un certain enthousiasme que je me lançais donc dans ce fort beau film, de Guillermo del Toro, emprunt d’un onirisme enchanteur dans un univers mêlant à la fois le fantastique, le conte de fées, a la réalité la plus brutale, la fin de la guerre civile espagnole. Il est assez rare que des genres aussi différents que le merveilleux et la guerre soient mélangés dans des films, mais force est de constater que ceux-ci fonctionnent à merveille dans cette œuvre qui ravira plus les amateurs de contes de fées que de guerre, cela est incontestable. En effet, l’élément militaire n’est là qu’en toile de font de l’intrigue, celle-ci se déroulant quelques années après la guerre civile espagnole, après la victoire des troupes franquistes alors que de rares poches de résistance républicaines poursuivent vainement le combat. C’est donc dans ce contexte de guerre, de brutalité et de mort que la jeune Ofelia, héroïne de l’histoire, se retrouve après avoir, en compagnie de sa mère enceinte, rejoint son beau père, le cruel commandant du camp, le terrible Capitaine Vidal (magnifiquement interprété par un Sergi López bigrement inspiré et diabolique à souhait, que l’on aime détester dans ce film). Et alors, la jeune fille va sans cesse osciller entre ce réel, si dur et cruel, et ce merveilleux, a la fois enchanteur et inquiétant mais à la violence bien codifiée (l’ogre, sublime, le crapaud géant) dont on ne sait, tout au long de l’histoire si celui-ci doit être pris pour argent comptant ou si, tout ceci n’est issu que de l’imagination de la jeune adolescente qui trouve ainsi, telle une Alice, un moyen d’échapper a sa triste réalité. Et c’est justement là que réside l’une des grandes forces du film, ce vas et vient constant entre deux mondes très différents et ou seul Ofelia semble aller, de l’un à l’autre, au point que le spectateur ne peut que se dire que, forcement, tout ceci n’est que le résultat d’un imaginaire particulièrement développé. D’ailleurs, personnellement, c’est bien ce que je pense, ou, du moins, ainsi que je vois cette œuvre avec néanmoins un petit bémol, un petit doute que je ne peut m’empêcher d’avoir vers la toute fin, lorsque la jeune fille s’évade. N’y aurait il pas une part de réel dans tout ceci ? Et donc, si l’intrigue est incontestablement une belle réussite, si les acteurs sont tous excellents, n’oublions pas la bande son et le visuel, donnant à l’ensemble un coté enchanteur et oppressant à la fois. A la réalité de la guerre répond un univers certes de contes de fées, mais pas le genre auquel l’on s’est habitué, celui de Disney, si fade et sans grand intérêt. Non, l’univers du Labyrinthe de Pan renvoie aux contes d’antant, de ceux qui plaisaient aux enfants tout simplement parce qu’ils étaient effrayants. Et incontestablement, effrayant, le film de Guillermo del Toro l’est, ne serais ce que par une violence parfois très crue et non cachée, mais aussi et surtout grâce a ce décor inquiétant, oppressant, sombre et ces personnages qui ne le sont pas moins, comme le Pan du titre, ce faune a la fois attirant et repoussant (ne sent-il pas la terre, la chèvre, comme le dit Ofelia, mais n’est il pas, dans le fond, bien plus « humain » qu’un Vidal ?). Et cette bande son, qui tout au long du long métrage, nous accompagne, véritable ode aux films du genre… Bref, difficile de trouver des défauts à un film à priori sans grande prétention, mais qui, indéniablement, ne pourra que plaire aux amateurs du genre et qui est une belle réussite. Certes, les gros bourrins et les amateurs d’hémoglobine et d’action passeront leur chemin, ne trouvant aucun intérêt a ce soit disant conte pour enfants mais cela n’est pas important, après tout, Le Labyrinthe de Pan n’est pas pour eux, ce qui n’est pas plus mal. Quand au conte de fée, oui, mais pour grands enfants…


Points Positifs :
- Un excellent conte de fées comme on n’en fait plus trop de nos jours. Mélangeant habilement le fantastique et le réel, Le Labyrinthe de Pan est une œuvre rare et qui nous entraine dans un univers à la fois enchanteur et inquiétant.
- Si le faune du film et les autres créatures sont effrayantes, force est de constater que le véritable monstre de cette œuvre est le capitaine Vidal, un sadique qui nous prouve que, souvent, le monde réel est bien le plus cruel.
- Guillermo del Toro réussi à nous faire douter, jusqu’à la toute dernière scène du film, sur la réalité supposée de ce monde imaginaire, ce qui, ma foi, est un beau tour de force. A chacun de se faire son opinion…
- Des décors réussis et qui sont pour beaucoup pour la réussite de ce film. Il en va de même pour la bande originale qui apporte tant a cette ambiance a la fois enchanteresse et oppressante.
- Coté acteurs, il n’y a rien à redire et les rôles principaux sont bons voir très bons. Petite mention pour Sergi López dans le rôle du capitaine Vidal.
- Il est super l’Homme Pâle !

Points Négatifs :
- Peut-être que le coté politique du film prend un peu trop le pas sur l’intrigue par moments. D’ailleurs, sur ce point, Le Labyrinthe de Pan est un film bien plus politisé qu’on pourrait le penser de prime abord.
- Dommage que la partie fantastique ne soit pas un poil plus développée…

Ma note : 8/10

Sekiro – Shadows Die Twice


Sekiro – Shadows Die Twice
 
Pendant l'ère Sengoku au Japon, le seigneur de guerre Isshin Ashina lance un coup d'état sur la ville d'Ashina. Au cours des combats sanglants, un Shinobi errant, Ukonzaemon Usui dit la Chouette, recueille un orphelin qu'il appelle Loup et le forme à l'art du combat et la voie du Shinobi. Vingt ans plus tard, le clan Ashina est sur le point de tomber, le vieil Isshin étant tombé malade et ses ennemis s'étant rassemblés autour des terres. Pour sauver son clan, Genichiro Ashina, le petit-fils d'Isshin, compte utiliser Kuro, le jeune Héritier divin, porteur de l'Héritage du Dragon qui permettrait de créer une armée immortelle. Loup, désormais combattant émérite chargé de la protection de Kuro, est vaincu par Genichiro et perd son bras gauche au cours de leur duel. Cependant, comme il est porteur du Sang du dragon, Loup ne meurt pas et reprend conscience dans un temple en ruines où un sculpteur a remplacé son bras manquant par une Prothèse Shinobi, un bras mécanique modifiable pour être équipé d'armes secrètes.
 

Sekiro – Shadows Die Twice
Éditeur : Activision
Développeur : FromSoftware
Concepteur : Hidetaka Miyazaki
Musique : Yuka Kitamura
Date de sortie : 22 mars 2019
Pays d’origine : Japon
Genre : Action, Aventure
Mode de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4
 
Mon avis :
 Comme chacun sait, l'aventure FromSoftware à débuter, aux yeux du grand public, il y a de cela bien des années, par le biais de Demon's Souls qui était paru, pour la toute première fois, sur PS3 en 2009 et dont j’espère bien, un jour, pouvoir jouer a son remake – encore faut-il que les PS5 soient disponibles ce qui ne risque pas d’arriver avant fort longtemps – puis poursuivi par le biais de la trilogie Dark Souls ainsi que par l’excellent Bloodborne, cependant, alors que le grand public s’était habituer a retrouver, régulièrement, grosso modo les mêmes univers, les mêmes thématiques, les mêmes ficelles scénaristiques et toujours ce coté exigeant qui aura fait la marque de fabrique de la firme, le grand patron de celle-ci, le sieur Hidetaka Miyazaki, aura décider de prendre des risques, de changer totalement de fusil d’épaule, de ne pas nous pondre un Dark Souls 4 et, plutôt, de nous sortir un soft complètement original, à la fois proche dans sa conception de par son coté exigeant et fort éloigné de tout ce qu’il avait fait auparavant, je veux, bien entendu, parler de Sekiro – Shadows Die Twice. Paru en 2019, ce jeu divisa, immédiatement, la communauté vidéoludique : chef d’œuvre absolu pour les uns, soft trop difficile pour ne pas dire élitiste pour la majorité du public, Sekiro connut une belle polémique, certains articles de la presse spécialisée et bon nombre de joueurs affirmant que, a un moment donné, trop de difficulté tuait tout le plaisir. D’ailleurs, ces critiques, cette apparente difficulté qui reléguait, apparemment, celle des Dark Souls a de simples mises en bouches m’effrayèrent pendant longtemps, ce, jusqu’au jour où, méfiant, n’ayant pas grand espoir de réussite, je me sois plonger, début novembre dernier, alors que débutait, en France, le second confinement – qui n’avait de confinement que de nom – dans ce qui est devenu, depuis, une de mes plus extraordinaires expériences vidéoludiques ! Oui et je pèse mes mots, Sekiro est un chef d’œuvre absolu, un soft monumental qui certes, pousse le jusqu’au boutisme des Dark Souls jusqu’à son paroxysme mais qui n’est, en aucune manière, impossible ou trop difficile. Disons plutôt que, encore plus que dans les softs précédents de FromSoftware, ici, en effet, d’entrée de jeu, le joueur connaitra des débuts bien difficiles dans les premières heures de jeu : le joueur lambda sera littéralement dégouté, le spécialiste des Souls, lui, déstabilisé vu qu’il doit oublier tout ce qu’il connaissait depuis des années afin d’apprendre une nouvelle manière de jouer. Cependant, a force de persévérance, d’essais et de morts – il ne faut pas se leurrer – une fois que l’on comprend que dans Sekiro, tout est une affaire de contres et de posture, tout devient infiniment plus simple et une fois ce premier cap franchis, je peux vous le promettre, c’est le début d’une expérience vidéoludique peu commune qui vous entrainera dans une aventure se déroulant dans le Japon médiéval, dans une succession de duels au sabre et de rencontres magnifiques face a des boss tous plus charismatiques les uns que les autres. Alors bien sur, il faut reconnaitre qu’il faut aimer souffrir pour apprécier un soft comme Sekiro, mais bon, quelque part, cela avait déjà été le cas auparavant dans les précédents jeux FromSoftware. De même, je ne nierai pas que certains affrontements sont dantesques et que, à plusieurs reprises, vous passerez a coté du découragement le plus absolu, cependant, ici, tout est une question de volonté et même si vous mourez un nombre incalculable de fois, dans Sekiro, ce n’est pas le personnage qui devient meilleur – enfin, un peu mais cela reste infime – c’est vous, tout simplement, alors, même dans les passages les plus sombres, les plus décourageants, persévérez et vous verrez que vous pourrez finir ce jeu : cela sera alors la plus belle des récompenses…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands jeux auquel j’ai eu le plaisir de jouer depuis bien des années. Etant l’aboutissement logique et innatendu des Dark Souls, Sekiro – Shadows Die Twice pousse l’exigence à un niveau rarement vu dans le petit monde des jeux vidéo, cependant, après des débuts qui ne peuvent qu’être poussif, une fois que vous avez compris le concept, les choses changent et ce n’est plus qu’un pur régal jusqu’à une conclusion grandiose ! Un chef d’œuvre !
- Oubliez tout ce que vous avez appris dans les Dark Souls afin d’apprendre une nouvelle manière de combattre où tout repose sur la posture et les contres. Ce changement, une fois compris, s’avère judicieux. Quand a la verticalité, apportée par le grappin, c’est une excellente nouveauté qui apporte un plus indéniable.
- Plutôt que de pouvoir créer son héros de toute pièces – genre, classe – nous avons ici un Shinobi, Loup. Cela peut paraitre singulier, de prime abord, cependant, en se focalisant sur un véritable héros, l’histoire n’en n’est que meilleure et vous vous attacherez rapidement a celui-ci, vous pouvez me croire.
- Un casting de protagonistes haut en couleur et terriblement charismatique : Genichiro Ashina, La Chouette, Dame Papillon, Isshin Ashina font partit des meilleurs personnages de tous les jeux de chez FromSoftware.
- De nombreux affrontements d’anthologie qui vous laisseront sur le carreau à de multiples reprises mais qui vous apporteront une satisfaction inouïe lorsque vous en sortirez vainqueur !
- Graphiquement, Sekiro est un soft de toute beauté et certains niveaux sont tout bonnement magnifiques de par leurs architectures, les paysages, les constructions, les couleurs, etc. Un pur régal pour les yeux.

Points Négatifs :
- Il faut adhérer au concept des jeux FromSoftware et il est clair que ce genre de softs n’est décidément pas fait pour tout le monde. Certes, il n’est pas impossible a finir, mais bon, mourir a répétition face au moindre adversaire, devoir se retaper, encore et encore, certains passages avant de se faire massacrer en deux secondes par un boss, cela peut très rapidement lasser beaucoup de monde.
- Il faut tout de même reconnaitre que certains adversaires sont de véritables cauchemars ambulants et vous risquez, au bout d’un moment, d’être littéralement découragés, ce qui peut nuire fortement au plaisir du joueur.
- Dans Sekiro, c’est le joueur qui devient meilleur, pas le personnage. Bon, l’idée est pas mal mais il aurait tout de même été préférable que, comme dans les Dark Souls, Loup puisse gagner en puissance plus nettement car bon, comment dire, le peu d’amélioration qu’il gagne, au fil du jeu, s’avère minime.

Ma note : 9,5/10

samedi 6 mars 2021

Gunnm – Tome 1


Gunnm – Tome 1
 
Dans le futur, la majeure partie de l’humanité est regroupée dans la super-mégalopole qu’on appelle « la décharge ». En lévitation au-dessus d’elle se trouve l’inaccessible cité flottante de Zalem, dont tous les déchets sont déversés au centre de la décharge, lui donnant ainsi son nom. C’est dans la partie où sont entassés les déchets cybernétiques qu’Ido, docteur pour androïdes et robots en tout genre, cherche des pièces détachées. C’est alors qu’il tombe sur la tête complète d’un androïde féminin en bon état. Il la ramène à son atelier et la remet en marche, mais la jeune fille ne se rappelle plus de son passé ni de son nom. Il décide de la nommer Gally en attendant, et passe les jours suivants à chercher des pièces détachées de membres féminins pour lui redonner un corps complet. Gally est heureuse avec Ido, mais se demande pourquoi il sort discrètement chaque soir. Lorsqu’elle apprend qu’un tueur en série s’en prend ces jours-ci à des femmes, elle décide de suivre Ido le soir suivant pour en avoir le cœur net. Elle le voit alors suivre une femme et sortir une arme, mais Gally l’empêche d’attaquer sa proie. Mal lui en a pris : Ido se transforme la nuit en Hunter Warrior, un chasseur de primes, la police n’existant pas dans la décharge, et il traquait justement la tueuse en série. Ido a perdu l’effet de surprise et se retrouve en mauvaise posture. Mais au moment où tout semble perdu, Gally réagit d’instinct et neutralise la tueuse avec une technique de combat extrêmement rare qu’Ido reconnaît pourtant : le panzerkunst, un ancien art martial pour Cyborgs créé sur Mars. Comment se fait-il que Gally le connaisse ? Ses origines sont décidemment bien mystérieuses...
 

Gunnm – Tome 1
Scénariste : Yukito Kishiro
Dessinateur : Yukito Kishiro
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Cyberpunk
Titre en vo : Gunnm vol.1
Parution en vo : 19 septembre 1991
Parution en vf : 19 octobre 2016
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 224
 
Mon avis :
 Comme les amateurs du genre le savent bien, Gunnm est l’une des œuvres majeures de la bande dessinée nippone des années 90, véritable petit bijou de Cyberpunk, sous-genre de la SF qui connaissait alors son heure de gloire à l’époque, ce manga du sieur Yukito Kishiro connu le succès dans son pays natal, bien entendu, mais aussi en dehors de ses frontières. Bien évidement, et comme cela m’arrive souvent depuis presque toujours, jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais eu l’opportunité de me plonger dans cette œuvre, passant complètement a coté de celle-ci en presque… trois décennies – même si, bien entendu, je le connaissais plus ou moins ainsi que son héroïne, la fort belle Gally. Du coup, grâce aux éditions Glénat qui ont proposé une réédition tant attendue  de ce manga, et ce, sous une édition pour le moins excellente – pages en couleurs, meilleure qualité du papier, nouvelle traduction, design accrocheur – j’ai enfin put réparer mon erreur et, enfin, me plonger dans les débuts de Gunnm, œuvre culte s’il en est ! Alors bien sur, dans ce genre de cas, il y a toujours une petite appréhension, comme la peur que l’on n’accroche pas a une œuvre pourtant louée depuis des lustres pour ses immenses qualités et je le reconnais, j’ai eu quelques moments de doutes au début, mais, fort heureusement, rapidement expédiées aux oubliettes devant le simple constat des premières pages : oui, Gunnm mérite largement toutes les louanges chantées a son sujet ! Car si effectivement, tout n’est pas encore parfait dans ce premier tome – il suffit de voir que coté dessins, Yukito Kishiro s’améliore entre les premiers et les derniers chapitres, mais aussi que les débuts de Gally sont un peu trop rapides a mon gout – d’entrée de jeu, on est rapidement captiver a la fois par un scénario fort attractif, un univers plutôt familier pour les amateurs de Cyberpunk mais plutôt plaisant ainsi que par des protagonistes assez réussis : Gally, bien entendu, formidable et troublante femme enfant-Cyborg, mais aussi Ido, Hunter Warrior féru de mécanique et qui lui rendra la vie, ainsi que, pour finir, deux ou trois personnages secondaires qui méritent le détour, principalement Makaku, premier adversaire de notre héroïne et qui lui donnera un peu de fil a retordre. Bref, c’est passionnant d’entrée de jeu, assez violent, bourré d’adrénaline mais, le principal, c’est que l’on est vite sensible au sort de cette jeune Cyborg, Gally, qui a perdu la mémoire de ce qu’elle ou qui elle était, et qui, malgré sa puissance indéniable, possède un petit quelque chose de fragile en elle qui fait qu’elle en devient attachante. Alors, comme il m’arrive parfois de le dire : il m’aura fallut bien du temps pour m’attaquer a cette œuvre culte, mais ma foi, mieux vaut tard que jamais et vivement la suite !
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir de découvrir ou redécouvrir l’un des mangas les plus cultes des années 90 par le biais d’une édition tout bonnement excellente : pages colorisées comme dans la version originale, papier de meilleure qualité, nouvelle traduction, design de l’ensemble fort réussi… parfois, cela a du bon d’attendre !
- Le personnage de Gally, bien entendu, qui est pour beaucoup pour l’intérêt de cette série. On ne connait rien de son passé – elle non plus d’ailleurs – mais en tous cas, c’est une combattante et plutôt puissante. Mais toute Cyborg qu’elle soit, son coté femme-enfant adoucie un peu son allure générale et puis, malgré la violence qu’elle est capable de dégager, on la voit hésiter, avoir des craintes, etc.
- Certes, les amateurs de Cyberpunk seront en terrain plus que familier, cependant, d’entrée de jeu, l’univers qui nous est proposé avec ces diverses citées qui se superposent, ces nombreux Cyborgs et ce coté sans foi ni loi fait que l’on accroche plutôt bien.
- Pour ce qui est des dessins, ces derniers sont plutôt bons et ont même tendance à s’améliorer au fil des chapitres de ce premier tome !
- Une couverture magnifique !
 
Points Négatifs :
- Je trouve que les débuts de Gally sont un poil trop rapides : a peine trouver, a peine remontée et hop, on la voit tout de suite (ou presque) en action. Dommage que l’auteur ne ce soit pas attarder davantage sur cette partie qui aurait méritée d’être plus longue.
- C’est bien évidement un premier tome donc, comme il se doit, tout cela n’est qu’une grande mise en place et présentation de l’univers, personnages, etc. Mais bon, cela est non seulement nécessaire mais normal. 
 
Ma note : 8/10

vendredi 5 mars 2021

Gran Torino


Gran Torino
 
Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le vœu qu'il aille à confesse, mais Walt n'a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu'à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l'usage... Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd'hui peuplé d'immigrants asiatiques qu'il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables - à l'encontre de ses voisins, des ados Hmong, latinos et afro-américains « qui croient faire la loi », de ses propres enfants, devenus pour lui des étrangers. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu'au jour où un ado Hmong du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino... Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne. Lorsque le jeune et timide Thao tente de la lui voler sous la pression d'un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue, la sœur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des « travaux d'intérêt général » au profit du voisinage. C'est le début d'une amitié inattendue, qui changera le cours de leur vie. Grâce à Thao et sa gentille famille, Walt va découvrir le vrai visage de ses voisins et comprendre ce qui le lie à ces exilés, contraints de fuir la violence... comme lui, qui croyait fermer la porte sur ses souvenirs aussi aisément qu'il enfermait au garage sa précieuse Gran Torino...
 

Gran Torino
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Nick Schenk, Dave Johannson
Musique : Kyle Eastwood, Michael Stevens
Production : Malpaso Productions, Warner Bros
Genre : Drame, Thriller
Titre en vo : Gran Torino
Pays d’origine : États-Unis
Parution : 09 janvier 2009
Langue d'origine : anglais, hmong
Durée : 112 min

Casting :
Clint Eastwood : Walt Kowalski
Bee Vang : Thao, l'adolescent hmong voisin de Walt
Ahney Her : Sue, la sœur aînée de Thao
Christopher Carley : le Père Janovich
John Carroll Lynch : Martin, le coiffeur
Doua Moua : Fong / Spider, le cousin de Thao membre du gang
Scott Eastwood : Trey, l'ami de Sue
Brian Haley : Mitch Kowalski, fils de Walt
Geraldine Hughes : Karen Kowalski, femme de Mitch
Dreama Walker : Ashley Kowalski, fille de Mitch
Brian Howe : Steve Kowalski, fils de Walt
William Hill : Tim Kennedy, le chef de chantier
Brooke Chia Thao : Vu, la mère de Thao
Chee Thao : la grand-mère
Choua Kue : Youa, la jeune fille attirée par Thao
Sonny Vue : Smokie, le leader du gang
Elvis Thao : un membre du gang hmong
Jerry Lee : un membre du gang hmong
Lee Mong Vang : un membre du gang hmong
Xia Soua Chang : Kor Khue, le xama
Cory Hardrict : Duke, l'un des agresseurs de Sue
 
Mon avis :
 Nul doute que la première chose que le spectateur constate en regardant une œuvre comme Gran Torino c’est que, tant dans la réalisation, tant dans la façon qu’il a de se mettre en scène dans le film, Clint Eastwood est franchement excellent. D’ailleurs, cela en deviendrait presque un cas d’école, mais, pas aussi simple à copier lorsqu’on y pense bien : après tout, des réalisateurs de talents, il en existe un certain nombre, mais, des réalisateurs qui passent devant la caméra dans leurs propres films, c’est déjà moins courant, et ce, même si Clint n’est ni le premier à le faire, ni le dernier. Mais là où cela devient plus intéressant, c’est cette façon qu’il possède de jouer avec son image, de jouer des personnages bourrus, acariâtres mais aussi violents et qui sont les meilleurs dans leurs partie, mais aussi, paradoxalement, de montrer leurs innombrables faiblesses, tant physiques que psychologiques, bref, d’être un parfait antihéros. Alors oui, on me dira encore que d’autres l’on fait avant lui, et qu’il n’est surement pas le dernier à agir de la sorte, cependant, à mon avis, ce qui fait la différence avec la concurrence – le terme me semble juste – c’est que d’un point de vue charismatique, il n’y a pas grand monde, en tout cas de vivant, qui arrive à la cheville de Clint Eastwood. Ainsi, et comme d’autres acteurs de par le passé, ce bon vieux Clint représente un genre à lui tout seul et l’on pourrait presque dire que celui-ci, depuis une éternité, joue toujours le même rôle : celui d’un indécrottable solitaire, violent et fragile à la fois et pas forcément adroit avec la gente féminine. Est-ce un mal, un défaut ? Selon moi, pas forcément quand le talent et le charisme sont présents. Car bon, soyons un petit peu objectif, si l’on peut qualifier ce Gran Torino d’excellent film, force est de constater que, lorsqu’on l’analyse de plus près, certains détails flagrants apparaissent et on ne peut les occulter : ainsi, franchement, peut-on dire que tout cela soit vraiment original ? Franchement, non ! Une famille a des problèmes avec des voyous, Clint s’en mêle et les protège et règle tout ça vite fait bien fait, ça ne vous dit rien ? Allons bon, mais c’est un parfait scénario de Western ça ! Donnez un chapeau et un cheval a Clint, remplacez les voisins asiatiques par des américains pur souches et les petites frappes par des desperados, le scénario restera le même. Ensuite, le côté « vieux bourru raciste qui finit par prendre sous son aile le gamin du coin histoire de créer un lien filial, vu que ses propres enfants le rejettent » ça a des petits airs de déjà-vu, et là aussi, pas qu’une fois. Et si l’on ajoute à cela le fait que, bien des scènes soient prévisibles et sans surprises, l’on ne pourra que constater que, finalement, ce Gran Torino apparait soudainement comme moins exceptionnel qu’a première vue. Mais la différence avec tant d’autres longs métrages, c’est peut être bête à dire, mais c’est Clint Eastwood lui-même ! En tant que réalisateur, il réussit le tour de force de sublimer un scénario hautement conventionnel et de le transformer en un film tout bonnement captivant. Puis, en tant qu’acteur, et tout en nous ressortant toute la panoplie de son jeu, la saupoudrant ici et là d’une touche particulièrement à la fois détestable et… jouissive – ah, ce mec a une répartie du tonnerre, et puis, comment ne pas jubiler lorsqu’il sauve sa voisine lorsque celle-ci a maille à partir avec des petites frappes arrogantes qui, dès qu’il pointe une arme sous leurs nez, font dans leur culotte – il réussit à rendre ce vieux conservateur raciste et bourru, finalement humain et en tout cas, bien plus sympathique qu’on aurait pu le croire dans les premières scènes. Bien évidemment, Gran Torino n’est pas particulièrement politiquement correct aux yeux de certains, mais bon, peut être que ce qui choque le plus certains, c’est une réalité qui y est montrée, et celle-ci n’est pas forcement agréable à regarder. En tout cas, chapeau bas a Clint Eastwood pour sa prestation, tant devant que derrière les caméras, et plus particulièrement pour la scène finale ou l’octogénaire met en scène, de façon étonnante – je suis resté sur le cul car je ne m’attendais pas à cela – et magistrale sa propre mort ; comme si celui-ci, quelque part, voulait boucler la boucle d’une longue, très longue carrière qui, pour le moment, n’a pas encore pris fin.
 

Points Positifs
 :
- Un scénario plutôt classique, il faut le reconnaitre, mais qui, malgré tout, est suffisamment bien écrit pour tenir en haleine le spectateur de la première à la dernière minute du film, ce bon vieux Clint se donnant le luxe de faire du neuf avec du vieux et, surtout, de le faire très bien.
- Un personnage principal détestable, raciste, irascible, misanthrope mais qui, malgré ses nombreux défauts, n’en est pas moins prêt à défendre ceux qui sont trop faibles. Certes, Clint fait ici du Clint mais ce, avec prestance !
- Clint Eastwood se fait de plus en plus rare devant la caméra mais c’est en regardant ce Gran Torino que l’on se dit que celui-ci est, décidément, un excellent acteur qui en impose.
- Un final plutôt bien trouvé mais qui nous met face à l’évidence, c’est-à-dire, qu’un jour prochain, Clint Eastwood nous quittera…
- Indéniablement, un des meilleurs films de Clint Eastwood depuis que ce dernier est passé derrière la caméra.

Points Négatifs :
- Bien entendu, scénaristiquement, Gran Torino ne brille pas par une franche originalité et ce film nous rappelle bon nombre d’anciens longs métrages plus ou moins du même genre, certains, d’ailleurs, avec ce bon vieux Clint…
- Certains pourront trouver ce personnage principal trop basique et ne supporterons pas ses défauts, probablement les mêmes qui ne jurent que par la pensée unique qui commet tant de ravages actuellement.

Ma note : 8/10