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samedi 12 décembre 2020

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century 2009


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century 2009
 
Au Q'Mar, en 2009, Orlando, pris d'un coup de folie, a tué un peu tout le monde à l'aide d'un Heckler and Koch en pleine guerre. Résultat, les autorités ont décidé de le rapatrier le lendemain afin de le décorer, puisque pour elles Orlando a en fait survécu à un massacre...De retour à Londres, il loge au quartier de la Ligue des Gentlemen. Il y apprend qu'un certain Jack Nemo menace le Pakistan. Au QG, Orlando reçoit la visite de Prospero. Alors que le jugement dernier approche, il lui est rappelé la mission de la bande : empêcher la naissance d'un monstre et par conséquent l'apocalypse. En bref, trouver l'antéchrist, le Moonchild. Pour accomplir sa mission, il doit absolument retrouver Miss Mina Murray, sans qui il ne pourra mener à bien son entreprise. Ni une ni deux, il part à sa recherche dans les rues de Londres avant de tomber nez à nez avec un revenant, Allan Quatermain...
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century 2009
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Century 2009
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 10 juillet 2012
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 07 novembre 2012
Nombre de pages : 80
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Century 2009
 
Mon avis :
 Si La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, petit bijou de l’inimitable Alan Moore avait fortement marquer les esprits lors de sa sortie, et ce, a juste raison, Century, une des suites de cette œuvre, trilogie qui nous narrait le sort de certains membres de la Ligue pendant le vingtième siècle avait plutôt diviser le public. Il faut dire qu’avec Alan Moore, le problème, c’est que certains sont toujours en train d’attendre le prochain chef d’œuvre, oubliant au passage que personne, quelque soit sa forme artistique propre, n’est capable d’en pondre a chaque fois. Car bon, une fois la chose assumée, comment ne pas reconnaitre que ce Century, si on devait le comparer à la concurrence, c’est-à-dire, aux autres comics, reste largement au-dessus d’une bonne partie de ces derniers ?! Oui, le fait est incontestable et, quelque part, si l’on avait put en douter a certains moments lors des deux premiers volumes (voir Century 1910 et Century 1969), dans ce dernier tome de la trilogie, nous avons la confirmation que Moore, une fois de plus, a fait fort, très fort, et que, si Century n’est pas un chef d’œuvre, il n’en reste pas moins un excellent comics et, accessoirement, une très bonne suite a La Ligue des Gentlemen Extraordinaires… Alors bien entendu, pour cela, il aura fallut que Moore, plus désabusé que jamais quand a la société du spectacle actuel nous livre une conclusion sombre et qui, pour qui sait lire entre les lignes, est un petit brulot contre notre époque moderne et son absence flagrante de culture. De même, ses protagonistes – Mina, Orlando, Quatermain – aux antipodes des figures héroïques de jadis et au fond du gouffre émotionnellement parlant n’ont jamais été, quelque part, aussi crédibles au vu de l’évolution des événements. Ajoutons a cela un Antéchrist de pacotille qui s’avère être – attention au spoiler monumental – Harry Potter, rien que ça (mine de rien, ce fut une sacrée surprise et une bonne), un Antéchrist dont la venue était attendue depuis le premier tome et qui s’est avéré être plus un enfant gâté qu’un génie du mal, et vous comprendrez que, une fois de plus, ce diable de Moore n’est jamais aussi bon que lorsqu’il s’amuse a détourner les figures de la culture britannique – le cas Jagger était déjà pas mal dans le volume précédent. Bref et sans oublier une foule de références qui vont de James Bond à Dr Who, l’intervention d’une Mary Poppins plus puissante que jamais et un final qui n’est pas un happy-end et l’on obtient une bonne, que dis-je, une excellente conclusion a une trilogie, Century, qui s’est avérée être bien plus réussie que je ne l’escomptais après la lecture des deux premiers tomes ; bien sur, une ou plusieurs relectures sont nécessaires pour apprécier au mieux cette œuvre, mais franchement, le jeu en vaut la chandelle…
 

Points Positifs
 :
- Une excellente conclusion qui, après coup, relève le niveau général de cette trilogie. Il faut dire que ce troisième volume de Century est, selon moi, le meilleur du lot, et que, une fois arriver au bout de ce dernier, beaucoup de choses sont expliquées et que l’envie de se replonger dans la relecture de cette œuvre est plutôt forte.
- Franchement, faire de Harry Potter l’Antéchrist, il fallait oser… Moore, toujours aussi loufoque l’a fait et, passer la surprise initiale, force est de constater que son choix est tout bonnement parfait et s’inscrit dans la logique de la trame générale du comics, qui est, pour rappel, un mélange de figures réelles et imaginaires.
- Un petit brulot d’un auteur désabusé sur notre époque actuelle, la société du spectacle et la pauvreté flagrante de sa culture.
- Moore aura fait baver son trio de héros – Mina, Orlando et Quatermain – et, mine de rien, jamais ces derniers n’auront été autant au trente-sixième dessous, cependant, du coup, ils n’ont jamais été aussi attachants, humains…
- Quand je vous dis qu’avec Moore, il faut s’attendre a tout… même à Mary Poppins en tant que Deux ex Machina !
- Bien entendu, dans les œuvres d’Alan Moore, on est familier des nombreuses références a la culture populaire qu’il nous assène, et, une fois de plus, il y a de quoi faire ici : Dr WhoJames Bond (et pourquoi ce dernier change d’identité au fil des ans, fallait y penser), etc.
- Coté dessins, les fidèles de Kevin O'Neill seront bien entendu ravis de retrouver ce dernier égal a lui-même.
 
Points Négatifs :
- Le problème avec une œuvre comme Century ou, dans un sens plus large, une œuvre de Moore en général, c’est que vu la complexité de la chose, sa folie, on adhère ou pas : ici, pas de demi-mesure et certains fuiront le plus loin possible ce qu’ils estimeront être un truc incompréhensible et cérébral du genre des trucs qui passent sur Arte
- Les fans d’Harry Potter n’auront pas aimé que Moore s’en prenne à leur icone sacrée.
 
Ma note : 8,5/10

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