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vendredi 10 janvier 2020

Les Huit Salopards


Les Huit Salopards

Quelques années après la fin de la guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth fait route vers la ville de Red Rock où il doit livrer à la justice sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils rencontrent sur la route le major Marquis Warren, un ancien soldat de l'Union devenu lui aussi chasseur de primes et Chris Mannix, qui se présente comme étant le nouveau shérif de Red Rock. Alors qu'ils sont surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans un relais de diligence où se trouvent déjà quatre autres personnes : Bob, qui s'occupe du relais en l'absence de la propriétaire, Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le conducteur de troupeaux Joe Gage et le général confédéré Sanford Smithers. Coincés par la tempête, les huit voyageurs vont s'engager dans une série de tromperies et de trahisons.


Les Huit Salopards
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : Ennio Morricone
Production : The Weinstein Company
Genre : Western
Titre en vo : The Hateful Eight
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 31 décembre 2015
Durée : 167 mn

Casting :
Samuel L. Jackson : le major Marquis Warren « le Chasseur de primes »
Kurt Russell : John Ruth « le Bourreau »
Jennifer Jason Leigh : Daisy Domergue « la Prisonnière »
Walton Goggins : Chris Mannix « le Shérif »
Demián Bichir : Bob « le Mexicain » / Marco le Mexicain
Tim Roth : Oswaldo Mobray « le Court-sur-pattes » / Hicox l’Anglais
Michael Madsen : Joe Gage « le Cowboy » / Douglas la Grogne
Bruce Dern : le général Sanford Smithers « le Confédéré »
Channing Tatum : Jody Domergue
James Parks : O. B. Jackson, le cocher
Zoë Bell : Six-Horse Judy
Dana Gourrier : Minnie Mink
Gene Jones : Dave « La bonne pâte »
Lee Horsley : Ed
Craig Stark : Chester Charles Smithers
Belinda Owino : Gemma
Bruce Del Castillo : Homer Van Hootin
Keith Jefferson : Charly
Quentin Tarantino : le narrateur

Mon avis : Dernier long métrage en date du fantasque Quentin Tarantino, Les Huit Salopards est, à l’image des derniers films du réalisateur comme Inglorious Basterds et Django Unchained, une œuvre qui divise a la fois les critiques comme le public. Il faut dire que pour beaucoup, Tarantino, depuis quelques années, ne fait que se recycler, se contentant du stricte minimum et ce, sans prises de risques ; d’autres, eux, se lamentent encore et toujours de ces longs dialogues a n’en plus finir, de cette violence exacerbée, oubliant au passage que c’est un peu le cas depuis le début de la carrière du réalisateur. Après, il y a un fait que l’on ne peut contester, Tarantino, ce n’est plus un petit nouveau non plus et cela fait longtemps que l’effet de surprise des débuts n’est plu, ce qui ne l’empêche nullement de continuer, bon gré mal gré, a nous pondre de bons, que dis-je, de très bons films car oui, incontestablement, ces Huit Salopards en est un ! Car en restant dans le genre western qui lui avait si bien réussi avec Django Unchained, Quentin Tarantino nous livre, aider en cela par un casting cinq étoiles composé pour la plupart d’anciens compagnons de route – Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth, Michael Madsen – un formidable huit-clos captivant de bout en bout et qui, bien évidement et comme souvent avec le réalisateur, se conclura par un bain de sang. Bien entendu, les dialogues, souvent savoureux, sont au cœur de l’intrigue et les personnages, pour la plupart antagonistes et contraints de se supporter dans ce relais au beau milieu de nulle part, passeront une bonne partie de leur temps a s’invectiver, s’insulter et se menacer, et ce, pour notre plus grand plaisir. Mais les dialogues, c’est une chose, l’intrigue et ses nombreux rebondissements, c’en est une autre et justement, si pendant une très grande partie du film, on a un peu l’impression que celle-ci n’avance guère et qu’il ne se passe pas grand-chose, une fois qu’arrive une certaine scène (aucun spoiler, je vous laisse le plaisir de la découverte) et que, au sens propre comme au figuré, tout part en couilles et que l’on comprend enfin qui est qui et pourquoi chaque protagoniste agissait de la sorte, alors là, c’est un pur régal jusqu’à cette fameuse conclusion terrible mais, finalement, tellement logique… Alors bien sur, il faut tout de même relativiser les choses car si Les Huit Salopards est incontestablement un bon film, ce n’est pas un grand film ni même un grand Tarantino, le réalisateur ayant fait bien mieux auparavant ; cela étant dut au fait que même si l’on passe incontestablement un bon moment, tout cela ne laisse pas non plus un souvenir impérissable comme ce put être le cas, par exemple, en son temps avec KillBill… Mais bon, parfois, il faut savoir prendre les choses pour ce qu’elles sont avant tout, c’est-à-dire, comme un bon divertissement, et sur ce point, il est incontestable que Les Huit Salopards en est un, et franchement, c’est le principal !


Points Positifs :
- Un formidable huit-clos où le spectateur passe son temps à se demander qui est qui et qui trahira qui, et ce, a quel moment ? Un scénario maitrisé de bout en bout et terriblement efficace puisque l’on finit par être surpris lorsque vient le temps des révélations.
- C’est un Tarantino donc, forcément, on a droit a de nombreux dialogues oh combien savoureux et travaillés, tout un tas de références cinématographiques – y compris a d’autres films du réalisateur – une violence excessive a l’excès, une bonne dose d’humour et, bien entendu, un scénario diabolique et oh combien captivant.
- Constitué, pour la plupart, de fidèles de Tarantino – Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth, Michael Madsen – nous avons droit a un casting cinq étoiles qui est pour beaucoup pour la réussite de ce film.
- Saluons la performance de Jennifer Jason Leigh tout simplement excellente dans son rôle de Daisy Domergue, la fameuse prisonnière complètement cintrée.
- Une bande originale du grand Ennio Morricone, cela ne se refuse pas !

Points Négatifs :
- Malheureusement, tous les protagonistes ne sont pas logés a la même enseigne et on regrettera qu’un film intitulé Les Huit Salopards n’en mette vraiment que la moitié en avant.
- Quelques fautes de raccords pour le moins regrettables comme Daisy Domergue qui a la bouche en sang et qui, deux secondes plus tard, a le visage entièrement propre.
- Oui, on sait que la violence fait partie du cinéma de Quentin Tarantino, mais il y a des moments où ce coté excessif tombe un peu dans le grand guignolesque comme dans la scène où deux des protagonistes, empoisonnés, ne cessent de cracher des litres de sang.
Les Huit Salopards est un bon film et l’on passe indéniablement un bon moment en le regardant, cependant, si on doit le comparer a d’autres œuvres de Tarantino, il manque un petit je ne sais quoi qui fait qu’on ne peut pas vraiment le considérer comme un incontournable absolu.

Ma note : 8/10

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