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mercredi 9 juin 2021

Ajin – Tome 5


Ajin – Tome 5
 
Le leader des Ajin, Sato, compte établir la psychose dans tout le Japon. Pour cela, il est parvenu à détourner un avion et le faire écraser dans Tokyo. Attendant près du lieu du drame, des drones approchent et déposent un fusil à pompe à Sato. Celui-ci a déjà neutralisé les forces d'auto-défense et attend patiemment l'arrivée de la brigade d'élite. Les hommes de cette dernière ne perdent pas un instant : ils tirent à bout portant dans la tête de Sato les uns après les autres afin d'éviter que l'Ajin n'utilise ses capacités. Tirant sans cesse, ils se rapprochent et mettent le corps sur un brancard. Alors que la situation semble sous contrôle, un des membres de la brigade est tué. Une balle a été tirée du haut d'un toit par un sniper. Celui-ci est bien évidemment un Ajin. Les médias diffusent la scène sans filtre et le gouvernement n'hésite pas à diffuser les photos des êtres immortels référencés dont, bien évidemment, Kai fait partie. Ce dernier avait trouvé refuge à la campagne chez une vieille dame. Désormais, il attire les regards des autres villageois, des coups d’œil loin d'être bien intentionnés...
 

Ajin – Tome 5
Scénariste : Gamon Sakurai
Dessinateur : Gamon Sakurai
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Fantastique, Action, Seinen
Titre en vo : Ajin vol.5
Parution en vo : 07 septembre 2014
Parution en vf : 04 mai 2016
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 192
 
Mon avis :
 Après un extraordinaire et  spectaculaire quatrième tome, force est de constater que pour ce qui est de l’intensité, si celle-ci baisse assez naturellement, malgré cela, ce cinquième volume de cet étonnant manga qu’est Ajin n’en reste pas moins dans la lignée de ses prédécesseurs, c’est-à-dire, franchement bon. Bien entendu, a force, ce n’est plus vraiment une surprise et, au fil des volumes, je comprends aisément le succès actuel de ce manga, mais bon, malgré cela, ce n’est pas toujours simple de maintenir a chaque fois un certain niveau de qualité, or, sincèrement, au bout de cinq tomes, on peut affirmer que, sans exagération aucune, le sieur Gamon Sakurai y parvient de fort belle manière. Oh, certes, ne nous leurrons pas, à moins que la série, par la suite, ne parte dans des bases complètement différentes, nous ne pourrons qualifier Ajin de chef d’œuvre absolu… mais bon, en tant que bonne série, oh combien captivante, c’est déjà le cas et franchement, rien que pour cela, oui, je pense que cela vaut le coup de suivre ce manga ; du moins, pour les amateurs du genre, bien sur ! Mais je parle, je parle sauf de ce fameux cinquième tome et il est justement grand temps d’aborder le sujet : ainsi, d’entrée de jeu, on reste sur la lancée du tome précédant et donc, de la suite de l’attentat terroriste du charismatique Sato – pour rappel, le bougre avait prit le control d’un avion de ligne et l’avait précipité sur un immeuble en plein centre ville de Tokyo. Et justement, c’est un Sato en grande forme que l’on retrouve, qui, accompagné de ses compagnons, livre une lutte féroce – et jouissive – avec un commando des forces spéciales nippones : c’est pour le moins original (avec des individus qui ressuscitent en permanence, c’est normal), spectaculaire et bien évidement d’une rare violence, mais qu’est ce qu’on en prend plein les yeux, encore une fois ! La suite, elle, est plus calme et on retrouve donc le héros de l’histoire, le très antipathique Ken Nagai, dans son petit havre de paix au fin fond de la campagne : par la force des choses, il sera obliger de partir et, accessoirement, de s’allier a Koh Nakano, jeune Ajin idéaliste qui ne souhaite qu’une chose, en finir avec les visées terroristes de Sato. Voir le duo agir est plutôt amusant, surtout que l’auteur n’hésite pas à noircir encore davantage son personnage principal, un véritable salaud… Quand au final de ce cinquième tome, eh ben, disons que de drôles d’alliances vont se créer et que, désormais, deux camps parfaitement identifiés semblent se faire face, a moins, bien sur, qu’il n’y ait d’autres coups de théâtre ?!
 

Points Positifs
 :
- Encore une fois, c’est Sato qui marque les esprits : il faut dire que si on a compris depuis longtemps que celui-ci, oh combien charismatique, est capable de tous les coups d’éclats, on est encore surpris dans ce volume avec cet affrontement contre les forces spéciales nippones qui, ma foi, marque les esprits !
- Là aussi, ce n’est plus une surprise et on a compris que le héros de ce manga, Ken Nagai, est un véritable salaud, mais bon, cela n’empêche pas qu’il est plutôt plaisant à suivre, même si on n’éprouve aucune sympathie pour lui.
- Le duo improbable entre Ken Nagai et Koh Nakano, les deux Ajins étant complètement différents de par leurs différences de caractère et de morale – ce qui donne d’ailleurs quelques scènes plutôt amusantes.
- Les dessins de Gamon Sakurai, bien sur ! Dans l’ensemble, cela reste plutôt bon, mais alors, la scène avec les forces spéciales est un pur régal à voir.
 
Points Négatifs :
- Un peu moins d’intensité dans ce volume, il faut dire que la partie se déroulant dans le village où Ken Nagai à trouver refuge n’est pas mauvaise mais loin d’être emballante…
- Ken Nagai est un salaud ! Certes, c’est une bonne idée et cela nous change des héros idéalistes – c’est Koh Nakano qui reprend le rôle – cependant, quand je dis que c’est un salaud, c’en est vraiment un, ce qui le rend détestable, peut être trop par moments aux yeux de certains ?
- Euh, je n’ai pas compris si la vieille connaissait l’identité de Nagai ou pas ? Tout cela n’est pas bien clair, surtout lorsqu’elle l’appelle Ken ?!
 
Ma note : 7,5/10

mardi 8 juin 2021

House of M


House of M

Alors que Wanda la Sorcière rouge a de plus en plus de mal à contrôler la puissance de son pouvoir, une réunion a lieu. Tous les super héros se réunissent à la tour Stark et prennent une décision lourde de sens : ils doivent neutraliser la fille de Magnéto au plus vite. Ils se rendent alors à Génosha, dernière ville où Wanda semble avoir laissé une trace. A leur arrivée, ils ne trouvent que des ruines et surtout le professeur Xavier disparaît sans raisons. En entrant dans une église proche, Spiderman se retrouve seul et une lumière vive resplendit alors. Wolverine se réveille en sursaut, le monde qui l’entoure n’est pas celui dont il se rappelle et les changements sont plutôt abrupts : Magnéto gouverne un monde où les mutants sont l’espèce dominante. James décide de se rendre à la tour Stark, où l’attend un comité d’accueil qui essaie de le capturer. Dans sa fuite, il tombe sur Cape qui l’envoie auprès de Luke Cage et ses acolytes. L’un d’entre eux, Œil de Faucon, n’attend pas les explications du mutant et tire plusieurs flèches sur lui, le laissant pour mort. Mais c’est mal connaître Wolverine…


House of M
Scénario : Brian Michael Bendis
Dessins : Olivier Coipel
Encrage : Tim Townsend
Couleurs : Frank D'Armata
Couverture : Esad Ribic
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : House of M
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Juin 2005 – Novembre 2005
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 18 janvier 2012
Nombre de pages : 200

Liste des épisodes
House of M 1-8

Mon avis : Premier event majeur suite à la séparation des Avengers dans Avengers Disassembled et la reprise en main de la franchise par Brian Michael Bendis, House of M, paru il y a de cela quelques années, en 2005 plus précisément, marqua son époque de par ses retombées importantes au sein de l’univers Marvel. Il faut dire que le postulat de départ était pour le moins alléchant : suite au pétage de câble de Wanda Maximoff qui s’en était pris a ses anciens coéquipiers, en massacrant quelques uns au passage, Avengers et X-Men se réunissent afin d’essayer de trouver une solution au problème. Problème oh combien important puisque la Sorcière Rouge, au vu de ses pouvoirs, représente désormais une menace mondiale de première ordre. Bien entendu, tout le monde n’est pas d’accord quand au remède mais nos héros n’ont pas à hésiter longtemps puisqu’ils sont très rapidement rattrapés par les événements, le monde semblant disparaitre pour réapparaitre complètement transformé, les mutants ayant accéder au pouvoir – avec Magnéto en chef de file – dans une espèce d’utopie où chacun, ou presque, a vu ses rêves les plus fous exaucés. Un postulat de départ aux faux airs de Age of Apocalypse – mais en plus soft et moins complexe – et, bien évidement, franchement attractif : sur ce point, il n’y a rien à redire, Bendis nous livre là une intrigue fascinante qui, dès ses premiers épisodes, promet énormément. Le problème, c’est que toutes les meilleures intentions du monde ne suffisent pas et, comme souvent avec Bendis d’ailleurs, cela finit par accoucher d’une sourie, la faute a une intrigue qui, très rapidement, s’attarde inutilement dans des à-côtés sans intérêts : ainsi, pendant je ne sais combien de temps, on perd notre temps à voir Wolverine, Emma Frost et leurs compagnons en quête d’autres héros a réveiller – par le biais de Layla Miller, personnage, accessoirement, inintéressant au possible et qui ne sera pas rester dans les annales. Fort heureusement, House of M finit aussi bien qu’il avait débuté et oui, sa conclusion, elle, mérite le détour : si l’on fera rapidement l’impasse sur un affrontement final trop brouillon et sans grand intérêt, la révélation sur l’identité de celui qui est derrière tout cela en surprendra plus d’un et, bien sur, les quelques mots désormais cultes, « No more mutants… » font toujours, quelques années plus tard, leur petit effet – même s’il faut reconnaitre qu’ici, Marvel ne faisait juste que de se tirer une balle dans le pied en affaiblissant une fois de plus l’héritage Morrison, et vu la médiocrité actuelle des X-Men, difficile de dire que ce fut une grande idée… Bref, House of M est un event plutôt mi-figue mi-raisin et ce, de part une construction narrative un peu bancale, mais bon, pour ses bonnes idées du début et pour son final, pour les dessins d’Olivier Coipel et pour, que l’on aime ou pas sa conclusion, son importance historique, cela reste une œuvre que tout amateur de Marvel se doit de lire, ne serais-ce qu’une fois.


Points Positifs :
- Le postulat de départ est plutôt alléchant avec les Avengers et les X-Men qui souhaitent en finir, d’une manière ou d’une autre, avec le problème Wanda Maximoff et qui, très rapidement, se retrouvent piégés dans une espèce de monde idéal où chacun à accéder a ses désirs secrets.
- Le final marque les esprits : entre la révélation que c’est Vif Argent et non Magnéto qui est derrière tout cela, le « No more mutants » de Wanda qui décime la population mutante mondiale.
- Les univers parallèles où les trucs a la What If, on en a marre au bout d’un moment, mais, dans le cas présent, c’est assez efficace.
- Œil de Faucon, décédé dans Avengers Disassembled, est déjà de retour mais de manière plutôt intelligente et, d’ailleurs, ses apparitions au cours de l’event marquent les esprits et sa confrontation finale avec Wanda, franchement touchante.
- Les dessins d’Olivier Coipel. Ce n’est pas mon dessinateur préféré mais le français livre ici une fort belle prestation.
- Et oui, le rêve de Peter Parker, c’était de fonder une famille avec… Gwenn Stacy ! Autant pour MJ.
- La scène où Wolverine se jette d’un Héliporteur du S.H.I.E.L.D.

Points Négatifs :
- Malheureusement, l’intrigue s’embourbe trop rapidement dans une quête ennuyeuse où les héros passent leur temps a aller réveiller d’autres héros avec, un nombre incalculable de fois, les mêmes scènes : apparition du groupe, l’individu visé est interloqué, Layla Miller intervient, le héros se souvient, il est choqué puis en colère avant de rejoindre les autres…
- Accessoirement, dans le genre personnage raté qui ne restera pas dans les annales, Layla Miller en est un bel exemple.
- House of M est un nouvel exemple que Bendis a souvent de bonnes voir de très bonnes idées mais qu’il va trop rapidement au fond des choses.
- Olivier Coipel est un peu en deçà sur certaines cases sur les deux derniers épisodes. Il faut dire que l’affrontement final est complètement illisible et que, lorsque Magnéto s’en prend a son fils, si quelqu’un réussit à comprendre ces quelques cases, ma foi, chapeau !
- L’idée que Wanda s’en prenne aux mutants n’est pas mauvaise, le problème, c’est la manière dont Marvel à traiter tout cela après – et puis, quand on sait que l’éditeur a eu cette idée parce que Morrison, dans son run, avait multiplié ces derniers, on peut trouver le procédé on ne peut plus léger…

Ma note : 7/10

lundi 7 juin 2021

Mildred Pierce


Mildred Pierce
 
Dans une banlieue de Los Angeles du début des années 1930, Mildred Pierce se sépare de son mari, Bert Pierce, un homme d'affaires sur le déclin qui entretient une liaison avec une autre femme depuis quelque temps. Résigné et un peu honteux, il quitte la maison et laisse Mildred seule avec leurs deux filles de 6 et 11 ans, Ray et Veda. Dans le contexte de la Grande Dépression, Mildred se retrouve alors en précarité financière. Elle décide de chercher du travail. Malgré les difficultés, elle peut compter sur l'aide de sa meilleure amie, Lucy Gessler. Après quelques tentatives infructueuses, elle finit par décrocher un job de simple serveuse dans une gargote du centre ville. Tout en ravalant sa fierté, elle ne parle pas de sa situation à Veda, qui est quelque peu exigeante pour son jeune âge.
 

Mildred Pierce
Réalisation : Todd Haynes
Scénario : Todd Haynes et Jon Raymond d'après le roman de James M. Cain
Musique : Carter Burwell
Production : HBO
Genre : Drame
Titre en vo : Mildred Pierce
Pays d’origine : Etats-Unis
Chaîne d’origine : HBO
Diffusion d’origine : 27 mars 2011 – 10 avril 2011
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 5 x 93 minutes
 
Casting :
Kate Winslet : Mildred Pierce
Guy Pearce : Monty Beragon
Evan Rachel Wood : Veda Pierce
Morgan Turner : Veda Pierce, jeune
James LeGros : Wally Burgan
Melissa Leo : Lucy Gessler
Brian F. O'Byrne : Bert Pierce
Mare Winningham : Ida Corwin
Hope Davis : Mrs. Forrester
 
Mon avis :
 Tiré d’un roman de James M. Cain, publié en 1941, ce Mildred Pierce, mini-série sortie sur les écrans en 2011 n’est que la seconde adaptation de celui-ci, la première étant Le Roman de Mildred Pierce datant de 1945 et avec l’incontournable Joan Crawford dans le rôle principal. Une œuvre donc, qui méritait, dans le cas présent, une nouvelle adaptation et comme en plus, Kate Winslet, toujours égale à elle-même – c’est-à-dire excellente – jouait le rôle de cette mère complètement aveuglée par l’amour qu’elle porte a sa fille ainée, la détestable Veda, il y avait de quoi ravir les amateurs du genre, surtout que le résultat, sans être un chef d’œuvre non plus, n’en reste pas moins franchement réussi. Il faut dire que le postulat en lui-même de ce Mildred Pierce avait de quoi nous offrir une œuvre marquante : ainsi, cette relation mère / fille, oh combien nuisible, possédait tous les éléments nécessaires pour nous entrainer dans une intrigue dramatique qui ne pouvait que nous captiver. Et, sur ce point, Mildred Pierce est une véritable réussite : ainsi, comment ne pas s’énerver devant cet aveuglement stupide de la part de cette mère – Kate Winslet, donc – tout au long des cinq épisodes que composent cette mini-série, face a sa fille ainée – la cadette peut bien mourir entretemps, ce n’est pas grave – qui, ma foi, est l’une des plus grandes connasses qu’il m’a été donné de voir à l’écran. Prétentieuse, manipulatrice, sans la moindre morale, mauvaise, n’hésitant pas à insulter sa mère, la frapper voir coucher avec le mari de cette dernière, dans le genre salope finie, Veda est, indéniablement, tout en haut du classement ! Bien entendu, bien davantage que la reconstitution des années 30 qui est sans faille ou que la montée en puissance de la petite entreprise de Mildred, l’unique intérêt de cette mini-série est cette relation entre cette mère complètement aveugle – pour ne pas dire stupide – et cette connasse qui lui tient lieu de fille. Je la déteste la Veda ? Oh que oui mais, au moins, Mildred Pierce ne m’aura pas laissé indifférent et, ma foi, rien que pour cela, le jeu en aura valut la chandelle, alors, si vous êtes fans du genre et si vous souhaitez détester cordialement un personnage, n’hésitez pas une seconde, Mildred Pierce ne pourra que vous convenir !
 

Points Positifs
 :
- Un magnifique drame psychologique comme on en voit trop rarement. Il faut dire que tout, ici, repose sur la relation oh combien détestable et néfaste qu’il y a entre cette mère courageuse mais aveuglée par ses sentiments et cette fille tellement… tellement… haïssable, tout bonnement !
- Quasiment toutes les scènes qui opposent Mildred à sa fille méritent le détour, certaines allant loin, très loin même ! Insultes, coups et, bien entendu, le coup de grâce final lorsque Veda couche avec son beau-père devant sa mère, complètement médusée.
- Une œuvre qui ne nous laisse pas indifférent, quitte a être extrême dans nos réactions vis-à-vis de certains protagonistes – Veda, Monty mais même Mildred qui, finalement, à une énorme part de responsabilité dans ce qui lui arrive…
- Ce n’est bien évidement pas une surprise mais Kate Winslet, comme à son habitude, est parfaite dans son rôle. Mention spéciale aux deux actrices qui interprètent Veda.
- Une reconstitution que l’on peut qualifiée de correcte de ces années 30 post-Crise de 29.
 
Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que, en dehors de Mildred, Veda et, dans une moindre mesure, ce parasite de Monty, le reste des protagonistes ne sont là que pour jouer les utilités et n’apportent pas grand-chose à l’intrigue.
- Un peu exagérer tout de même que Veda se découvre, du jour au lendemain, un immense talent de cantatrice d’opéra…
- Cette salope de Veda !
 
Ma note : 7,5/10

dimanche 6 juin 2021

A War


A War
 
Au cours d'une bataille contre les Talibans, une patrouille tourne très mal : un jeune soldat est grièvement blessé et Claus Michael Pedersen, commandant de compagnie danois, prend instinctivement la décision de bombarder la zone afin de permettre l'arrivée d'un hélicoptère de secours. La mission est couronnée de succès. Le jeune soldat a la vie sauve. Mais Claus ne se doute pas que sa décision prise en une fraction de seconde impactera le reste de sa vie : les corps de onze femmes et enfants afghans sont retrouvés sous les ruines. Claus est arrêté et accusé de crime de guerre.
 

A War
Réalisation : Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Musique : Sune Wagner
Production : Nordisk Film et Celtic Film
Genre : Drame, Guerre
Titre en vo : Krigen
Pays d'origine : Danemark
Langue d'origine : danois
Date de sortie : 10 septembre 2015
Durée : 115 mn
 
Casting :
Pilou Asbæk : Claus Michael Pedersen
Tuva Novotny : Maria Pedersen
Dar Salim : Najib Bisma
Søren Malling : Martin R. Olsen
Charlotte Munck : Lisbeth Danning
Dulfi Al-Jabouri : Lutfi Hassan
Alex Høgh Andersen : Anders
Jakob Frølund : Terkel Sand
Phillip Sem Dambæk : Brian Brask
 
Mon avis :
 On connaissait depuis longtemps l’indéniable talent de nos amis danois pour les séries, mais pour ce qui était du cinéma a proprement parlé, les choses étaient plus vagues, or, avec ce A War – Krigen en version originale – force est de constater que, d’un point de vu personnel, en le visionnant, j’ai passé un bon, que dis-je, un très bon moment de cinéma. Car oui, mille fois oui, A War est indéniablement l’un des meilleurs longs métrages qu’il m’ai été donné de voir ces derniers mois, une œuvre plutôt fine, intelligente, et qui traite de la guerre – ici, celle en Afghanistan – et de ses conséquences, que ce soit pour les belligérants, les populations locales ou les familles restées au pays, d’une fort bonne manière. Et forcément, en visionnant ce A War, en m’imprégnant totalement de son intrigue et des nombreuses questions soulevées par celui-ci – problématique de la séparation familiale, de la responsabilité d’un chef dans un conflit, des décisions prises sous le feu ennemi et du jugement de la société, souvent sévère – je n’ai pas put m’empêcher de penser a un autre film de guerre qui a énormément fait parler il y a quelques années et que, personnellement, j’ai détester American Sniper : ainsi, autant le premier, comme je l’ai dit, est d’une finesse et d’une intelligence incroyable, autant le second est pompeux, pas crédible pour un sou et davantage axé grand public. Bien évidement, A War est bien moins connu, mais qu’importe après tout, l’important, c’est d’avoir le plaisir de le voir et franchement, si vous en avez l’opportunité, n’hésitez pas une seconde, le jeu vaut largement la chandelle. Pour finir, si vous êtes un habitué des séries danoises, vous aurez le plaisir de retrouver, dans le rôle principal, un certain Pilou Asbæk, qui se fit connaitre dans Borgen et qui, ma foi, dans un rôle aux antipodes de celui du Spin-Doctor de Birgitte Nyborg, est excellent ! Bref, une très bonne surprise que ce A War, une œuvre qui nous démontre que l’on peut encore faire des films de guerre intelligents et que, de ce point de vu là, les danois n’ont rien, mais alors rien a envier aux américains, bien au contraire…
 

Points Positifs
 :
- Un film d’une intelligence rare et plutôt fin dans son raisonnement. Franchement, j’ai rarement eu l’opportunité de voir un long métrage traitant de la guerre en Afghanistan aussi crédible, surtout que, ici, l’histoire s’intéresse particulièrement aux conséquences faites par ces hommes envoyés a l’autre bout du monde dans un conflit qui, a priori, n’est pas le leur.
- Eloignement familial, désir de protéger ses hommes, difficultés devant des prises de décisions rapides, sous le feu ennemi, qui peuvent sauver, ou pas, des vies. On retrouve tous ces thèmes dans A War, sans oublier, bien entendu, le jugement de nos sociétés occidentales pour leurs propres troupes, jugement souvent sévère de la part d’hommes et de femmes qui sont a mille lieux de savoir ce qu’est véritablement un conflit.
- Même si d’un point de vu personnel, j’ai pris fait et cause pour le personnage principal, rien n’est fait dans ce film pour l’excuser, ce qui donne une vision neutre plutôt intelligente.
- Pilou Asbæk avait brillé dans Borgen, eh ben ma foi, il confirme largement dans ce film qu’il est un excellent acteur !
- Les amateurs de séries danoises retrouveront avec plaisir des figures connues comme Søren Malling et Dar Salim.
 
Points Négatifs :
- Curieusement, j’ai trouvé A War trop court alors qu’il dure presque deux heures tout de même ! Probablement aurais-je souhaité que le plaisir dure plus longtemps ?
- Certes, de par sa décision, le personnage principal est responsable de la mort de plusieurs civils, cependant, a un moment donné, personne, au cours du procès, ne mentionne le fait qu’effectivement, suite au bombardement, les tirs ennemis ont cessés et que oui, indéniablement, tout cela a aboutit au sauvetage de ses hommes ?
 
Ma note : 8/10

samedi 5 juin 2021

Empire – Le Général Fantôme


Empire – Le Général Fantôme
 
1815. A la tête d’une poignée d’hommes, le capitaine Saint-Elme traverse l’Afghanistan pour rejoindre Savary, chef des services spéciaux de l’Empire français à Bombay. Car en 15 ans, Napoléon s’est rendu maître de presque toute les Indes, après avoir conquis l’empire Ottoman et reflué l’armée anglaise aux portes du Bengale. Coincé dans un guet-apens, Saint-Elme et ses soldats ne doivent leur salut qu’à l’intervention providentielle d’une colonne d’artillerie blindée à vapeur. D’une de ces machines, descend un curieux personnage, Charles Nodier, scientifique et écrivain, spécialiste de l’occulte. Durant le trajet, les deux hommes sympathisent et évoquent le cas de la résistance anglaise sur le plateau de Nichapur. Malgré une tactique militaire irréprochable pour conquérir cette bande de terre coincée entre le Gange et les contreforts de l’Himalaya, les Gurkhas ont mis l’armée napoléonienne en déroute pour la première fois depuis 20 ans. Cette défaite est attribuée au génie tactique d’un mystérieux général anglais, caché dans un fourgon sous bonne escorte. Nodier évoque la possibilité que cet officier ne soit pas humain. Mais il surveille tout de même de près la matrice du « piano Enigma », machine servant à coder les messages via le télégraphe de Chappe…
 

Empire – Le Général Fantôme
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 octobre 2006
Nombre de pages : 50
 
Mon avis :
 Plus de quinze ans après sa sortie, ce fut avec un plaisir certain que je me suis replongé dans le premier tome de cette série réalisée par les auteurs de L’Histoire Secrète, Jean Pierre Pécau au scénario et celui qui ne laisse personne indifférent, le croate Igor Kordey. En 2006, lorsque je découvris cet album, j’étais tombé instantanément sous son charme, tant du point de vue de l’intrigue que des dessins. Il faut dire que, contrairement à la série phare des deux compères, Empire, plus centré sur une seule période, avec peu de personnages et une histoire solide, est bien plus accrocheuse et captivante pour le lecteur qui, de plus, ne pourra éviter le parallèle avec une autre série du label Série B des éditions Delcourt, Hauteville House – saga dont il faudra bien que je vous parle à l’occasion. En effet, comme celle-ci, Empire est une Uchronie mêlant bon nombre d’éléments Steampunk et où apparaissent, comme protagonistes, à la fois des personnages réels de notre histoire mais également de romans de l’époque. Bref, tous les éléments pour que l’on ait une sympathique BD étaient réunis, et, ma fois, ce premier tome ne déçoit pas le moins du monde. 1815, Napoléon règne sur l’Europe mais aussi sur les Indes. Déjà, le postulat de base est intéressant à plus d’un titre car, qui sait ce qu’il serait advenu si l’Empereur s’était tourner vers les Indes ? Mais plus qu’une simple Uchronie, assez rapidement, on s’aperçoit que les auteurs ont mêler de nombreux éléments disparates faisant de leur œuvre un habile mélange où l’on retrouve bon nombre d’éléments Steampunk, mais également, par le biais des dires de Charles Nodier, l’un des deux personnages principaux de l’intrigue, des éléments surnaturels comme les lutins, les vampires ou les djinns, mais aussi, le lecteur aura la surprise d’entendre quelques noms connus comme Dracula ou le docteur Frankenstein. Bref, un heureux melting-pot qui fonctionne assez bien grâce à une histoire prenante, mais aussi, par le charisme indéniable des deux protagonistes principaux, Nodier, déjà citer, dans le rôle de l’aventurier touche à tout, à la fois scientifique, spécialiste de l’occulte et tacticien de génie, et le ténébreux et magnifique capitaine Saint-Elme, à la fois sombre, inquiétant, redoutable au combat et possédant la beauté et le magnétisme qui sied au genre. Ce duo improbable n’est pas une invention des auteurs, quelque part les points communs avec ceux des Mystères de l’Ouest sont évidents, mais comme leurs glorieux aînés, il est évidant qu’il fonctionne à merveille. Alors, bien évidement, dans ce premier tome, la mise en place de l’univers et de l’intrigue occupe une bonne place, ce qui est tout à fait normal, mais, ensuite, l’on rentre vite dans l’histoire, avec très peu de temps morts, et après les présentations d’usages, les premières surprises au fil des pages – tient, il y aura du Steampunk ! Comment, des fées, ah bon ? L’anglais qui veut faire le tour du monde en 80 jours !? – l’on suit les pérégrinations de Saint-Elme et Nodier dans les rues de Bombay, aux prises avec les adorateurs de Kali et enquêtant sur le mystérieux Général Fantôme, le premier à avoir fait perdre une bataille à Napoléon… Bref, un premier volume fort plaisant, qui, sans nul doute, ravira les amateurs d’aventure avec un A majuscule, les admirateurs de Jean-Pierre Pécau ainsi que ceux d’Igor Kordey – même si, il faut le reconnaitre, c’est-à-dire, le Kordey de 2006, c’est-à-dire, loin d’être aussi bon que celui des dernières années… Bref, un bon premier tome que l’on dévore de bout en bout et qui laisse augurer du meilleur pour la suite !
 

Points Positifs
 :
- Une uchronie fort plaisante avec un coté Steampunk assumé, un duo de protagonistes principaux réussi, un univers qui l’est tout autant et une intrigue suffisamment captivante pour les amateurs d’aventure pure et dure !
- Un postulat de départ plutôt intéressant puisque cette uchronie par du principe : que se serait-il passé si Napoléon aurait tourné son regard vers l’est et aurai été jusqu’à conquérir l’Inde ?
- Bien évidement, le duo Saint-Elme et Nodier renvoi a celui des Mystères de l’Ouest.
- Les amateurs de Jean-Pierre Pécau sont en terrain familiers et retrouveront avec plaisir toutes ses références historiques, ce mélange entre protagonistes réels et imaginaires, ses nombreuses références, etc.
- Une couverture assez réussie.
 
Points Négatifs :
- Malheureusement, même les fans les plus complaisants d’Igor Kordey reconnaitront que celui-ci a fait bien mieux par la suite pour ce qui est de la précision de son style ; après tout, ce premier volume de Empire date de 2006…
- Dans un sens plus large, ceux qui ne supportent pas le style de Kordey trouveront tout cela beaucoup trop brouillon pour accrocher totalement.
- Les détracteurs de Pécau pointeront du doigt certaines mimiques de l’auteur, comme cette multitude de références, parfois obscures, qui ne tombent pas toujours juste.
 
Ma note : 7,5/10

vendredi 4 juin 2021

Une Amérique qui fait peur


Une Amérique qui fait peur
 
Seule superpuissance désormais sur l'échiquier mondial, où va l'Amérique ? Régulièrement, on prédit son déclin ; la dégradation des villes et des relations interethniques, la criminalité galopante, une justice de plus en plus arbitraire semblent résulter d'une crise morale sans précédent. D'ici dix ans, les Etats-Unis verront doubler leur population carcérale, accélérer la destruction de leur tissu social promis à un impitoyable cloisonnement. Or, l'Amérique poursuit des chimères : obsession du harcèlement sexuel, psychothérapies à la mode, déviances absurdes de la « political correctness » véritable maccarthysme de gauche, selon l'auteur, et dictature menaçante des minorités raciales, sexuelles et culturelles qui envahissent la vie quotidienne et annoncent une guerre idéologique. Cette société soumise à un tel totalitarisme intellectuel, préfigure-t-elle la nôtre dans un avenir proche ?
 

Une Amérique qui fait peur
Auteur : Edward Behr
Type d'ouvrage : Essai Sociétal
Edition originale : 01 juin 1995
Edition française : 01 février 1996
Titre en vo : Une Amérique qui fait peur
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : néant
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 324
 
Mon avis :
 Avec Une Amérique qui fait peur, j’aborde aujourd’hui le cas d’un ouvrage pour le moins particulier à mes yeux puisque celui-ci est, non seulement, un des essais les plus anciens que je possède mais aussi, et cela a son importance, un de ceux que j’ai le plus lu et relu au fil des années et il fallait bien que, tôt ou tard, je vous en parle sur ce blog. Œuvre d’Edward Behr, journaliste britannique spécialisé des Etats-Unis qui passa une bonne partie de sa vie en France, Une Amérique qui fait peur date du milieu des années 90 ce qui pourrait faire dire à certains que cet essai est pour le moins daté. Pourtant, à bien y regarder, il n’en est rien… En effet, malgré le quart de siècle écoulé depuis et les bouleversements géopolitiques survenus depuis – 11 Septembre, monté en puissance du terrorisme islamiste – mais aussi l’importance prise par internet et, plus particulièrement, les réseaux sociaux, événements que ne pouvaient pas prévoir l’auteur et bon nombre de spécialistes à l’époque, cet ouvrage n’a rien perdu, dans le fond et la forme, de sa pertinence. Ainsi, malgré celles et ceux qui, déjà à l’époque taxaient Edward Behr de conservateur obtus, lorsque l’on voit notre époque actuelle, lorsque l’on voit comment les minorités ont pris le pouvoir médiatique, lorsque l’on voit comment le politiquement correct est devenu la norme, lorsque l’on voit comment les sociétés sont de plus en plus divisées – religion, origines, préférences sexuelles et autres – et lorsque l’on voit comment la moindre parole, le moindre avis, peut valoir à son auteur le tribunal médiatique, comment ne pas faire le parallèle avec ce qui est constater dans cet essai au beau milieu des années 90 !? Sauf que, si à l’époque, tous ces bouleversements sociétaux étaient la norme aux Etats-Unis et que l’Europe n’était pas touchée, force est de constater que, une fois de plus, ce qui commence aux USA finit toujours, tôt ou tard, par franchir l’Atlantique, ce, pour le meilleur comme pour le pire, comme c’est le cas ici… Du coup, avec beaucoup de recul désormais et malgré quelques erreurs de l’auteur dut à des événements qu’il ne pouvait de toutes façons pas prévoir, Une Amérique qui fait peur apparait comme étant un ouvrage pour le moins visionnaire quand à l’évolution de la société américaine dans son ensemble et, dans un sens nettement plus large, occidentale. Bien entendu, certains trouveront à redire à cet essai, probablement les mêmes qui se satisfassent largement de cette société où l’on ne vit plus ensemble mais à coté les uns des autres, pour ne pas dire les uns contre les autres. Les autres, eux, regretteront probablement une époque finalement pas si lointaine où l’on pouvait rire de tout, où l’on vivait tranquillement avec ses voisins malgré les différences, où les relations entre les individus n’étaient pas aussi perverties et où on ne passait pas notre temps à entendre telle minorité s’indigner pour des broutilles sans importance, mais bon, ceci est, malheureusement, une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Un excellent essai sur les bouleversements radicaux de la société nord-américaine de la fin du vingtième siècle et qui était déjà fort pertinent lors de sa sortie, au milieu des années 90. Cependant, celui-ci prend encore plus de valeur par le fait que, un quart de siècle plus tard, quasiment tout ce qui était pointé du doigt par l’auteur s’est aggravé et, pire, a franchit l’Atlantique pour toucher une bonne partie du monde occidental.
- Politiquement correct triomphant, dictature des minorités, monté en puissance d’un ultra féminisme qui déteste les hommes, communautarisme militant, société morcelée, mise en avant de faits sans grande importance ou mineurs tandis que les véritables problèmes sans occultés… Cela ne vous rappelle rien ? Bienvenu dans les USA de la fin du vingtième siècle et dans le monde actuel !
- Edward Behr est un auteur pour le moins talentueux qui, non seulement, connait son sujet mais sait nous tenir en haleine le lecteur tout au long de son essai.

Points Négatifs :
- Si l’auteur ne pouvait pas prévoir les attentats du 11 Septembre et la montée en puissance de l’islamisme militant, il n’en est pas de même pour ce qui est de l’écologisme qui est quasiment totalement occulté dans cet ouvrage. Pourtant, au vu de l’importance prise par cette nouvelle religion dans nos sociétés actuelles, en bien comme en mal, force est de constater qu’il aurait été fort judicieux d’en parler…
- Bobo parisien lecteur de Libération qui ne jure que par l’écologie – tout en ne supportant les le chant des coqs, les odeurs de la campagne ou le chant des cigales lorsqu’il est en vacances – qui ne cesse de hurler qu’il déteste la police et que celle-ci ne cesse d’être violente envers les pauvres jeunes des quartiers – sans avoir jamais mis les pieds dans le moindre quartier, cela va de soit – et qui affirme que l’homme blanc est le plus grand criminel de l’Histoire tout en occultant les méfaits de toutes les autres civilisations, vous allez détester cet ouvrage !

Ma note : 7,5/10