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dimanche 28 juin 2020

Dolores Claiborne


Dolores Claiborne

À Little Tall, on ne sait toujours pas exactement ce qui s'est passé il y a trente ans, et si l'accident qui, le jour de l'éclipse, a coûté la vie au mari de Dolores Claiborne était vraiment un accident... Aujourd'hui, la vieille dame est à nouveau soupçonnée : la riche et sénile Vera Donovan, dont elle est la gouvernante depuis des décennies, vient d'être découverte morte dans sa demeure. Seule témoin et seule héritière, Dolores fait figure de coupable idéale. Elle n'a désormais plus le choix : elle doit passer aux aveux. Raconter les étranges phobies qui habitaient sa maîtresse, se souvenir de l'horreur qu'elle vécut il y a trente ans. Dire toute la vérité : une vérité terrifiante.


Dolores Claiborne
Auteur : Stephen King
Type d'ouvrage : Thriller
Première Parution : 9 novembre 1992
Edition Française : 15 novembre 2012
Titre en vo : Dolores Claiborne
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Dominique Dill
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 336

Mon avis : Je dois reconnaitre qu’avant de me lancer dans la lecture de ce Dolores Claiborne, j’étais pour le moins dubitatif, la faute au synopsis même de cette œuvre, King ne nous proposant, a priori, rien de plus que la longue confession d’une femme sur deux morts suspectes de son entourage, celle de son mari, quelques décennies auparavant, et celle de son employeur, une vieille dame aigrie et a moitié folle, très récemment. Ajoutons le fait qu’elle est coupable de l’un de ces décès et innocente de l’autre ainsi que le fait que la structure même de ce roman est pour le moins originale – pas de chapitre, plus de 300 pages de monologue – et je me disais que si, effectivement, ma mayonnaise pouvait prendre, le contraire était également possible… Fort heureusement, assez rapidement, les choses se sont bien goupillées et, passer quelques pages, on rentre complètement dans l’histoire au point de ne plus pouvoir la lâcher jusqu’à la fin. Il faut dire qu’avec Dolores Claiborne, Stephen King, encore une fois, fait fort, très fort même : ainsi, en plus de nous proposer une nouvelle fois le portrait d’une femme forte – comme ce fut le cas sensiblement au même moment avec Jessie, œuvre très liée a celle-ci d’ailleurs – l’auteur, faisant fit quasiment de tout élément fantastique (ou presque) réussi le tour de force de nous faire entrer dans le corps de cette fameuse Dolores, femme marquée par la vie, les coups (du sort et autres), femme forte et faible a la fois et qui, pour ses enfants, est prête a tout. Du coup, si l’on pouvait craindre le monologue interminable, il n’en est rien et cette longue confession qui alterne entre la vie de Dolores avec son mari et celle avec son employeur, l’acariâtre Vera Donovan, apparait pour ce qu’il est, c’est-à-dire, une pure réussite. Bien évidement, les amoureux de Stephen King qui ne jurent que par ses incursions dans la fantastique et l’horreur trouveront a redire, pourtant, cela est dommage car avec ce roman, l’auteur nous prouve une fois de plus qu’il excelle dans des genres différents, toujours avec brio. Bref, vous l’avez compris, malgré mes craintes initiales, Dolores Claiborne ne m’a nullement déçu et même si je dois reconnaitre que ce n’est pas non plus un chef d’œuvre absolu, force est de constater que c’est un bon, un très bon King, l’homme qui écrivait si bien sur les femmes…


Points Positifs :
- Captivant de bout en bout, pourtant, ce n’est au final qu’une longue confession d’une vieille dame sur lequel pèsent des soupçons de deux meurtres. Or, King réussit si bien à manier sa plume que tout cela devient très rapidement prenant, il faut dire que l’héroïne, Dolores, est un personnage certes simple mais terriblement attachant.
- Pas de chapitres, tout juste un monologue de plus de 300 pages !? Et pourtant, ça fonctionne, et pas qu’un peu ! Mais bon, la structure est parfaite avec cette Dolores qui fait les questions et les réponses à la fois, sans oublier son parler franc voir humoristique par moments.
- Comme ce fut le cas avec Jessie, Stephen King démontre une nouvelle fois a quel point il sait créer des personnages de femmes fortes, qui souffrent énormément par la faute des hommes, mais qui finissent par s’en sortir, malgré tous les obstacles.
- La relation complexe entre Dolores et Vera.
- La révélation finale sur Vera, qui explique énormément de choses sur son comportement tout au long de l’histoire.
- Lire Dolores Claiborne permet de comprendre certaines visions de l’héroïne de Jessie ; il faut dire que les deux œuvres sont très liées entre elles et que l’on retrouve une fois de plus l’éclipse solaire de 1963.  

Points Négatifs :
- Même si ce roman est plutôt court pour un King, il y a tout de même quelques longueurs ; il faut dire que dans un monologue de 300 pages, c’est peut-être normal ?!
- On peut trouver inutile les visions de Dolores au sujet de Jessie.
- Les fans du Stephen King maitre de l’horreur passeront très rapidement leur chemin.
- Un grand bof pour cette édition poche de chez Pocket.

Ma note : 8,5/10

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