Pages

dimanche 2 août 2020

Le Déclin


Le Déclin
 
L'Union européenne est en crise. Une crise non seulement institutionnelle mais aussi et surtout identitaire dont on sent bien que la solution sera déterminante pour les prochaines années. On tente aujourd'hui de construire, autour de valeurs abstraites une définition de ce que pourrait être l'identité européenne. David Engels montre dans ce livre à quel point cette volonté de définir l'Europe comme une entité nouvelle trahit une désolidarisation totale avec notre passé. Il expose en quoi une identité collective ne peut pas être le résultat d'un choix mais procède au contraire de l'acceptation – pas nécessairement de l'adoption – de tous les éléments de ce même passé. Or notre passé est bimillénaire. A travers une étude comparative simple et factuelle, il fait le récit de la situation, troublante de ressemblances, vécue par la République romaine tardive. De la question de la citoyenneté et des flux migratoires à celle de l'art ou des frontières, cette époque antique apparaît stupéfiante d'actualité et de modernité. C'est la réussite de ce livre, qui nous donne de mieux comprendre les enjeux profonds de notre époque.
 

Le Déclin
Auteur : David Engels
Type d'ouvrage : Essai Historique
Edition originale : 06 février 2013
Edition française : 06 février 2013
Titre en vo : Le Déclin
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Traduction : néant
Editeur : L’Artilleur
Nombre de pages : 384
 
Mon avis :
 L’Europe est en crise et ceux qui ne souhaitent pas le reconnaitre sont, au mieux, aveugles, au pire, parfaitement au courant mais réfutent les faits. Bien évidement, c’est une évidence, assez implacable quand au destin d’un continent européen qui, sensiblement, pendant deux mille ans, dirigea le monde, imposa sa culture par delà les océans, s’imposa implacablement vis-à-vis des autres civilisations et qui, suite aux deux guerres mondiales, laissa sa place de dominant aux Etats-Unis et à l’URSS avant de, depuis la chute du communisme, n’être plus qu’un vulgaire nain – dans tous les sens du terme – ce, au sein d’un monde multipolaire où notre vieille Europe n’est plus que portion congrue. Bien évidement, il y avait une solution évidente afin de sauver les meubles : unir tout ce petit monde, créer, en quelque sorte, des Etats-Unis d’Europe. Bien entendu, non seulement, cela ne se fit pas vraiment et si, effectivement, la paix est désormais chose acquise – du moins, jusqu’à quand – force est de constater que cette fameuse Union Européenne elle-même, porteuse de tant de belles promesses, est tout en tant en crise que le monde occidental en général. Les raisons, bien entendu, sont nombreuses et l’auteur, David Engels, y fait allusion, cependant, le plus intéressant, dans cet essai qui, lors de sa sortie, fit couler beaucoup d’encore, c’est le parallèle qu’il établit entre la crise de l’Union Européenne et celle de la République Romaine, République qui, après des décennies de guerre civile, de conflits idéologiques, de désintéressement de la population pour la chose politique et d’immigration, aura connu sa fin et sa survivance en… Empire ! Alors bien sur, je ne suis pas sur que l’Union Européenne connaisse un tel destin et qu’un Empire voit le jour dans les décennies à venir – peut-être, tout simplement, en raison du fait que si Rome s’est imposer par les armes en son temps, de nos jours, si l’Allemagne est la première puissance européenne, c’est par le biais de son économie – cependant, la lecture de cet ouvrage n’en reste pas moins fort instructive et ce, pour deux raisons : pour ce fameux parallèle entre les deux époques, les points communs étant, effectivement, fort nombreux et franchement troublants, mais aussi, pour mieux connaitre cette fin de la République Romaine que, finalement, on connait nettement moins bien que l’Empire Romain à proprement parler. Bref, si vous appréciez les essais historiques et si vous n’êtes pas coincés par le politiquement correct à la mode depuis bien trop longtemps en Occident – et cela ne s’améliore pas – je pense que cet ouvrage est fait pour vous : certes, il se peut que David Engels se trompe quand a l’avenir de l’Union Européenne, mais bon, ne serais-ce que pour le parallèle pour le moins évidant avec la République Romaine et les nombreux exemples présentés qui vont dans le sens de la thématique de cet ouvrage, je pense que le jeu en vaut la chandelle…
 

Points Positifs
 :
- Le postulat de départ est, plutôt pertinent et l’on doit admettre que David Engels a plutôt raison lorsqu’il met en parallèle les nombreux points communs entre la crise actuelle de l’Union Européenne et celle qui fit chuter la République Romaine.
- De très nombreux exemples de concordances nous sont présentés par l’auteur et, ma foi, pour une bonne partie, sont pour le moins troublants.
- Engels pointe du doigt bien des raisons qui font que notre civilisation occidentale est en crise et qu’il n’y a plus vraiment d’espoir : ce n’est pas politiquement correct, certes, mais cela me semble plus que correct.
- Une bonne occasion de mieux connaitre la République Romaine, période historique moins connue que celle qui a suivit, c’est-à-dire, l’Empire Romain.
 
Points Négatifs :
- Si l’ensemble est plutôt bien écrit et fourmille de bonnes idées, certains passages sont, peut-être, un peu trop exagérés et on a l’impression, par moments, que l’auteur présente les faits de la manière qui l’arrange.
- Pas sur du tout que le sort de l’Union Européenne soit de devenir un empire, ou alors, il faudra des événements nettement plus violents pour y parvenir que ceux que l’on connait actuellement.
- Depuis la parution de cet ouvrage, il y a eu le Brexit…
 
Ma note : 7/10

Aucun commentaire: