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mardi 4 février 2020

L’Histoire Secrète – La Pierre Noire


L’Histoire Secrète – La Pierre Noire

En décembre 1926, la ville fortifiée de Djedda, grand port stratégique de la mer Rouge, est assiégée depuis trois mois par les fanatiques guerriers Ikhwans au service du grand Ibn Seoud. Ce dernier s’est juré d’unifier l’Arabie et d’éliminer tout ce qui n’est pas dans la stricte observance de l’Islam le plus rigide. Dans cette zone, Lawrence d’Arabie et Curtis Hawke sont une fois de plus en mission pour l’archonte Erlin. Des hommes de Seoud sont prêts à trahir leur chef, ne supportant plus la présence du suppôt de Satan et ensorceleur Philby au côté de Seoud. Le rendez-vous a lieu de nuit, dans des ruines, à l’écart de Djedda. Evidemment ce n’était qu’un traquenard de plus, que les deux compères arrivent à fuir à temps. Ils font alors le point à l’abri des remparts de Djedda. Bien que tout porte à croire que Philby manipule le jeu, c’est bien Seoud qui mène la danse. Il semble que ce dernier connaisse l’existence de Kor, qu’il y serait allé et en serait ressorti avec des ivoires noirs. De son côté, Erlin a des soupçons depuis fort longtemps et fait surveiller de près ce puissant ennemi…


L'Histoire Secrète – La Pierre Noire
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 janvier 2008
Nombre de pages : 48

Mon avis : Comme on a put le constater depuis ma toute première critique de L’Histoire Secrète, il y a de quelques semaines, si l’œuvre de son auteur, le scénariste Jean-Pierre Pécau, se démarque, c’est par son inconstance flagrante pour ne pas dire navrante par moments. Car malgré un postulat de départ pour le moins intéressant, force est de constater que le premier cycle n’était pas vraiment resté dans les annales, ou alors, pour de mauvaises raisons. Fort heureusement, et de façon pour le moins surprenante, depuis le début du second cycle, avec Les Sept Piliers de la Sagesse, les choses ont changées, et en bien ! Bien évidement, le fait que Jean-Pierre Pécau ait cessé ses sauts de plusieurs siècles entre chaque album y est pour beaucoup : désormais, on suit les destinées des mêmes protagonistes sur des périodes plus courtes, ce qui fait que l’on a le temps de s’attacher a ces derniers, chose qui était impossible avant. Et donc, si Curtis Hawke tenait le haut de l’affiche sur les deux tomes précédant, Les Sept Piliers de la Sagesse et La Loge Thulé, ici, c’est autour d’Itzak d’être mis en avant, chose que l’on attendait depuis les débuts de ce second cycle où il tenait jusque là un rôle secondaire. Ainsi, après une entrée en matière pour le moins intéressante où l’on retrouve notre aviateur désormais sans moustache accompagné de Laurence d’Arabie au moment où Ibn Seoud prend le contrôle des lieux saints de l’Islam, Jean-Pierre Pécau nous entraine du coté des plaines ukrainiennes et russes afin que l’on suive la destiné d’Itzak : avec le Baron Rudolf Von Sebottendorff sur ses traces, le jeune juif, devenu désormais un partisan, verra ses pas le mener jusqu’à une certaine rivière nommée Toungouska dont le nom ne vous ai sans doute pas inconnu… Et, forcément, vous vous doutez bien que fidèle a son habitude, le sieur Pécau lia cette mystérieuse explosion qui ravagea la région il y a plus d’un siècle aux Ivoires et, de la même façon, vous ne vous étonnerez nullement qu’un certain Raspoutine soit lui aussi de la partie – après tout, ce n’est pas la première ni la dernière figure historique lié aux Archontes, depuis le temps, on a l’habitude de ces grosses ficelles… Bref, un scénario sans grande surprise mais qui n’en reste pas moins plutôt réussi et qui, s’il ne brille pas par une extrême originalité, n’en reste pas moins de bonne facture et est dans la droite lignée de ce que nous propose Pécau depuis le début de ce second cycle. Quand a Igor Kordey, s’il n’atteint toujours pas le niveau qu’il eut dans Les Sept Piliers de la Sagesse, cela reste plus que convenable et si certaines planches sont effectivement un peu brouillonnes, dans l’ensemble, c’est du bon Kordey et c’est déjà ça… La Pierre Noire est donc un bon album d’une saga, L’Histoire Secrète, qui n’en aura pas connu tant que ça finalement mais qui semble, depuis les débuts du second cycle, repartir sur de très bonnes bases, hautement plus solides et captivantes…


Points Positifs :
- Le choix de Jean-Pierre Pécau de s’attarder, depuis le début du second cycle, sur les mêmes protagonistes et de ne plus faire des bonds trop importants dans le temps est une bonne chose pour la série : retrouver des têtes connues n’est pas plus mal.
- Un album un peu singulier, divisé en deux – une première partie, plus courte, au Moyen-Orient, l’autre, plus importante, du côté de la Russie – mais qui aborde des événements peu connus mais non dénués d’intérêts.
- L’explication de la catastrophe de Toungouska, certes un peu tirée par les cheveux mais qui colle bien à l’ambiance de la série ; idem pour le rôle de Raspoutine.
- Enfin, Itzak commence à avoir un rôle plus important, ce qui n’était pas vraiment le cas jusqu’à présent.
- Ce qui a de bien avec L’Histoire Secrète, c’est que cela peut pousser les plus curieux à s’intéresser à certains détails peu connus de l’Histoire ainsi qu’a des protagonistes historiques obscurs mais non moins importants.
- Encore et toujours ces couvertures plutôt belles…

Points Négatifs :
- Bon, je reconnais que ce côté où Pécau se sent obliger de nous expliquer le moindre événement historique par le biais de l’intervention des Archontes, de leurs agents et de ces fameuses cartes, cela peut lasser certains lecteurs au bout d’un moment, surtout ceux qui sont néophytes en Histoire.
- Justement, puisque j’ai cité les Archontes : aucun d’entre eux n’à pointer le bout de son nez dans ce dixième tome !
- Igor Kordey, malgré un style spécial et qui ne plaira pas à tout le monde, peut, selon moi, nous livrer des planches plus qu’acceptables, mais est également capable, tout de suite après, de nous pondre des trucs hideux ; malheureusement, si dans l’ensemble, son boulot sur cet album est correct, il semble retomber dans ses travers sur certaines planches, un peu plus bouillonnes.  

Ma note : 7/10

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