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lundi 13 juin 2016

Remain in Light


Remain in Light
 
Talking Heads
 
1 - Born Under Punches (The Heat Goes On) (Talking Heads/Brian Eno) 5:46
2 - Crosseyed and Painless (Talking Heads/Brian Eno) 4:45
3 - The Great Curve (Talking Heads/Brian Eno) 6:26
4 - Once in a Lifetime (Talking Heads/Brian Eno) 4:19
5 - Houses in Motion (Talking Heads/Brian Eno) 4:30
6 - Seen and Not Seen (Talking Heads/Brian Eno) 3:20
7 - Listening Wind (Talking Heads/Brian Eno) 4:42
8 - The Overload (Talking Heads/Brian Eno) 6:00
 

Remain in Light
Musicien : Talking Heads
Parution : 08 octobre 1980
Enregistré : Juillet 1980 – Août 1980
Durée : 39:48
Genre : Post-Punk, New Wave, World Music
Producteur : Brian Eno
Label : Sire Records
 
Musiciens :
David Byrne : chant, guitare, basse, claviers, percussions
Jerry Harrison : guitare, claviers, chœurs
Chris Frantz : claviers, batterie, percussions, chœurs
Tina Weymouth : basse, claviers, percussions, chœurs
Brian Eno : basse, clavier, percussions, chœurs
Adrian Belew : guitare
Jon Hassell : cuivres sur Houses in Motion
Nona Hendryx : chœurs
Robert Palmer : percussions
Jose Rossy : percussions
 
Mon avis : 
Quelle claque magistrale j’ai put recevoir le jour où j’ai écouté, pour la première fois, ce Remain in Light, quatrième album des Talking Heads, sortie il y a presque quarante ans et dont on ne doit pas être bien nombreux, de nos jours, a se souvenir. Car ainsi va la mémoire des hommes, les effets de mode, les styles musicaux qui changent, indéniablement, et pas forcement pour le meilleur malheureusement. Tenez, faites un petit exercice, tout simple : allez dans la rue et demandez aux premiers passants que vous croiserez s’ils connaissent les Talking Heads ; en toute franchise, a moins de tomber sur un vieux fan ou sur un jeune possédant une bonne culture musicale, vous allez faire un sacré flop. Et pourtant, quel formidable groupe, en son temps, cela fut. Novateur, sacrément doué, n’hésitant pas à mêler les genres dans un savant mélange post mondialisation dans le bon sens du terme, le tout, chapeauté d’une main de maitre par le magicien Eno. Tient, Brian Eno, l’une des figures les plus marquantes musicalement de ces dernières décennies ; faites de même, demandez autour de vous, dans vos connaissances, au travail et l’on verra si cela marchera mieux qu’avec les Talking Heads ? Sincèrement, ce n’est pas gagner… Mais pour en revenir à nos moutons, pourquoi donc vous-ais-je parler d’une belle claque en préambule de cette critique ? Tout simplement pour la simple et bonne raison que ce Remain in Light fait tout simplement partie de ces rares disques sur lesquels tout le monde ou presque est d’accord : c’est un très grand, un truc magistral, indéniablement le summum d’un groupe qui avait pourtant jusque là mis la barre assez haut mais qui lors de ce quatrième album, va réussir a atteindre des sommets carrément himalayesque et inattendus vis-à-vis des tout débuts, bien plus punks. Car cette fois ci, le fantasque David Byrne, écossais passé par le Canada puis la cote est des Etats-Unis où il rencontra par la suite les autres membres du groupe, entraine ceux-ci, sous la houlette du maitre, Brian Eno, alors officieusement cinquième membre a part entière du groupe (ce qui faisait par ailleurs grincer quelques dents, sauf David Byrne, aux anges, tellement celui-ci pris une place importante), dans des chemins esquissés jusqu'alors et qui mêleront allègrement dans un savant mélange parfaitement réussi pop music traditionnel, percussions africaines, cuivres funkesques, musique électronique voir parfois même, rappelant au bon souvenir du Bowie minimaliste de Low, de l’ambiant et réalisant donc un album qui n’est plus depuis longtemps du punk dont était issue le groupe, pas vraiment de la New Wave mais plus, hum, comment dire, une espèce de prémisse de ce que l’on appellera plus tard la world music, tout simplement. Car avec Remain in Light, les Talking Heads, qui n’étaient plus un simple groupe de rock depuis longtemps, vont franchir de nouvelles frontières, allant toujours plus loin dans le métissage des genres, un peu comme Bowie, toujours, dans Lodger, mais avec un son énorme, des basses omniprésentes, des cuivres en veut tu en voila, des percussions qui ne sont pas la pour faire « exotique » mais qui collent terriblement bien aux morceaux, parfait symbole des prémices d’une époque qui s’apprêtait a découvrir la musique africaine, asiatique (après l’indienne dans les années 60) et leurs fabuleux artistes locaux, bien avant que, la mondialisation, mais cette fois ci, dans le mauvais sens du terme, ne vienne formater, des années plus tard, tout cela au point que de nos jours, tout le monde se sent obliger d’inclure tel élément exotique sans que cela n’apporte pas grand-chose a la chanson a proprement parler. Personnellement, j’ai toujours aimé les mélanges des genres : de George Harrison et sa Sitar sur Revolver par exemple, au No Quarter de Jimmy Page et Robert Plant avec ses musiciens arabes en passant par le Bowie hybride de Earthling, savant mélange de rock parfois punk, jungle, techno et drum'n'bass, sans oublier les délires d’un Eno, cette fois ci, électronique, du temps de Roxy Music, je peut même affirmer que quelque part, j’ai une préférence pour le métissage que pour le rock dit traditionnel. Et dans le cas présent, avec Remain in Light, c’est le cas. Certes, de nos jours, tout cela n’a pas franchement l’air, pour quelqu’un qui découvrirai cet album en 2015, si exceptionnel que cela, pourtant, en 1980, quelle belle claque musicale que ce fut. Vous parler de Remain in Light sans faire mention de Once in a Lifetime serait une injure, bien entendu. Ce titre, il est quasiment obliger, pour les plus âgés d’entre vous, que vous le connaissiez, et ce, même si vous ne connaissez pas les Talking Heads. Allez donc sur You tube et regardez : ce clip totalement déjanter, cette chanson ne vous dit décidément rien ? Hum, si vous avez plus de quarante ans, cela m’étonnerais. Mais le plus curieux, finalement, c’est que, en préparant cet article, je me suis rendu compte que lors de sa sortie, Once in a Lifetime ne marcha pas si bien que cela : ventes très médiocres aux USA, tout juste quatorzième en Grande Bretagne, bof, bof, et pourtant, il fit partie de ces chansons qui accompagnaient mon enfance et qui m’étaient plus que familières alors. Mais bon, quelque part, il faut bien reconnaître que les Talking Heads, s’ils avaient leur petit noyau de fidèles, ne furent jamais un énorme groupe a succès, un peu comme Bowie avant Let’s Dance (vous croyez que la Trilogie Berlinoise se vendit a des millions et des millions d’exemplaires ?) voir, cas extrême, le Velvet Underground, mais eux, ils sont hors concourt. Bien évidement, Remain in Light, ce n’est pas qu’Once in a Lifetime, et les autres titres de l’album, que cela soit Born Under Punches (The Heat Goes On) avec ses guitares africaines, The Great Curve que j’adore, ou The Overload et son final pré-atomique, par exemple, sont tout aussi bons. D’ailleurs, il n’y a pas de point faible dans cet album, parfait de bout en bout sauf, petite exception mais de taille selon moi et que je ne peut pas passer sous silence : sa pochette ! Non, mille fois non, je ne peux pas, c’est trop pour moi. J’ai beau être coulant, laisser passé pas mal de choses, mais cette pochette avec les photos des membres du groupe numériquement modifiés et colorées misérablement en rouge, franchement, je ne trouve pas cela terrible. Mais bon, au vu du contenu, tout bonnement exceptionnel, je le rappelle, je saurais en passer outre.
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des meilleurs si ce n’est le meilleur opus des Talking Heads, un groupe inconnu du grand public de nos jours mais qui fut tout bonnement énorme au tournant des années 80 et qui fit beaucoup pour la démocratisation de ce que l’on appela par la suite la World Music.
- Un album quasiment parfait de bout en bout avec le noyau dur du groupe au top, musicalement parlant, tout un tas de musiciens additionnels qui viennent ajouter leur touche et, bien entendu, un certain Brian Eno omniprésent et qui chapeauté l’ensemble – au point même qu’a l’époque, on pouvait sans exagération le considéré comme étant le cinquième membre du groupe.
- Once in a Lifetime, Born Under Punches (The Heat Goes On), The Great Curve, ou The Overload, pour ne citer que les titres les plus marquants de l’album, mais le reste n’est pas a jeter, bien au contraire.
 
Points Négatifs :
- La pochette. Oui, je sais, depuis le temps, elle est devenue culte mais personnellement, je n’ai jamais été vraiment fan de celle-ci. Et puis, une pochette peut-être culte tout en étant moche, non ?!
- Un tout petit essoufflement dans ce que l’on appelait a l’époque la face B de l’album – mais alors, un tout petit…
 
Ma note : 8,5/10

samedi 4 juin 2016

GP


GP
 
Gram Parsons
 
1 - Still Feeling Blue (Gram Parsons) 2:40
2 - We'll Sweep Out the Ashes in the Morning (Joyce Allsup) 3:13
3 - A Song for You (Gram Parsons) 4:58
4 - Streets of Baltimore (Tompall Glaser, Harlan Howard) 2:53
5 - She (Gram Parsons, Chris Ethridge) 4:59
6 - That's All It Took (Darrell Edwards, Charlotte Grier, George Jones) 3:38
7 - The New Soft Shoe (Gram Parsons) 3:54
8 - Kiss the Children (Ric Grech) 2:57
9 - Cry One More Time (Peter Wolf, Seth Justman) 3:38
10 - How Much I've Lied (Gram Parsons, David Rivkin) 2:29
11 - Big Mouth Blues (Gram Parsons) 3:52
 

GP
Musicien : Gram Parsons
Parution : 10 janvier 1973
Enregistré : Septembre – Octobre 1972
Durée : 38:26
Genre : Country rock
Producteur : Gram Parsons, Ric Grech
Label : Reprise
 
Musiciens :
Gram Parsons : chant, guittare acoustique
Emmylou Harris : chant
Barry Tashian : chant, guittare rythmique
Ric Grech : basse
John Conrad : basse
Ronnie Tutt : batterie
John Guerin : batterie
Sam Goldstein : batterie
Glen D. Hardin : piano, orge, bandleader
James Burton : guitare, dobro
Al Perkins : pedal steel guitare
Buddy Emmons : pedal steel guitare
Byron Berline : violon
Alan Munde : banjo sur Still Feeling Blue
Ron Hicklin, Tom Bahler, Mitch Gordon, Lewis Morford : choeurs sur Kiss the Children
Hal Battiste : baritone saxophone sur Cry One More Time
 
Mon avis :
 Totalement, ou presque, inconnu du grand public a son époque, Gram Parsons, malgré une courte et fulgurante carrière puisqu’il fut fauché a tout juste 26 ans suite a un mauvais mélange de drogues et d’alcool (avant que son corps, selon ses dernières volontés, ne soit bruler dans le désert), n’en restera pas moins a tout jamais comme l’un des musiciens les plus talentueux de sa génération, un artiste qui, mine de rien, et en commençant par les Stones, en influa plus d’un. Il faut dire que son genre de prédilection, habile mélange de country et de rock, à l’époque, avait tout de même un peu de mal a passer au sein d’un public qui se croyait encore en plein flower power, quand a son expérience chez les Byrds, elle fut de courte durée, la faute a un Roger McGuinn fou de jalousie qui alla même jusqu’à effacer sa voix sur Sweetheart of the Rodeo. S’en suivit une amitié sincère et forte avec Keith Richards, une petite virée avec les Stones en France pour l’enregistrement de Exile on Main Street, virée qui, accessoirement, lui sera fatale, Parsons en revenant plus ravagé que jamais… Mais bon, avant de nous quitter, Gram Parsons eu encore le temps de nous pondre quelques petites merveilles dont, principalement, ce GP, premier opus solo (Grievous Angel paraissant quelques mois après son décès) et qui, encore aujourd’hui, est la preuve éclatante que le beau rocker possédait un talent fou. Bien entendu, si vous êtes totalement allergique à la country, alors, passez votre chemin car cet album en est fortement imprégner, cependant, cela serait fort dommage car, comme souvent, les choses sont plus compliquées qu’on pourrait le penser puisqu’ici, oubliez les paillettes de la country commerciale a la Eagles : non, les feux des projecteurs et la variété facile, ce n’était pas pour Gram Parsons, un homme qui chantait des chansons qui parlaient d’hommes qui savaient que la vie n’était pas facile, qui avaient des peines de cœurs (souvent par leur faute d’ailleurs) et qui galéraient pas mal. Bref, une thématique plus terre a terre mais qui allait si bien a cet amoureux de deux genres, la country et le rock, finalement pas si indissociables que cela… Et comme il faut toujours une cerise sur le gâteau, dans GP, celle-ci est survenue par la présence d’une certaine… Emmylou Harris, alors toute jeune et dont la carrière allait bientôt prendre un essor certain, et qui, ici, est le binôme parfait de Parsons, ses contrechants aériens étant le complément idéal a la voix de ce dernier, au point même, par moments, d’atteindre des sommets de grâce pure ! Alors certes, de son temps, Gram Parsons fut plutôt méconnu et il l’est sans nul doute encore plus de nos jours, quand a GP, je n’en parle même pas, mais a part cela, quelle putain de chef d’œuvre !
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute l’un des plus grands si ce n’est le plus grand album de country rock de tous les temps, GP, premier opus solo de Gram Parsons, est aussi sa plus belle réussite : quasiment parfait de bout en bout, on oscille ici entre chansons superbes et moments de grâce inoubliables, rien que ça !
- Gram Parsons, de par sa mort précoce, n’eut pas la carrière qu’il méritait, mais en écoutant et réécoutant cet album, comment ne pas reconnaitre que celui-ci fut indéniablement un grand ?!
- GP n’aurait pas été GP sans la présence de la belle Emmylou Harris, ici toute jeune et qui est le complètement idéal de Gram Parsons au chant : titres chantés en duo, chœurs, contrechants… de purs moments d’extases…
- Dans cet album, on alterne entre reprises et créations originales, mais franchement, ces dernières ne sont pas en reste et d’ailleurs, il suffit d’écouter le somptueux She, pour ne citer qu’un exemple, pour s’en convaincre.
 
Points Négatifs :
- Forcément, GP n’est pas un album destiné a tout public et pour commencer, les allergiques a la country passeront leur chemin, ce qui est dommage, mais bon, les gouts et les couleurs ne se discutent pas… quoi que, parfois, on aimerait bien…
 
Ma note : 9/10

vendredi 3 juin 2016

Zooropa


Zooropa
 
U2
 
1 - Zooropa (U2) 6:32
2 - Babyface (U2) 4:02
3 - Numb (U2) 4:20
4 - Lemon (U2) 6:58
5 - Stay (Faraway, So Close!) (U2) 4:58
6 - Daddy's Gonna Pay For Your Crashed Car (U2) 5:20
7 - Some Days Are Better Than Others (U2) 4:17
8 - The First Time (U2) 3:45
9 - Dirty Day (U2) 5:24
10 - The Wanderer (U2) 5:42
 

Zooropa
Musicien : U2
Parution : 05 juillet 1993
Enregistré : Février 1993 – Mai 1993
Durée : 51:15
Genre : Rock, Rock alternatif, Art Rock
Producteur : Flood, Brian Eno, The Edge
Label : Island Records
 
Musiciens :
Bono : chant, guitare
The Edge : guitare, piano, synthétiseurs, voix
Adam Clayton : basse
Larry Mullen, Jr. : batterie, percussions, chœurs
Brian Eno : synthétiseurs, piano, arcade sounds, chœurs, programmation, cordes, harmonium
Des Broadbery : programmation (2, 6, 7)
Flood : programmation (6, 10)
Johnny Cash : chant sur The Wanderer
 
Mon avis : 
L’on a coutume de dire que la première fois, c’est souvent celle dont on garde les meilleurs souvenirs et même si cette maxime ne se justifie pas dans tous les cas (après tout, des première fois ratées, cela arrive), dans d’autres, cela se confirme amplement. Prenez par exemple cet album, Zooropa, huitième opus de ce qui fut, dans les années 80/90, probablement l’un des plus grand groupe au monde, U2 ; ainsi, encore aujourd’hui, vingt-cinq ans après sa sortie, celui-ci reste, indéniablement, à mes yeux, mon préféré, et même si je n’ai jamais eu l’occasion d’écouter l’intégralité de la discographie du groupe irlandais, je pense ne pas me tromper le moins du monde en affirmant qu’il le restera à jamais. Choix pour le moins singulier estimeront les fans d’U2 ? Sans nul doute, surtout que, et même si désormais, les irlandais ne sont plus vraiment en haut de l’affiche (mais qui, de leur génération, l’est encore, hélas, personne), lorsque l’on affiche ses préférences vis-à-vis de ce groupe, d’autres albums tiennent le haut du pavé : ainsi, que ce soit The Joshua Tree, Achtung Baby, War ou The Unforgettable Fire, il y aurait décidément de quoi faire, mais moi, comme je vous l’ai dit, je préfère, et de loin, ce Zooropa, souvent pourtant tellement décrié par certains. Mais alors, pour quelles raisons ? Je vous l’ai dit en préambule, la première fois, c’est souvent la meilleure, et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, Zooropa fut le premier disque de U2 que j’ai acheté, ce qui ferait une bonne explication si, comme il fallait s’en douter, il n’y avait pas autre choses derrière ce choix… Les plus attentifs l’auront probablement remarquer, il est curieux que, ayant connu l’heure de gloire du groupe, je ne me soit décidé à acheter que leur huitième album, il faut dire que, dans les années 80, si U2, par la force des choses, ne m’était pas inconnu, je n’avais pas vraiment pour coutume d’acheter des disques à l’époque, la chose musique ne m’attirant pas plus que cela alors. Du coup, ce ne fut que sur le tard que je me suis véritablement lancé, lorsque, jeune adulte, je me suis mis à rattraper mon retard musical et a, finalement, acheter des albums. Etant souvent un néophyte, je m’étais alors particulièrement aidé d’un hors-série de Rock & Folk, 300 Disques Incontournables, et qui, aussi discutable soit-il (et il l’était), me permis de découvrir des dizaines et des dizaines d’albums pour le moins mythiques. Et donc, ce fut par le biais de ce hors-série que j’ai découvert Zooropa, et il me suffit de lire la critique de celui-ci, pour me convaincre que je devais me procurer cet album, ce que je fis, et ce que je n’ai jamais regretté jusqu’à aujourd’hui. Car si j’aime autant Zooropa, si, encore en 2018, 25 ans après sa sortie, je ne me lasse pas de l’écouter, encore et encore, c’est que, justement, celui-ci représente quasiment tout ce que j’aime dans la musique : mélange des genres, audace, bricolages, et, pour couronner le tout, la présence du génialissime Brian Eno. Ce type, probablement l’un des musiciens les plus importants de la musique de la fin du vingtième siècle, et peut-être aussi le moins connu pour les non-initiés, j’en suis un fan absolu depuis des années et jamais, au grand jamais, je n’ai été déçu par un disque où il était présent, que ce soit ses albums perso, ses débuts dans Roxy Music et, bien entendu, ses innombrables collaborations musicales qui vont, en gros, et pour ne citer que les plus connus, de David Bowie aux Talking Heads sans oublier, bien entendu, U2, qu’il chapotait depuis quelques albums avant ce Zooropa. Et donc, pour ses raisons, mais aussi et surtout pour le contenu de cet opus, Zooropa ne pouvait que me plaire : en effet, avec ses faux-airs berlinesques qui m’avaient laissé de si bons souvenirs, ce disque est tout bonnement, de mon point de vue, époustouflant. Ici, les titres défilent et ne se ressemblent pas, sauf, dans leur étrangeté, tous, en effet, sont à mille lieux des débuts du groupe et de ce rock soit disant héroïque qui avait fait leur gloire : industriel par moments, comme avec Daddy's Gonna Pay For Your Crashed Car, lorgnant du côté du rap avec Numb, chanté par The Edge, voir même carrément dansants comme Lemon, que, pour la petite histoire, je ne trouve absolument pas long, et où Bono réalise de véritables prouesses vocales, tout, ou presque, est quasiment parfait dans cet album, y compris le très curieux The Wanderer qui le clôt et chanté par le grand… Johnny Cash en personne, l’homme en noir devenant, le tant d’un titre, un étrange cow-boy électronique… mélange des genres, encore et encore ! Oui, ce fameux mélange des genres qui, toujours, me fera préférer ce genre d’albums a d’autres, plus conventionnels, et, qu’accessoirement, j’ai énormément plus de mal à écouter jusqu’au bout. Zooropa, que personne n’attendait véritablement lors de sa sortie en 1993, restera probablement a jamais comme un disque discuté dans la discographie de U2, adulé par certains, franchement détester par d’autres, cet album ne laisse pas indifférent, mais que certains aient put le qualifier de commercial, franchement, cela me rend perplexe : Pop, qui suivra, l’est, indéniablement, est, accessoirement, tellement moins intéressant, mais Zooropa, avec son seul véritable hit, Stay (Faraway, So Close!), pas le moins du monde. Quoi qu’il en soit, et a tout jamais, je garderais une place particulière pour cet album, œuvre d’un groupe qui, en son temps, fut tout bonnement génial… mais bon, ceci est bien entendu une autre époque, révolue, d’ailleurs, on achetait même des disques à l’époque, c’est pour dire !
 

Points Positifs
 :
- Si Achtung Baby avait déjà vu le groupe flirter allègrement avec l’expérimentation musicale (rock et électronique), Zooropa va encore plus loin, ce qui donne, au final, un album totalement aux antipodes du U2 des débuts mais qui, pour les amateurs de mélanges des genres et est pur régal.
- Peu de véritables hits dans cet opus, en dehors de Stay (Faraway, So Close!) mais une cohérence musicale indéniable et un ensemble bon, voir excellent, tout au long de l’album.
- Des titres comme Babyface, Lemon, Zooropa, Numb ou Daddy's Gonna Pay for Your Crashed Car sont de très bonnes chansons et méritent le détour.
- Le magnifique The Wanderer, chanté par le grand Johnny Cash en personne !
- La pochette, un peu fourre tout mais plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Comme cela avait été le cas avec Achtung Baby, le tournant musical prit par le groupe aura déplu a une certaine frange des fans, nombreux étant ceux qui, encore aujourd’hui, détestent cet album.
- Un tout petit essoufflement, selon moi, dans la seconde partie de l’album. Mais cela est plus dut au fait que les deux ou trois titres auxquels je pense sortent un peu moins du lot et rappellent le U2 du passé.
 
Ma note : 8,5/10

Achtung Baby


Achtung Baby
 
U2
 
1 - Zoo Station (Bono, U2) 4:36
2 - Even Better Than the Real Thing (Bono, U2) 3:41
3 - One (Bono, U2) 4:36
4 - Until the End of the World (Bono, U2) 4:39
5 - Who's Gonna Ride Your Wild Horses (Bono, U2) 5:16
6 - So Cruel (Bono, U2) 5:49
7 - The Fly (Bono, U2) 4:29
8 - Mysterious Ways (Bono, U2) 4:04
9 - Tryin' to Throw Your Arms Around the World (Bono, U2) 3:53
10 - Ultraviolet (Light My Way) (Bono, U2) 5:31
11 - Acrobat (Bono, U2) 4:30
12 - Love Is Blindness (Bono, U2) 4:23
 

Achtung Baby
Musicien : U2
Parution : 18 novembre 1991
Enregistré : Octobre 1990 – Septembre 1991
Durée : 55:23
Genre : Rock, Rock alternatif
Producteur : Brian Eno et Daniel Lanois
Label : Island Records
 
Musiciens :
Bono : chant, guitare
The Edge : guitare, claviers, chant
Adam Clayton : basse
Larry Mullen Junior : batterie, percussions
Brian Eno : claviers supplémentaires
Daniel Lanois : guitare supplémentaire, percussion supplémentaire
Nell Catchpole (la duchesse) : violon, alto sur le titre So Cruel
 
Mon avis : 
Une grande première sur ce blog puisque, pour la toute première fois depuis que celui-ci existe, j’ai l’occasion de vous présenter la critique d’un album de U2. Une hérésie, probablement, aux yeux de certains, au vu de l’importance de ce groupe, sans nul doute l’un des meilleurs des années 80 et 90, mais fort heureusement, aujourd’hui, je me rattrape un peu avec un opus qui est, aux yeux de beaucoup, considéré comme étant leur plus belle réussite de leur carrière, Achtung Baby. Paru juste avant Zooropa qui reste mon opus préféré de U2, cet album marque indéniablement un tournant musical dans la carrière du groupe qui ne souhaitait plus, à l’orée des années 90, tomber dans la caricature d’eux-mêmes : le résultat, bien sur, franchement bon, aura alors marqué les esprits, Bono et ses acolytes poussant l’expérimentation musicale dans des chemins qu’ils n’avaient pas encore explorer. Bien entendu, l’importance de Brian Eno, coproducteur de la chose en compagnie de Daniel Lanois y aura été pour beaucoup, ne serais-ce que pour son idée de pousser le groupe a partir enregistrer une bonne partie de l’album du coté de Berlin et plus précisément dans les mythiques studios de Hansa, là même où, plus d’une décennie avant, lui-même et Bowie avaient mis en boite le second volet de la trilogie berlinoise, Heroes. Du coup, les points communs avec cet album sont nombreux, que ce soit pour le son, les expérimentations ou cette européanisation que les irlandais de U2 ont pris comme, en son temps, l’avait fait David Bowie – et sur ce point, Zooropa ira encore plus loin, au grand désarroi de certains fans de la première heure et a ma plus grande joie. Plaque tournante dans la carrière du groupe, Achtung Baby est aussi un bon, que dis-je, un excellent album, sans la moindre fausse note et qui, mine de rien, se permet le luxe de posséder quelques petites pépites comme The Fly, Mysterious Ways et, bien entendu, le cultissime One, sans nul doute l’une des plus belles chansons du groupe. Bref, vous l’avez compris, un incontournable que cet Achtung Baby et qui, selon moi, avec Zooropa, reste, encore aujourd’hui, le sommet de la carrière de U2.
 

Points Positifs
 :
- Avec Achtung Baby, U2 prend de sacrés risques en s’amusant aux apprentis sorciers de l’expérimentation, sortants définitivement des sentiers battus et d’un certain immobilisme et c’est bien entendu une réussite qui, lors de sa sortie, aura mis tout le monde d’accord, les fans comme les détracteurs du groupe.
- Justement, écoutez les albums d’avant Achtung Baby puis les autres, particulièrement Zooropa, il y a comme un monde d’écart lors de certaines chansons, le groupe ayant énormément évolué, musicalement parlant.
- The Fly fut un choc lors de sa sortie, Mysterious Ways est l’une des meilleures chansons du groupe (et son clip avec la danseuse du ventre) quand a One, eh ben, que dire de plus si ce n’est que nous avons là sans nul doute la plus grande chanson de U2 !?
- Contrairement a certains albums plus anciens auxquels j’avais du mal à accrocher dans leur intégralité, ici, on ne s’ennui pas une seconde du début a la fin, l’opus étant quasiment sans fausses notes.
- L’européanisation du son du groupe, comme Bowie quelques années auparavant ; merci Brian Eno !
 
Points Négatifs :
- Le tournant pris par U2 aura sans nul doute déstabilisé certains fans hardcore de la première heure – plus encore avec Zooropa deux ans plus tard – et il est clair que cet Achtung Baby, encore aujourd’hui, peut déplaire au vu des changements radicaux dans le son du groupe.
- Plus aboutit que Zooropa mais moins fou, en quelque sorte, et comme je suis moi-même légèrement fou…
 
Ma note : 8,5/10

dimanche 15 mai 2016

Low – Optimisme de Surface


Low – Optimisme de Surface
 
Della a affronté de nombreuses épreuves depuis qu'elle a été kidnappé par Roln le pirate. Des années après, elle est devenue Ministre de la pensée dans une Cité où l'espoir est interdit et où chaque œuvre d'art peut être considérée comme criminel. Elle entretient une relation amoureuse avec une autre jeune femme qui adore peindre. Si Della est au courant, elle place chaque toile dans les flammes de la cheminée pour éviter toute condamnation. Avec des membres de son équipe d'intervention, Della détruit un haut lieu de la revente de tableaux et élimine de nombreux contrevenants. L'un d'eux est capturé et torturé jusqu'à ce qu'il dévoile l'identité d'un de leur fournisseur, un nom qui résonne comme très familier aux oreilles de Della. Celle-ci se presse de rentrer chez sa petite amie et s'apprête à l'éliminer...
 

Low – Optimisme de Surface
Scénario : Rick Remender
Dessins : Greg Tocchini
Encrage : Greg Tocchini
Couleurs : Greg Tocchini, Dave McCaig
Couverture : Greg Tocchini
Genre : Aventure, Action, Science-Fiction
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Low – The Evocative Optimism
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 24 novembre 2015
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 22 avril 2016
Nombre de pages : 120
 
Liste des épisodes
Low 7-10
 
Mon avis :
 Fort d’un premier album plutôt réussi, comme je vous le disais en mars dernier, dans ma critique de l’une des dernières séries en date du très prolifique Rick Remender, je veux bien évidement parlé de Low, c’était avec une certaine impatience que je souhaitais découvrir la suite des aventures de cette indécrottable optimiste qu’est Stel Caine, quoi que, après les événements pour le moins dramatiques survenus lors du sixième épisode qui clôturait cet album – la mort de son fils et l’une de ses filles qui pétait un câble et massacrait des milliers d’individus sans le moindre remord – on était en droit de se demander si notre héroïne verrait toujours la vie en rose ? La question était pour le moins pertinente surtout qu’au vu du titre de ce second tome, Optimisme de Surface, il y avait de quoi en douter… Et justement, des doutes, Stel Caine va en avoir, et pas qu’un peu et d’ailleurs, c’est plutôt une bonne chose que Remender bouscule un peu les certitudes de son héroïne : au vu des nombreux drames qui ont jalonné sa vie, la chose est normal, et, accessoirement, cela la rend plus humaine et plus attachante. Un bon premier point, donc, pour cette suite de Low, mais ce n’est pas le seul puisque, ici, et dès le début – c’est-à-dire, le septième épisode de la série – on retrouve une certaine Della, c’est-à-dire, la seconde fille de Stel Caine. Vivant dans une citée qui nous rappelle le bon vieux temps de l’URSS et que n’aurait pas renié Orwell, la jeune fille, Ministre de la pensée, vie une relation avec une artiste peintre et ce, dans une société où toute forme d’art est abolie : bien entendu, cela aboutira pour cette relation a un final dramatique et qui marque les esprits, surtout que, la suite, elle, n’est pas de tout repos pour la jeune femme. Bref, vous l’avez compris, si j’avais fortement apprécié le premier album de Low, cette suite, avec ces deux intrigues qui se déroulent en parallèle, est tout aussi bonne ; Remender a non seulement livrer un univers cohérant mais également un scénario fort avec des protagonistes plutôt attachants, qu’au aux dessins, si l’on peut toujours trouver que Greg Tocchini alterne les planches sublimes et celles un peu moins réussies, son style, superbe au demeurant, est un véritable plus pour cette série. Dommage juste que dans ce second album, il n’y ait que quatre petits épisodes, c’est peu selon moi qui, du coup, suis resté un peu sur ma faim… bon, c’est pour quand la suite !?
 

Points Positifs
 :
- Après une mise en place de l’univers, des enjeux et des personnages, l’effet de surprise n’est certes plus là, cependant, cela n’enlève rien au fait que c’est avec un grand plaisir que l’on retrouve nos protagonistes, ne serais-ce que pour découvrir ce qui va leur arriver. Et puis, il y a cette fameuse citée pseudo-soviétique qui semble tout droit sortie de 1984.
- Vous trouviez Stel Caine un peu trop optimiste dans le premier album ? Rassurez vous, ici, elle va avoir sa petite crise de conscience, ce qui est normal vu que, mine de rien, elle en bave depuis longtemps. Du coup, ces hésitations et ses remises en questions la rendent plus humaine et, bien sur, plus attachante.
- Enfin, on connait le sort de la seconde fille de Stel Caine : devenue Ministre de la pensée dans une dystopie communiste, elle est en couple avec une artiste peintre alors que, toute forme d’art est interdit et condamne ses auteurs a la mort. Une relation compliquée, dangereuse et qui, d’ailleurs, finit par aboutir à la scène la plus terrible et la plus réussie depuis le début de cette série.
- Le style de Greg Tocchini peut-être déstabilisant pour certains, mais au fil du temps, je m’y fais de plus en plus et, d’ailleurs, force est de constater que certaines planches sont pour le moins superbes.
 
Points Négatifs :
- Les dessins de Greg Tocchini : oui, son style est superbe et oui, personnellement, j’accroche énormément, cependant, force est de constater que celui-ci n’est pas très régulier et que, en effet, si certaines planches sont superbes, d’autres sont un peu moins réussies de par leur coté limite brouillon. Mais bon, c’est aussi une affaire de gouts et si certains n’accrocheront nullement, les autres, eux, feront l’impasse sur ces quelques imperfections.
- Seulement quatre petits épisodes dans cet album, c’est trop peu…
 
Ma note : 8/10